En mémoire de la communauté juive d’Odessa
Le 23 février 1942, soit il y a exactement 67 ans, la liquidation de la communauté juive d’Odessa en Ukraine est considérée par les nazis comme bouclée dans l’essentiel. Ce sont presque 20.000 juifs et juives qui sont déportéEs vers les camps de concentration, en 43 convois, et au moins 115.000 juifs et juives massacréEs au total. Odessa est alors « purifiée de ses juifs ».
De 1941 à 1944, Odessa fut occupée par les armées fascistes roumaines alliées de l’Allemagne nazie, et traversa d’immenses souffrances. À l’époque y vivait la plus importante communauté juive d’Union soviétique, soit 133.000 personnes (chiffres de 1926).
Rappelons que l’Ukraine a fait preuve d’une collaboration massive pendant la guerre contre l’URSS, allant jusqu’à mettre sur pied des armées spécifiquement ukrainiennes sous commandement nazi (d’après les principes ethno-différentialistes nazis).
Nous retraçons ici l’histoire du génocide de la communauté juive d’Odessa, entre le 22 octobre 1941 et le 23 février 1942.
Dès les premiers jours d’occupation de l’Ukraine, de nombreux incendies font rage et la communauté juive persécutée. Le 22 octobre 1941, six jours après l’entrée des troupes roumaines dans la ville, un attentat tue le général Glogojanu, commandant d’Odessa, ainsi qu’une grande partie de son état-major, faisant une quarantaine de morts.
Le soir même, le gouvernement roumain ordonne des représailles implacables. Vingt minutes plus tard, le nouveau commandant d’Odessa, le général Trestioreanu annonce qu’il va prendre des mesures pour pendre les juifs et les juives et les communistes sur les places publiques. Durant la nuit 5.000 personnes sont exécutées. Le 23 octobre, 19.000 juifs et juives sont exécutéEs et leurs cadavres arrosés d’essence et brûlés.
Le maréchal Ion Antonescu, (le dictateur fasciste roumain de 1941 à 1944) demande ensuite de tuer 200 communistes pour chaque officier victime de l’explosion et 100 pour chaque soldat. À ce titre touTEs les communistes et unE membre de chaque famille juive doivent être emprisonnéEs comme otages.
Le 24 octobre, les juifs et juives emprisonnéEs sont transportéEs en-dehors de la ville et fusilléEs devant des fossés anti-chars par groupes de 40 ou 50. L’opération se révélant trop lente, les 5.000 personnes juives restantes sont enfermées dans trois entrepôts, mitraillées, puis les entrepôts sont incendiés. 40.000 membres de la communauté juive sont ainsi tuéEs ce jour là.
Le 24 au soir, Antonescu demande encore des représailles. Il demande que les otages qui ne sont pas encore morts connaissent les mêmes souffrances que les Roumains morts dans l’explosion. Les victimes sont amenées dans un entrepôt, fusillées. L’entrepôt est dynamité le 25 octobre, jour de l’enterrement des fascistes roumains victimes de l’attentat du 22 octobre.
Le premier novembre, la ville ne compte plus que 33.885 juifs et juives, essentiellement des femmes et des enfants qui vivent terroriséEs dans le ghetto.
La communauté juive d’Odessa et de sa région est ensuite déportée vers la Roumanie, à Bogdanovca, Domanevka et Acmecetca. Ses membres sont logéEs dans des conditions déplorables, entasséEs dans des ruines, des étables ou des porcheries. Illes souffrent de nombreuses maladies avant d’être massacréEs à partir du mois de décembre. Celles et ceux qui n’ont pas encore été déportéEs, le sont par train à partir de janvier 1942. Le 10 avril 1942, il ne reste à Odessa plus que 703 personnes juives.
Approximativement 280 000 habitantEs, dont 115.000 de la communauté juive et 15.000 Rroms et Sintis furent soit massacréEs, soit déportéEs.
Odessa fut enfin libérée par l’Armée Rouge de Staline en avril 1944. Ce fut l’une des quatre premières villes à recevoir le titre de Ville Héroïque en 1945.
[adapté par Hapoel de Wikipedia]





