HaPoel HaAntifashisti * הפועל האנטי פאשיסטי

HaPoel HaAntifashisti est un blog fait par des antifascistes appartenant à la minorité nationale juive en France. À l’heure où chaque personne juive peut voir d’un côté l’impasse meurtrière qu’est le sionisme, et de l’autre comment en France l’antisémitisme explose parallèlement à la crise capitaliste, HaPoel HaAntifashisti était une nécessité, une question de survie à moyen terme. Lire la suite.

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 17h20, sortie samedi à 18h31.

Le 27 janvier, jour de libération

Le 27 janvier 1945, vers 15h, un détachement de l’Armée Rouge arrive à Auschwitz-Birkenau. Les soldats soviétiques découvrent là 7000 survivantEs, mais aussi 600 cadavres jonchant le sol du camp.

Dix jours auparant, les nazis avaient devancé l’arrivée des libérateurs soviétiques, et avaient fait évacuer 60000 personnes pour les « marches de la mort ».

Au total, 1300000 personnes ont été déportées à Auschwitz, 1100000 n’en sont pas revenues, parmi lesquelles 960000 étaient juives.

Quand les soldats soviétiques sont arrivés à Auschwitz, ils ont été tellement horrifiés par la vision de ces prisonniers squelettiques, par la vision de ces enfants qui pleuraient mais qui n’avaient pas de larmes, qu’ils ont immédiatement appelé ce camp « l’usine de la mort ».

À propos de la libération d’Auschwitz, on peut trouver de nombreuses et importantes informations ici.

Auschwitz-Birkenau a été le plus grand camp d’extermination nazi, c’est le « symbole » d’une extermination très concrète, et nombreuses sont les personnes parmi nous qui y ont perdu de la famille…

Voilà pourquoi c’est un devoir de célébrer le 27 janvier : en tant que symbole de la libération.

C’est un hommage aux millions de personnes que les nazis ont voulu anéantir de la mémoire humaine.

De nombreuses publications d’Hapoel ont déjà été consacrées depuis trois ans à Auschwitz en particulier et aux camps de la mort en général. Ils offrent une vision synthétique de ce que signifie Auschwitz, de ce que signifie une extermination systématique :

- Pas de 27 janvier en Catalogne ;
- Les trois Auschwitz ;
- Ces gens n’avaient pas de larmes… ;
- 2 août 1944 : la liquidation des tziganes d’Auschwitz ;
- « Pour les animaux, la vie est un éternel Treblinka. » ;
- Le pillage à Auschwitz et le nihilisme de notre époque ;
- « Arbeit macht frei » et l’esclavage nazi ;
- La chanson « Nuit et brouillard » de Jean Ferrat, une triste ambiguïté tristement révélatrice ;
- Les camps de la mort, un défi à la civilisation ;
- The Auschwitz Album – Yad Vashem ;
- Pourquoi étudier la Shoah aujourd’hui ? ;
- Incendie à Majdanek : des milliers de mémoires anéanties.

Les juifs n’oublient pas ! Les juives n’oublient pas !
Il n’y aura pas de nouvel holocauste !

« Que ce lieu où les nazis ont assassiné un million et demi d’hommes, de femmes et d’enfants, en majorité des Juifs de divers pays d’Europe, soit à jamais pour l’humanité un cri de désespoir et un avertissement. »

Le 20 janvier 1942, la conférence de Wannsee — Voie Lactée

Il y a 70 ans : la conférence de Wannsee

Il y a 70 ans, le 20 janvier 1942, se tenait la conférence de Wannsee, dans la banlieue de Berlin, en Allemagne nazie. Alors que l’extermination massive, par balles, des Juifs et Juives d’URSS avait déjà commencé, la conférence devait établir l’organisation industrielle de la destruction de la population juive d’Europe.

Cet événement, cette planification, cette organisation méthodique et systématique, est unique dans l’histoire : si les forces impérialistes et réactionnaires en général ont déjà mené des génocides, jamais ils n’ont organisé celui-ci à cette échelle, organisant l’ensemble du système politico-militaire et économique en ce sens.

L’antisémitisme est une idéologie raciste qui a un rôle extrêmement particulier dans l’histoire du capitalisme ; cela est la base de sa fonction dans l’impérialisme, et c’est cela qui donne à l’antisémitisme une puissante identité destructrice dans les pays capitalistes.

SeulEs les marxistes-léninistes-maoïstes authentiques ont compris cela et considèrent l’antisémitisme comme une réelle menace, alors que par définition tout ce qui ne se tient pas sur le terrain du marxisme authentique tombe inévitablement dans un idéalisme servant l’antisémitisme.

Il est facile de voir que l’extrême-gauche française est antisémite de fait ; les personnes juives ne peuvent rejoindre celle-ci, en raison de sa nature anarcho-trotskyste basculant dans un idéalisme forcément poreux à l’antisémitisme.

Les personnes juives qui ont rejoint le trotskysme présentent d’ailleurs cette particularité de nier leur culture juive et d’utiliser le trotskysme comme un moyen de « s’assimiler » en se niant. Quant à l’anarchisme (dans sa variante française naturelle, l’anarcho-syndicalisme et le syndicalisme révolutionnaire), historiquement il a toujours été d’une nature outrageusement petite-bourgeoise, économiste au point de nier l’antisémitisme.

La conférence de Wannsee est ainsi incompréhensible pour les anarcho-trotskystes, qui ont historiquement en France toujours été poreux à l’antisémitisme, au négationnisme, dont l’un des témoignages les plus abjects est la perpétuelle diffusion du texte « Auschwitz ou le grand alibi. »

Cela est logique, quand on y pense au fond. L’alternative est obligatoirement communisme ou fascisme. Mais les anarcho-trotskystes ne peuvent pas assumer une pensée systématique, ils ne peuvent pas assumer le communisme, alors ils basculent dans le systématique sous la forme fasciste.

La destruction de la population juive d’Europe, de par sa dimension systématique, n’est compréhensible qu’à la lumière du matérialisme dialectique ; les économistes nieront forcément, en définitive, l’antisémitisme, car ils ne peuvent pas comprendre que les nazis aient privilégié la destruction à la course au profit.

Le fait que les nazis aient tué, sans même utiliser comme esclave, des millions de personnes, est impossible à comprendre sans utiliser le matérialisme dialectique.

Et encore faut-il pour cela comprendre l’apport de Mao Zedong, sur le rôle et la fonction de l’idéologie, de l’appareil d’Etat.

C’est également ce qui fait que la compréhension de l’antisémitisme est un critère très important pour savoir qui est authentiquement marxiste et qui ne l’est pas.

Cette question de l’antisémitisme, dont la « solution finale » décidée à la conférence de Wannsee est l’expression impérialiste la plus poussée, est donc un des points importants qui fait que le PCMLM ne s’intéresse pas à l’extrême-gauche, petite-bourgeoise sur le plan social et largement poreuse à l’antisémitisme.

L’extrême-gauche française est, de fait, antisémite ; le fait que jamais il n’est parlé d’antisémitisme en est une preuve, parmi de nombreuses autres.

Toute personne juive en France le sait, comme elle sait que l’antisémitisme est un composante de l’identité de la société capitaliste. Par conséquent, elle doit savoir où est sa place : comme dans les années 1920-1930, comme à l’époque de Staline, dans les rangs communistes

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 17h09, sortie samedi à 18h22.

Les tâches antifascistes en Ile-de-France – Partisans IDF

Les nouvelles tâches des Antifascistes en Ile-de-France pour l’année 2012

L’année qui s’annonce va être décisif pour les antifascistes. A mesure que la crise du capitalisme se généralise, le mouvement fasciste renforce ses positions. On pense évidemment à Marine Le Pen bien sûr, mais il ne faut pas oublier non plus toutes les tendances du mouvement fasciste qui profitent également de la situation.

Ce qui nous intéresse à Partisans, c’est que la monté du fascisme signifie nécessairement une poussée de la résistance antifasciste, en retour.

Nous n’imaginons pas forcément des milliers de jeunes rejoindre euphoriquement le mouvement antifa -quoi qu’on est jamais sûr de rien pour ce genre de choses. Mais il va obligatoirement y avoir de nouvelles personnes qui vont se tourner vers cet horizon. Dont très certainement une forte proportion de personnes jeunes, voire très jeunes.

Ce qui est clair en tout les cas, c’est que de nouvelles situations se présentent pour les antifascistes, que de nouveaux espaces sont à conquérir. Autrement dit, il est plus que temps pour le mouvement antifa de se moderniser pour coller pleinement à la réalité quotidienne du peuple.

Les années 1990 et 2000 ont dû être assez pénibles pour les celle et ceux qui n’acceptaient la compromission avec le système et qui ne voulait ou ne pouvaient pas ignorer le fascisme. En Ile-de-France l’antifascisme s’est totalement marginalisé, replié sur lui même ; cela par nécessité certainement.

Il y a eu une scène antifasciste radicale, portée par une partie de la scène d’extrême-gauche de l’Est parisien, qui s’occupait surtout de ce que faisait les fascistes plutôt que de développer la culture antifasciste.

Également, s’est formée une micro-scène antifa, plus populaire et plus banlieusarde, autour de la tribune Auteuil du Parc-des-Prince, le stade de football. Elle est née plus par nécessité de se défendre contres les fascistes de la tribune Boulogne que par réel volonté politique ou culturelle.

Aujourd’hui, les derniers « antifa radicaux » de Paris peinent à ne pas disparaître et les quelques antifas du stade se sont fait étouffer par l’apolitisme ambiant de leur milieu et la répression qui a précédé la « modernisation » du PSG.

Maintenant, l’heure est à la reconstruction pour le mouvement antifasciste en Ile-de-France. Ce qu’il faudra absolument éviter – en tout les cas c’est ce que nous pensons- c’est de remonter une « scène », un milieu antifa, replié sur lui même, fermé aux préoccupation populaires quotidiennes.

Pour renaître, le mouvement antifasciste doit se diffuser dans le peuple et donner naissance à un foisonnement d’initiatives, de projets et d’actions ! Ce que nous espérons, et ce pourquoi nous continuerons à nous battre cette année, c’est la multiplication des groupes autonomes antifascistes partout dans la région.

Pour que cela fonctionne, il ne faudra oublier personne, prendre en compte toutes les réalités locales. En Ile-de-France, notre situation est particulière. Que l’on soit à Paris, en proche banlieue dans le 92, le 93 et le 94 ou bien en grande Banlieue dans le 77, 78, 91 ou 95, les situations sont totalement différentes.

Nous nous adresserons tout autant à ce prolétaire de culture reggae vivant dans un pavillon du 95, à cette jeune femme qui se dresse contre la pression patriarcale dans sa cité, à cette petite bande de hardstyleur du 91 qui n’apprécient pas trop la présence des nationalistes dans le milieu, à ce jeune intérimaire de Rungis qui met toujours du rap très fort dans ses écouteurs pour éviter d’entendre les horreurs racistes de certains de ses collègues, à cette étudiantes qui manque de détruire la télévision de son studio parisien à chaque fois qu’elle entend Eric Zemmour parler…

Nous nous tiendrons prêt à agir et réagir très vite pour se rendre utile si la question antifasciste devait tout à coup prendre une importance populaire énorme – nous pensons par exemple à ce qui pourrait se passer si Marine Le Pen se retrouvait au second tour des élections présidentielles…

En attendant, l’actualité, la tâche des antifascistes aujourd’hui, c’est de se reprendre en main, de se regrouper autour de soi, de compter ses forces, de réfléchir et d’agir. Agir, mais efficacement, sans perdre de temps dans des dépenses inutiles d’énergie.

Et il est indispensable d’avoir toujours à l’esprit cette réalité fondamentale : on n’arrêtera pas le fascisme avec de belles phrases entre nous mais en créant l’unité populaire autour de valeurs progressistes, positives qui s’opposent unilatéralement au fascisme !

En 2012 n’attend plus, monte ton groupe autonome antifa, mène la résistance de la culture métissée et populaire, rejoins l’Action Antifasciste!

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 16h59, sortie samedi à 18h12.

L’Aziza – Daniel Balavoine

« Ta couleur et tes mots, tout me va
Que tu vives ici ou là-bas
Danse avec moi
Si tu crois que ta vie est là
Ce n’est pas un problème pour moi
»

Le 14 janvier 1986, le chanteur Daniel Balavoine trouvait la mort dans un accident d’hélicoptère au Mali. L’an dernier, la France commémorait donc les 25 ans de sa disparition.

Que reste-t-il, aujourd’hui à l’époque de Marine Le Pen, de Daniel Balavoine et de son œuvre ? Est-ce qu’il en reste à peu près la même chose que des années Mitterrand et de SOS Racisme, c’est-à-dire pas grand-chose ?

Non, justement. De l’œuvre de Daniel Balavoine, il reste quelque chose qui à l’époque en avait fait un chanteur à part dans la variété française, aussi bien d’un point de vue musical avec sa recherche d’un son new wave exprimant de manière juste sa sensibilité, que du point de vue de sa conception du monde.

Malgré ses limites inévitables dues aux illusions des années Mitterrand ainsi qu’à son statut d’artiste, Daniel Balavoine avait rencontré un succès immense, car sa sensibilité individuelle l’avait amené à se reconnaître dans le cri sourd du peuple dans sa longue marche pour vivre libre – sans racisme, sexisme ni exploitation.

Les chansons « Vivre ou survivre » ou bien « Tous les cris les S.O.S. » témoignent justement de cet espoir, qui se fraie un chemin à travers l’oppression. Cette dernière chanson est précisément mise en avant avec une grande justesse dans cet article de Contre-Informations, comme étant « une synthèse du besoin du communisme, bien loin de la variété d’un Ferrat ».

Quant à la chanson « L’Aziza », elle était immédiatement devenue un classique populaire de l’antiracisme des années 1980. Et bien que le clip ait vieilli, ses paroles doivent encore nous parler aujourd’hui dans une époque bien plus sombre, au-delà de certains aspects qui sonnent aujourd’hui comme un peu « paternalistes ».

« L’Aziza » trouve au final son énergie dans le vécu de Balavoine, dans son union avec Corinne, sa femme d’origine marocaine juive. Mais ce vécu particulier, c’est aussi le vécu populaire des unions mixtes, du métissage, de la romance par-delà les barrières et les frontières.

Voici le clip de cette chanson (où dès les premières images, deux enfants s’échangent une Magen David et une Khamsa), clip que nous diffusons ici car « L’Aziza » doit nous parler si l’on veut sincèrement vivre libre de tout racisme.

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 16h51, sortie samedi à 18h04.

Une carte de vœux de George Grosz : de 1932 à 2012

Ceci est une carte de vœux produite par l’artiste allemand George Grosz pour l’année 1932, c’est-à-dire il y a exactement 80 ans de cela. George Grosz était un artiste dadaïste et expressionniste ayant participé au soulèvement spartakiste de 1918 – 1919 ; il était un membre de la première heure du Parti Communiste d’Allemagne (KPD).

La qualité de la photographie est déplorable ; toutefois on peut distinguer sur les trois cartes en bas de la photo un drapeau républicain allemand (celui que l’on connaît aujourd’hui), une croix gammée, et le symbole communiste de la faucille et du marteau. Ces cartes à jouer sont surmontées d’un grand point d’interrogation et d’une main jouant aux dés.

L’esprit de cette carte de vœux est donc très amer. Si d’un côté il est souhaité « les meilleurs vœux pour la nouvelle année » („Die besten Wünsche zum neuen Jahr“), de l’autre côté l’avenir est présenté comme incertain, aléatoire, troublé : l’année 1932 verra-t-elle la prolongation du fragile statu quo républicain, l’avènement du nazisme et de la barbarie, ou bien l’espoir d’une nouvelle insurrection communiste ?

Aujourd’hui la France n’est évidemment pas encore dans la situation vécue en Allemagne au début des années 1930 : l’État français est stable, le sang ne coule pas dans les rues.

Mais il est certain que chaque année est pire que la précédente, que 2012 sera une année troublée, et que les prochaines années verront de grands bouleversements. La crise capitaliste fait rage, la bourgeoisie la plus agressive et la plus impérialiste exige la réorganisation et la réimpulsion de l’appareil capitaliste, et en arrière-plan la guerre se profile y compris sur le continent européen.

Sur le plan politique, le mouvement fasciste s’organise et s’unifie derrière le Front National avec l’appui volontaire ou « involontaire » de tout ce qu’il y a de plus chauvin dans la politique française, et la campagne pour les présidentielles va être un moment décisif dans la synthèse « sociale et nationale » du fascisme – avec tout « l’anticapitalisme romantique » et l’antisémitisme auquel il faut s’attendre.

Nous sommes convaincus qu’aujourd’hui plus que jamais, nous sommes « au seuil des années 1930 ». L’antifascisme doit devenir la priorité au sein de la minorité nationale juive, et l’unité avec l’ensemble masses populaires doit être le critère de vérité.

Contre le nationalisme et le chauvinisme, qui vont systématiquement de paire en France avec l’antisémitisme. Contre le projet impérialiste et authentiquement fasciste porté par le Front National de Marine Le Pen. Contre les « juifs de service » qui se vendent au mouvement fasciste et se feront broyer tôt ou tard.

Pour que cent groupes autonomes antifascistes s’épanouissent.
Pour l’unité antifasciste des masses populaires.
Pour la libération totale de l’humanité et de la planète.

Meilleurs vœux antifascistes pour 2012.

Shanah Tovah – שנה טובה

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 16h44, sortie samedi à 17h58.

Joyeux Noël… à la Jew-Yorkaise !

Dans les grandes métropoles américaines, aussi bien sur la côte Ouest que sur la côte Est, les communautés juives mettent un point d’honneur à perpétuer une tradition « ancestrale » à Noël : aller au cinéma et manger au restaurant chinois !

Au-delà du dilemme entre aller au cinéma d’abord ou aller manger chinois d’abord (ce qui dépend des coutumes locales suivant les quartiers ou les villes), cette « tradition » en dit long sur le rapport des personnes juives à la culture américaine dominante.

En effet, il y a ici un élément de compréhension sur comment l’immigration juive s’est intégrée culturellement aux USA : Christmas est une fête nationale donc il convient de « marquer le coup », mais sans toutefois se nier et s’effacer.

Cette « tradition » juive américaine est certainement vieille de plusieurs dizaines d’années, puisque l’humoriste Jerry Seinfeld y faisait déjà référence au début des années 1990 comme étant une coutume établie et connue même de personnes non-juives.

Mais pourquoi le restaurant chinois, au juste ? Déjà parce que ces restaurants sont souvent ouverts à Noël puisqu’ils ne célèbrent pas cette fête.

Sans doute aussi qu’il s’agit, par la nourriture d’une autre minorité nationale, de contourner un certain « blocage » concernant les plats traditionnels dominants, considérés comme encore moins Kasher que la cuisine chinois, qui est assez souvent végétarienne (voire végane).

C’est le même ressort culturel qui fait que, ici en France, des personnes ne mangeant pourtant pas Kasher se refusent catégoriquement à goûter au cadavre de cochon.

Enfin, il faut également savoir que cela fait certainement depuis les années 1950 que les communautés juives des métropoles américaines sont très friandes de cuisine chinoise.

Pourquoi ? Difficile à expliquer, mais sans doute que les juifs américains se sentent plus « chez eux » dans une autre minorité nationale plutôt que dans la culture nationale-bourgeoise américaine dominée par les standards « White Anglo-Saxon Protestant » (WASP). Il peut exister dans une certaine mesure le même phénomène en France… mais c’est une autre histoire.

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat ‘Hanukkah – שבת חנוכה

Entrée vendredi à 16h38, sortie samedi à 17h53.

‘Hanukkah Samea’h ! – ! חנוכה שמח

Ce soir commence le 25 Kislev, qui marque le premier des 8 jours de ‘Hanukkah ! Une fête de lumière, de résistance et d’espoir… qui est particulièrement attendue par les plus jeunes dans nos familles !

‘Hanukkah est une fête d’origine rabbinique. Celle-ci célèbre à la fois la victoire militaire de la révolte des Maccabim, la « victoire spirituelle » sur les « Juifs hellénisants », l’institution d’un royaume indépendant sur la Judée… autant d’éléments mis en avant par les nationalistes juifs. Mais surtout, ‘Hanukka célèbre le fameux « miracle de la fiole ».

Rappelons de quoi il s’agit : les Maccabim victorieux des « Juifs hellénisants » arrivent au Temple de Jérusalem, où la Menorah (à 7 branches, donc) doit briller en permanence. Mais ils n’y trouvent que quelques gouttes d’huile d’olive consacrée, qui auraient suffi à faire briller la Menorah un seul jour alors qu’il en faudrait huit pour refaire un stock d’huile.

Et c’est là que s’opère le miracle : les quelques gouttes d’huile d’olive parviennent à brûler pendant 8 jours de suite : « un grand miracle a eu lieu ici ».

Voilà donc l’origine de l’allumage pendant 8 jours de la ‘Hanukkiyah, ce chandelier à 9 branches qui porte 8 bougies, plus une bougie « principale », le Shamash, utilisée pour allumer les autres.

D’autres coutumes se sont greffées avec le temps. Ainsi, il est coutume de manger des Soufganiyot (des beignets fourrés), de donner de l’argent aux enfants (coutume qui s’est transformée soit en cadeaux, soit en médailles en chocolat), ou encore de faire tourner une toupie (« Sevivon, sov sov sov… »).

Voilà pourquoi ‘Hanukkah est une fête si attendue par les plus jeunes ! Mais aussi, donc, par celles et ceux d’entres nous qui ont des enfants, des neveux, des nièces encore jeunes.

Voici une série de courtes synthèses sur divers éléments liés à ‘Hannukah, plus culturels que religieux :

- Sevivon, sov sov sov
- ‘Hanukkah : allumer le feu !
- Recette de Soufganyot végétaliennes

On notera au passage que dans une chanson de ‘Hanukkah écrite par Bialik, le « poète officiel » du sionisme originel, la dernière strophe parle du Sevivon, qui serait en « plomb fondu » (‘Oferet Yetzukah). Or il s’agit précisément du nom officiel des opérations militaires à Gaza de l’hiver 2008 – 2009, qui avaient été déclenchées… exactement pour le Shabbat de ‘Hanukkah ! Ainsi, même ce qui se conçoit comme « apport culturel » dans « l’utopie » nationaliste sioniste se retrouve transformé en son contraire, dans un mépris absolument cynique et barbare de toute culture et de toute vie.

Entretemps, Hapoel souhaite très chaleureusement une bonne fête – de joie et de persévérance – à toutes les personnes qui la célèbrent.

'Hanukkah Samea'h ! – ! חנוכה שמח

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 16h36, sortie samedi à 17h49.

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 16h35, sortie samedi à 17h48.

9 décembre 1942 : la grande rafle de Tunis

Quand éclate la seconde guerre mondiale, la Tunisie abrite une population juive d’environ 90.000 âmes, habitant essentiellement entre Tunis et la Goulette, ainsi qu’à Djerba, Sfax, etc.

L’Europe et les champs de batailles ont beau paraître loin, mais le colonisateur français occupe la Tunisie, qui subit dès octobre 1940 les lois antisémites de Vichy, comme en Algérie.

Les mesures antisémites sont diversement appliquées en Tunisie, pas toujours comme Vichy l’aurait voulu. Ainsi, le port de l’étoile jaune n’est pas obligatoire à Tunis, mais seulement à Souss et Sfax.

Fait notable, de larges couches des féodaux tunisiens s’opposent aux mesures antisémites, ne serait-ce que pour réaffirmer face à Vichy leur autorité sur la Tunisie et tous les « sujets » du Bey – parmi lesquels la minorité juive de Tunisie, donc.

Ainsi, dès son intronisation en juin 1942, Moncef Bey s’opposera à l’antisémitisme de Vichy, et cachera des juifs pendant toute l’occupation à titre personnel, en poussant beaucoup de figures de la féodalité à faire de même. Les exemples en ce sens sont très nombreux.

Mais suite aux avancées des Alliés en Afrique du Nord, les nazis décident d’organiser la défense sur place, et débarquent en Tunisie le 8 novembre 1942. C’est alors que s’ouvre la période de l’occupation nazie en Tunisie, ce qui est unique en Afrique du Nord.

Pour la minorité juive, les persécutions antisémites franchissent un cap, et deviennent semblables à celles qui règnent en Europe : étoiles jaunes, rationnements, spoliations, réquisitions militaires, énormes amendes collectives, travail forcé en public ou dans des camps, jusqu’à la déportation.

Le 8 décembre 1942, les forces nazies d’occupation exigent à la communauté juive, représentée par Moïse Borgel, un contingent de travailleurs forcés : il leur faut 3000 jeunes adultes juifs pour le lendemain à l’aube.

Mais le lendemain matin, il y a seulement 120 « volontaires » à la caserne Foch de Tunis. Ce sont donc les SS qui vont se charger du travail, et qui vont opérer une rafle sans doute déjà prévue : c’est la rafle de Tunis, le 9 décembre 1942.

Ainsi, les SS occupent l’école de l’Alliance et « cueillent » les personnes qui arrivent. Les nazis iront jusqu’à rafler dans les synagogues, notamment la grande synagogue de Tunis. De plus, ils enlèvent de nombreux « notables » de la communauté juive, qui serviront comme otages.

Les 4000 juifs raflés ce 9 décembre 1942 iront soit en camp de travail, soit sur les fronts allemands en Europe.

Ce seront au total 5000 juifs de 18 à 50 ans qui iront trimer dans 32 camps de travail en Tunisie dans des conditions de travail extrêmes, principalement vers Bizerte mais aussi dans les environs de Tunis. À noter que le financement et les ravitaillements des camps devaient être assurés par la communauté juive elle-même…

De ces camps, quelques centaines de personnes ne reviendront pas, que ce soit à cause des conditions de vie extrêmement dures ou bien à cause des exécutions sommaires. De même, une soixantaine de très jeunes adultes juifs trouveront la mort sur les fronts allemands en Europe.

Sans parler d’un convoi de déportés juifs qui, la mer étant quadrillée par les Anglais, partira en avril 1943 en avion en direction des camps de Pologne et d’Autriche. De cette déportation, 17 personnes ne reviendront pas – en plus de déportés « individuels » parmi les résistants.

Face aux avancées des forces Alliées, les nazis déserteront les camps de travail en avril 1943, et fuiront la Tunisie en mai 1943. Peu après, les mesures antisémites seront abrogées.

Les six mois d’occupation allemande de la Tunisie ont été trop courts pour mettre en œuvre les véritables plans nazis : l’extermination de la minorité juive de Tunisie, ni plus ni moins.

En effet, il existe des témoignages de cadres de la diplomatie nazie allant très clairement dans ce sens. Cependant, vu que la mer était sous contrôle allié, et que la déportation par avion n’était pas envisageable à l’époque, les SS avaient prévu de fusiller les personnes juives en Tunisie même.

Comme quoi l’antisémitisme nazi a une dimension totalement idéologique, jusqu’à aller chercher des personnes juives à génocider au-delà des mers. Aujourd’hui, les juifs se souviennent, les juives se souviennent.

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 16h38, sortie samedi à 17h49.

« Le sport européen à l’épreuve du nazisme » au Mémorial de la Shoah

Exposition – Le sport européen à l’épreuve du nazisme

Jusqu’au 18 mars 2012 – Mémorial de la Shoah, Paris

Des JO de Berlin aux JO de Londres (1936-1948) – Le nazisme, le fascisme et les régimes de collaboration ne vouèrent pas un simple culte au corps athlétique et guerrier, ils utilisèrent le sport pour contrôler la jeunesse et les masses, justifier leurs idéologies xénophobes et racistes, et même infliger des supplices particuliers aux champions juifs déportés.

Quant au monde sportif, comment s’est-il comporté face aux politiques d’exclusion, face à l’application des lois antijuives jusque dans les stades, les gymnases et les piscines ?

Pour les minorités opprimées, pour les résistants, et même pour certains prisonniers des camps, à l’inverse, le sport a pu servir de refuge, voire de réarmement moral et corporel.

Cette exposition révèle, en contrepoint, comment les jeunesses juives de toute l’Europe se sont enthousiasmées pour les sports, investissant en particulier la lutte, la boxe, l’escrime et les sports de self-défense, et participant aux Maccabiades de Tel-Aviv en 1932 et 1935.

Relatant ces multiples facettes de l’histoire du sport en Europe entre 1936 et 1948 à travers de nombreux films, photographies, objets et documents d’archives, l’exposition retrace parallèlement l’itinéraire individuel d’une vingtaine de sportifs dont les carrières ont été bouleversées et les vies anéanties par la montée du nazisme.

Visiter le site Internet de l’exposition

Mémorial de la Shoah
17, rue Geoffroy-l’Asnier 75004 Paris
www.memorialdelashoah.org

« Un fascisme mystique et romantique, et un fascisme planiste et technocratique »

« C’est aussi en France que l’on constate dans toute son ampleur ce phénomène-clef du fascisme : le passage de gauche à droite d’éléments socialement avancés, mais violemment opposés à l’ordre libéral. Car le fascisme est allé puiser tant dans la gauche que dans la droite et, parfois, dans certains pays, beaucoup plus dans la gauche que dans la droite.

Il ne s’agit point ici d’un phénomène spécifique à la France : le comportement du ministre travailliste Oswald Mosley, la pléiade de syndicalistes italiens autour de Mussolini ou l’accueil réservé au nazisme par Henri de Man recoupent les réactions des militants du Parti populaire français ou du Rassemblement national populaire.

Cependant, depuis les radicaux d’extrême gauche, au temps du boulangisme, jusqu’à Déat et Doriot et les milliers de militants socialistes et communistes qui gravitent autour d’eux, en passant par Sorel, Lagardelle et Hervé, nul autre pays que la France n’enregistre de revirements aussi nombreux et aussi spectaculaires. Nul autre parti ne perd en faveur d’un parti fasciste un tel nombre de membres de son bureau politique que le PCF.

Du boulangisme à la collaboration, la gauche française ne cesse d’alimenter les formations de droite et d’extrême droite, les mouvements préfascistes ou déjà pleinement fascistes.

C’est là une constante de la vie politique française ; c’est là un des éléments essentiels de l’explication de la genèse et de la nature du fascisme français.

Ce phénomène culmine, il importe d’y insister, bien avant la collaboration. [...] Au contraire, il constitue l’aboutissement logique et naturel d’une évolution politique et intellectuelle vieille déjà d’un demi-siècle.

Le fascisme français se présente ainsi comme un phénomène autonome, possédant ses propres racines et ne devant rien à l’étranger.

Si imitation il y a, c’est de la part des Italiens, y compris Mussolini, venu chercher l’inspiration chez les syndicalistes révolutionnaires et les nationalistes français.

Le fascisme français, héritier direct de Barrès et de Drumont, de Sorel et de Janvion, de Berth et de Biétry, se distingue aussi par la richesse de ses variantes et de ses courants.

C’est en France, plus encore qu’en Italie, que le fascisme présente une diversité qui permet mieux qu’ailleurs d’en dégager un paradigme, un « type idéal ».

Il contient notamment, d’une manière quasi parfaite, les deux courants majeurs du fascisme : un fascisme mystique et romantique, et un fascisme « planiste » et technocratique. »

Zeev Sternhell, « La droite révolutionnaire (Les origines françaises du fascisme, 1885 – 1914) »

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 16h42, sortie samedi à 17h53.

Faire groover les anges…

Aujourd’hui, cela fait exactement 7 ans que la jeunesse juive regrette DJ Lam.C, assassiné dans la nuit du mercredi 19 novembre 2003 dans le parking de sa résidence.

En novembre 2003, Sébastien Selam a 23 ans et vit avec sa mère et son frère dans une cité de la rue Louis Blanc, près de la place du Colonel Fabien. Il est connu sous le blaze de DJ Lam-C (le verlan de Selam, évidemment).

Seulement depuis quelque temps, son voisin et camarade d’enfance Adel Amastaibou, 23 ans aussi, multiplie les actes antisémites : insultes antisémites, cadavres de poulets égorgés devant la porte des Selam, agression d’un rabbin, etc.

Le soir du 19 novembre 2003, Adel Amastaibou (seul ? avec des complices ?) tend un piège à Lam-C : il l’attire dans le parking de l’immeuble, et l’égorge à coups de couteau. Le visage sans vie de Sébastien pouvait témoigner des traces horrifiantes de la barbarie antisémite.

Pire encore : remontant en courant chez sa mère, le meurtrier s’écrie : « J’ai tué un juif ! J’irai au paradis ! ». Il rajoutera, devant les policiers : « C’est Allah qui l’a voulu. » Le motif antisémite de l’assassinat était donc limpide, terriblement limpide.

Et pourtant. Pourtant en 2006, Adel Amastaibou est déclaré irresponsable au moment des faits, et interné à Villejuif – un comble pour un antisémite… Le même verdict est prononcé à nouveau après 6 ans de procédures en 2009, privant la famille Selam d’un procès, et en même temps de toute dignité.

Aujourd’hui Sébastien Selam repose au cimetière de Pantin. Toutes nos pensées vont à sa mémoire, à Juliette sa mère et Stéphane son frère. Jamais la mémoire de Lam.C ne sera souillée par des racistes comme Éric Zemmour, qui dans son livre « Petit Frère » récupère et salit le sort tragique de Sébastien.

Là où il est, Lam.C doit faire groover les anges… Vérité et justice pour Lam.C !

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 16h49, sortie samedi à 17h58.

Abraham Serfaty, figure passée de la révolution marocaine [novembre 2010]

Aujourd’hui 18 novembre 2011, c’est « l’année » d’Abraham Serfaty, militant historique de la gauche marocaine. Nous reproduisons ici l’article publié par Hapoel le lendemain de son décès.

Quand on connaît la situation actuelle au Maroc, on ne prend pas beaucoup de risques en disant que, au cours des années 2010, le Maroc va devenir une « poudrière ».

Une poudrière où les rébellions populaires vont se multiplier, où le régime de Mohammed VI va réprimer les peuples marocain et sahraoui ainsi que les minorités imazighen, où la concurrence entre la France et les USA va devenir de plus en plus intense.

Le peuple marocain en lutte doit impérativement rencontrer en France la solidarité qu’il mérite, d’autant plus que chaque avancée révolutionnaire au Maroc ne sera pas seulement une défaite de l’impérialisme français, ni seulement une avancée pour la révolution arabe en général… mais aussi un progrès pour la conscience révolutionnaire en France !

À chacune de ses avancées, la révolution marocaine aura un écho certain en France même : elle laminera les positions des islamistes au sein des masses populaires arabes de France, elle fera tomber les murs entre les minorités nationales juive et arabe, elle contribuera à l’unité populaire pour la libération totale… ici en France !

Voilà pourquoi il est indispensable de faire vivre la solidarité avec le mouvement révolutionnaire marocain, qui fait actuellement face avec une détermination absolue aux tortures, à la prison et aux assassinats.

Le mouvement révolutionnaire marocain puise ses racines dans ce qu’on a appelé au Maroc les « années de plombs », c’est-à-dire dans la grande agitation révolutionnaire qui a secoué le régime fasciste de Hassan II dans les années 1970, en s’inspirant elle-même de la révolution culturelle en Chine populaire.

Seulement aujourd’hui, il s’agit de dépasser les années 1970, et pour cela les révolutionnaires du Maroc analysent méthodiquement et critiquent systématiquement l’expérience des années de plomb.

L’une des bases de leur identité politique, justement, est la critique féroce de la trahison des principales organisations révolutionnaires des années 1970, qui sont devenues dès 1979 des forces « néo-révisionnistes » vivant sur le prestige immense de leurs martyrs passés.

C’est précisément sur cette base (leur attitude est-elle réellement antagoniste, réellement révolutionnaire ?) qu’il faut critiquer des gens comme Abraham Serfaty, et d’ailleurs il était critiqué de son vivant autant par les maoïstes du Maroc que par ceux de France.

De son vivant, oui, car Abraham Serfaty est décédé hier à Marrakech, à l’âge de 84 ans, marquant ainsi la fin d’une époque… et le début d’une autre.

Qui était Abraham Serfaty ?

Né en 1926 dans une famille juive originaire de Tanger, Abraham Serfaty adhère en 1944 à l’âge de 18 ans aux jeunesses communistes marocaines. Puis il va faire ses études en France de 1945 à 1949, où il adhère au PCF.

De retour au Maroc, il entre au Parti Communiste Marocain, qui lutte contre l’impérialisme français et pour l’indépendance. Pour ses activités anti-coloniales, Abraham Serfaty est assigné à résidence de 1950 à 1956.

Au lendemain de la pseudo-indépendance, il entre au gouvernement dans le cabinet du ministère de l’économie, où il oriente la politique minière du Maroc. À partir de 1960, au début du règne de Hassan II, il est haut cadre de l’Office Chérifien des Phosphates, mais il se fait limoger après avoir soutenu la grève des mineurs à Khouribga.

En 1968, le Parti Communiste Marocain devient le Parti de la Libération et du Socialisme, ce qui scelle définitivement son tournant « révisionniste », c’est-à-dire contre-révolutionnaire et pro-soviétique.

Abraham Serfaty quitte donc ce parti en 1970 et fonde l’organisation maoïste Ilal Amam (« en avant ») avec Abdellatif Laâbi (dirigeant de l’excellente revue « Souffles ») et Raymond Benhaïm. C’est l’acte de naissance du « MMLM » des années 1970, le mouvement marxiste-léniniste marocain.

En janvier 1972, Abraham Serfaty est arrêté pour ses activités révolutionnaires et est sauvagement torturé, mais est libéré sous la pression des masses populaires. En mars, il passe à la clandestinité avec Abdellatif Zeroual – un des grands martyrs de la révolution marocaine.

Mais en 1974, Serfaty et Zeroual sont de nouveau arrêtés : Zeroual est assassiné en prison par ses bourreaux, et Serfaty sera jugé en 1977 avec presque 150 révolutionnaires – dont la grande martyre Saïda Menebhi.

Abraham Serfaty fait partie des 5 inculpés qui sont condamnés à la perpétuité à la prison centrale de Kenitra, notamment pour son soutien à la libération nationale sahraouie et au Front Polisario. En prison, il épousera Christine Daure, qu’il avait rencontrée en clandestinité.

Après 17 ans d’enfermement et grâce à une campagne internationale en sa faveur, Abraham Serfaty est libéré de prison en septembre 1991 et ausitôt exilé en France.

Deux mois après la mort de Hassan II, il est autorisé en septembre 2000 à revenir au Maroc. Serfaty est aussitôt nommé conseiller à l’Office National de Recherches et d’Exploitations Pétrolières (Onarep).

À ce moment là, il est clair qu’Abraham Serfaty a définitivement rompu avec la révolution, qu’il s’est fait tromper par Mohammed VI… ou plutôt qu’il a bien voulu être trompé. Bref, Serfaty a été atteint par les « balles enrobées de miel », après avoir accompagné en prison le tournant néo-révisionniste du MMLM.

Que reste-t-il alors de l’héritage d’Abraham Serfaty ?

Pour Hapoel, il reste la figure d’un révolutionnaire juif-arabe, qui a fait la révolution dans son pays le Maroc, qui a analysé précisément la minorité marocaine juive, et qui a exprimé sa solidarité avec le reste de la nation arabe – en particulier avec le peuple palestinien sous occupation sioniste.

Dans l’identité des gens qui ont donné naissance à Hapoel, la figure d’Abraham Serfaty occupait une place très importante, et il n’est pas difficile de comprendre pourquoi. Mais il n’y a jamais eu d’illusion à propos des perspectives qu’il représentait.

On trouve dans les archives internationales des marxistes-léninistes-maoïstes une liste de documents d’Abraham Serfaty de son époque révolutionnaire.

Les contradictions de l’ennemi et la perspective révolutionnaire au Maroc (avec Abdellatif Zeroual)

Le judaïsme marocain et le sionisme

Le devoir des juifs marocains (1967)

Salut aux Afro-américains ! (1969)

Révolution en Afrique et direction du prolétariat (1970)

Lumumba vivant (1971)

La francophonie contre le développement

Obscurantisme néo-colonial et acrobaties bourgeoises

Dictature et démocratie (1971)

La révolution marocaine vit et se bat, avec à sa tête la Voie Démocratique Basiste (an-Nahj ad-Dimoukrati al-Qaidi). Vive la VDB, sa lutte, ses martyrs !

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 17h08, sortie samedi à 18h14.

Crise, guerre, fascisme : l’arbre préfère le calme, mais le vent continue de souffler

Il y a quelques années, lorsque l’Action Antifasciste s’est lancée, les gens et les groupes qui y étaient associés pouvaient encore passer pour des « catastrophistes », des « illuminés », voire pour des « mystiques millénaristes » aux yeux de l’extrême-gauche cartésienne franco-française. Aujourd’hui on peut faire les comptes, et constater qui avait vu juste.

Nous parlions de crise capitaliste, aujourd’hui toute la société ne parle plus que de cela. Nous parlions de guerre impérialiste, aujourd’hui on a la Côte-d’Ivoire, la Libye, et des tensions insoutenables au niveau européen et international.

Nous parlions de fascisme, aujourd’hui on a un Front National qui n’a jamais été aussi optimiste, tout un mouvement qui gravite autour, et le populisme « social et national » encerclant idéologiquement les masses.

Nous parlions d’antisémitisme, aujourd’hui les antisémites ne ratent plus une occasion pour s’exprimer – et être entendus – dès qu’il est question des « juifs » d’une manière ou d’une autre.

Nous parlions de décadence et de barbarie, aujourd’hui il n’est pas difficile de voir que la barbarie a explosé, que la décadence est devenue la règle dans la culture imposée par la bourgeoisie.

Voilà le tableau archi-sordide et archi-explosif de la société capitaliste aujourd’hui.

Et si les sionistes et l’extrême-gauche décriaient Hapoel et l’Action Antifasciste, impossible pourtant de ne pas voir de quel côté se trouvent l’économie politique, la clairvoyance, le sérieux – et la rage de vaincre et vivre.

Depuis des années, nous disons ce que chacunE pressent aujourd’hui comme inévitable : demain la crise en France sera générale et complète, et cela va mal tourner, très mal tourner.

Crise, guerre, fascisme : voilà la spirale infernale dans laquelle le capitalisme entraîne la société, l’humanité, mais également toute la vie sur cette planète.

À moins que… À moins que les masses populaires ne s’unissent dans le feu de leurs luttes, s’érigeant en un rempart tout-puissant contre lequel le fascisme viendrait se briser.

C’est cela aujourd’hui l’actualité principale : la construction du front populaire antifasciste, unissant l’ensemble du peuple contre le racisme, le sexisme, le saccage de la planète, le fascisme et la guerre impérialiste. Bref, contre la barbarie du capitalisme en crise.

Comment ? En devenant dès aujourd’hui unE activiste antifasciste, en menant l’agitation et la propagande antifascistes à partir de son vécu concret, car la culture devient une force matérielle dès lors qu’elle pénètre les masses.

C’est cela la politique, et c’est également le projet du fascisme, qui cherche tout autant à impulser la mobilisation générale de la société… dans une direction réactionnaire et barbare, cela va de soi.

En ce qui nous concerne, nous considérons que la forme de base de la mobilisation antifasciste à l’heure actuelle, c’est le groupe autonome antifasciste construisant l’union populaire à la base.

On ne saurait trop insister sur chacun des aspects de ce qu’est un groupe autonome antifasciste, en particulier sur ce que signifie être autonome dans la guerre de position que mène aujourd’hui le mouvement fasciste.

Un groupe autonome se forme sur une base affinitaire, il a un caractère immédiatement pratique puisqu’il se confronte au quotidien à la culture de son « milieu » – son quartier, sa boîte, sa communauté, etc.

C’est ainsi qu’un groupe autonome peut produire de la culture et des initiatives antifascistes : en synthétisant la vie quotidienne des masses parmi lesquelles il a vu le jour.

Il est ainsi un détachement avancé des masses populaires, qui unit ses efforts à ceux d’autres groupes autonomes, pour impulser la mobilisation antifasciste et entraîner les masses dans la bataille.

C’est cela le projet, difficile et demandant de l’abnégation, mais immense et enthousiasmant : le front populaire antifasciste, la lutte de classe contre la barbarie.

L’arbre préfère le calme, mais le vent continue de souffler, et demain il n’y aura pas le temps d’hésiter : lance-toi dans l’Action Antifasciste !

Face à la crise et à la barbarie du capitalisme, fonde ton groupe autonome antifasciste ! Deviens activiste !

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 17h08, sortie samedi à 18h14.

Extrême-gauche : la révolution sera aussi judéo-arabe

[Document d'Hapoel datant de juillet 2009.]

Dans les années 1950-1960, beaucoup de personnes juives se sont engagées à l’extrême-gauche… Du côté trotskyste on trouve par exemple Daniel Gluckstein, Henri Weber, Alain Krivine, Daniel Bensaïd, Barta, Pierre Franck, Pierre Lambert, du côté anarchiste on a bien sûr Daniel Cohn-Bendit, du côté maoïste on a Robert Linhart, Alain Geismar, Benny Levy…

Les deux organisations les plus créatives et les plus actives, la Ligue Communiste Révolutionnaire et la Gauche Prolétarienne, ont compté dans leurs rangs beaucoup de personnes juives, au point même que cette composante juive doit être vraiment prise en compte pour comprendre l’histoire de ces organisations.

Il y a ainsi cette blague datant de la LCR des années 1970 : « Pourquoi ne parle-t-on pas yiddish au bureau politique de la Ligue communiste ? Parce que Bensaïd est séfarade ! »

Alors pourquoi en 2009 se retrouve-t-on avec une extrême-gauche française qui, dans sa très grande majorité, ne parle pas d’Ilan et considère l’antisémitisme comme quelque chose de finalement « tout à fait secondaire » ?

Une des raisons est simple : l’extrême-gauche de mai 1968 voulait la révolution. Aujourd’hui l’extrême-gauche française se contente d’un style de vie petit-bourgeois, sans grandes idées ni envie de tout renverser.

Pas étonnant que les masses restent à l’écart, y compris donc les masses juives, qui en raison de l’antisémitisme sont pourtant prêtes à aller de l’avant.

Mais l’extrême-gauche française, dans sa grande majorité, n’a pas de grande ambition. Alors, tant qu’à faire du légalisme, les intellectuels progressistes issus de la communauté juive s’enferment directement dans la social-démocratie, dans la gauche « raisonnable ».

Et les masses juives ont perdu tout rapport avec les intellectuels progressistes passés dans le camp de la révolution, qui ont en quelque sorte « oublié » d’où ils venaient.

Le même phénomène touche les personnes d’origine arabe : pourquoi iraient-elles faire confiance à une extrême-gauche qui se bat pour quelque chose d’idéaliste ? Sans compter que les personnes arabes ont un grand patrimoine culturel, qu’elles ne comptent pas abandonner dans un grand élan idéaliste.

Ainsi, le peuple souffre concrètement, les travailleurs souffrent concrètement, les minorités nationales souffrent concrètement, voilà pourquoi il n’y aura pas de révolution en France sans que les personnes juives et arabes se lancent dans la bataille : elles sont le témoin d’une juste ligne de masse.

Il n’y aura aucun progrès de la révolution en France sans que la lumière de l’amitié judéo-arabe ne brille comme lumière témoin de l’unité de tout le peuple balayant le vieux monde.

L’extrême-gauche ferait donc bien de tout faire pour abattre les projets fascistes visant à monter les personnes juives contre les personnes arabes et vice-versa. Il en va de la possibilité même de la révolution.

Et Hapoel est une contribution à cette bataille pour l’unité populaire, cette longue marche, cette longue quête…

Shavua Tov – שבוע טונ

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 18h19, sortie samedi à 19h25.

Monte ton groupe autonome antifa ! — Partisans

Monte ton groupe autonome antifa !

Régulièrement, nous recevons des mails de personnes qui apprécient notre démarche et qui souhaitent rejoindre notre groupe ou bien simplement nous rencontrer. Nous devons donc préciser qu’elle est notre démarche concernant le développement d’un mouvement antifasciste.

Notre but n’est pas de grossir en tant que groupe. Ce que nous souhaitons, c’est un foisonnement d’initiatives, de projets et d’actions antifascistes, car nous pensons que c’est la seule façon d’abattre le fascisme.

Plutôt que de rejoindre notre structure, les personnes qui apprécient notre démarche doivent monter leur propre groupe autonome antifasciste avec des personnes de leur entourage !

Mais pour autant, continuez à nous écrire pour en parler avec nous si vous le souhaitez !

Voici quelques points essentiels qui expliquent comment monter son groupe antifa !

1/ La sécurité

Être antifasciste aujourd’hui, cela signifie prendre le risque de se confronter à la répression de l’État, mais aussi d’être poursuivi, recherché et combattu par les fascistes eux-mêmes.

Nous pensons que le meilleur moyen de faire face à cela est d’éviter la centralisation et les contacts inutiles entre les groupes antifa.

Un groupe autonome doit donc être constitué de quelques personnes qui se connaissent, s’apprécient et se font confiance.

Il est inutile de demander à rejoindre un groupe autonome antifasciste.

Un groupe antifa peut s’agrandir, mais uniquement depuis l’intérieur : ce sont les personnes du groupe qui proposent à un ou plusieurs individus de rejoindre le groupe s’ils ont confiance, mais jamais l’inverse.

Il faudra aussi toujours être ultra vigilant avec la sécurité :

ne jamais divulguer aucune info sur les antifa, flouter systématiquement les photos, ne pas parler avec la police, faire attention à ce que l’on raconte sur internet, etc.

2/ Le groupe antifa

Deux personnes suffisent à monter un groupe autonome. Suivant la situation, il se posera éventuellement la question de l’élargissement du groupe plus tard.

Ce qui compte pour un groupe antifa, c’est de savoir où intervenir, de chercher à s’implanter.

On peut par exemple choisir d’agir sur son lycée, sa fac, son lieu de travail ou bien directement dans son quartier ou sa ville.

Un groupe autonome antifasciste peut aussi choisir d’intervenir dans une communauté ou vis à vis d’un réseau de gens. Par exemple, des jeunes qui écoutent de la musique Hardstyle peuvent choisir d’avoir une démarche antifasciste qui vise la communauté Hardstyle.

Ce qui compte, c’est d’agir en fonction de ses propres sensibilités, vis-à-vis de ce qui nous touche personnellement.

Dans tout les cas, il est important d’être implanté là où l’on veut agir et d’y intervenir régulièrement afin d’acquérir une crédibilité.

3/ Mener des actions locales contre le fascisme

Être antifa, c’est avant tout lutter pour promouvoir la culture antifasciste. C’est s’opposer concrètement aux valeurs de la société capitaliste : discriminations, moqueries contre les personnes considérées comme « faibles », culte de l’individu et loi du plus fort, etc.

Pour cela, la seule limite est l’imagination des antifa ! On peut pas exemple faire des pochoirs, coller des stickers, distribuer des flyers antifa, faire des vidéos sur YouTube, etc.

Agir sur internet peut également être une activité intéressante, à condition de ne pas négliger la sécurité (surtout avec des sites comme Facebook par exemple).

Suivant la situation, un groupe antifa pourra aussi choisir d’intervenir publiquement s’il juge que cela ne nuit pas à sa sécurité.

Mais être antifa, c’est surtout une attitude et une exigence vis à vis de soi-même.

La meilleure façon d’intervenir pour un antifa, c’est dans sa vie quotidienne, autour de soi, en discutant, en proposant des choses, en véhiculant sa culture et ses valeurs antifascistes !

4/ Mener des actions locales contre les fascistes

Être antifa, c’est aussi lutter concrètement contre les activités fascistes.

Le travail de bases des antifa, c’est de lutter contre la propagande fasciste : arracher les affiches du FN, recouvrir les autocollants fascistes, etc.

Il est aussi nécessaire de se tenir au courant de l’activité des fascistes dans son secteur et agir en conséquence.

Les antifa cherchent également à informer la population des activités fascistes afin de les dénoncer.

5/ Étudier, comprendre, se mettre a jour

Comprendre le fascisme n’est pas une chose simple.

Les antifa doivent mener un gros travail d’étude et de réflexion afin de comprendre pourquoi les fascistes progressent à tel ou tel endroit et analyser leurs discours, pour mieux le contrer.

Le fascisme n’est pas une idéologie figée, c’est un mouvement qui regroupe des tas de réseaux avec des discours différents.

Les antifa doivent toujours se mettre à jour et connaître parfaitement leurs ennemis.

6/ Le front antifasciste

Les groupes autonomes antifascistes doivent chercher à s’unir entre eux et à répandre leur culture dans la population.

L’Action Antifasciste est justement un réseau qui permet aux groupes autonomes d’échanger leur infos, leur analyses et de s’entre aider lorsque cela est nécessaire.

Mais il ne faut jamais oublier que la meilleur arme contre le fascisme, c’est le Peuple lui même !

Le but des antifa est donc de lutter pour que la plus grande partie de la population devienne antifasciste !

Alors, n’attends plus, regroupe toi et monte ton groupe autonome antifasciste !

Dans tout les cas, n’hésite pas à prendre contact avec un groupe de l’Action Antifasciste pour discuter !

Pour nous écrire : partisans.antifa [at] hushmail.com

Si ce n’est toi, qui ? Rejoins ou fonde un groupe autonome antifasciste !

C’est quoi l’autonomie ? — AA Artois

Antifa, c’est quoi l’autonomie ?

On demande souvent aux membres de l’action antifasciste artois, lors de discussion en réel, ou par Email, pourquoi nous mettons en avant que nous sommes un groupe autonome. La question est « C’est quoi l’autonomie ? »

La question est excellente, et la réponse est complexe.

L’action politique en France, c’est surtout les manifestations. La pratique la plus répandue est celle d’une personne qui se sent concernée par une manifestation, et s’y rend seule, sans avoir rien préparé, sans y connaître personne. Sur place, cette personne rejoint le cortège d’une organisation politique ou d’un syndicat, avec qui elle partage certaines idées ou certaines pratiques. On lui donne alors un tract, une pancarte, et elle peut reprendre les slogans scandés par d’autres, tout en dansant au son de la sono… A la fin de la manifestation, on invite chacun à rentrer chez soi. Les personnes les plus radicales s’opposent alors souvent aux flics. Les individuEs isoléEs sont alors les proies des flics. On pourrait même croire qu’illes servent de bouclier aux « radicaux » organisés.

L’autonomie, c’est se grouper par affinité !

Un groupe autonome est composé de personnes décidées à agir ensemble. Leur organisation antifa devient alors ce groupe. Être dans un groupe autonome antifasciste, c’est donc agir avec son groupe contre l’offensive fasciste. Cela veut dire qu’on peut cesser de participer aux activités antifascistes étiquetées « PcF », « cnt » ou « Ras l’front », pour avoir le champs libre d’agir de façon autonome.

Le groupe autonome travaille sur son territoire pour repérer les activités des fascistes organisés, et comprendre pourquoi et comment le fascisme s’implante sur ce secteur. Le groupe décide également par quel moyen, et notamment avec quel niveau de violence, il faut lutter contre le fascisme. Le but est que le fascisme se casse les dents sur la culture métissée et populaire. Le plus important est que chacunE des membres du groupe se sente en parfaite confiance dans chaque action menée par le groupe. Par exemple, si la majorité du groupe décide de mener une action violente contre un groupe de fascistes, il ne faut pas négliger la voix de ceLLEux qui ne sentent pas le « coup ». Mieux vaut alors revoir ses plans pour intégrer tout le monde dans l’action à mener. Une même action peut avoir différents niveaux de dangerosité (ex : bombage / distribution dans les boites à lettres), le tout étant de n’écarter personne. Dans le cas où une action violente est quand même décidée, il faut que tous les membres du groupe soient au courant, afin que les plus pacifiquEs n’aient pas à subir les conséquences sans y être préparéEs. Un groupe autonome est un groupe de camarades, qui cultivent leurs affinités, savent qu’illes peuvent se faire confiance, et ne laissent personne derrière eLLEux.

L’autonomie, c’est être reliés pour atteindre des objectifs !

Bien sur, faire partie d’un groupe antifasciste autonome, ça ne veut pas dire être divisés, isolés des autres antifascistes. Un groupe autonome est un noyau dur, composé de personnes qui se font confiance et qui sont d’accord sur les actions à mener contre le fascisme. Bien souvent, les membres d’un groupe autonome sont aussi d’accord sur la ligne politique, c’est-à-dire qu’ils ont la même définition de ce qu’est le fascisme. On voit souvent des groupes composés que de communistes, d’autres sont composés exclusivement d’anarchistes. On comprend pourquoi : anarchistes et communistes n’ont pas les mêmes priorités dans la lutte contre le fascisme et les fascistes. Un groupe composé de personnes se reconnaissant de ces deux courants révolutionnaires voit ses réunions s’éterniser en débat intéressants, mais qui peuvent être infinis…

Pour autant, quand il s’agit de faire masse, comme pour les grands rassemblements de plusieurs régions, voir de plusieurs pays, comme les contre-sommets du G8, ou les rassemblements anti-OTAN, ou même simplement pour mener une action d’ampleur dans une ville, les groupes autonomes coordonnent les actions des groupes affinitaires. La masse des groupes a alors un objectif commun (par exemple, former un énorme black-block pour se rendre à un point déterminé), et chaque groupe autonome a un objectif une fois l’objectif commun atteint. Les groupes sont évidemment parfois amenés à se coordonner ensemble pour atteindre des sous-objectifs (comme désorganiser les brigades anti-émeute).

Les groupes autonomes sont donc reliés entre eux, pour échanger des informations, mettre des moyens en communs, et former une masse quasi-indestructible !

L’autonomie, c’est laisser libre court à l’expression.

Évidemment, ce que nous venons d’expliquer n’est pas neuf. Ce mode d’organisation décentralisée est pratiquée depuis fort longtemps. Il s’agit d’une stratégie qui a montré son efficacité pour la lutte contre le fascisme durant la seconde guerre mondiale en Europe, dans les guérilla en Amérique du sud, ou plus récemment dans les opérations bloc-G8. Nous ne mettons donc personne dans l’insécurité en expliquant ce mode de fonctionnement. Les flics aussi reçoivent des formations…

La force de cette organisation en groupes autonomes est qu’elle permet la multiplicité des initiatives antifascistes. Par l’existence de groupes autonomes antifascistes, un large front s’ouvre contre les fascistes : les groupes se multiplient, et avec eux les moyens de lutte, les expériences et les actions.

Toute les armes sont permises pour attaquer les racines du fascisme qui sont fichées dans le système capitaliste : affiches, stickers, graff, musique, vidéo, théâtre de rue, happening, perturbation de réunions publiques, démonstrations de masse. Tous les styles sont bons pour battre le racisme, le sexisme et le capitalisme qui nourrissent la « culture » fasciste.

Le peuple peut tout !

Action Antifasciste Artois,
Octobre 2011

Shavua Tov – שבוע טונ

Shabbat Shalom – שבת שלום

Sortie de Sim’hat Torah et entrée dans le Shabbat vendredi à 18h32, sortie de Shabbat samedi à 19h37.

La libération du tankiste Gilad Shalit

La libération du tankiste Gilad ShalitVoie Lactée

La libération du franco-israélien Gilad Shalit occupe tous les médias, et il n’est pas difficile de voir que tous les médias ne s’intéressent qu’à lui, et aucunement à l’histoire personnelle des 477 personnes palestiniennes libérées par l’Etat israélien en échange.

Gilad Shalit, citoyen d’honneur de la Ville de Paris depuis 2008, n’a pourtant pas été enlevé en tant que civil, mais il a été capturé suite à l’attaque du tank, dont il était au poste de commande du tir !

Ce qui n’empêchera pas son père de déposer plainte en juin 2011 à… Paris, une plainte contre X devant le procureur de Paris, pour enlèvement et séquestration !

Du grand n’importe quoi, que les médias trouvent très bien, bien entendu.

De la même manière, le franco-palestinien Salah Hamouri est emprisonné par l’État israélien depuis 2005 pour appartenance présumée au Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), sans que jamais les médias ne parlent de sa situation.

On voit aisément que pour les médias français, il vaut mieux être un militaire israélien en partie français capturé qu’un étudiant palestinien en partie français, civil arrêté…

Sauf que justement on est pas quelque chose « en partie. »

Là est un grand problème. Les gens en France ne connaissent que leur situation nationale, c’est une réalité historique. De ce fait, ils ne peuvent que se tenir à l’écart de ces questions qu’ils ne comprennent pas, et seuls des éléments conscientisés peuvent être actifs.

Si la « cause » de Gilad Shalit est connue en France, c’est donc en raison de la vigueur très grande des organisations sionistes en France ; la mairie du 16ème arrondissement avait ainsi sur sa façade une photo de Shalit, appelant à sa libération.

Gilad Shalit en tant qu’individu n’intéressait pas les sionistes, il était par contre très utile comme porte-drapeau. Il a servi de prétexte pour mobiliser sur une base sioniste contre le « terrorisme ».

La cause de Salah Hamouri pourrait, elle, tout autant être connue en France, si culturellement et politiquement il y avait un ancrage dans les masses, or il est bien connu que la cause palestinienne est pourrie par un antisémitisme tellement marqué, un nationalisme anti-américain tellement français, ce qui ne permet pas un tel ancrage.

D’ailleurs, la cause de Salah Hamouri est devenue une « cause » du Parti « Communiste » français, et si l’on peut regarder avec sympathie le FPLP qui est la principale organisation de gauche en Palestine, il faut en voir les limites très nombreuses et notamment son idéologie versatile (s’adaptant à l’interlocuteur, et officiellement en rapport avec le NPA d’ailleurs).

Or, les communistes ne pratiquent pas un « anti-impérialisme » généraliste, mais l’internationalisme prolétarien, et il n’y a ici pratiquement pas d’espace pour le mettre en avant.

Si l’on a pas cela au centre de ses préoccupations culturelles et politiques, alors on ne peut arriver à rien ; le cosmopolitisme renforce même le fascisme, car les masses françaises comprendront les questions de travers, ou bien s’indigneront qu’on oublie leur propre situation, qui inévitablement pour elles représente l’aspect principal.

On voit même ici comment cet « anti-impérialisme » peut empêcher justement l’émergence de cette question principale. Quand on voit que des initiatives révolutionnaires françaises parlent en grande majorité de la Palestine alors qu’elles prétendent changer les choses en France, il y a là un cosmopolitisme masquant un idéalisme complet et le refus de se confronter la société française.

Il ne s’agit d’ailleurs que du pendant du sionisme, le sionisme qui met en avant un pays de « rêve » dans un grand élan romantique totalement coupé de la réalité, une chimère en laquelle même la société israélienne – pour autant qu’elle existe en tant que telle, de manière unie – ne croit plus.

La mise en avant de Gilad Shalit est même une caricature de sionisme, un sionisme ultra qui ne revendique même plus la « justice » mais carrément la guerre. Mettre en avant une personne aux commandes des tirs d’un tank, capturé en pleine opération, cela montre le degré de « morale » du sionisme et de ses partisans.

L’idéal mis en avant ici c’est celui du fascisme, ni plus ni moins, un fascisme dont le sionisme est un avatar avec son idéologie du surhomme.

Concluons ici pour souligner à quel point il faut rejeter clairement tout autant le sionisme que l’antisémitisme ; qu’à l’extrême-gauche, on va trouver dans sa quasi totalité des gens qui critiquent l’un, mais pas l’autre, et cela est très révélateur.

Que montre la prise d’otage dans un Pôle Emploi par un informaticien au chômage ?

« Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la deuxième fois comme farce. »

Karl Marx, « Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte »

En juillet dernier, la Norvège avait été secouée par un massacre dans un camp d’été de l’organisation de jeunesse du parti social-démocrate au pouvoir. Plus de 70 personnes avaient trouvé la mort dans l’attaque par un fasciste armé jusqu’aux dents, se prenant pour un chevalier de l’Europe, et ayant auparavant rédigé un manifeste de 1500 pages où il mettait en avant une Chrétienté médievale fantasmée.

Avant-hier à Paris, on a eu un remake de ce scénario barbare, mais bien entendu dans une version factice, grotesque, théâtralisée, lâche, pathétique. En deux mots : so French

En effet, un informaticien au chômage longue durée a pris en otage ce lundi vers midi deux cadres d’un Pôle Emploi du 11ème arrondissement de Paris (à la limite du 3ème arrondissement).

Le preneur d’otage a aussitôt appelé la rédaction du journal internet pseudo-radical Rue89 (ici l’article écrit en direct), et a formulé ses revendications dans un « manifeste » de 20 pages – rien à voir avec les 1500 pages du vrai bourgeois fasciste en Norvège. L’essentiel de la conversation téléphonique était retranscrit sur Twitter par le rédacteur-en-chef complètement voyeur de Rue89, trop content d’être « sur le coup ».

L’informaticien au chômage a ainsi expliqué au téléphone qu’il n’avait pas l’intention d’utiliser ses otages comme boucliers humains (à quoi bon cette mise en scène, alors ?), mais qu’il utiliserait son arme de poing pour se défendre (arme s’avérant finalement factice, comme prévisible dès le départ), et qu’il voulait juste faire passer ses « revendications »… au journal de TF1 et de France 2 !

Comme cela était là encore prévisible dès le départ, le preneur d’otage a libéré les cadres du Pôle Emploi au bout de quelques heures, s’est rendu à la police… et le journal télévisé n’a même pas parlé de ses revendications.

En réalité, l’informaticien n’avait pas envisagé une seule seconde d’aller jusqu’au bout, montrant bien la véritable valeur de la petite-bourgeoisie française en crise, qui met en scène sa « révolte » jusqu’à croire à son propre cinéma.

Alors finalement, en quoi consistent les « revendications » de cet informaticien, écrites dans son « manifeste » ?

Dans les 5 premières pages le preneur d’otage parle de son parcours de chômeur – très, trop classique. Un parcours qui passe certainement par le déclassement en tant qu’informaticien (un secteur qui soi-disant ne connaît pas la crise), l’attente de réponses qui n’arrivent jamais, le chômage qui s’installe dans la durée, la morosité, la précarité, l’invisibilité, la désocialisation, la fin de droits, la pauvreté, le désespoir, la haine de soi.

Mais sur les 20 pages que comporte son « manifeste », l’informaticien au chômage en consacre une quinzaine à revendiquer… « la dissolution des groupuscules sionistes violents » !

S’il est certain que les initiatives violentes des groupements ultra-sionistes restent relativement impunies par la « justice » de ce pays, il ne s’agit clairement pas de la priorité numéro en France quand on veut abolir l’ordre des choses existant et vivre libre. Ne serait-ce que pour la raison que les agissement des brutes ultra-sionistes ne dépassent pas Paris et sa proche banlieue.

Et si l’on voit qu’une prise d’otage dans un Pôle Emploi a pu être considérée avec un minimum de sympathie dans les masses populaires, la revendication soi-disant « antisioniste » a facilité la ridiculisation de ce « coup d’éclat » individualiste, effectivement ridicule et coupé de toute culture de révolte prolétaire.

Tout ce qui bouge n’est pas rouge, loin de là, surtout dans la France de 2011 avec sa masse de petits-bourgeois déclassés par la brutalité de la crise capitaliste et se raccrochant hystériquement à un passé révolu.

Crise capitaliste, spécificités françaises des masses petites-bourgeoises, antisémitisme se faisant passer pour de « l’antisionisme », mix infernal entre « social » et « national », anticapitalisme romantique version fasciste : voilà le cocktail explosif de la petite-bourgeoisie basculant dans le fascisme derrière les fractions les plus chauvines, agressives et impérialistes de la classe dominante.

Et au fond, quand on y pense, la base sociale des altermondialistes d’hier et des « Indignés » parisiens d’aujourd’hui (ou encore du rappeur Orelsan) n’est pas très différente de celle de l’informaticien preneur d’otages : la petite-bourgeoisie en proie à la crise, et qui aimerait continuer « comme avant » la fin de l’âge d’or de l’impérialisme.

Pas étonnant, donc, qu’on ait pu assister à des infiltrations fascistes de haut niveau dans ce mouvement des « Indignés » parisiens, et que leur peu d’économie politique soit complètement poreuse à l’anticapitalisme romantique.

Pourtant, la revendication antisémite de l’informaticien preneur d’otage ne tombe pas du ciel.

Demander de façon faussement naïve « pourquoi on traite différemment la vie d’un Noir, d’un Arabe et celle d’un juif », parler de « types protégés par la justice, la police et les médias », de « la puissance de cette communauté », et conclure au téléphone que « oui, aujourdhui, je suis antisémite »… tout cela n’a strictement rien de « spontané », et encore moins de révolté.

L’antisémitisme est profondément ancré dans la société française, certes, mais insister sur « la dissolution des groupuscules sionistes violents » (y compris un organisme bourgeois comme le Crif !) comme unique revendication politique est tout sauf innocent : cette revendication est bel et bien issue de l’agitation politique concrète des antisémites.

La réalité, c’est que les fascistes ont lancé ce mot d’ordre comme objectif « stratégique » il y a deux ans, avec une pétition dans la foulée de l’attaque sioniste contre la librairie d’Europalestine… et que toute la « gauche radicale » leur avait à l’époque emboîté le pas.

Cette agitation passe, dans le même mouvement, par les initiatives des antisémites au moment de la mort de Saïd à Bobigny, avec toujours Europalestine aux commandes.

Et c’est comme cela qu’on se retrouve à la rentrée 2011 avec un petit-bourgeois antisémite précarisé qui se met en scène dans une prise d’otage bidon, et qui appelle un journal internet soi-disant « radical » pour relayer ses revendications pseudo-antisionistes.

Mais au fond, rien d’étonnant quand on se souvient que c’est dans les colonnes de Rue89 qu’Esther Benbassa, une intellectuelle proche de l’UJFP, avait pu tenir quasiment les mêmes propos que ceux de l’informaticien preneur d’otage :

« Le Crif fait régner sa loi à l’intérieur de la communauté juive, bannissant l’un, qui n’obéit pas à ses injonctions, l’autre, qui publie un livre non conforme, un troisième encore qui ose critiquer la politique d’Israël. [...]

Mais le Crif fait aussi la loi à l’extérieur de la communauté, accusant qui ils veulent d’antisémitisme, suscitant des procès contre tel journaliste, contre tel intellectuel, contre tel militant. Le Crif, en un mot, terrorise psychologiquement certains Juifs et tous les non-Juifs au nom de la défense d’Israël. »

Rien n’est spontané, tout est politique, et l’antisémitisme ne tombe pas du ciel : il a ses professionnels, et eux-même leurs complices…

Par ailleurs, si l’on se souvient des réactions des antisémites au drame de Bobigny, on peut facilement imaginer les réactions frisant la pornographie de certains « antisionistes » si la prise d’otage avait « mal » tourné…

Mais heureusement on est en France, le pays où rien ne va jusqu’au bout. Pour l’instant.

Il y a 50 ans, on noyait les Algériens

Il y a 50 jans jours pour jour, le soir du 17 octobre 1961, plusieurs manifestations ont lieu à Paris et en banlieue, organisées par le Front de Libération Nationale (FLN) d’Algérie.

En effet, les quelques mois précédents avaient vu une intensification de la guerre entre le FLN et l’État français sur le sol de la « métropole », et donc de la « sale guerre » de la police et de ses supplétifs contre les travailleurs immigrés d’Afrique du Nord.

C’est dans ce contexte que la préfecture de police de Paris impose un couvre-feu le 5 octobre 1961, sous ces termes : « Il est conseillé de la façon la plus pressante aux travailleurs algériens de s’abstenir de circuler la nuit dans les rues de Paris et de la banlieue parisienne, et plus particulièrement entre 20h30 et 5h30 du matin. »

La préfecture de police de Paris ? Oui, celle tenue par Maurice Papon depuis 1958… Ce même Maurice Papon qui avait été secrétaire général de la préfecture de Gironde sous Vichy, qui a été l’un des responsables des 11 convois de 1600 personnes juives partis de Bordeaux entre juillet 1942 et juin 1944 – direction Auschwitz.

Le 3 octobre, aux obsèques d’un policier attaqué par le FLN, Papon avait déjà déclaré : « Pour un coup donné, nous en porterons dix. ». Dans la même journée, il avait fait une tournée des commissariats, en autorisant informellement les policiers et leurs supplétifs à tirer contre tout « Français musulman d’Algérie », en promettant que la préfecture de police les couvrirait.

La terreur coloniale et raciste prend donc une dimension militaire sur le sol français, et c’est à cela que l’organisation émigrée du FLN réagit en appelant (au dernier moment, pour des raisons de sécurité) à manifester le 17 octobre 1961 au soir, afin de braver le couvre-feu.

Plusieurs rassemblements ont lieu à Paris ou en proche banlieue, suivant la provenance géographique des 30000 manifestantEs. La consigne du FLN est très stricte : aucune arme le 17 octobre, et tenue vestimentaire « digne ». Il est également prévu de prolonger la journée d’action par une grève des commerces tenus par des Algériens, ainsi que des manifestations de femmes contre la répression (prévisible).

Seulement voilà, cette répression de l’État français s’avère être d’une férocité sans nom, et tourne rapidement au massacre.

Les affrontements avec la police atteignent un rare niveau de violence, principalement au Pont de Neuilly (où était bloqué le cortège venant de Nanterre, Colombes, Bezons, etc.) et au Pont Saint-Michel. La police tire, tabasse, rafle, et précipite les Algériens dans la Seine.

Les rafles continuent sur plusieurs jours, et remplissent le stade Coubertin ainsi que la cour de la préfecture de police à Saint-Michel. La torture y fait rage pendant plusieurs jours (sous les yeux de Papon), les corps étant rejetés à la Seine toute proche, et plusieurs véritables charniers prennent place dans les rues de Paris.

Certains historiens estiment le nombre de travailleurs algériens assassinés à environ 300 sur ces quelques jours de répression coloniale et de terreur raciste. Beaucoup de personnes détenues seront « reconduites » en Algérie.

Entre Vichy et le régime gaulliste, il existe ainsi sous certains aspects une véritable continuité de l’État français, qui est incarnée par Maurice Papon, l’assassin des Juifs et des Algériens.

C’est à ce titre qu’il est important pour nous de commémorer le crime d’État du 17 octobre 1961, et de rendre hommage aux martyrs de la libération nationale algérienne – arabes, kabyles, juifs.

Shavua Tov – שבוע טונ