Archives de février, 2009

Venezuela : attaque antisémite à la grenade

Une grenade légère a été lancée jeudi 26 février devant l’entrée d’un centre juif de Caracas (où une synagogue a déjà été saccagée fin janvier). L’explosion de la grenade n’a pas fait de victime et n’a provoqué que peu de dégâts, seule une vitre d’un véhicule stationné à proximité ayant éclaté, ont précisé les responsables de ce centre communautaire.

« Les dommages, en réalité, sont spirituels parce qu’il semble qu’il y ait des gens dans notre pays qui souhaitent user du terrorisme », a déclaré à une télévision locale le directeur du centre, Abraham Garzon. Il a ajouté que les auteurs de cette attaque n’avait pas laissé d’indices permettant de déterminer leur identité. Le gouvernement a fait savoir qu’une enquête était en cours.

Nous rappelons que sept policiers et quatre civils ont été arrêtés début février dans le cadre de l’enquête sur l’attaque de fin janvier contre une synagogue de Caracas. Chavez avait « condamné » cette attaque antisémite, pour la forme.

Nous attendons impatiemment les commentaires antisémites de la part de la gauche de l’impérialisme français (qui soutient les états pseudo-nationaux qui s’oppposent à l’impérialisme US pour la pose). On a pu en effet lire et entendre des commentaires comme quoi c’étaient « les juifs » qui avaient organisé l’attaque de la synagogue. Pourquoi pas le Mossad, comme dirait José Bové ?

Shavua tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Premier Shabbat du mois de Adar (אדר) ; un seul mois d’Adar cette année.

Entrée vendredi à 18h12, sortie samedi à 19h17.

D.ieu, protège-nous des traîtres…

… nous, on se charge des fascistes !

HaPoel HaAntifashisti : contribue !

Aujourd’hui, nous fêtons le premier mois de notre naissance, le 27 janvier 2009 à l’occasion de l’anniversaire de la libération d’Auschwitz-Birkenau par l’Armée Rouge. Depuis, nous avons déjà eu l’honneur d’être cités par Kemi Seba.

C’est donc aujourd’hui l’occasion pour nous de lancer un appel aux contributions et aux critiques.

La force des juifs et des juives en France, et plus globalement des masses populaires en France, c’est les origines et les horizons culturels ultra-divers. Il est donc normal qu’on rende compte de la diversité culturelle des lectrices et lecteurs, d’origine juive ou pas.

Et surtout, nous ne voulons pas pousser à l’attitude de « consommation », chacunE doit être aux avants-postes, enquêter autour de soi, écouter ses ancienNEs, synthétiser les apports populaires dans les cultures juives, faire tourner les infos, mettre en avant l’antifascisme, la fraternité, etc.

Toutes les critiques sont les bienvenues, positives comme négatives, et nous ne disons pas ça de manière purement formelle. De même, toutes les contributions sont bienvenues.

Concrètement, ça veut dire : si tu as des infos, mêmes « anodines », aussi bien locales que nationales voire internationales, si tu es au courant d’initiatives dans ton quartier (actes de fraternité, autodéfense juive, conférences, concerts, etc.), si tu as des envies subites d’écrire, si tu as concocté un petit visuel, si tu as des thèmes personnels à proposer ou des idées à développer, même esquissées en quelques lignes, si tu as des anecdotes familiales, historiques etc., n’hésite pas !

Nous sommes prêts à publier tes contributions, sous certaines conditions (mais si tu te reconnais dans la culture d’Hapoel, ça passera, normalement), en précisant par exemple que l’info vient d’unE sympathisantE (ou pas), quitte à les assortir de commentaires de critique.

De manière plus modeste, il est aussi simplement possible de faire tourner le lien d’Hapoel auprès de tes proches, de ta famille, de ta communauté, de ton quartier, etc. Ou alors évidemment d’envoyer tes dons pour réaliser notre rêve d’un « foyer national juif » aux Bahamas !

Juif ! Juive !
Défends ta culture et ta vie face aux sionistes et aux fascistes.
Rejette tes illusions sur l’État français.
Ne fais pas confiance aux religieux et à leurs préjugés féodaux.
Rejette le racisme qui empoisonne, emprisonne, divise.
Comprends que ton destin est lié à celui des classes populaires en France, dans la lutte pour une société métissée où le capitalisme aura disparu.
Assimile les fondements de l’autodéfense et de l’action antifasciste.
Organise-toi, sois activiste avec HaPoel HaAntifashisti !

Kadima im HaPoel HaAntifashisti !
קדימה עם הפועל האנטי פאשיסטי !
En avant avec HaPoel HaAntifashisti !

Pour contacter l’équipe d’Hapoel : hapoel [@] hushmail [.] com

Procès de Fofana du 29 avril au 3 juillet

Trois ans après la torture et le meurtre d’Ilan Halimi, on a appris la date de procès de ses bourreaux.

Youssouf Fofana et 27 autres membres présumés du « gang des Barbares », accusés d’avoir séquestré et torturé à mort Ilan début 2006, seront jugés du 29 avril au 3 juillet 2009 par la cour d’assises des mineurs de Paris.

Seuls deux accusés étaient mineurs au moment des faits mais la cour d’assises des mineurs est compétente pour juger des majeurs ayant agi aux côtés de mineurs. Elle jugera donc à huis clos l’ensemble des accusés.

Nous savons évidemment bien que les décisions de la justice bourgeoise française ne nous protégeront pas dans les faits, que seule l’action de masse du peuple uni a une quelconque valeur dans l’histoire.

À bas la violence au sein du peuple !
Vive la fraternité métissée !

Baruch Goldstein, ou les arrières-pensées génocidaires du sionisme religieux ultra

Nous vous parlions récemment de la LDJ en France dans « D’où vient la LDJ ? » et « La LDJ et l’impérialisme français ».

Mais la pseudo-autodéfense de la LDJ en France n’a encore rien à voir avec la terreur fasciste pratiquée par les LDJ des USA et d’Israel.

Nous commémorons aujourd’hui le 15ème sinistre anniversaire du massacre de Hevron (Hébron, חברון), au cours duquel le fasciste Baruch Goldstein a tué 29 Palestiniens musulmans lors de leur prière du vendredi, le 25 février 1994.

Baruch Goldstein était un colon sioniste religieux ultra de la colonie de Kiryat Arba, d’origine américaine, membre de la Ligue de Défense Juive du rabbin Meir Kahane, et médecin servant dans Tsahal.

[La suite est adaptée de Wikipedia.]

Le 25 février 1994, il rentra dans le Tombeau des Patriarches en uniforme militaire et abattit 29 palestiniens en pleine prière à l’aide de son M16 de service, en faisant dans le même temps plus de 150 blessés parmi les fidèles musulmans. Il fut ensuite assommé avec un extincteur et battu à mort par les survivants.

Tout de suite après l’annonce du massacre, des milliers de Palestiniens manifestèrent en Cisjordanie. De grandes émeutes eurent lieu, au cours desquelles 26 Palestiniens et 9 Israéliens furent tués. L’État israelien imposa par la suite un couvre-feu sur la ville de Hevron.

Ls mouvement Kahane Hai (Ka’h), dont Baruch Goldstein était proche, fut interdit au titre des lois anti-terroristes.

Malgré le rejet très majoritaire de son geste au sein de la population israélienne, Baruch Goldstein devint un héros dans certaines franges de l’extrême droite, en particulier religieuse. Des cérémonies ont encore lieu tout les ans en son honneur, dans le cimetière de Kiryat Arba. On peut lire sur sa tombe : « Ici gît un saint, Dr. Baruch Kappel Goldstein, bénit soit la mémoire d’un homme juste et saint, que Dieu venge son sang, à celui qui dévoua son âme aux juifs, au judaïsme et au pays juif. Ses mains sont innocentes et son cœur est pur. Il fut tué en martyr de Dieu le 14 Adar, jour de Pourim de l’an 5754. »

Dans la suite, les noms des victimes palestiniennes arabes. Lire la suite »

De Februaristaking, ou la solidarité ouvrière antifasciste

Il y eut pendant la guerre beaucoup d’exemples d’actes de solidarité de la classe ouvrière avec les populations juives persécutées par les nazis et leur alliés fascistes « locaux ».

Mais l’exemple le plus frappant, le plus massif et le mieux organisé fut sans doute la grève générale antifasciste qui toucha les Pays-Bas il y a 68 ans, la seule telle grève contre l’antisémitisme recensée en Europe.

Le saviez-vous ?

En effet, le 25 février 1941, éclata à Amsterdam une grève générale populaire en protestation contre les persécutions antisémites, qui s’étendit le lendemain à d’autres villes aux Pays-Bas, et qui fut réprimée dans le sang par les nazis et les fascistes néerlandais.

Pour comprendre l’origine de cette grève, connue sous le nom de Februaristaking, il faut retracer un peu l’histoire de l’occupation allemande aux Pays-Bas.

Les Pays-Bas capitulent le 10 mai 1940 contre l’Allemagne nazie. À cette date, 140.000 personnes d’origine juive vivent aux Pays-Bas, dont une minorité issue des expulséEs d’Espagne de 1492, et 15.000 réfugiéEs de l’Allemagne nazie.

Sous l’occupation, les Pays-Bas sont soumis administrativement au Reichskommissar, Arthur Seyss-Inquart, nazi autrichien. Dans la pratique, les Allemands manquent d’hommes et l’exécution des politiques antisémites incombe à l’administration locale, soutenue par le NSB (Nationaal-Socialistische Beweging = Mouvement National-Socialiste) et le Weerbaarheidsafdeling (WA), sa « section de défense ».

En juillet 1940, les juifs doivent quitter la défense aérienne ; suivent les fonctionnaires juifs et juives ; puis les étudiantEs et universitaires d’origine juive. En octobre 1940, les commerces ou entreprises appartenant à des membres de la communauté juive doivent déclarer leurs bien. En décembre 1940, les cafés et les cinémas sont interdits aux juifs et juvies. Plus tard, les personnes juives doivent se faire enregistrer (à leurs frais) comme telles, ce qui facilitera largement la tâche lorsque viendra le temps des déportations en masse.

En novembre 1940, les étudiantEs de Delft et de Leiden suspendent les cours en solidarité avec leurs camarades et les professeurs juifs et juives. Le Sicherheitsdienst (SD), le « service de sécurité » allemand, occupe ces deux universités et les fait fermer.

De nombreux mouvements de défense prolétarienne se développent, notamment dans les chantiers navals et parmi les dockers, où les forces d’occupation veulent exploiter les ouvriers et ouvrières directement en Allemagne.

En janvier et février 1941, l’offensive antisémite se déchaîne. Les troupes en chemises noires des WA attaquent des magasins juifs et des cafés refusant de poser un panneau interdisant l’accès aux juifs et juives, et multiplient les provocations fascistes dans les quartiers à minorité juive, jusqu’à des pogroms suivant des manifestations antisémites organisées par les nazis.

Le dimanche 9 février 1941, sur la place Rembrandt, non loin du quartier juif, de violents affrontements éclatent. Les groupes d’autodéfense juive, parmi lesquelles de nombreux sportifs du Maccabi, attaquent des nazis qui venaient à nouveau perpétrer leurs exactions.

Les affrontements d’autodéfense juive culminent deux jours plus tard, le 11 février au soir, quand a lieu une bataille rangée contre le WA sur la place Waterloo. Le fasciste Hendrik Koot reste sur le carreau et crèvera le 14 février à l’hôpital.

Entretemps, le 12 février, les Allemands bouclent l’ancien quartier juif, le cernent de barbelés, installent des barrières, coupent les ponts, et positionnent des check-points aussi bien des forces d’occupation que de la police néerlandaise. Le quartier juif est officiellement transformé en ghetto.

Le 19 février, la police allemande prend d’assaut le salon de glaces Koco de la Van Woustraat, tenu par des réfugiés allemands juifs, Kohn et Cahn. Les policiers reçoivent de l’ammoniac dans la figure, et dans la bagarre, plusieurs policiers allemands sont blessés. Cahn et Kohn sont arrêtés.

En représaille, le week-end des 22 et 23 février 1941, le couvre-feu est imposé au quartier juif d’Amsterdam, et les nazis opèrent une rafle. Ils prennent en otage 427 hommes juifs sur la place Jonas Daniël Meijer. Ceux-ci sont déportés à Buchenwald et Mathausen, et il ne restera qu’un seul survivant de ces convois.

Cette rafle susciste l’indignation et la révolte parmi les masses populaires d’Amsterdam. Le 24 au soir, un rassemblement ouvrier a lieu sur la place du Noordermarkt. La grève est décidée, essentiellement pour lutter contre l’antisémitisme nazi, mais aussi contre le travail forcé en Allemagne et pour la souveraineté des Pays-Bas occupés.

Cette nuit-là, un appel rédigé par le Parti communiste des Pays-Bas (clandestin depuis le 15 mai 1940, illégal depuis juin) est imprimé en différents endroits d’Amsterdam. Le mot d’ordre : « La grève, la grève, la grève ! ». De fait, cette grève est essentiellement portée et organisée par le Parti communiste clandestin, ce que la bourgeoisie tentera longtemps de nier après-guerre. L’organisation de la grève est extrêmement rapide, ce qui permet de court-circuiter les mouchards collabos.

Le 25 février 1941 à l’aube, l’appel du Parti est distribué à l’entrée de nombreuses entreprises. Le tramway d’Amsterdam est le premier à suivre la grève, dès 4 heures du matin. Le peuple d’Amsterdam comprend alors, à l’ouverture du service, qu’il se passe quelque chose, et bientôt suivent les fonctionnaires municipaux, les dockers, les chantiers navals, les bureaux, les grands magasins, les lycées, etc.

Le matin du 25 février 1940, les forces d’occupation sont complètement affolées face à un mouvement si massif : elles n’avaient jamais eu affaire nulle part ailleurs à une grève contre la persécution de la minorité nationale juive.

Les masses descendent spontanément (suite à l’appel du Parti communiste) dans la rue dans le centre d’Amsterdam, et affrontent les nazis. La grève s’étend le 26 février à Zaanstreek (Zaanstad), Kennemerland (Haarlem et Velsen), Utrecht, Hilversum et Weesp.

La répression démarre dans l’après-midi du 25 février et est sanglante. Des SS, venus en urgence de La Haye, tirent sur la foule et jettent des grenades. Neuf personnes sont tuées au cours de ces manifestations, une cinquantaine grièvement blessées, et 200 arrêtées et torturées.

Après la grève, trois organisateurs communistes sont fusillés, douze communistes envoyés en prison. Et malgré la suspension provisoire des rafles (comme résultat du mouvement de masse), dix-huit organisateurs et grévistes sont exécutés en mars 1941.

Ainsi se termina la Februaristaking : dans le sang ouvrier, versé pour la solidarité au sein du peuple des Pays-Bas.

Le journal clandestin « Het Parool » écrira dans la foulée que la grève est « une page inoubliable de l’histoire glorieuse de notre patrie, car pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, juifs et non-juifs se sont opposés activement contre les horreurs de l’antisémitisme ».

Au final, les Pays-Bas restent tout de même le pays occidental où la minorité juive paya le plus lourd tribut à la Shoah, puisque plus de 100.000 personnes d’origine juive (soit plus des 3/4 de la communauté) furent exterminées par la barbarie fasciste. En 1944, la ville d’Amsterdam était quasi vidée de sa minorité juive.

Néanmoins, cette grève montre que le nazisme a été essentiellement étranger à la classe ouvrière, voire au prolétariat. Elle reste dans les mémoires comme une véritable fierté de la classe ouvrière des Pays-Bas.

Encore aujourd’hui, des manifestations antiracistes y sont organisées ce jour en mémoire de cet acte de solidarité massive, près d’une statue de docker inaugurée en 1952 en l’honneur de cette grève, à l’endroit même où furent rassemblés les otages juifs des 22 et 23 février 1941.

Cet événement marqua la mémoire du peuple d’Amsterdam au point de lui laisser la devise de la ville (« héroïque, déterminée, généreuse »), et peut-être même un certain « philosémitisme » parmi les supporters du club de foot Ajax Amsterdam…

Vive la mémoire de la Februaristaking !
Vive la solidarité ouvrière envers les minorités nationales opprimées !

Mémoire Juive – Idjal

Une chanson pas très récente d’Idjal, un MC du 20 à Paris (porte de Bagnolet), sur l’album « Tiré d’histoires vraies », sorti en 2007, dont on retiendra notamment « Enfants du monde » ou « Victimes du passé » (feat. Kery James !).

Grand respect à celles et ceux qui assument une histoire qui ne concerne pas directement leur famille, et qui plus est, ne considèrent pas les personnes d’origine juive comme de pures victimes abstraites.

Néanmoins, Idjal tombe dans un travers classique, platement démocratique et moraliste, en parlant de « la folie d’un homme contre des millions d’innocents » à propos de Hitler, et en finissant la chanson d’une opposition entre le personnage de David et son fils « au gouvernement israelien ».

Ce dont nous avons cruellement besoin en France, c’est d’une analyse historique matérialiste, qui dit clairement qu’il n’y a aucun rapport moral entre le génocide des communautés juives d’Europe et l’État colonial d’Israel.

Quoi qu’il en soit, cette chanson va très largement dans le bon sens, et il convient de la saluer comme une brique pour l’appropriation de l’histoire juive par l’ensemble des masses populaires. Merci Idjal, et vive la culture métisse !

En mémoire de la communauté juive d’Odessa

Le 23 février 1942, soit il y a exactement 67 ans, la liquidation de la communauté juive d’Odessa en Ukraine est considérée par les nazis comme bouclée dans l’essentiel. Ce sont presque 20.000 juifs et juives qui sont déportéEs vers les camps de concentration, en 43 convois, et au moins 115.000 juifs et juives massacréEs au total. Odessa est alors « purifiée de ses juifs ».

De 1941 à 1944, Odessa fut occupée par les armées fascistes roumaines alliées de l’Allemagne nazie, et traversa d’immenses souffrances. À l’époque y vivait la plus importante communauté juive d’Union soviétique, soit 133.000 personnes (chiffres de 1926).

Rappelons que l’Ukraine a fait preuve d’une collaboration massive pendant la guerre contre l’URSS, allant jusqu’à mettre sur pied des armées spécifiquement ukrainiennes sous commandement nazi (d’après les principes ethno-différentialistes nazis).

Nous retraçons ici l’histoire du génocide de la communauté juive d’Odessa, entre le 22 octobre 1941 et le 23 février 1942.

Dès les premiers jours d’occupation de l’Ukraine, de nombreux incendies font rage et la communauté juive persécutée. Le 22 octobre 1941, six jours après l’entrée des troupes roumaines dans la ville, un attentat tue le général Glogojanu, commandant d’Odessa, ainsi qu’une grande partie de son état-major, faisant une quarantaine de morts.

Le soir même, le gouvernement roumain ordonne des représailles implacables. Vingt minutes plus tard, le nouveau commandant d’Odessa, le général Trestioreanu annonce qu’il va prendre des mesures pour pendre les juifs et les juives et les communistes sur les places publiques. Durant la nuit 5.000 personnes sont exécutées. Le 23 octobre, 19.000 juifs et juives sont exécutéEs et leurs cadavres arrosés d’essence et brûlés.

Le maréchal Ion Antonescu, (le dictateur fasciste roumain de 1941 à 1944) demande ensuite de tuer 200 communistes pour chaque officier victime de l’explosion et 100 pour chaque soldat. À ce titre touTEs les communistes et unE membre de chaque famille juive doivent être emprisonnéEs comme otages.

Le 24 octobre, les juifs et juives emprisonnéEs sont transportéEs en-dehors de la ville et fusilléEs devant des fossés anti-chars par groupes de 40 ou 50. L’opération se révélant trop lente, les 5.000 personnes juives restantes sont enfermées dans trois entrepôts, mitraillées, puis les entrepôts sont incendiés. 40.000 membres de la communauté juive sont ainsi tuéEs ce jour là.

Le 24 au soir, Antonescu demande encore des représailles. Il demande que les otages qui ne sont pas encore morts connaissent les mêmes souffrances que les Roumains morts dans l’explosion. Les victimes sont amenées dans un entrepôt, fusillées. L’entrepôt est dynamité le 25 octobre, jour de l’enterrement des fascistes roumains victimes de l’attentat du 22 octobre.

Le premier novembre, la ville ne compte plus que 33.885 juifs et juives, essentiellement des femmes et des enfants qui vivent terroriséEs dans le ghetto.

La communauté juive d’Odessa et de sa région est ensuite déportée vers la Roumanie, à Bogdanovca, Domanevka et Acmecetca. Ses membres sont logéEs dans des conditions déplorables, entasséEs dans des ruines, des étables ou des porcheries. Illes souffrent de nombreuses maladies avant d’être massacréEs à partir du mois de décembre. Celles et ceux qui n’ont pas encore été déportéEs, le sont par train à partir de janvier 1942. Le 10 avril 1942, il ne reste à Odessa plus que 703 personnes juives.

Approximativement 280 000 habitantEs, dont 115.000 de la communauté juive et 15.000 Rroms et Sintis furent soit massacréEs, soit déportéEs.

Odessa fut enfin libérée par l’Armée Rouge de Staline en avril 1944. Ce fut l’une des quatre premières villes à recevoir le titre de Ville Héroïque en 1945.

[adapté par Hapoel de Wikipedia]

L’Affiche Rouge, Louis Aragon

Voici le poème d’Aragon de 1955, magnifiquement mis en musique par Léo Ferré. Si vous déprimez déjà, Hapoel se décharge de toute responsabilité !


Vous n’avez réclamé ni gloire ni les larmes
Ni l’orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n’éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L’affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE

Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c’est alors que l’un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan

Un grand soleil d’hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d’avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant

Shavua tov lapoalim

Bonne semaine à toutes et tous.

La photo ci-dessous date du 1er mai 1909 aux USA, où l’on voit des bannières en anglais et en yiddish contre le travail des enfants.

« À prononcer vos noms sont difficiles »

Voici les noms des 23 partisanEs du groupe Manouchian qui sont tombéEs pour la liberté, il y a 65 ans à 15h au Mont-Valérien (Suresnes 92) :

  • Missak Manouchian (Arménien)
  • Joseph Boczov (Boczor József; Wolff Ferenc) (Hongrois juif)
  • Marcel Rayman (Polonais juif)
  • Celestino Alfonso (Espagnol)
  • Olga (Dolga) Bancic (Roumaine juive)
  • Georges Cloarec (Français)
  • Roger Rouxel (Français)
  • Robert Witchitz (Français juif)
  • Rino Della Negra (Italien)
  • Spartaco Fontano (Italien)
  • Césare Luccarini (Italien)
  • Antoine Salvadori (Italien)
  • Amédéo Usséglio (Italien)
  • Thomas Elek (Elek Tamás) (Hongrois juif)
  • Emeric Glasz (Békés (Glass) Imre) (Hongrois juif)
  • Maurice Fingercwajg (Polonais juif)
  • Jonas Geduldig (Polonais juif)
  • Léon Goldberg (Polonais juif)
  • Szlama Grzywacz (Polonais juif)
  • Stanislas Kubacki (Polonais)
  • Willy Szapiro (Polonais juif)
  • Wolf Wajsbrot (Polonais juif)
  • Arpen Lavitian (Arménien)
  • Vos sacrifices n’ont pas été vains, le peuple de France fera vivre votre héritage antifasciste, et se souvient de vos noms, de votre vie et de votre mort.

    Missak Manouchian, présent !

    La dernière lettre de Manouchian

    Ma Chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée,

    Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. Nous allons être fusillés cet après-midi à 15 heures. Cela m’arrive comme un accident dans ma vie, je n’y crois pas mais pourtant je sais que je ne te verrai plus jamais.
    Que puis-je t’écrire ? Tout est confus en moi et bien clair en même temps.

    Je m’étais engagé dans l’Armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la Victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n’ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu’il méritera comme châtiment et comme récompense.

    Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps. Bonheur à tous… J’ai un regret profond de ne t’avoir pas rendue heureuse, j’aurais bien voulu avoir un enfant de toi, comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et d’avoir un enfant pour mon bonheur, et pour accomplir ma dernière volonté, marie-toi avec quelqu’un qui puisse te rendre heureuse. Tous mes biens et toutes mes affaires je les lègue à toi à ta sœur et à mes neveux. Après la guerre tu pourras faire valoir ton droit de pension de guerre en tant que ma femme, car je meurs en soldat régulier de l’armée française de la libération.

    Avec l’aide des amis qui voudront bien m’honorer, tu feras éditer mes poèmes et mes écrits qui valent d’être lus. Tu apporteras mes souvenirs si possible à mes parents en Arménie. Je mourrai avec mes 23 camarades tout à l’heure avec le courage et la sérénité d’un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n’ai fait de mal à personne et si je l’ai fait, je l’ai fait sans haine. Aujourd’hui, il y a du soleil. C’est en regardant le soleil et la belle nature que j’ai tant aimée que je dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes bien chers amis. Je pardonne à tous ceux qui m’ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus. Je t’embrasse bien fort ainsi que ta sœur et tous les amis qui me connaissent de loin ou de près, je vous serre tous sur mon cœur. Adieu. Ton ami, ton camarade, ton mari.

    Manouchian Michel.

    P.S. J’ai quinze mille francs dans la valise de la rue de Plaisance. Si tu peux les prendre, rends mes dettes et donne le reste à Armène. M. M.

    Shabbat Shalom – שבת שלום

    Entrée à 18h01 le vendredi, sortie à 19h09 le samedi.

    Les articles qui seront publiés durant le shabbat pour l’hommage au groupe Manouchian seront publiés de manière automatique.

    Adam Rayski, présent !

    La dissociation et la trahison, JAMAIS !

    Interview de 1985 dans « L’Histoire » d’Adam Rayski, juif polonais, ancien responsable national de la Main d’Oeuvre Immigrée (MOI), responsable national de la section juive du PCF de 1941 à 1949, cofondateur du Comité Général de Défense Juive (futur Crif), président d’honneur de l’Union Juive de Résistance et d’Entraide (UJRE), décédé en mars 2008. Adam Rayski y défend ses camarades et le Parti Communiste contre les calomnies et le révisionnisme historique, et montre la voie de l’intransigeance dans la Résistance.

    Qui a trahi Manouchian ?

    Qui a trahi Manouchian et son groupe de résistants ? Le parti communiste est-il réellement en cause, même indirectement ? Adam Rayski apporte ici un précieux témoignage.

    L’Histoire : Avant d’être fusillé, Manouchian, dans sa dernière lettre, pardonne à tous, « sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus ». Qui est le traître ?

    Adam Rayski : Dans l’esprit de Manouchian il s’agissait de Joseph Davidovitch, commissaire politique des FTP-MOI [Francs-Tireurs et Partisans - Main-d'Œuvre Immigrée, note de Hapoel] depuis juin 1943. Manouchian était son subordonné et ne l’a accepté qu’à contrecœur. En octobre, Davidovitch disparaît. Par une fuite de la préfecture, nous avons appris qu’un résistant dont le signalement correspondait à celui de Davidovitch avait craqué, était passé aux aveux.

    Il sillonnait Paris en voiture avec les policiers français pour piéger les camarades sur leurs lieux de rendez-vous. À la suite d’une évasion simulée, il devait infiltrer la MOI et remonter jusqu’à la direction clandestine du Parti. Après les coups de filet de mars 1943 – 140 camarades arrêtés – , la police s’était déjà bien infiltrée. En janvier 1944, ce sont deux adjoints de Duclos qui tombent. Davidovitch a contribué à mieux cerner l’organigramme clandestin. Sa trahison ne fait plus aucun doute.

    L’Histoire : Et quels sont ceux qui ont vendu ?

    Adam Rayski : Une certitude : Manouchian ne pouvait soupçonner les communistes. Pour Mélinée, sa veuve, il est mort communiste. « Vendre » est le mot de la terminologie résistante et de la presse clandestine pour désigner la Collaboration et Vichy, surtout après Montoire. A son procès, quand Manouchian déclare : « Vous avez vendu votre conscience et votre âme à l’ennemi », il s’adresse avec mépris à un parterre de gestapistes français et de journalistes collaborateurs.

    L’Histoire : Il y a ce Tomasina, compagnon de cellule de Manouchian. Manouchian lui aurait dit qu’il accusait formellement un certain Roger d’être coupable, au même titre que Davidovitch. C’est en tout cas ce que déclare la veuve de Manouchian. Qu’en pensez-vous ?

    Adam Rayski : Effectivement, Tomasina laisse planer le doute sur Roger – Boris Holban -, chef militaire parisien des FTP-MOI, d’être co-responsable de l’arrestation. Roger aurait insisté pour que Manouchian donne les vrais noms et adresses des camarades à Davidovitch. C’est fondamentalement méconnaître les réalités de la clandestinité.

    Les vrais noms, ça n’existait pas. Mélinée Manouchian dit, à propos du 16 novembre 1943 [date de l'arrestation de Missak Manouchian, note de Hapoel], que Manouchian ne connaissait pas les adresses. Cette déclaration de Tomasina n’est pas sérieuse. C’est offenser Manouchian que de le présenter comme un boy-scout alors qu’il était un résistant de première qualité.

    L’Histoire : Que pensez-vous de la thèse de la « tricolorisation » du Parti ? Certains historiens prétendent que le PC, soucieux de redorer son blason cocardier , aurait sacrifié délibérément les combattants « Manouchian » aux noms trop juifs et à l’accent yiddish si peu national…

    Adam Rayski : Le groupe Manouchian n’était pas comme ça, suspendu en l’air. Il était en interconnexion avec tous les rouages du Parti. On ne pouvait livrer sélectivement Manouchian sans mettre en danger toutes les organisations dans la mouvance du Parti.

    Dans l’hécatombe de mars 1943, il y avait beaucoup de Français de pure souche. Il n’y a qu’à lire le rapport de police du 3 décembre 1943, établi après la chute de Manouchian : « 67 arrestations, 14 Français aryens, 4 Français juifs, 19 étrangers aryens, 30 étrangers juifs ». Souvenez-vous de Joseph Epstein, responsable FTPF de l’Ile-de-France, exécuté en avril 1944 avec 18 Français « aryens ».

    Le PC ne manquait pas de noms bien français. L’appellation nazie de groupe « Manouchian », c’est la propagande raciste pour mieux discréditer la Résistance et la présenter comme non patriotique.

    L’Histoire : Le groupe a-t-il été abandonné sans armes ?

    Adam Rayski : Le même rapport de synthèse énumère tout un arsenal trouvé dans une planque de Marcel Rayman et de Boczov qui appartenait au groupe des 23 condamnés de l’Affiche rouge : « 5 pistolets, 6 grenades, des lots de cartouches, une mitraillette Mauser, etc. ». Que l’on s’y reporte.

    L’Histoire : Sans argent ?

    Adam Rayski : La caisse du Parti ne fonctionnait pas comme une payerie générale. Fréquemment l’argent arrivait en retard, ou pas du tout quand le collecteur de fonds « tombait ». Tout le monde brandit la dernière lettre de Manouchian à sa femme, mais néglige bizarrement son post scriptum : « J’ai quinze mille francs dans la valise de la rue de Plaisance. Si tu peux les prendre, rends mes dettes et donne le reste à Armène. M[issak] M[anouchian]. » [Pour Adam Rayski, Armène désigne l'organisation arménienne de Paris, note de L'Histoire]. Si l’argent venait à manquer, c’était pour des raisons techniques et non politiques. La thèse de l’abandon ne tient pas debout.

    L’Histoire : Y a-t-il une responsabilité du PCF dans la chute du groupe Manouchian ?

    Adam Rayski : En mai 1943, devant le bilan des pertes des organisations juives, j’ai demandé le repli, le transfert de notre direction dans la zone Sud. Le Parti a refusé, qualifiant cette attitude de « capitularde ». Le PC voulait continuer à frapper dans la capitale, avec ce qui restait son unique bras séculier : les FTP-MOI.

    Stratégiquement, la direction, pour affirmer sa suprématie vis-à-vis de Londres et du Conseil national de la Résistance, désirait capitaliser les actions d’éclat de la MOI. La direction nationale juive est partie in extremis pour Lyon, mais les FTP ont continué à lutter sur place avec acharnement. Le Parti a sous-estimé l’impératif de la guérilla urbaine – savoir décrocher – et a tiré un rendement politique maximum des coups d’éclat de la MOI. À terme, c’était donc bien une grave erreur politique.

    La part de responsabilité du PC dans les arrestations de résistants – dont les 23 de l’ Affiche rouge – est indiscutable. Mais ne parlons pas à propos du Parti de trahison ; ne parlons pas non plus d’abandon et encore moins de sacrifice prémédité.

    [Propos recueillis par Alain Rubens]

    Article de la revue L’Histoire n°81 septembre 1985

    Kaleidoscope

    Siouxsie

    Kemi Seba, les nazis, et HaPoel

    « Chaque fois que vous entendez quelqu’un dire du mal des juifs, tendez l’oreille,
    car il parle aussi de vous… Un antisémite est inévitablement un ennemi des Noirs.
    »
    Frantz Fanon

    Le 15 février, HaPoel HaAntifashisti avait diffusé une vidéo tournant sur Dailymotion, mettant en avant les liens ouverts entre le « Mouvement des Damnés de l’Impérialisme » de Kemi Seba et le « Parti Solidaire Français », ainsi que les incohérences hypocrites de Kemi Seba : Kemi Seba et les nazis.

    Cette vidéo avait été montée par les « Soledad Brothers », et s’ouvrait sur une citation de Fred Hampton :

    « Ils te diront de quelle partie de l’Afrique proviennent tes os, avec des mots que tu ne pourras pas même prononcer. C’est vrai. Ils te parleront de Shaka, le leader des combattants de la liberté bantous, de Jomo Kenyatta, et de tous ces trucs. Ils vont t’asséner toute leur science, ils sont spécialistes de ça. Mais n’oublie pas qu’ils font tout ça parce qu’ils comptent en tirer un profit. »

    Il est bon de rappeler que Fred Hampton était un leader du Black Panthers Party de Chicago, assassiné en 1969 par l’État US. De même, les Soledad Brothers étaient à la base un groupe de trois prisonniers de Soledad en Californie, dont George Jackson des Black Panthers, qui déclenchèrent une mutinerie pour venger trois détenus, à l’occasion delaquelle George Jackson fut abattu en 1971.

    Le 18 février, Kemi Seba a répondu par une série de trois longues vidéos :
    partie 1, partie 2, partie 3.

    Sur la seconde vidéo, on peut voir, parmi d’autres captures d’écrans de sites diffusant la vidéo des Soledad Brothers, une image de notre site, HaPoel HaAntifashisti. Trois semaines seulement après le lancement de notre structure !

    Comme disait Mao,

    « Si nous sommes attaquéEs par l’ennemi, c’est une bonne chose, car cela prouve que nous avons tracé une ligue de démarcation bien nette entre l’ennemi et nous. »

    Juste après cette image dans la vidéo, on peut lire :

    « Curieusement, les personnes ayant repris la vidéo diffamante affichent toutes un penchant pro-sioniste et islamophobe. »

    Nous le confessons : nous sommes des « sionistes », puisque c’est, dans la tête des fascistes, le strict synonyme de « juifs ». Et cela dans l’incompréhension totale de notre engagement antisioniste (immanquable sur notre page d’accueil).

    De plus, cette attaque intervient au moment même où nous diffusions un article sur les AfricainEs noirEs de religion juive (ici) et mettions en avant la fraternité entre minorité juive et nation afro-américaine aux USA à travers la chanson Strange Fruit (). Comme quoi nous visions juste !

    Mais au fond, qu’est-ce que le MDI de Kemi Seba ?

    C’est un groupe fasciste, initialement destiné à dévoyer la minorité noire de France, qui s’est élargi de manière opportuniste pour rassembler des racistes noirs, des islamistes et des suprémacistes « aryens ».

    Leur credo idéologique est l’ethno-différentialisme. L’ethno-différentialisme consiste à dire que tous les peuples ou ethnies ou religions ou communautés sont irréductiblement « différents », et qu’il faut un système les reconnaissant ; et avec la même démagogie, il prétend qu’il n’y pas de hiérarchie.

    L’ethno-différentialisme est une thèse fasciste, c’est une thèse correspondant au racisme moderne de l’époque de la domination impérialiste, un racisme qui prétend défendre les « identités ».

    Ainsi, le régime nazi, avec sa politique coloniale par exemple au Cameroun, et les films « ethnologiques » de Leni Riefenstahl, a développé l’ethno-différentialisme dans les colonies, parallèlement au racisme le plus sauvage envers les minorités juives, sintis et rroms : cela n’a en fait rien de contradictoire. Plus récemment, le grand théoricien de l’ethno-différentialisme a été Alain de Benoist, un intellectuel très pointu de la « nouvelle droite » (comprendre : un fasciste).

    Mais l’ethno-différentialisme, c’est aussi Jabotinsky et le sionisme révisionniste, qui considèrent que les minorités nationales juives sont insolubles dans les communautés nationales, tout simplement car elles sont juives, différentes « racialement ».

    Le problème, c’est que ces thèses racistes permettent aux fascistes de diffuser leur poison parmi les masses issues des pays coloniaux. Elles servent aussi de point de ralliement à toutes sortes de fascistes, des nazis du Parti Solidaire Français (ex-Droite Socialiste) aux islamistes chiites, en passant évidemment par le MDI. Au fond, le MDI fait un travail de banalisation de l’antisémitisme, pour le compte de leurs maîtres, les nazis franco-français.

    Pour comprendre le succès (relatif) des thèses de Kemi Seba, il est important de voir que ses délires partent d’une base matérielle objective (exactement comme tous les délires fascistes qui sortent des laboratoires de la bourgeoisie pour tenter de contaminer les masses métisses et populaires). Cette base matérielle objective, c’est la domination impérialiste de la France en Afrique, c’est le racisme massif en France à l’égard des personnes issues des pays semi-coloniaux semi-féodaux sous domination française. D’ailleurs, les délires suprémacistes noirs sont apparus notamment en réaction aux thèses historiques racistes comme quoi l’Égypte ne pouvait être, même partiellement, noire, niant ainsi l’apport africain dans la culture grecque de l’Antiquité, qui fonde « notre » civilisation.

    De là le ton radical adopté dans la première vidéo, qui pointe des choses qui peuvent paraître justes à première vue si on écoute notre révolte de manière irrefléchie. Notamment l’auto-organisation, qui est une exigence de l’autonomie des masses populaires. De même pour l’union de touTEs contre le système ; mais là, il faut évidemment comprendre que « tout le monde », c’est pas nous, la minorité nationale juive ; et que le « système », c’est en aucun cas le capitalisme, l’impérialisme, l’État, les flics, l’idéologie de la bourgeoisie, etc., mais « l’hydre sioniste » (comprendre : nous !).

    En ce sens, nous considérons comme erronée la position dépassée des « politologues » et des « antifascistes radicaux » qui consiste à mettre en avant l’existence « virtuelle » du MDI. Il est clair que leur moyen d’expression principal est la vidéo sur Dailymotion. Il est clair qu’ils se la jouent martyrs et crient à la « rafle » quand ils se font arrêter en masse comme des stagiaires.

    Mais tout cela est secondaire. Ce qui compte, c’est l’influence culturelle qu’ils peuvent avoir parmi les minorités en France.

    L’extrême-gauche en France est petite-bourgeoise, franco-française, avec un vieux fond catho de gauche. D’où le paternalisme incessant envers les minorités. D’où la quasi inexistence de l’extrême-gauche dans nos quartiers. D’où aussi d’ailleurs l’oubli total des prolétaires d’origine juive.

    Et d’où, fatalement, la voie de garage du fascisme et de l’ethno-différentialisme, car les masses exigent l’organisation pour le combat et sont dévoyées en l’absence de voie révolutionnaire à qui faire confiance.

    Cet échec de l’extrême-gauche franco-française permet aux fascistes du MDI (et à tous les fascistes, en fait) de se présenter comme les vrais « rebelles », les vrais « ennemis du système », à qui on fait des procès, etc., alors qu’ils ne sont actuellement que les supplétifs (coloniaux, comme d’habitude en France) du système, et que la bourgeoisie impérialiste les propulsera ouvertement demain à coups de financements, prêts de salles, aide militaire et policière, etc.

    C’est d’ailleurs là qu’intervient la stratégie antifasciste de l’offensive de la culture métisse et populaire, qui n’est que la stratégie communiste de classe contre classe, pour la conquête de l’hégémonie contre le fascisme, dans le cadre de la France de 2009. Que les fascistes sachent que nous ne les craignons pas idéologiquement, car nous partons de positions nouvelles, au sein du peuple.

    Le MDI est farouchement contre le métissage : il veut en fait casser l’unité des classes populaires en France, qui vivent le métissage au quotidien. Et pour cela, on a vu qu’il était prêt à s’allier aux nazis suprémacistes blancs.

    D’ailleurs, en continuant à regarder les vidéos de réponse de Kemi Seba, on se rend compte qu’il suffisait d’attendre un peu pour qu’il revienne ouvertement à la charge avec ses amis nazis, faisant vite oublier le discours trompeur de la première vidéo.

    En effet, Kemi Seba met finalement en avant Marcus Garvey, le fondateur jamaïcain (émigré aux USA) du rastafarisme, qui animait la UNIA (Universal Negro Improvement Association), et qui prônait le retour en Afrique par sa compagnie maritime, la Black Star Union (en référence à la White Star Union qui affréta le Titanic…).

    Kemi Seba est finalement la parodie de Marcus Garvey. Lui aussi créa sa religion délirante (l’atonisme), avant de se convertir de manière totalement opportuniste et répugnante à l’Islam (alors qu’il avait commencé sa carrière politique propre en s’élevant contre son organisation d’alors, la sinistrement célèbre Nation of Islam). N’oublions pas que Marcus Garvey affirmait, à propos de l’UNIA : « Nous avons été les premiers fascistes ».

    Et disons-le, le « retour en Afrique » que prônait aussi Kemi Seba, est une blague sans fin, venant de gens qui pourfendent le « sionisme » à longueur de journée. Car c’est en fait le même délire d’intello européen issu des minorités nationales ; aux problèmes du racisme et de l’antisémitisme généralisés, qui touchent le quotidien des masses des minorités nationales, les idéologues de la petite-bourgeoisie donnent une réponse typique de la petite-bourgeoisie : fuir le problème en fantasmant une terre d’origine (Israel pour les sionistes, le Liberia pour Garvey, etc.).

    Ces idéologues de la petite-bourgeoisie comptent tirer leur épingle du jeu, « se placer » de manière carriériste, monter leur petit business, en exploitant la réalité populaire antiraciste et en la dévoyant : c’est d’ailleurs là toute l’histoire du sionisme en Europe et Afrique du Nord.

    Pour reprendre à nouveau Fred Hampton, qui voyait bien les manœuvres des idéologues petits-bourgeois du retour en Afrique : « Ils vont t’asséner toute leur science, ils sont spécialistes de ça. Mais n’oublie pas qu’ils font tout ça parce qu’ils comptent en tirer un profit. »

    Plus tard dans les vidéos de réponse, Kemi Seba met en avant les liens entre Garvey et le Ku Klux Klan, entre les Black Muslims et l’American Nazi Party, entre Farrakhan de Nation of Islam et les nazis US, etc. etc. Le plus délirant dans l’histoire, c’est que pour lui, ces liens sont positifs, et il fait comme si c’étaient des vérités cachées, que personne ne veut révéler. Alors que nous connaissons très bien ces faits, et que nous ne les craignons pas, puisque Garvey ou les Black Muslims n’ont jamais lutté pour la vraie libération nationale de New Afrika (tout simplement parce que c’était pour eux une question raciale et non nationale).

    Comme en réponse à Kemi Seba, George Jackson lui-même disait :

    « Nous envoyons nos enfants dans des centres « culturels » dirigés par des hommes qui nous haïssent, qui haïssent la vérité. Il est clair qu’il vaudrait mieux qu’il n’y ait pas d’école. Brûlez-la, et toute la littérature fasciste, brûlez-la aussi. Les fascistes vont vous apprendre à intervertir le blanc et le noir – il y a de l’argent là-dessous.

    Brûlez tout ça. Sans la mission et les missionnaires, il n’y aurait pas de collaborateurs. Lisez le Petit Livre Rouge, c’est pour nous le seul moyen de redevenir nous-mêmes.

    Brûlez tout cela, et donnez aux colonies de l’intérieur la caisse de dynamite de l’autodétermination, de l’anticolonialisme et de la pensée de Mao !

    Noirs, Bruns, Blancs, tous nous sommes des victimes, il faut nous battre !

    Au terme de cette lutte de masses, collective, naîtra un homme nouveau, il est l’avenir, le produit de l’évolution, il n’en sera que mieux équipé pour mener la véritable lutte, la lutte permanente post-révolutionnaire – celle qui instaurera des rapports nouveaux entre les hommes. »

    Tout cela, Kemi Seba l’ignore, ou feint de l’oublier, car les fascistes du MDI ne seront jamais les héritiers du Black Panthers Party. Ils ne peuvent s’en réclamer, car ils se casseraient immédiatement les dents sur la clarté idéologique de la vraie libération noire aux USA.

    Une clarté idéologique et un prestige international tels qu’en Israel, dans les années 70, s’est développé « HaPantherim HaSh’horim » (הפנתרים השחורים) un fort mouvement des masses juives-arabes (séfarades, mizrahim, etc.) qui voyaient l’oppression spécifique dont elles était victimes de la part des sionistes, ces sionistes qui œuvraient soi-disant pour toutes les communautés juives.

    Kemi Seba ment. Kemi Séba ne connaît pas le mouvement New Afrikan, il ne fait que fantasmer sur sa fraction islamique, sur la « fierté raciale », sur un « capitalisme noir », sur « l’hydre sioniste ». Kémi Séba dénature l’esprit positif des masses populaires issues des pays coloniaux, il dénature les cultures d’Afrique, qui célébrent la nature, les femmes, la compassion pour les animaux, la paix et la solidarité.

    Cela peut paraître un détail, mais ça n’en est pas un pour nous : Kemi Seba se trimballe en permanence en extérieur avec un blouson en cuir (comme beaucoup de monde en France, d’ailleurs). Mais cela est en totale opposition avec la libération noire aux États-Unis, où indépendance et socialisme en New Afrika vont quasi toujours de paire avec veganisme et libération animale. Il suffit de voir le mouvement M.O.V.E, les MCs de Dead Prez, le Black Riders Liberation Party (issu de l’unité populaire des gangs ennemis à Los Angeles), etc. etc.

    Kemi Seba, les fascistes noirs, et leurs amis néo-nazis sont les ennemis de TOUTES les minorités nationales en France, que ce soit les minorités d’Afrique noire, les arabes et berbères, la minorité nationale juive, etc. Ils servent le système par leur racisme.

    À l’opposé, HaPoel HaAntifashisti met en avant l’héritage socialiste du Black Panthers Party ainsi que les Panthères Noires en Israel, et recommande la lecture et la réappropriation des classiques des Black Panthers, par touTEs les prolétaires conscientEs en France, quelles que soient leurs origines.

    Par l’offensive de la culture métisse et populaire, nous isolerons les fascistes et mettrons en échec, touTEs ensemble, les plans fascistes de division des masses. Alors et seulement sous cette condition d’unité du peuple, les fascistes ne reviendront plus jamais rue des Rosiers pour leurs provocations raciales contre les fascistes juifs de la LDJ.

    L’unité du peuple contre le capitalisme et l’État : voilà ce que craignent en leur fond les fascistes. Pour les minorités nationales opprimées et le peuple de France dans son ensemble, c’est le seul moyen de les écraser.

    La couleur n’est rien, la classe est tout !
    Vive l’unité antifasciste des masses populaires !
    Vive l’offensive de la culture métisse et populaire !

    Hélène Kro, présente !

    Hélène Kro avait intégré l’organisation des partisans juifs de la FTP-MOI en septembre 1942. Un matin de décembre 1942, elle fut prise avec deux autres résistantes (Hélène Igla et Rega Levine) dans une rafle, à la sortie du métro. La police trouva sur Hélène Kro des grenades. Ils l’emmenèrent aussitôt dans son logement pour tendre une souricière aux autres membres du réseau. Pour éviter que ses camarades ne soient pris en montant chez elle, elle se jeta de la fenêtre de son appartement, du cinquième étage.

    Joseph Clisci, présent !

    Joseph Clisci, un ingénieur, a été surnommé le « héros de Clichy ». Le 2 juillet 1943, l’unité de résistants juifs qu’il commandait, attaqua un autobus allemand plein d’officiers de la Luftwaffe (l’aviation allemande). Les armes furent amenées par Olga Bancic. Un partisan jeta une grenade par le fenêtre de l’autobus. Les pertes allemandes furent très lourdes. Mais au moment où le groupe se retirait, des gendarmes français arrivèrent et firent feu sur les résistants. Joseph Clisci protégea lui-même la retraite de ses hommes mais fut blessé à la jambe. Perdant son sang, il réussi à se cacher jusqu’au soir dans une cave, mais les S.S. fouillaient le quartier. Dénoncé par une femme, il résista jusqu’au bout, des heures durant, tirant sur les S.S. qui s’approchaient. Il garda sa dernière balle pour se suicider.

    Gothique

    Sur le même site Religoscope où l’on trouve l’article sur les populations juives d’Afrique noire, on peut à lire à l’occasion un anecdotique mais toujours curieux article sur le gothic et le metal, avec une perspective très religieuse.

    Rappelons pour la petite histoire ce que le mouvement gothique doit à Siouxsie Sioux, qui est d’origine juive, une claque pour les nazis qui imaginent que seuls les « aryens » peuvent avoir le sens de la tragédie… (ici la vidéo de la chanson gothique, un classique, Israel de Siouxsie & the Banshees).

    Mais pensons aussi bien sûr à Ofra Haza, d’origine juive yéménite, pour la dimension qu’elle donne au classique des classiques gothiques qu’est la chanson Temple of Love des Sisters Of Mercy.

    Et s’il y en a qui en veulent encore dans l’intéressant sur le site Religioscope, on notera l’intéressant Étude : la singulière conversion à l’islamisme des « Maos du Fatah »

    Juifs d’Afrique noire

    Le site Religioscope publie un compte-rendu d’un ouvrage publié aux USA, au sujet des personnes juives en Afrique noire.

    Un article très intéressant, sur un aspect intéressant et essentiel : le métissage, auquel aucun peuple n’a heureusement échappé.

    On découvre ainsi les Lemba, population appartenant au groupe linguistique bantou et comptant 50.000 à 70.000 membres, répartis entre le Zimbabwe et l’Afrique du Sud… (article wikipedia en français, en anglais).

    Mais aussi d’autres peuples, qui revendiquent de manière plus ou moins forte, et également de manière plus ou moins réaliste, leur caractère juif.

    Un aspect passionnant et à creuser !

    Olga Bancic, présente !

    Le saviez-vous ?

    Les 23 résistantEs du groupe Manouchian furent jugéEs ensemble, mais touTEs ne furent pas exécutéEs le même jour ni au même endroit. En effet, la barbarie nazie réservait aux femmes résistantes le châtiment abject de la décapitation. Précisément car elles étaient des femmes, ce qui ébranlait le machisme d’une violence extrême de l’idéologie nazie. Ici, l’exemple héroïque d’Olga Bancic.

    Olga Bancic faisait partie du Groupe Manouchian. Elle était juive, née ne Bessarabie, étudiante à Paris. Elle participa aux combats de la brigade des partisans juifs de Paris. Par exemple, ce fut elle qui amena les armes au groupe qui attaqua un autobus d’officiers allemands à Clichy.
    Elle fut jugée le 17 février 1944 dans le « procès des 23 » de l’Affiche Rouge. Mère d’un enfant en bas âge, elle ne fut pas exécutée avec les 23 autres. Traînée de prison en prison, maltraitée, elle fut condamnée une seconde fois à mort à Stuttgart et guillotinée dans la cour de la prison, le 10 mai 1944, le jour de son trente-deuxième anniversaire.

    Joseph Epstein, présent !

    Joseph Epstein  était, sous le nom de « commandant Gilles » un des principaux chefs de la résistance communiste en région parisienne. Il dirigeait un bataillon de la FTP-MOI (Francs Tireurs et Partisans – Main d’Oeuvre Immigrée). Il fut exécuté le 11 avril 1944.

    Le procès des 23 de l’Affiche Rouge

    L’affiche rouge, qui inspira à Aragon son célèbre poème, présente, dans sa partie supérieure, les visages des dix partisans. Les traces de trois mois de tortures n’arrivaient pas à effacer l’expression de fierté dans leurs yeux.  Voici les noms des partisans figurant sur l’affiche et les « légendes »  accompagnant la photo de chacun d’eux : 

    Fingercwajg, juif polonais, 3 attentats, 5 déraillements ; Boczow, juif hongrois, chef dérailleur, 20 attentats; Witchitz, juif polonais, 15 attentats ; Wajsbrot, juif polonais, 1 attentat, 3 déraillements, Elek, juif hongrois, 8 déraillements, Grzywacz, juif polonais, 2 attentats, Fontanot, communiste italien, 12 attentats ; Rayman, juif polonais, 13 attentats ; Alfonso, Espagnol rouge, 7 attentats ; Manouchian, Arménien, chef de la bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés. (À Manouchian on attribua toutes les actions de son détachement.)

    Sous les photographies des « terroristes » figurent, à côté d’images de catastrophes ferroviaires et d’un arsenal d’armes des partisans, des corps criblés de balles : les « victimes » des « terroristes ». Le texte ne comporte que quelques mots : en haut : « DES LIBÉRATEURS ? », 
    en bas : « La Libération ! par l’armée du crime ».

    La presse collaboratrice annonce le verdict. Les « terroristes » sont en réalité des résistants.

    Honneur aux FTP-MOI et à Manouchian !

    Il y a 65 ans, le 17 février 1944, eut lieu le procès des 23 « terroristes » de la très célèbre Affiche Rouge. Il s’agissait du groupe Manouchian des FTP-MOI (Francs-Tireurs et Partisans – Main-d’Œuvre Immigrée).

    Le 21 février 1944, ils furent fusillés au Mont-Valérien.

    Entre le 17 et le 21 février 2009, Hapoel rendra un hommage constant à ce groupe de résistance antifasciste et de libération nationale de la France contre l’occupant nazi et les collabos.

    L’Affiche Rouge : voilà le symbole de la résistance des « métèques » pour la France sous l’égide du Parti Communiste, voilà le symbole de la lutte à mort pour la liberté.

    « La mort n’éblouit pas les yeux des Partisans ! »

    [Nous vous invitons à visiter le site de Dominique Natanson, Mémoire Juive et Éducation, ainsi que le document de l'Action Antifasciste sur les FTP-MOI.]

    Mais au fait, d’où vient la LDJ ?

    Mais au fait, puisqu’on parle de la LDJ, c’est quoi la LDJ ?

    La LDJ – pseudo Ligue de Défense Juive (ici une présentation wikipédia) – est une organisation sans aucune légitimité historique en France, et la communauté juive l’ignore d’ailleurs totalement, malgré ses multiples actions violentes.

    Et pour cause, la LDJ est un projet idéaliste et raciste, n’ayant même plus aucun rapport avec l’Etat israelien lui-même.

    La LDJ est en effet née du fruit de la « trahison » du Betar de France vis-à-vis de l’Etat israelien et de la radicalisation de la frange raciste de cette organisation, jusque-là contenue au moins pour la forme.

    En effet, le Betar est à la base un mouvement de jeunesse sioniste, fondée sur la ligne ultra c’est-à-dire colonialiste et chauvine, mais dont toute l’activité était centrée sur le « soutien inconditionnel à Israel ».

    En gros, cela signifiait qu’en dehors des rares « coups » contre des nazis, le Betar était un mouvement de jeunesse sioniste traditionnel (vacances, réunions, danses fokloriques, etc.), collaborant d’ailleurs avec les autres mouvements de jeunesse sionistes, même si ceux-ci étaient de gauche (toujours au nom du sacro-saint principe du « soutien inconditionnel à Israel »).

    Mais au moment où l’OLP a accepté les accords de paix sous l’égide des USA, la frange raciste a décidé de rompre avec le sionisme historique et le principe du « soutien inconditionnel à l’Etat israelien, quel que soit son gouvernement ».

    Voilà comment est née la LDJ, qui n’a ainsi aucun rapport ni avec le Betar historique, ni avec la communauté juive française, ni même avec la société israelienne, puisque la LDJ se revendique d’un sionisme religieux qui n’a historiquement… jamais existé !

    Ou plus exactement, qui n’a existé que dans les années 1980-1990, et a même été interdit par l’Etat israelien tellement son délire était inacceptable même pour le sionisme, ce qui n’est pas peu dire ! (ici une présentation wikipédia du parti Kach).

    La LDJ ne peut même pas se revendiquer du sionisme révisionniste, la frange ultra représentée par le Betar, le Herout, etc., car le sionisme révisionniste refuse par principe la violence au sein de la communauté juive et toute critique de l’Etat israelien, alors que la LDJ, elle, n’y voit pas d’inconvénient…

    La LDJ est donc un accident de l’histoire, le produit d’une déroute, celle d’une autodéfense juive qui s’est embourbée dans le marais du sionisme, sionisme qui l’a trahie : alors que dans les années 1980-1990 l’autodéfense juive était un principe répandu, le sionisme l’a assassinée à son profit.

    Le Betar a détourné l’autodéfense juive en sionisme, les masses juives qui ont participé initialement n’ont pas suivi et il ne reste plus qu’un poignée de fascistes prolongeant le délire.

    Disons-le clairement. La LDJ ne sert pas l’autodéfense juive, la LDJ est une organisation d’extrême-droite, une organisation de type fasciste, qui tente de dévoyer la juste colère des masses populaires juives.

    Elle est le prolongement historique du Betar de France, organisation ultraréactionnaire ayant sombré dans la décadence parallèlement aux échecs de plus en plus patents du sionisme et de l’Etat israelien.

    Face à l’antisémitisme, le sionisme a montré qu’il ne servait à rien, et ce n’est que dans l’alliance métissée avec les masses populaires de France, de toutes origines, que les juives et juifs de France pourront vivre dans la paix et le bonheur.

    Non à la division, oui à l’amitié et l’unité antifasciste !

    La LDJ et l’impérialisme français

    Jusqu’aujourd’hui, une analyse matérialiste semblait montrer que la Ligue de Défense Juive était à la remorque de l’impérialisme américain.

    Néanmoins, la LDJ semble de plus en plus sensible aux sirènes de l’impérialisme français et de son appareil militaire et répressif. Voilà qui est bien surprenant pour des plus-sioniste-que-moi-tu-meurs.

    Hier, dimanche 15 février 2009, la LDJ de France a en effet publié sur son site web un hommage à un capitaine de l’armée française d’occupation en Afghanistan :

    MORT POUR LA FRANCE
    dimanche 15 février 2009, par Admin

    Tué en Afghanistan, le capitaine Sonzogni était une figure légendaire de son régiment C’est un exemple pour tout français luttant contre le terrorisme ilslamique. La LDJ présente ses condoléances à son épouse Nathalie ainsi qu’à ses deux filles, Tatiana 18 ans et Carla 14 ans.

    Dans la même veine de traîtres vendus à l’impérialisme français, on se souvient de leur hommage aux dix soldats de l’armée d’occupation morts en Afghanistan en août dernier :

    MORT POUR LA FRANCE
    mardi 19 août 2008, par Admin

    la LDJ présente ses condoléances aux familles des 10 soldats français qui ont trouvés la mort aujourd’hui lors d’une attaque de terroristes islamistes appelés « talibans ».
    [...]
    Aujourd’hui l’heure est au recueillement après la mort de nos soldats
    [...]
    Demain viendra le temps du châtiment.

    « La mort de NOS soldats » : les sionistes ne sont décidément plus ce qu’ils étaient !

    Auparavant, la LDJ avait déjà pris fait et cause pour la police nationale française lors de la grande révolte prolétarienne à Villiers-Le-Bel (95) fin 2007.

    Tout cela n’est qu’à moitié surprenant, quand on sait qu’un des responsables de la LDJ a servi dans le 2e régiment de la Légion Étrangère. Tiens, voilà du boudin, mais kasher apparemment…

    Concernant les activités de la LDJ ailleurs que sur les fronts de l’impérialisme français, rappelons-nous la récente agression à la mi-janvier de deux jeunes arabes à la sortie du lycée Janson dans le 16 à Paris.

    La diffusion de tracts devant un lycée bourgeois du XVIe ainsi que l’agression raciste montrent à la fois la nature de classe de la LDJ, et les buts de division fasciste qu’elle poursuit, sous couvert d’auto-défense.

    Alors que l’actualité est à l’antisémitisme de plus en plus massif, de plus en plus ouvert, de plus en plus agressif, les ultra-sionistes ne trouvent rien de mieux à faire que de terroriser de jeunes arabes dans un quartier bourgeois de Paris !

    Alors que l’impérialisme français nous a déraciné d’Afrique du Nord, les ultra-sionistes ne trouvent rien de mieux à faire que pleurer les gradés de l’armée impérialiste française !

    Alors que la police française a déporté nos grands-parents et nos arrières-grands-parents, les ultra-sionistes ne trouvent rien de mieux à faire que de prendre les devants contre la révolte de la jeunesse prolétaire qui attaque les flics et l’État !

    Alors que les fascistes nous ont toujours haïEs et souhaitent de plus en plus ouvertement notre anéantissement, les ultra-sionistes ne trouvent rien de mieux à faire que de sympathiser avec les « identitaires » !

    Alors que les agressions antisémites se multiplient et sont de plus en plus violentes, les ultra-sionistes ne trouvent rien de mieux à faire que de ne « s’autodéfendre » que contre des militantEs pour la libération de la Palestine !

    Contre la division fasciste et raciste, nous arborons la culture métisse et l’unité populaire !

    Gay Jew


    HaPoel HaHomo – הפועל ההומו

    HomosexuelLEs des minorités nationales : une question doublement démocratique.

    Ilan Halimi, martyr juif

    Il y a 3 ans, le 13 février 2006, Ilan Halimi a été assassiné à Bagneux (92 banlieue sud). Il avait 23 ans.

    Ilan était issu d’une famille marocaine modeste et travaillait dans un magasin de téléphonie.

    Il n’avait jamais rien demandé à personne, mais la barbarie antisémite s’est abattue sur lui, sous prétexte qu’il était juif ; et que même s’il n’était pas riche, la communauté paierait sa rançon (ce qui explique que Fofana ait contacté un rabbin après les négociations avortées avec la famille Halimi).

    Voilà à quoi mène l’antisémitisme. Car Ilan avait aussi été sauvagement torturé, de manière totalement gratuite et haineuse.

    Voilà la barbarie de la violence raciste au sein du peuple, dont rêvent l’État français et les fascistes de toutes origines.

    C’est pourquoi Hapoel défend la voie de l’autodéfense juive antifasciste, parallèlement à l’unité antiraciste des classes populaires dans leur ensemble.

    Ce sont là deux exigences vitales de notre époque.

    Souvenons-nous du martyre d’Ilan :
    ils ont arraché un arbre, mais ils n’arrêteront pas la marche du printemps !

    ת.נ.צ.ב.ה

    Kemi Seba et les nazis

    Antisémites de toutes les origines unissez-vous !

    Voilà une bonne vidéo par Soledad Bros qui fait son buzz sur Dailymotion, à propos des liens entre le « Mouvement des Damnés de l’Impérialisme » et le Parti Solidaire Français. De plus, une citation de Fred Hampton du Black Panthers Party ne peut pas faire de mal.


    LA VÉRITÉ SUR KEMI SEBA ET LE M.D.I !!!
    envoyé par soledadbrothers

    Expo de photos du Marais juif

    Pour les ParisienNEs et banlieusardEs, d’origine juive d’Europe de l’Est, juive tout court, ou pas juive du tout, une exposition a lieu à Paris dans la Marais.

    Il s’agit d’une expo de prises de vue du photographe Bogdan Borkowski, du secteur du Pletzel (= « petite place » en yiddish) dans le Marais, datant de moins de trois ans (il y a les affiches pour Ilan Halimi sur les murs). Pour mémoire, le Pletzel est historiquement un quartier traditionnel de l’immigration juive d’Europe de l’Est, d’où certaines vitrines encore en yiddish.

    Pour les informations pratiques, ça se passe jusqu’au 7 mars 2009, à la bibliothèque Marguerite Audoux au 10, rue Portefoin, dans le 3e à Paris.

    Voici les horaires d’ouverture de cette bibliothèque :
    Mardi : 13h-19h
    Mercredi : 10h-19h
    Jeudi : 13h-19h
    Vendredi : 13h-19h
    Samedi : 10h-18h

    Last but not least, l’entrée est gratuite. (Allons, pas de commentaire antisémite !)

    La source : culture.paris.fr : le Marais juif en photos

    Fin du shabbat

    Shavua tov lapoalim
    שבוע טוב לפועלים
    ּBonne semaine aux
    travailleurs et travailleuses

    Shabbat Shalom – שבת שלום

    Entrée vendredi à 17h50, sortie samedi à 18h56.

    Sur le « Nouveau Parti Anticapitaliste »

    À l’heure où la « Ligue Communiste Révolutionnaire » se recycle en « Nouveau Parti Anticapitaliste », il est peut-être bon de rappeler très brièvement quelques faits.

    Par exemple, cette citation fameuse d’Alain Krivine, fondateur de la JCR puis de la LCR dans les années 60 : « Je me sens juif face à un antisémite, et trotskyste face à un stalinien. »

    Eh oui, c’est bien malheureux d’en arriver là, de ne pas assumer son héritage culturel et familial… et de faire le parallèle antisémites = staliniens, juifs = trotskystes, ce qui est une aberration historique vue la position anti-« terroristes » des trotskystes pendant l’Occupation nazie en France.

    Hapoel est extrêmement clair sur ce point : la guerre pour la libération populaire, pour le développement démocratique des cultures juives mais aussi pour le métissage culturel, contre l’antisémitisme et le fascisme, etc…. tout cela passe aussi par assumer les positions historiques révolutionnaires et émancipatrices de l’URSS de Staline !

    À l’inverse, Trotsky comme représentant de la petite-bourgeoisie intellectuelle russe (même d’origine juive) a pu avoir des positions socialistes en paroles, mais vaguement antisémites ou servant l’antisémitisme dans le fond (cf. « Thermidor et antisémitisme », disponible au moins en anglais).

    De manière plus actuelle, la position de classe du NPA est explicite : c’est la petite-bourgeoisie française qui peut encore se permettre d’être de gauche. C’est ce qui fait dire à Besancenot, interviewé par Libération : « Le capitalisme a été capable de distiller dans les esprits ce venin qui consiste à mettre sur un pied d’égalité la propriété privée à usage personnel – la voiture, la maison – et la propriété des grands moyens de production. » Ben ouais, il faut bien une voiture individuelle pour rejoindre le centre-ville depuis son pavillon de banlieue, et le RER, le bus, le métro, pas question, c’est pour la populace.

    En bref, tout le contraire d’Hapoel, qui est l’expression révolutionnaire de la minorité juive parmi les classes populaires, et qui lutte difficilement (contre soi, contre la culture dominante) pour assumer le collectivisme et la révolution culturelle dans sa vie quotidienne.

    Et le fait que Bensaid, Krivine, et d’autres, soient d’origine juive ne change rien à l’affaire : ils restent des intellos petits-bourgeois typiquement français. Et à chaque fois que vous les entendrez se dire juifs, ça sera toujours pour se justifier, comme pour s’excuser d’être juifs, ça sera toujours pour dire « regardez, on est juifs, mais on soutient vaguement, symboliquement, la paix en Palestine et nous sommes contre les « territoires occupés » par Israel ».

    Jamais pour assumer notre identité populaire !

    Quand Hapoel parle, par ci par là, de « l’extrême-gauche française de merde », unE prolétaire juif ou juive ne peut s’empêcher de penser explicitement à la LCR.

    Aujourd’hui le fascisme se développe sous la pression de la crise capitaliste, et demain, une partie significative de la petite-bourgeoisie française basculera dans le camp du fascisme et de la guerre contre les masses. L’autre partie suivra la classe ouvrière. Le NPA est ainsi fatalement mort-né, la crise capitaliste asséchant les marécages de l’extrême-gauche petite-bourgeoise. Le destin du NPA est la social-démocratie française de merde, c’est-à-dire le frère jumeau du fascisme, le côté face si on peut dire.

    Faute d’une ligne claire, limpide, carrée, solide, faute d’une stratégie de guerre populaire antifasciste, faute d’une position de classe prolétarienne, et faute d’assumer la culture populaire, le NPA est voué à voir le sol se dérober sous ses pieds quand les franges de la petite-bourgeoisie française encore « de gauche » rejoindront massivement le fascisme.

    Ultras Hapoel

    Maccabi – Beitar tremblez !

    Quand t’entends Hapoel – Beitar…

    … y’a 4 – 0 qui va avec !!!

    Ce n’est pas dans nos habitudes de parler de foot collectivement au nom de HaPoel HaAntifashisti, mais là, l’occasion est trop belle.

    Lundi dernier, le 9 février, a eu lieu un match du championnat de foot israelien, au célèbre stade Bloomfield à Yaffo (Jaffa).

    C’était le très attendu match Hapoel Tel Aviv (הפועל תל-אביב) vs. Beitar Yerushalaim (בית »ר ירושלים) : les supporters populaires antiracistes contre les beaufs racistes répugnants, les rouges contre les sionistes révisionnistes, le logo à la faucille et au marteau contre l’acronyme de Trumpeldor.

    Résultat : 4 – 0 pour Hapoel, qui revient à la deuxième place derrière le club bourgeois Maccabi Haifa (מכבי חיפה), l’incarnation israelienne du sport ultra capitaliste.

    Les buteurs : Mehran Lala (arabe), Douglas Da Silva (brésilien), re- Lala, Bibras Natcho (juif caucasien). Et deux passes décisives de Samuel Yeboah (ghanéen). L’offensive métisse et populaire est le seul moyen d’écraser les fascistes !

    Évidemment, le Beitar s’est bien battu, a mis cinq frappes sur les poteaux ou la transversale, mais même en foot, l’histoire juge et balaie les fascistes !

    Et pour donner une idée de la dureté de l’affrontement idéologique aussi bien que sportif, la radio Galei Tsahal (= גלי צה »ל = les ondes de Tsahal) rapporte que les Ultras Hapoel ont traité dans le stade les supporters du Beitar de « néo-nazis ».

    Ici, le logo d’Hapoel TLV (repris par les UH avec un diable rouge) :

    Et pendant ce temps, la France a subi 2 – 0 au Vélodrome contre l’Argentine. Une belle semaine footballistique, en somme.

    Un peuple d’élite, sûr de lui et dominateur

    Encore sur la télé flamande

    Nous vous parlions dimanche 8 février de l’antisémitisme récurrent de la régie de télé flamande VRT et particulièrement de sa deuxième chaîne Canvas.

    Lundi 9 février, le Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB) a déposé plainte contre Canvas auprès du « Centre pour l’égalité des chances », un organisme parapublic chargé notamment de la lutte contre le racisme et la xénophobie.

    Le CCOJB parle de « dénonciation monomaniaque du juif », de « provocation revancharde », de « dérive inquiétante ». Le président du CCOJB a dit justement : « En Flandre, les Dieudonné peuvent passer en prime time sur une chaîne publique. » Comme quoi Dieudonné est devenu une référence même en Belgique…

    Entretemps, le « Centre pour l’égalité des chances » reste un organisme lié à l’État belge, auquel nous savons très bien qu’on ne peut accorder aucune confiance.

    Seule l’action antifasciste des masses brisera l’offensive raciste générale !

    Sondage européen sur la perception des juifs

    L’Anti-Defamation League (ADL) américaine a mené un sondage dans sept pays d’Europe (Autriche, France, Hongrie, Pologne, Allemagne, État espagnol et Grande-Bretagne) sur comment étaient perçues les personnes d’origine juive.

    Les questions consistaient à dire à quel point on était d’accord avec ces assertions :
    - les juifs sont plus loyaux à Israel qu’à leur pays ;
    - les juifs ont trop de pouvoir dans le business ;
    - les juifs ont trop de pouvoir dans les marchés financiers internationaux ;
    - les juifs parlent trop de ce qui leur est arrivé avec l’Holocauste (la question ne parlait pas de « Shoah ») ;
    - les juifs sont responsables de la mort du Christ.

    Et les questions :
    - votre opinion des juifs est-elle influencée par les actes de l’État d’Israel ?
    - si oui, votre opinion est-elle meilleure ou pire ?
    - les violences contre les juifs sont-elles le résultat d’un sentiment anti-juif ou anti-Israel ?
    - votre gouvernement fait-il assez pour assurer la sécurité de ses citoyens juifs ? (et des citoyennes juives ?)

    Conclusion : des chiffres affolants, surtout en Pologne (évidemment…), Hongrie et dans l’État espagnol.

    Et en France, 20% des interrogéEs étaient d’accord avec trois des quatres premières questions. Concrètement, ça correspond à un antisémite irréductible sur cinq personnes en France.

    Une autre conclusion est le rôle de la crise générale du capitalisme dans l’affirmation des préjugés antisémites, puisque pas mal de questions jouent sur le fantasme du juif contrôlant la finance, du juif Rothschild ; quant aux autres questions, elles relèvent de l’image fasciste du juif apatride cosmopolite traître à son pays etc.

    En bref, le vieil antisémitisme européen est bien vivant, et les fascistes, en tant qu’expression politique barbare de la crise capitaliste, se développent dans l’ambiance du moment de préjugés voire de haine contre les minorités, ce qui fait de l’antisémitisme une idéologie qui leur est attachée dès la naissance.

    Les chiffres de l’Anti-Defamation League sont consultables ici :
    Attitudes Toward Jews in Seven European Countries

    À nous d’inverser la tendance en opposant l’offensive de la culture métisse et populaire aux préjugés racistes manipulés par le fascisme !

    Strange Fruit, ou la fraternité juive – new afrikan

    Le saviez-vous ?

    Strange Fruit est initialement un poème d’Abel Meeropol, publié en 1936 dans un bulletin syndical de profs. En effet, Abel Meeropol était un prof de lycée, juif du Bronx, membre du Communist Party of the USA, et qui avait par la suite adopté les enfants du couple Rosenberg (juifs communistes de New York executéEs en 1953 par le maccarthysme pour espionnage au profit de l’URSS).


    Le poème était inspiré par la vision d’une photo du lynchage raciste dans l’Indiana de Thomas Shipp et Abram Smith en aoüt 1930, qui furent pendus à un arbre (cf. la photo originale ci-dessus).

    Billie Holiday chante pour la (presque) première fois publiquement en 1939 à New York ce poème, mis en musique par Abel Meeropol lui-même. Après de grosses difficultés pour que quelqu’un accepte de l’enregistrer, le disque devint le plus gros succès de Billie Holiday, qui la bouleversait d’ailleurs après chaque performance sur scène (i.e. à presque chaque concert). Strange Fruit sera presque l’hymne officiel du mouvement anti-lynchages dans le Sud, puis des mouvements civiques noirs dans les années 50-60.

    Cette chanson nous rappelle plusieurs choses sur la longue marche de la nation afro-américaine pour la libération.

    D’abord, elle nous ramène à l’extrême violence raciste qui sévissait et sévit encore (assez intensivement) dans le Sud des États-Unis, autrement dit New Afrika qui est une véritable colonie intérieure de l’Amérikkke, où la population afro-américaine est majoritaire.

    De plus, elle rappelle le rôle internationaliste du CPUSA de l’époque, qui appliquait une ligne correcte à l’égard de New Afrika, sous l’impulsion de l’Internationale Communiste et de Staline, contre les positions abstraites et social-chauvines (socialistes en apparence, chauvines dans le fond et la pratique) de Trotsky, puisque les deux s’étaient intéressés personnellement à cette question nationale.

    Enfin, Strange Fruit permet de mettre en avant, à travers le duo Meeropol – Holiday, la fraternité entre la minorité nationale juive des USA et la nation New Afrikan. En effet, les juifs / juives immigréEs de New York, et plus généralement des USA, sont traditionnellement de gauche (et non sionistes), i.e. communistes CPUSA, et maintenant plus traditionnellement démocrates (quels que soient les fantasmes de la gauche « radicale » franco-française qui voit partout du complot américano-sioniste et des juifs partout dans l’administration américaine). Les juifs / juives des USA se sont ainsi assez massivement impliquéEs dans la défense des droits des sœurs et frères noirEs d’Amérikkke (et de même en Azanie / Afrique du Sud, faut-il le rappeler).

    Voici les paroles de Strange Fruit d’Abel Meeropol et Billie Holiday :

    « Southern trees bear a strange fruit,
    Blood on the leaves and blood at the root,
    Black body swinging in the southern breeze,
    Strange fruit hanging from the poplar trees.
    Pastoral scene of the gallant south,
    The bulging eyes and the twisted mouth,
    Scent of magnolia sweet and fresh,
    And the sudden smell of burning flesh.
    Here is a fruit for the crows to pluck,
    For the rain to gather, for the wind to suck,
    For the sun to rot, for a tree to drop,
    Here is a strange and bitter crop.«  

    Et une traduction par nos soins (contactez-nous si vous voyez une erreur !) :

    « Les arbres du sud portent d’étranges fruits,
    Du sang sur les feuilles et du sang sur les racines,
    Des corps noirs se balançant dans la brise du Sud,
    D’étranges fruits pendant des peupliers.
    Scène pasotale du Sud fier,
    Les yeux exorbités et la bouche tordue,
    Senteur de magnolia douce et fraîche,
    Et l’odeur soudaine de chair brûlée.
    Voici un fruit à picorer pour les corbeaux,
    À cueillir pour la pluie, à aspirer pour le vent,
    À pourrit pour le soleil, à laisser tomber pour l’arbre,
    Voici une étrange et amère récolte. »    

    Un haut fonctionnaire du Foreign Office britannique arrêté pour tirade antisémite

    Expert au Proche-Orient, Rowan Laxton, 47 ans, prononçait des injures contre les juifs pendant un reportage sur le conflit à Gaza.

    Des membres du club de fitness, stupéfaits, affirment également l’avoir entendu prononcer ces paroles : « F**king Israelis, f**king Jews », rapporte le Daily Mail.

    Il s’agit du du chef du département « South Asia Group », c’est-à-dire qu’il est le responsable de toute la diplomatie britannique de cette région, et assure le briefing quotidien du Foreign Secretary (l’équivalent français du ministre des Affaires Étrangères), David Miliband, lui-même juif.

    Laxton a longtemps travaillé au Proche-Orient, au Pakistan et en Afghanistan notamment, où il a été l’adjoint de l’ambassadeur.

    D’où vient cette haine des incendiaires des âmes ?

    L’animateur Arthur (sa bio ici) est un capitaliste, qui a fait carrière dans le show-business le plus populiste, et d’ailleurs il a soutenu Nicolas Sarkozy dans de nombreux meetings.

    Seulement voilà, il est juif, et avec la crise du capitalisme, il se découvre une cible, et hallucine comme tous les juifs bourgeois qui pensaient « éviter » ce que vivent les juifs du peuple.

    Dieudonné a servi de catalyseur, en accusant Arthur de « financer l’armée Israélienne qui n’hésite pas à tuer des enfants ».

    Condamné en 2006 pour diffamation, Dieudonné déclare « être heureux de s’être trompé » en affirmant qu’Arthur soutenait l’armée israélienne.

    Mais l’antisémitisme est irrationnel, et la machine est lancée, la solidarité avec la Palestine étant dévoyée contre Arthur, devenu en quelque sorte la « figure » du capitalisme juif-sioniste aux yeux des antisémites…

    Ici le texte d’Arthur, « D’où vient cette haine des incendiaires des âmes ? », publié dans Le Monde, où Arthur exprime ses impressions, lui qui au fond aurait bien aimé être un capitaliste comme les autres, mais qui doit affronter l’antisémitisme.

    Lire la suite »

    Jack Lang et le « génocide arménien entre guillemets »

    Le plus grand quotidien turc, Hurriyet, est très content de Jack Lang :

    Lang a dit qu’il avait voté contre la loi controversée adoptée par le Parlement, qui criminalisait la négation de la reconnaissance des incidents de 1915 comme un « génocide », car cette action relevait d’intérêts électoraux.

    « La loi a été adoptée en raison de préoccupations électorales et non parce qu’ils comprenaient la douleur des Arméniens. Par conséquent, il est dangereux que l’histoire soit faite par des hommes politiques », a-t-il dit.

    Il faut dire que Lang n’y est pas allé de main morte : il parle de « génocide arménien entre guillemets », et exprime son regret d’avoir voté la proposition de loi reconnaissant le génocide arménien à l’Assemblée nationale et d’être même doublement coupable, la première fois en tant que député et la seconde fois en tant que Président de la commission des affaires étrangères !

    Il peut bien maintenant critiquer « une campagne injuste », mais les faits sont là : Lang a contribué à la négation du génocide arménien, que l’État turc nie encore et toujours, aidé dans cette tâche par l’État israelien.

    Suites du saccage d’une synagogue de Caracas

    Début février, nous avions diffusé l’information sur l’attaque antisémite de la grande synagogue séfarade de Caracas au Venezuela, en pointant la responsabilité au moins idéologique de l’État fasciste pseudo-national : « Saccage de la grande synagogue de Caracas ».

    Dans le cadre de l’enquête suivant la profanation, sept policiers et quatre civils ont été arrêtés, car soupçonnés d’avoir participé au saccage. Parmi les arrêtés de samedi et dimanche, se trouvaient une détective du « Corps d’enquêtes pénales et criminelles », cinq officiers de la Police métropolitaine (dont un était d’ailleurs le garde du corps du rabbin depuis quatre ans), et un inspecteur-adjoint de la police de Caracas.

    Il apparaît donc clairement que l’appareil d’État du Venezuela (et ses composantes les plus répressives) poussent à la mobilisation réactionnaire des masses, entre autres à travers l’antisémitisme, et n’hésite plus à prendre les devants. La minorité nationale juive du Venezuela peut donc s’attendre à la multiplication de profanations et pogroms, soutenus voire organisés en sous-main par l’État venezuelien lui-même à travers de tels actes de barbouzerie antisémite.

    Tou BiShvat – ט״ו בשבט

    Aujourd’hui lundi 9 février, nous célébrons Tou BiShvat (ט״ו בשבט).

    Tou BiShvat est la fête du « nouvel an des arbres » (= Rosh HaShanah LaIlanot = ראש השנה לאילנות). Elle correspond matériellement aux premières floraisons d’arbres (sur la terre de Palestine, pas en France, évidemment !), i.e. typiquement les superbes floraisons d’amandiers (= shkedia = שקדיה).

    Tou BiShvat signifie « le 15 du mois de Shvat », ce mois tombant généralement pour nous en janvier – février. Pour la petite histoire, Tou = ט״ו = 9+6=15 ; mais pourquoi pas alors écrire 15=10+5 ? Parce que en hébreu, ça donnerait… י״ה, ce qui est l’abréviation du nom de D.ieu !

    La tradition à Tou BiShvat est de consommer des fruits secs, dont des amandes, dattes, abricots secs, figues séchées, raisins secs, etc. Rien que des bonnes choses !!!

    D’un point de vue matérialiste, Tou BiShvat est une fête paysane, une fête réellement populaire, qui ne célèbre ni un deuil, ni un événement particulier, c’est même à la limite du paganisme (sans vouloir offenser personne). C’est une fête issue du lien matériel de dépendance entre l’humanité et la nature, entre un peuple ou sa paysannerie et sa terre.

    Mais c’est aussi une fête qui célèbre de manière populaire la beauté du cycle de la nature et les signes précurseurs du printemps. En ce sens, cet aspect semi-mystique rejoint totalement l’actualité de la lutte pour la libération de la planète, et donne une saveur particulière aux fruits consommés à Tou BiShvat.

    Antisémitisme récurrent à la télé flamande

    La VRT (Vlaamse Radio en Televisieomroep), la télévision publique flamande, s’enfonce depuis quelques mois dans une surenchère antisémite, sous le prétexte classique de « l’humour », et en est aujourd’hui au cinquième « dérapage » antisémite en trois mois. Bien évidemment dans l’indifférence générale. De plus, cette télé refuse obstinément un quelconque mot d’excuse auprès de celles et ceux qui ont souffert du nazisme et de l’ultra-collaboration flamande en Belgique.

    Le sketch du 30 janvier

    La VRT a donc diffusé le 30 janvier un petit sketch antisémite dans l’émission humoristique « Man Bijt Hond », que voici :

    Oui, c’est en effet totalement hallucinant. Imaginez la même sur France 3, par exemple…

    Le contexte de la diffusion du sketch était une sortie antisémite d’un responsable flamand sur son blog. En effet, Bert Anciaux, ministre socialiste flamand de la culture et de la jeunesse, avait écrit, le 23 janvier, à propos de la tuerie de la crèche de Termonde en Flandre (où un psychopathe a tué et blessé plusieurs bébés et un adulte) :

    « Il s’agit de 15 victimes, dont 14 petits enfants. Cela nous choque tous. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser aux centaines d’enfants morts dans la bande de Gaza, tués volontairement par un agresseur qui, lui, n’a pas été puni ».

    Aucun rapport… mais toujours cette obsession antisémite.

    Après les protestations officielles de l’ambassade d’Israel, le ministre des affaires étrangères, Karel de Gucht (libéral flamand), s’est désolidarisé des propos d’Anciaux, tout comme le parti socialiste d’Anciaux. D’où le sketch sur le « mécontentement » des belges juifs.

    Le sketch du 1er janvier

    Auparavant, le 1er janvier, la deuxième chaîne de la VRT, Canvas, avait rediffusé (trois fois) un autre sketch antisémite, par « l’humoriste » flamand Philippe Geubels (le nom ne s’invente pas !). Celui-ci réagissait à l’affaire d’une émission culinaire annulée car elle portait sur le plat préféré d’Hitler (voir plus bas). Voici le texte du sketch :

    « En fait, je n’ai pas été en colère cette année. Si, il y a bien une chose : Joods Aktueel [journal juif d'Anvers, note de Hapoel]. Je me suis mis en colère contre le rédacteur en chef de Joods Aktueel. Il a porté plainte contre Alex Agniew [lire la suite pour comprendre, note de Hapoel], des ministres, [le journal] s’est assuré que la truite d’Hitler — en fait, celle de Jeroen Meus — ne puisse être diffusée… Moi, je trouve qu’ils exagèrent un peu. Que vont-ils faire si un jour, il y a une grosse fuite de gaz à Anvers ? Poursuivre la ville pour provocation ? (applaudissements). Et une plainte préventive pour tous ceux qui osent faire des plaisanteries à ce sujet ? Je trouve très grave ce qui s’est passé (autrefois), mais ce n’est pas pour autant qu’on peut continuer ces mesquineries. Je trouve très grave (ce qui s’est passé autrefois), mais vraiment, hein, mais bon. Je vais aussi devoir faire gaffe à ce que je dis, bientôt… je m’appelle Geubels et je me rase la tête. Je me vois déjà recevoir une lettre de ces gens-là. Je trouve très grave ce qui s’est passé, je vous assure, mais je crois aussi que ce ne serait plus possible aujourd’hui. Je le pense vraiment. Ces Juifs sont aussi devenus beaucoup plus intelligents. Maintenant, ils se sont disséminés dans le monde entier. Allez les rassembler, à présent ! La plupart d’entre eux sont en Amérique, alors, par train, on n’arrivera pas à les amener en Allemagne. » (applaudissements).

    Pour comprendre la petite allusion à Alex Agniew, il faut savoir que c’est un « humoriste de gauche » flamand assez connu, qui avait répondu à une interview il y a un an dans un magazine télé flamand. Cela n’a pas un rapport direct à la VRT, mais ça montre le niveau d’antisémitisme atteint en Belgique. Voilà, à titre documentaire, ce qu’il disait :

    « L’existence d’Israël me prend la tête. Sous prétexte que les Juifs ont lu dans leur livre que le pays du lait et du miel se trouve par hasard quelque part sur la Méditerrannée, les Palestiniens qui y habitaient depuis déjà des millénaires, ont dû faire leur paquetage et dégager. Pourquoi Israël n’est-elle jamais jugée pour les crimes qu’elle commet ? Apparemment, elle peut tout se permettre. Ce pays mène un quasi-nettoyage ethnique sur le Palestiniens, mais personne ne dit : « ce n’est pas très chouette de la part de nos amis Juifs ».

    Vous rappellez-vous cette querelle sur les excuses anversoises à la communauté juive pour ce qui est arrivé pendant la Deuxième guerre mondiale ? Voilà bien une attitude typique pour un populiste comme Patrick Janssens, de présenter ses excuses à des gens qui sont depuis longtemps dans la tombe au nom de gens qui sont aussi déjà dans la tombe. Pour qui ça se prend ? Le président des Etats-Unis ? O.K. Bart De Wever [le leader de la NVA, parti fasciste flamand indépendantiste, note de Hapoel] est un con, mais dans cette affaire, j’ai eu de la sympathie pour lui. Enfin quelqu’un qui a le courage de mettre des points d’interrogation autour des incessantes excuses faites aux Juifs. Où restent les excuses pour la Palestine ? Et pourquoi devons-nous continuer à demander pardon aux juifs pour le fait qu’ils se sont laissés massacrer dans des camps de concentration, au lieu de mourir l’arme à la main comme mon arrière-grand-père ? [soldat anglais, note de Hapoel] Je sais bien que ces gens ont enduré beaucoup de choses dans l’histoire. Mais j’habite un quartier de juifs hassidiques à Berchem. Et je me dis parfois : « Si ceux-ci se sont toujours comportés comme ils se comportent aujourd’hui envers nous, je ne suis pas étonné qu’on se soit dit un certain nombre de fois dans l’histoire : allez, on va d’abord massacrer ceux-là, et on s’occupera des autres après. »

    Quand je dis bonjour à un juif dans la rue, il fait comme si je n’existe pas. Pour eux, je ne suis qu’une petite merde mécréante. Et quand je les touche par accident, ils doivent aller se laver parce qu’ils sont entrés en contact avec une personne impure. Si je devais vivre selon de tels principes, et porter un casque et un uniforme, on me traiterait de nazi. Ils appliquent le principe des über- et untermensch avec la même rigueur que celle de leurs pires ennemis envers eux.

    Les Juifs sont d’ailleurs aussi les seuls qui ont obtenu une exception à la liberté de parole. On peut tout dire, sauf que l’Holocauste est une fable. Désolé, mais ça, je ne marche pas. Ceux qui prétendent que ce n’est pas arrivé sont des mongoliens de la pire espèce, mais ils ont le droit de le dire, je trouve. Dans une démocratie, on ne brocarde quand même pas quelqu’un parce qu’il a une opinion ? »

    Pas de commentaire… à part que les antisémites ne se bornent pas aux minorités juives, mais étalent aussi leur mépris (exterminateur à terme) des « mongoliens de la pire espèce ». Et que le « comique » n’a jamais été inquiété.

    Les goûts culinaires d’Hitler et les chippendales nazis

    Auparavant, fin octobre 2008, Canvas (toujours la deuxième chaîne de la VRT) avait annulé in extremis un épisode de son programme « Plat préféré » sur les goûts culinaires des « grands hommes ». En effet, cette émission aurait dû porter sur le plat préféré de Hitler, la truite au beurre. Soit dit en passant, voilà de quoi dynamiter le mythe fasciste d’un Hitler végétarien…

    La VRT, était revenue dans son programme satirique « Man bijt honde » sur cette annulation, en parlant d’une « grosse pression sémite » et en « moquant l’émoi de la communauté juive » pour « une innocente cuisine au gaz ». On est carrément au-delà de la « provocation ».

    Dans la foulée, Canvas avait mis le paquet sur l’iconographie nazie présentée sous un jour « sexy ». En effet, dans une pub pour l’émission de tourisme « Weg met De Soete » programmée le 27 novembre, on pouvait voir le présentateur « caricaturé » en chippendale nazi.

    Le texte en haut dit : « Testez-le vous-même : ceci est la première image que vous voyez quand vous tapez « Allemand » sur Google » (ce qui est carrément mensonger, mais vu le niveau du révisionnisme larvé, on ne s’en étonnera pas).

    Cet épisode de « Weg met De Soete » était consacré à la visite guidée de Berlin, et le texte en bas signifie : « découvrir la véritable Europe, pas celle des clichés ». C’est réussi.

    Tous ces « dérapages » antisémites ou présentant favorablement le nazisme à la télé publique montrent bien que nous ne pouvons en aucun cas avoir confiance en l’État belge, français, etc. Au moment où les Dieudonnés fleurissent en Belgique, la VRT n’a rien trouvé de mieux à dire que la justification archi-rabâchée comme quoi c’est de « l’humour » et que « l’humour ne peut pas connaître de tabous ».

    Quant à nous, nous savons très bien que :

    « Dans le monde d’aujourd’hui, toute culture, toute littérature et tout art appartiennent à une classe déterminée et relèvent d’une ligne politique définie.

    Il n’existe pas, dans la réalité, d’art pour l’art, d’art au-dessus des classes, ni d’art qui se développe en dehors de la politique ou indépendamment d’elle.

    Mao ZeDong, « Interventions aux causeries sur la littérature et l’art à Yenan », mai 1942.

    Encore Williamson

    L’évêque négationniste Richard Williamson a estimé dans une interview au Spiegel qu’il lui fallait étudier les preuves historiques de l’extermination massive des nôtres entre autres par gazage avant d’éventuellement revenir sur ses propos :

    « Il s’agit de preuves historiques, pas que d’émotions. Et si je trouve des preuves alors je rectifierai. Mais tout cela prendra du temps. »

    Nous avions déjà évoqué cette « affaire » sur ce site :
    L’Église réhabilite un évêque négationniste
    Encore sur l’Église et le négationnisme