HaPoel HaAntifashisti * הפועל האנטי פאשיסטי

HaPoel HaAntifashisti est un blog fait par des antifascistes appartenant à la minorité nationale juive en France. À l’heure où chaque personne juive peut voir d’un côté l’impasse meurtrière qu’est le sionisme, et de l’autre comment en France l’antisémitisme explose parallèlement à la crise capitaliste, HaPoel HaAntifashisti était une nécessité, une question de survie à moyen terme. Lire la suite.

« La Rafle » de Rose Bosch

Ce mercredi marque la sortie nationale au cinéma du film « La Rafle » de Rose Bosch, avec Gad Elmaleh, Mélanie Laurent, Jean Reno, Raphaëlle Agogué, Sylvie Testud, Hugo Leverdez (dans le rôle du jeune Joseph Weismann).

« La Rafle », c’est l’histoire de la Rafle du Vél d’Hiv vue par un jeune garçon juif de 11 ans de la Butte Montmartre. Il s’agit d’une histoire vraie, et ce personnage d’enfant est en réalité un rescapé.

En effet, Joseph Weismann est encore en vie, et a fait partie des 4000 enfants parmi les 13000 personnes juives raflées les 16 et 17 juillet 1942 par l’État français.

Voici une présentation du film :

1942. Joseph a onze ans. Et ce matin de juin, il doit aller à l’école, une étoile jaune cousue sur sa poitrine… Il reçoit les encouragements d’un voisin brocanteur. Les railleries d’une boulangère.
Entre bienveillance et mépris, Jo, ses copains juifs comme lui, leurs familles, apprennent la vie dans un Paris occupé, sur la Butte Montmartre, où ils ont trouvé refuge. Du moins le croient-ils, jusqu’à ce matin de 16 juillet 1942, où leur fragile bonheur bascule…
Du Vélodrome d’Hiver, où 13 000 raflés sont entassés, au camp de Beaune-La-Rolande, de Vichy à la terrasse du Berghof, La Rafle suit les destins réels des victimes et des bourreaux.
De ceux qui ont orchestré.
De ceux qui ont eu confiance.
De ceux qui ont fui.
De ceux qui se sont opposés.
Tous les personnages du film ont existé. Tous les évènements, même les plus extrêmes, ont eu lieu cet été 1942.

Une soirée spéciale était hier consacrée à ce film sur France 2 avec de nombreuses personnes invitées, aussi bien des rescapés que des historiens ou des protagonistes du film.

Le site du film, quant à lui, comporte un « dossier d’accompagnement pédagogique » assez complet.

Ni oubli, ni pardon, ni confiance en l’État français !

Que 1000 Fleurs s’épanouissent !

Hier a vu le jour un collectif de production de badges / pin’s révolutionnaires, qui répond au joli nom de 1000 Fleurs. Une initiative créative et autonome, comme nous en avons besoin… et pour 1000 Fleurs chantons touTEs Mazal Tov !

Le site de 1000 Fleurs se trouve par ici.

Voici une présentation du collectif :

Servir la culture

La révolution est un bouleversement général d’une société humaine.

La culture est la somme des pratiques, des habitudes et des idéologies d’une société.

C’est pour cela que l’aspect culturel de la révolution est essentiel.

En diffusant la culture révolutionnaire, 1000 Fleurs se met au service du peuple.

Notre époque exige une agitation et une propagande qui soient à la hauteur de ses enjeux révolutionnaires.

1000 Fleurs est un petit collectif de production de badges.

Nous les voulons engagés et esthétiques, contestataires et originaux.

Il ne s’agit pas d’une fin en soi, mais c’est un petit rouage dans la grande machine culturelle dont nous avons besoin.

Évidemment, notre initiative est anti-commerciale et d’esprit totalement engagé.

Pour que vive la culture révolutionnaire, que 1000 Fleurs s’épanouissent !

Pour la journée internationale des femmes

Copenhague, Danemark, 1910. Lors de la seconde conférence internationale des femmes socialistes, la communiste Clara Zetkine propose la création d’une journée de célébration pour la libération des femmes.

La date du 8 mars ne sera fixée qu’à partir de 1917, puisque c’est à cette date que la grève des ouvrières de St-Pétersbourg lance la révolution « de février » en 1917 (avant la révolution socialiste d’Octobre).

En 1921, Lénine proclame officiellement le 8 mars comme journée des femmes, et, c’est dire son importance, ce jour deviendra un jour férié en Union Soviétique.

Qu’est-ce que cela signifie ?

Que la journée internationale des femmes est un héritage du mouvement ouvrier, et que le mouvement de libération des femmes est indissociable de la marche au communisme.

Cela il ne faut pas l’oublier, en ce 100ème anniversaire de la journée internationale des femmes.

Quelle est la situation des femmes aujourd’hui ?

Bien évidemment, elle a progressé depuis 100 ans.

Mais l’égalité des sexes est encore très très loin, et ne parlons même pas de la libération totale des femmes…

C’est-à-dire qu’aujourd’hui, le sexisme, le machisme, le patriarcat sont d’une cruelle actualité, sous toutes les formes imaginables, dans tous les recoins de la société. Les femmes sont quotidiennement victimes de violences physiques, psychologiques et sexuelles.

Parallèlement, on revoit surgir à la surface des phénomènes de barbarie contre les femmes, qui sont l’expression de la putréfaction du vieux monde en crise.

La tendance est donc non seulement celle d’une régression lente et silencieuse, d’un « grignotage » des droits démocratiques arrachés par les luttes féministes, mais en plus d’une véritable vague de fond de retombée dans la barbarie.

Le féminisme, la lutte contre le patriarcat, est donc une lutte qui n’a rien perdu de sa nécessité, mais qui de plus relève actuellement de l’urgence.

Parmi les masses populaire juives, les femmes sont victimes d’une triple oppression.

La première est l’exploitation capitaliste au travail, qu’il soit à l’extérieur ou au sein du « foyer familial ».

La seconde est l’oppression raciste, en tant que personnes issues de la minorité nationale juive.

La troisième est spécifique aux femmes, c’est l’oppression sexiste, qui s’imbrique en fait parfaitement avec l’exploitation capitaliste.

C’est l’oppression qui fait de la femme prolétaire juive « le prolétaire du prolétaire », et disons-le clairement, « le juif du juif ».

Sans guerre totale contre la triple oppression, il n’y a aucun espoir pour chaque mouvement particulier de libération.

Les femmes ne sont pas là à mendier le « respect » de la part d’une société sexiste, elles exigent la libération, la libération totale, la liquidation de la triple oppression dont elles sont victimes.

La cause des femmes est la cause du peuple !

Les femmes sont la moitié du ciel, elles doivent le devenir !

[Hapoel exprime son soutien au groupe Pélénop, groupe autonome féministe de l'Action Antifasciste.]

« Crise & Fascisme » : se mettre à niveau pour servir les masses populaires juives

Notre époque est celle de la crise générale du capitalisme, et donc de la marche au fascisme.

Hapoel a pour ambition d’aider l’autodéfense populaire juive à s’organiser, se structurer, se développer : c’est une question de survie à moyen terme.

Mais pour vaincre, l’autodéfense juive doit avoir une orientation, une direction, une perspective, un espoir.

Autrement, elle se perdra dans le brouillard, et finira comme le mouvement populaire d’autodéfense juive dans les années 1980 : trahie par le sionisme.

Sauf que cette fois, ce seront des dizaines d’Ilan Halimi et de Sébastien Sellam qui en paieront le prix – si ce n’est à terme un nouveau génocide.

Voilà pourquoi l’autodéfense populaire juive doit avoir un contenu, un contenu politique.

Ce contenu politique, c’est l’antifascisme, c’est la révolution, c’est le mouvement réel qui abolit l’ordre existant.

L’autodéfense juive ne pourra pas faire l’économie d’une analyse précise, profonde, réaliste de la société française, de son effondrement, de sa tendance au fascisme

Voilà pourquoi Hapoel met ici en avant une compilation de documents sur la crise et le fascisme, qui ne sont pas généraux et abstraits mais reflètent une pratique dans les entrailles de la réalité française, une pratique d’une grande densité et profondeur.

Ces documents sont aussi bien de l’ordre de l’économie politique (analyse concrète de la crise et de l’appareil d’État), que de la culture (compréhension de la nature « romantique » du fascisme) ou bien de la politique (l’antifascisme de l’Internationale Communiste).

Cette brochure vient d’être mise à disposition par le Parti Communiste Marxiste-Léniniste-Maoïste (PCMLM), et est d’une grande utilité pour orienter son activité antifasciste aujourd’hui en France.

Il n’y a pas de secret : hier, Missak Manouchian et Joseph Epstein avaient une théorie et des perspectives dans la lutte militaire contre le nazisme.

Aujourd’hui, il n’y a pas le choix non plus : pour une autodéfense juive à la hauteur de notre époque, il faut se remettre à niveau, savoir qui sont nos amiEs et où vont nos ennemis.

Hapoel n’est pas là pour la pose, Hapoel est l’expression du mot d’ordre : vaincre pour vivre.

Voilà pourquoi Hapoel compte très sérieusement se donner les moyens d’appuyer la résistance populaire juive.

Juif ! Juive ! Étudie la crise et le fascisme !
Pas d’autodéfense juive sans politique révolutionnaire !

[Dans la suite, l'article de présentation du PCMLM.]
Lire la suite »

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 18h23, sortie samedi à 19h29.

La bourgeoisie impérialiste permet à Dieudonné d’avoir les mains libres – PCMLM

Le Conseil d’État a autorisé Dieudonné à se produire en spectacle à Orvault (Loire-Atlantique) le 11 mars en considérant que la tentative par la municipalité d’annuler le spectacle n’était « étayée par aucun élément » et constituait « une atteinte grave à la liberté d’expression ».

Bien entendu, ce débat bidon au sein du légalisme bourgeois ne reflète que les contradictions internes au sein de la classe dirigeante où, de plus en plus, la fraction impérialiste la plus agressive parvient à imposer sa vision fasciste, dont Dieudonné est l’un des éléments les plus représentatifs.

D’ailleurs, le débat juridique au sein de l’appareil d’État bourgeois fait apparaître Dieudonné en « rebelle », une posture très utile aux fascistes pour masquer leur soumission totale à l’impérialisme.

Car Dieudonné est bel et bien un serviteur zélé de l’impérialisme français qui soutient à fond ses orientations stratégiques, renforce le chauvinisme et le populisme par ses appels contre l’ « axe américain-sioniste » et participe pleinement à la tactique de division du peuple qu’affectionne la bourgeoisie pour préserver sa position dominante.

Le PCMLM a clairement démontré que Dieudonné est un fasciste car :

- Dieudonné protège l’impérialisme français dont il défend les options stratégiques

- Dieudonné protège la bourgeoisie en attisant la haine au sein du peuple

- Dieudonné est un antisémite qui reprend les pires préjugés sur les juifs et ne comprend absolument rien à la résistance palestinienne et à la révolution nationale arabe.

Dieudonné est un contre-révolutionnaire qui se construit une image de rebelle mais est en vérité le lèche-botte de l’impérialisme français.

De fait, Dieudonné a les mains totalement libres, il organise des tournées, possède un théâtre à Paris, et a une place de choix dans la propagande bourgeoise. D’ailleurs, la sortie de son livre, avec Bruno Gaccio (un des auteurs historiques des « Guignols de l’Info »), intitulé « Peut-on tout dire ? », est annoncée en fanfare, la présence de ce co-auteur montrant au passage la collision avec tout un pan de la petite-bourgeoisie de « gauche » qui sombre dans le populisme réactionnaire au service du fascisme.

A titre indicatif, le premier ministre François Fillon était en Syrie il y a quelques jours – la première visite d’un premier ministre français depuis 1977. Et hier la Syrie accueillait, quelques jours après donc, le président iranien Ahmadinejad et le dirigeant du Hezbollah, Hassan Nasrallah.

Quant à Dieudonné, il était il y a quelques semaines en Iran, où il a ouvertement soutenu le régime, et inversement.

Cela ne relève pas du hasard et c’est quelque chose parfaitement conforme à ce que nous expliquions dans l’article Dieudonné et le Liban : une option stratégique de la bourgeoisie impérialiste.

Cette orientation au Proche et Moyen-Orient est l’un des signes que les contradictions deviennent de plus en plus énormes au sein de la bourgeoisie, comme dans l’appareil d’État ; la présence impérialiste au Proche et Moyen Orient est un levier essentiel de la bourgeoisie impérialiste pour renforcer ses positions.

La quasi totalité des « commentateurs » d’extrême-gauche explique depuis plusieurs mois que Dieudonné, « c’est fini ». C’est le contraire qu’il faut considérer : ce n’est le début de la fin, mais la fin du début.

De plus en plus en France, l’idéologie petite-bourgeoise d’une ligne « entre capitalisme et socialisme », d’une « troisième voie », se développe. C’est tout à fait le sens de ce qu’a révélé la présence sur la liste du NPA d’une « féministe voilée » ou encore de la fascination pour Chavez, le Hezbollah, le Hamas, etc.

C’est la course à l’idéologie « révolutionnaire » qui ne soit surtout pas communiste. C’est une tendance qui veut la « révolution » mais surtout pas la science communiste ; c’est le fascisme.

Le fascisme s’installe, prend ses positions. Face à cela, que vive l’étude des positions et analyses scientifiques du PCMLM, seule organisation révolutionnaire à se confronter à la réalité française !

La parole à Bertolt Brecht

Concernant le débat sur le formalisme, on est en pleine confusion.

Celui-là dit : vous ne changez que la forme, pas le contenu.

Les autres ont l’impression suivante : tu sacrifies d’autant plus le contenu à la forme qu’il s’agit de la forme conventionnelle.

Ce que beaucoup n’ont pas encore saisi, c’est ceci : face aux exigences toujours nouvelles d’un environnement social en constante transformation, s’en tenir aux formes anciennes et conventionnelles, cela aussi, c’est du formalisme.

Est-ce que nous pouvons vraiment nous permettre de nous prononcer contre l’art expérimental, nous, les révolutionnaires ?

Quoi, « on n’aurait pas dû prendre les armes » ?

Mieux vaudrait expliquer les défauts du putsch en expliquant en même temps les avantages de la révolution ; mais non ceux de l’évolution.

Faire du réalisme une question de forme, le lier à une forme, à une seule, et à une vieille, c’est le stériliser.

Faire une littérature réaliste n’est pas affaire de forme.

Jetons par-dessus bord toutes les formes qui nous empêchent de révéler en pleine lumière la causalité sociale, il faut s’en débarrasser ; et à nous toutes les formes qui nous aident à le faire.

Quand on veut parler au peuple, il faut se faire comprendre de lui. Mais là encore, ce n’est pas affaire de forme. Le peuple ne comprend pas seulement les formes anciennes.

Pour dévoiler la causalité sociale, Marx, Engels, Lénine n’ont cessé de recourir à des formes nouvelles. Lénine ne disait pas seulement autre chose que Bismarck, il le disait autrement.

Au vrai, il n’entendait parler ni dans les formes anciennes, ni dans les formes nouvelles : il parlait dans la forme appropriée.

Bertolt Brecht, Le débat sur l’expressionnisme in Réalisme et formalisme.

Pour aller plus loin :

- Formalisme et réalisme, Bertolt Brecht ;
- Sur le formalisme, Bertolt Brecht ;
- La culture de la société française devient grotesque (et nécessite une critique réaliste s’opposant au formalisme), PCMLM

La parole à Georges Perec

Je n’ai pas de souvenir d’enfance. Jusqu’à ma douzième année à peu près, mon histoire tient en quelques lignes : j’ai perdu mon père à quatre ans, ma mère à six ; j’ai passé la guerre dans diverses pensions de Villard-de-Lans. En 1945, la sœur de mon père et son mari m’adoptèrent.

Cette absence d’histoire m’a longtemps rassuré : sa sécheresse objective, son évidence apparence, son innocence, me protégeaient, mais de quoi me protégeaient-elles, sinon précisément de mon histoire vécue, de mon histoire réelle, de mon histoire à moi qui, on peut le supposer, n’était ni sèche, ni objective, ni apparemment évidente, ni évidemment innocente.

« Je n’ai pas de souvenirs d’enfance » : je posais cette affirmation avec assurance, avec presque une sorte de défi. L’on n’avait pas à m’interroger sur cette question. Elle n’était pas inscrite à mon programme. J’en étais dispensé : une autre histoire, la Grande, l’Histoire avec sa grande hache, avait déjà répondu à ma place : la guerre, les camps.

Georges Perec, W ou le souvenir d’enfance.

Georges Perec : sa vie, mode d’emploi

Le vieux monde produit une vieille culture, et des expressions artistiques qui vont avec. Une de ces tendances culturelles consiste en le formalisme.

Le formalisme, cela signifie d’accorder de l’importance principalement à la forme et non au contenu, que ce soit en défendant des formes artistiques anciennes et académiques, ou bien au contraire en créant de toutes pièces des formes qui s’imaginent innovantes.

À l’inverse, une œuvre artistique au contenu réaliste et révolutionnaire doit trouver une forme pour dire la réalité : ni une forme « ancienne », ni une forme « nouvelle », mais simplement une forme vivante et appropriée.

Pourtant dans certains cas, l’aspect principal peut être le suivant : l’artiste reste un individu, avec son histoire et ses traumatismes.

Et la forme artistique, en prenant un tour « excessivement nouveau », peut servir à l’artiste de « carapace », presque pour « détourner l’attention » d’un contenu tragique.

C’est peut-être l’un des aspects de la vie du Mime Marceau, un monument de la culture formaliste, dont le père a été assassiné à Auschwitz.

Et sans doute que l’écrivain Georges Perec est aussi de ces artistes là.

Le saviez-vous ?

Le 3 mars 1982, l’écrivain français Georges Perec s’éteignait d’un cancer des bronches, peu avant l’âge de 46 ans.

Perec est né le 7 mars 1936 à Belleville, de parents tous deux juifs polonais.

Quand la guerre éclate, son père s’engage dans l’armée mais est tué en juin 1940. Pour le sauver, sa mère envoie Georges en zone « libre » en 1941. Elle sera quant à elle déportée à Auschwitz en 1943 – et n’en reviendra jamais.

Le jeune Georges Peretz se retrouve donc à Villard-de-Lans dans le Vercors, près de Grenoble, où de nombreuses personnes juives ont été protégées entre autres par des œuvres catholiques.

Là, son nom polonais est francisé, et Georges s’appellera désormais Perec.

À la Libération, Georges Perec retourne orphelin à Paris à l’âge de 9 ans, et est adopté par ses tantes.

La Shoah – et plus particulièrement la perte de ses parents – sera un profond traumatisme pour Georges Perec.

Et de fait, ce thème se retrouvera dans plusieurs de ses œuvres… mais de manière dissimulée et quasi ésotérique !

Car il faut savoir que, parallèlement à son métier de documentaliste, Geroges Perec a fait partie dès 1967 d’un collectif littéraire qui a poussé le formalisme à l’extrême et l’a théorisé. Il s’agit de l’Oulipo, « OUvroir de LIttérature POtentielle », fondé entre autres par Raymond Queneau.

Il sera rejoint 2 ans plus tard au sein de l’Oulipo par son ami Marcel Bénabou, avec qui il avait fait ses études et avait fait ses premières « expérimentations » formalistes.

En 1969, Georges Perec publie « La Disparition », un roman de 300 pages où… il n’utilise jamais la lettre E ! Ce qui d’ailleurs ne sera même pas remarqué à sa sortie !

Et pourtant, sous des airs ultra-formalistes, « La Disparition » aborde de façon détournée la disparition de ses parents, et toute la question de l’absence…

Pour la petite histoire, Perec écrira en 1972 un roman avec pour unique voyelle le E, qui s’intitulera « Les Revenentes » (sic).

En 1975, Georges Perec publie « W ou le souvenir d’enfance ». Ce livre consiste à moitié en une autobiographie, à moitié en une « fable » que Perec avait écrite à l’âge de 13 ans à propos d’une île imaginaire du nom de W.

Cette île isolée se présente d’abord comme une société parfaitement réglée et codifiée, où toute la vie est orientée vers le sport et les compétitions. Mais il s’avère au fur et à mesure que c’est l’arbitraire et la cruauté qui règnent sur W, qui ressemble finalement au système concentrationnaire…

Les chapitres de ces deux récits parallèles s’alternent, avec les chapitres de fiction en italique. Quant au titre, pourrait-il être issu du double V de Villard-de-Lans et de Vercors ?

Parmi les les autres œuvres connues de Georges Perec, on compte notamment « Les Choses », un roman sur la société de consommation des années 1960, ou bien le long poème « Je me souviens », qui égrène 480 souvenirs de ses jeunes années.

Et surtout, il y a « La Vie, mode d’emploi », sans doute le roman le plus abouti de Perec – ou plutôt « les romans », comme l’indique le sous-titre du livre.

On y découvre la vie d’un immeuble et de ses habitants, qui forment en réalité un gigantesque puzzle – presque au sens propre, puisque c’est la passion des deux personnages principaux.

Les chapitres s’enchaînent d’une manière assez particulière, puisque Perec fait la revue des appartements en suivant les mêmes mouvements (sur une vue en coupe de l’immeuble) qu’un cavalier sur un échiquier.

La vérité, c’est que tout cela est tellement juif…

D’un côté l’aspect juridique et formaliste du Talmud, qui s’incarne dans les contraintes d’écriture. De l’autre les différents niveaux d’interprétation, presque d’exégèse, comme dans le Midrash ou bien dans la tradition mystique.

Mais pourquoi tout ce formalisme ?

Peut-être bien, comme nous disions, pour se former une « carapace » contre le traumatisme de la Shoah et le fond tragique de certaines de ses œuvres ?

Comme on mettrait un code indéchiffrable pour protéger un coffre que l’on préférerait ne jamais rouvrir…

Mais sans doute aussi que Georges Perec n’avait pas saisi le sens de cette affirmation de l’écrivain antifasciste allemand Bertolt Brecht : « Le fascisme est le plus grand des formalismes. »

Juif ! Juive ! Face à la barbarie fasciste, tu sais où est ta place !

À propos de la situation en Hongrie

En Hongrie comme en France, les élections approchent : ici les régionales, là-bas les législatives, qui doivent se dérouler les 11 et 25 avril.

Et que voit-on ? Qu’ici comme là-bas, la campagne électorale est un révélateur politique de l’ambiance pourrie qui règne chez les classes dominantes, et de leur orientation de plus en plus réactionnaire.

La course au racisme et à l’antisémitisme est lancée, ce qui ouvre un boulevard énorme au développement du fascisme, sur les plans culturel, idéologique, politique, organisationnel.

Seulement en Hongrie comme partout en Europe centrale, l’histoire a fait que l’expression de l’antisémitisme est d’office de type génocidaire, tout comme le racisme anti-rom qui prend des proportions monstrueuses – et meurtières.

Cette histoire s’articule autour de trois moments, qui s’enchaînent de manière tout à fait dialectique.

1. En effet, il faut remonter à 1920, après la sanglante répression de la révolution hongroise : le traité du Trianon est ratifié, et accorde l’autodétermination aux minorités roumaine, slovaque, autrichienne, serbe, croate, etc.

La « Grande Hongrie » est alors démantelée, mais de très nombreuses communautés magyarophones deviennent à leur tour des minorités dans les États avoisinants.

2. La répression de la révolution hongroise est l’œuvre meurtrière de la « Terreur blanche », menée par l’amiral nationaliste Miklós Horthy. La dictature d’Horthy sera de type national-autoritaire, et s’alliera à l’Allemagne nazie. Cependant, ce régime n’est pas « véritablement » fasciste, comme le considère la dirigeante communiste Clara Zetkine.

Car il existe en parallèle un parti authentiquement nazi, le parti des « Croix Fléchées » (surnom faisant référence à leur logo). En octobre 1944, alors que la guerre est sur le point d’être perdue par les nazis et leurs alliés, Horthy est écarté par Hitler au profit des Croix Fléchées.

C’est à partir de ce moment – et donc dans les tous derniers mois de la guerre ! – que s’exécutera l’essentiel de l’extermination des 450 000 personnes juives hongroises victimes de la Shoah.

3. Après la défaite nazie, l’Union Soviétique et son Armée Rouge libératrice permettent la mise en place d’une République Populaire de Hongrie en 1949.

Cependant, quand le « révisionnisme moderne », c’est-à-dire la ligne bourgeoise au sein du Parti Communiste, prend la direction de l’URSS après la mort de Staline en 1953, les communistes de Hongrie perdent un appui et subissent la même défaite contre les laquais hongrois du nouveau pouvoir russe.

La Hongrie sera alors jusqu’en 1989 un État dominé par un parti pseudo-communiste (en réalité social-fasciste), qui sert d’intermédiaire avec l’URSS social-impérialiste.

L’événement emblématique de cette période est le soulèvement d’octobre 1956, dont les dirigeants étaient d’ailleurs appuyés par les États-Unis, et sa répression directement par l’armée « rouge » social-impérialiste.

Pourquoi est-ce que nous racontons tout cela ?

Parce que chacun de ces trois moments historiques est une source de ce qu’est le mouvement fasciste aujourd’hui en Hongrie.

Voyons point par point (mais pas chronologiquement) à quoi ces moments historiques correspondent :

1. Encore aujourd’hui, le traité du Trianon est mis en cause, et explique les très vives tensions expansionnistes avec la Slovaquie. Ces tensions constituent une véritable base d’agitation pour les fascistes, qui ne reculent devant aucune provocation. Comme nous disions en août :

Ajoutez à cela un climat de guerre larvée entre la « Grande Hongrie » et la Slovaquie, saupoudrez de lois bafouant les droits démocratiques de la minorité hongroise en Slovaquie et de la minorité slovaque en Hongrie, faites cuire à base de cocktails Molotov lancés contre l’ambassade slovaque… et vous avez un tableau de la situation en Hongrie.

3. Comme partout en Europe centrale et orientale, la domination impérialiste a été sans discontinuité depuis les années 1920 : d’abord allemande, puis social-impérialiste, et enfin américaine depuis l’effondrement du « Bloc de l’Est ».

La nature de ces pays est donc semi-coloniale semi-capitaliste bureaucratique, et la tâche historique de la classe ouvrière est de mener une révolution dont l’un des aspects est l’anti-impérialisme.

Seulement voilà, si l’on ne comprend pas ce point d’économie politique, on ne peut que tomber dans le nationalisme, et c’est d’ailleurs ce que l’on observe : en Europe centrale et orientale, toute révolte prend un caractère nationaliste et tombe dans les bras du fascisme.

La soulèvement de 1956 est typique de cela, et sa célébration est marquée depuis quelques années par des émeutes fascistes voire nazies.

2. Il a existé en Hongrie un parti authentiquement nazi qui a été au pouvoir et a mis en œuvre l’extermination de la minorité juive.

De fait, ce parti a eu une idéologie et un programme précis, et les fascistes ont donc une base historique « légitime » àlaquelle se référer : les fascistes font du « néo-fascisme ».

Cela se voit notamment dans les uniformes des forces paramilitaires fascistes, par exemple l’ex-Garde Magyare du parti Jobbik.

Un des grands rendez-vous des néo-nazis est aussi le 13 février, qui marque l’anniversaire de la défaite nazie en 1945, lors de la Bataille de Budapest contre l’Armée Rouge et les partisans antifascistes.

Mais venons-en à l’actualité concrète.

Cette année, c’était le 65ème anniversaire de la défaite fasciste, et les néo-nazis hongrois ont décidé de mener une grande campagne autour de ce qu’ils appellent la « journée de l’honneur » (en raison du « sursaut » des Croix Fléchées et des nazis dans leur garnison de Buda).

Ainsi, une grande manifestation était prévu à Budapest ce 13 février ; mais devant les menaces d’interdictions policières, elle a été remplacée par des rassemblements privés aux alentours de Budapest.

Seulement voilà, les élections législatives approchent, et la manifestation nazie devait se dérouler : elle a donc été ajournée au 6 mars (ce samedi, donc), avec des appels aux nazis d’autres pays pour en faire un élément politique d’unification.

Mais depuis, c’est surtout une grande bataille juridique et politique qui se déroule, et qui permet aux organisations fascistes de se former, de se « roder », et de se poser en « martyrs »…

En effet, la manifestation du 13 février était initialement appelée par le Front National-Socialiste (sic), mais devant les problèmes administratifs, elle a été revendiquée par le Parti National-Révolutionnaire (NFP) qui devait légalement faire passer cette manifestation de rue comme faisant partie de sa campagne électorale.

Il y a deux semaines, un tribunal hongrois a confirmé que pouvait se tenir cette marche nazie. Mais – retournement de situation – la semaine dernière le NFP a annoncé qu’il ne participerait pas à cette manifestation, en prenant très habilement comme prétexte de prétendues « pressions » policières et politiques…

La question est donc : que se passera-t-il ce samedi à Budapest ?

Est-ce que les nazis, aussi bien de Hongrie que d’ailleurs, défileront ? Mais alors la marche serait illégale, et tournerait immanquablement à l’émeute, puisque cela fait déjà plusieurs années que les fascistes n’hésitent plus à affronter directement le police.

Est-ce que les nazis se dégonfleront, et laisseront passer un moment politique indispensable pour devenir un véritable mouvement de masse ?

Est-ce que la mobilisation antifasciste sera à la hauteur, comme elle a pu l’être le 13 février à Dresde en Allemagne ?

Bref, voilà le niveau activiste que les fascistes ont atteint en Hongrie.

Cette offensive politique, qui se présente comme « révolutionnaire », est de plus accompagnée et soutenue par une très large et très profonde campagne idéologique et culturelle. Cette agitation culturelle populiste est ininterrompue, et s’appuie sur l’image des trois moments historiques constitutifs de l’histoire hongroise récente.

Et ce que l’on peut voir de cette profonde agitation, c’est surtout la panique de l’État bourgeois hongrois, qui s’imagine pouvoir colmater les brèches…

La situation en est au point que l’État se sent obligé de mettre en place une loi réprimant la négation de la Shoah. Ainsi, une loi a été passée la semaine dernière, qui punit le négationnisme d’une peine de prison de 3 ans au maximum.

Enfin ! est-on tenté de dire…

Mais en réalité, il y a deux aspects extrêmement inquiétants.

D’abord, il faut savoir que cette loi a été votée à une majorité de 197 voix sociales-démocrates, contre… 144 abstentions ! En effet, le parti libéral Fidesz s’est abstenu, car il comptait inclure dans cette loi… les crimes du social-impérialisme russe et de ses alliés hongrois !

Voilà une belle démonstration du sens des priorités de la droite libérale, qui en arrive à refuser la criminalisation du négationnisme… Quand on sait que selon les sondages, ce parti devrait remporter les élections législatives, on voit très bien à quoi va ressembler la répression contre les révolutionnaires de Hongrie…

Mais surtout, il faut bien voir pourquoi cette loi anti-négationniste n’arrive que maintenant.

En effet, rappelons que d’après les accords de paix de 1947, la Hongrie est tenue d’éliminer les organisations nazies agissant sur son territoire. Le mouvement fasciste ne peut donc se construire que dans l’antagonisme avec l’État hongrois dominé par les monopoles américains, et il n’y a pas de place pour une « intégration ».

Cette loi sur le négationnisme est donc une sorte de réaction de panique, devant ce que l’État voit venir de manière plus ou moins imminente.

Mais – ironie de l’histoire – cette loi arrive précisément quand toutes les illusions légalistes volent en éclats, aussi bien chez les fascistes que chez les antifascistes, mais aussi au sein du peuple à cause de la violente crise économique.

C’est-à-dire que l’État bourgeois « classique » est d’une inefficacité complète contre les mouvements fascistes et nazis, et ne peut « gérer » cela que sur un mode de panique et de promotion des néo-nazis comme « martyrs » de sa timide répression.

Et pourtant, ce qui se joue actuellement, c’est le destin des masses populaires de Hongrie, et la simple survie des minorités nationales juive et tzigane, dans un pays où la minorité juive comporte 60 000 à 100 000 personnes.

Mais pourquoi parlons-nous depuis le début de la situation en Hongrie ?

Tout simplement parce que la Hongrie est un cas d’école.

Les héritages historiques de la Hongrie et de la France ne sont pas comparables, la nature économique de la Hongrie et de la France non plus. Mais la tendance à l’approche des élections, si.

Et surtout, quand on voit le niveau d’activisme atteint par les néo-nazis en Hongrie, on comprend que ce pays a facilement 10 à 15 ans d’avance… Et il n’y a pas de raison que l’évolution soit différente ailleurs en Europe…

Joyeux Pourim ! ! חג פורים שמח

Aujourd’hui c’est Pourim ! L’occasion donc, comme chaque 14 Adar, de rendre hommage à l’une des premières femmes résistantes juives : la reine Esther.

Dans la tradition juive, Pourim est toujours un moment de Sim’ha, de déguisements, de saynètes, de crécelles (le « Ra’ashan ») – voire d’enivrement pour certains…

Traditionnellement, on mange aussi des « Oznei Haman » (« oreilles d’Haman), des pâtisseries triangulaires farcies de confiture ou de dattes.

Quant aux plus jeunes, ils se font un honneur tout particulier à se déguiser au mieux, d’après la coutume qui vient en fait d’Italie au 16ème siècle (puisque les communautés juives d’Irak, Iran, Yemen, etc. n’ont jamais eu cette tradition).

La fête de Pourim, c’est notre carnaval, mystique et populaire.

L’histoire de Pourim est elle-même une merveille de « dialectique », où chaque chose se retourne en son contraire (Mordekhai en habits royaux escorté par Haman, Haman pendu à la potence qu’il avait réservée à Mordekhai), où ce qui est caché prend tout son sens (Hadassa la juive sous le nom perse d’Esther, aucune mention dans toute la Meguilah à D.ieu alors que c’est Lui qui tire les ficelles), etc.

C’est là le sens du mot « Pour », qui veut dire le « sort » : l’histoire de Pourim est à la fois un sort et un jeu du sort. D’où les déguisements du carnaval, qui incarnent presque la dialectique de l’histoire.

Rappelons rapidement cette histoire, contenue dans la Meguilah d’Esther, qui se serait déroulée sur neuf ans.

Après avoir répudié sa femme à Shoushan (Suse en Iran), le roi de Perse A’hashverosh (sans doute Xerxès 1er) écoute Mordekhai, un sage juif, et choisit comme future reine la nièce de celui-ci, Hadassa bat Avigail. Cachant ses origines juives par prudence, Hadassa se fait appeler Esther.

Un jour, Mordekhai surprend un complot contre le roi, et prévient la reine Esther. Cela est noté dans les annales du roi, mais il y a comme de la rétention d’information.

Parallèlement, Haman, un des hommes les plus puissants de son temps, un dominant, s’indigne que Mordekhai ne se prosterne pas devant lui. Il persuade le roi A’hashverosh de faire exterminer les « Judéens » le 13 Adar (date du calendrier juif).

Cela arrive finalement aux oreilles d’Esther, via Mordekhai. D’abord réticente à dissuader le roi, elle demande préalablement à son peuple un jeûne (d’où le jeûne d’Esther, un des quatre jeûnes de l’année, qui s’est tenu vendredi).

Esther organise un banquet avec A’hashverosh et Haman, mais garde le silence. Troublé, le roi cherche le sommeil en lisant les annales, et découvre donc la déposition de Mordekhai.

Il convoque alors Haman pour demander comment récompenser cet acte, et, par suite d’un quiproquo, Haman escorte Mordekhai en habits royaux devant la foule. Haman rumine sa vengeance, et fait préparer une potence pour Mordekhai.

Lors d’un second festin, Esther dévoile son identité juive et le complot d’extermination qui vise son peuple, et démasque Haman. Celui-ci est alors pendu à la potence réservée à Mordekhai, qui est nommé vizir.

Les Juifs prennent les armes, sur autorisation du roi, et vainquent militairement le complot d’Haman. Une grande vague de réjouissances submerge alors les peuples de l’empire perse.


חג פורים שמח
‘Hag Pourim samea’h !

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 18h10, sortie samedi à 19h18.

« Liberté » de Tony Gatlif

Ce mercredi est sorti au cinéma un film de Tony Gatlif, Liberté.

À travers l’histoire d’une communauté tzigane qui, pendant la guerre, est tant bien que mal acceptée dans un village de la zone occupée, Tony Gatlif nous raconte une page trop souvent oubliée de l’histoire de Vichy : la traque de la minorité tzigane de France, et sa déportation en direction des camps de la mort.

À l’affiche de ce film de 1 h 51, on retrouve notamment Marc Lavoine, Marie-Josée Croze ou bien James Thiérrée. Quant au réalisateur, Tony Gatlif, rappelons qu’il est d’origine kabyle et gitane, et qu’il a déjà réalisé plusieurs films autour de la question nationale rom.

À noter aussi le fait qu’un livre est sorti en même temps que le film, qui est une version romancée du scénario du film. Il porte le même nom que le long-métrage, et est signé Tony Gatlif et Éric Kannay.

Aujourd’hui encore, la réalité du génocide tzigane est niée en Europe – ou plutôt « oubliée », ce qui revient au même.

Car dans les idéologies nationales, c’est-à-dire des bourgeoisies constituées en États nationaux, les individus d’origine rom sont perçuEs comme des ombres, comme des fantômes, qui au fond n’appartient pas à ce monde mais « ne font que passer ».

Une fois la minorité transnationale rom perçue comme abstraite et invisible, la porte est ouverte au génocide, et elle reste ouverte pour l’oubli.

Pour tous les personnes traquées par les nazis et leur alliés, honneur et mémoire !

De Februaristaking : la classe ouvrière a défendu et défendra les siens !

On a compté pendant la guerre beaucoup d’exemples de solidarité ouvrière envers les populations juives traquées par les nazis et leur alliés. Mais l’exemple le plus frappant, le plus massif et le mieux organisé fut sans doute la grève générale antifasciste qui toucha les Pays-Bas en 1941, la seule grève contre l’antisémitisme recensée dans l’Europe occupée.

Le saviez-vous ?

Le 25 février 1941, éclata à Amsterdam une grève générale populaire en protestation contre les persécutions antisémites, qui s’étendit le lendemain à d’autres villes aux Pays-Bas, et qui fut réprimée dans le sang par les nazis et les fascistes néerlandais.

Pour comprendre l’origine de cette grève, connue sous le nom de Februaristaking, il faut retracer un peu l’histoire de l’occupation allemande aux Pays-Bas.

Les Pays-Bas capitulent le 10 mai 1940 contre l’Allemagne nazie. À cette date, 140.000 personnes d’origine juive vivent aux Pays-Bas, dont une minorité issue des expulséEs d’Espagne de 1492, et 15.000 réfugiéEs de l’Allemagne nazie.

Sous l’occupation, les Pays-Bas sont soumis administrativement au Reichskommissar, Arthur Seyss-Inquart, nazi autrichien. Dans la pratique, les Allemands manquent d’hommes et l’exécution des politiques antisémites incombe à l’administration locale, soutenue par le Nationaal-Socialistische Beweging (NSB) et le Weerbaarheidsafdeling (WA), sa « section de défense ».

En juillet 1940, les juifs doivent quitter la défense aérienne ; suivent les fonctionnaires juifs et juives ; puis les étudiantEs et universitaires d’origine juive. En octobre 1940, les commerces ou entreprises appartenant à des membres de la communauté juive doivent déclarer leurs bien. En décembre 1940, les cafés et les cinémas sont interdits aux juifs et juvies.

Plus tard, les personnes juives doivent se faire enregistrer (à leurs frais) comme telles, ce qui facilitera largement la tâche lorsque viendra le temps des déportations…

En novembre 1940, les étudiantEs de Delft et de Leiden suspendent les cours en solidarité avec leurs camarades et les professeurs juifs et juives. Le Sicherheitsdienst (SD), le « service de sécurité » allemand, occupe ces deux universités et les fait fermer.

De nombreux mouvements de défense prolétarienne se développent, notamment sur les chantiers navals et parmi les dockers, où les forces d’occupation veulent exploiter les ouvriers et ouvrières directement en Allemagne.

En janvier et février 1941, l’offensive antisémite se déchaîne.

Les troupes en chemises noires des WA attaquent des magasins juifs et des cafés refusant de poser un panneau interdisant l’accès aux juifs et juives, et multiplient les provocations fascistes dans les quartiers à minorité juive, jusqu’à des pogroms suivant des manifestations antisémites organisées par les nazis.

Le dimanche 9 février 1941, sur la place Rembrandt non loin du quartier juif, de violents affrontements éclatent. Les groupes d’autodéfense juive, parmi lesquelles de nombreux sportifs du Maccabi, attaquent des nazis qui venaient à nouveau perpétrer leurs exactions.

Les affrontements d’autodéfense juive culminent deux jours plus tard, le 11 février au soir, quand a lieu une bataille rangée contre le WA sur la place Waterloo. Le fasciste Hendrik Koot reste sur le carreau et crèvera le 14 février à l’hôpital.

Entretemps, le 12 février, les Allemands bouclent l’ancien quartier juif, le cernent de barbelés, installent des barrières, coupent les ponts, et positionnent des check-points aussi bien des forces d’occupation que de la police néerlandaise.

Le quartier juif est officiellement transformé en ghetto.

Le 19 février, la police allemande prend d’assaut le salon de glaces Koco de la Van Woustraat, tenu par des réfugiés allemands juifs, Kohn et Cahn. Les policiers reçoivent de l’ammoniac dans la figure, et dans la bagarre, plusieurs policiers allemands sont blessés. Cahn et Kohn sont arrêtés.

En représaille, le week-end des 22 et 23 février 1941, le couvre-feu est imposé au quartier juif d’Amsterdam, et les nazis opèrent une rafle. Ils prennent en otage 427 hommes juifs sur la place Jonas Daniël Meijer. Ceux-ci sont déportés à Buchenwald et Mathausen, et il ne restera qu’un seul survivant de ces convois.

Cette rafle susciste l’indignation et la révolte parmi les masses populaires d’Amsterdam.

Le 24 au soir, un rassemblement ouvrier a lieu sur la place du Noordermarkt. La grève est décidée, essentiellement pour lutter contre l’antisémitisme nazi, mais aussi contre le travail forcé en Allemagne et pour la souveraineté des Pays-Bas occupés.

Cette nuit-là, un appel rédigé par le Parti communiste des Pays-Bas (clandestin depuis le 15 mai 1940, illégal depuis juin) est imprimé en différents endroits d’Amsterdam. Le mot d’ordre : « La grève, la grève, la grève ! ».

De fait, cette grève est essentiellement portée et organisée par le Parti communiste clandestin, ce que la bourgeoisie tentera longtemps de nier après-guerre.

L’organisation de la grève antifasciste est extrêmement rapide, ce qui permet de court-circuiter les mouchards collabos.

Le 25 février 1941 à l’aube, l’appel du Parti est distribué à l’entrée de nombreuses entreprises. Le tramway d’Amsterdam est le premier à suivre la grève, dès 4 heures du matin.

Le peuple d’Amsterdam comprend alors, à l’ouverture du service, qu’il se passe quelque chose, et bientôt suivent les fonctionnaires municipaux, les dockers, les chantiers navals, les bureaux, les grands magasins, les lycées, etc.

Le matin du 25 février 1940, les forces d’occupation sont complètement affolées face à un mouvement si massif : elles n’avaient jamais eu affaire nulle part ailleurs à une grève contre la persécution de la minorité nationale juive.

Suite à l’appel du Parti Communiste, les masses descendent spontanément dans la rue dans le centre d’Amsterdam, et affrontent les nazis. La grève s’étend le 26 février à Zaanstreek (Zaanstad), Kennemerland (Haarlem et Velsen), Utrecht, Hilversum et Weesp.

La répression démarre dans l’après-midi du 25 février et est sanglante. Des SS, venus en urgence de La Haye, tirent sur la foule et jettent des grenades. Neuf personnes sont tuées au cours de ces manifestations, une cinquantaine grièvement blessées, et 200 arrêtées et torturées.

Après la grève, trois organisateurs communistes sont fusillés, douze communistes envoyés en prison. Et malgré la suspension provisoire des rafles (comme résultat du mouvement de masse), dix-huit organisateurs et grévistes sont exécutés en mars 1941.

Ainsi se termina la Februaristaking : dans le sang ouvrier, versé pour la solidarité au sein du peuple des Pays-Bas.

Le journal clandestin Het Parool écrira dans la foulée que la grève est « une page inoubliable de l’histoire glorieuse de notre patrie, car pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, juifs et non-juifs se sont opposés activement contre les horreurs de l’antisémitisme ».

Au final, les Pays-Bas restent le pays d’Europe de l’Ouest où la minorité juive paya le plus lourd tribut à la Shoah, puisque plus de 100.000 personnes d’origine juive (soit plus des 3/4 de la communauté) furent exterminées par la barbarie fasciste. En 1944, la ville d’Amsterdam était quasi vidée de sa minorité juive.

Néanmoins, cette grève montre que le nazisme a été essentiellement étranger à la classe ouvrière – qui est le cœur du prolétariat – voire au prolétariat en général. Elle reste dans les mémoires comme une véritable fierté de la classe ouvrière des Pays-Bas.

Encore aujourd’hui, des manifestations antiracistes y sont organisées ce jour en mémoire de cet acte de solidarité massive, près d’une statue de docker inaugurée en 1952 en l’honneur de cette grève, à l’endroit même où furent rassemblés les otages juifs des 22 et 23 février 1941.

La Februaristaking marqua la mémoire du peuple d’Amsterdam au point de lui laisser la devise de la ville (« héroïque, déterminée, généreuse »), et peut-être même un certain « philosémitisme » parmi les supporters du club de foot Ajax Amsterdam…

Face au racisme, ni compromis ni division !

Pas de lutte contre l’antisémitisme sans lutte contre la triple oppression !

Voilà une réalité qui a longtemps été niée par l’extrême-gauche française, et qui est encore minimisée ou détournée de manière populiste : le racisme explose, le mouvement fasciste se développe et et se structure.

Seulement voilà, quand on est issu de minorités nationales – arabe, juive, noires, rom, etc. -, il ne se passe plus un seul jour sans avoir à supporter une ambiance générale raciste, qui nécessairement nous atteint de manière personnelle.

Et chaque jour on se demande quand cela va s’arrêter, quand notre présence en France – voire de plus en plus notre existence même – ne sera plus remise en cause au quotidien.

Mais cela ne s’arrête pas.

Pire, cela n’est pas près de s’arrêter.

Car depuis quelques mois, il ne se passe plus un jour sans que l’on déplore des attaques antisémites, des profanations anti-arabes, des provocations racistes de la bourgeoisie (y compris au sein même de la bourgeoisie), d’initiatives fascistes, de propositions électorales d’extrême-droite, etc.

Et tout cela de manière décomplexée, revendiquée, et de plus en plus structurée.

Il faut toutefois remarquer un aspect, voire deux, qui se résument dans ce qu’expliquait Staline :

« Mais la politique de répression nationaliste est dangereuse pour la cause du prolétariat sous un autre rapport. Elle détourne des questions sociales, des questions de la lutte de classe, l’attention des grandes couches de la population qu’elle porte vers les questions nationales, vers les questions « communes » au prolétariat et à la bourgeoisie. Et cela crée un terrain favorable pour prêcher le mensonge de « l’harmonie des intérêts », pour estomper les intérêts de classe du prolétariat, pour asservir moralement les ouvriers. [...]

Mais la politique de répression ne s’en tient pas là. Du « système » d’oppression, elle passe souvent au « système » d’excitation des nations les unes contre les autres, au « système » des massacres et des pogroms. [...] « Diviser pour régner », tel est le but de la politique d’excitation. Et dans la mesure où une telle politique réussit, elle constitue le plus grand mal pour le prolétariat, un obstacle des plus sérieux à l’œuvre de rassemblement des ouvriers de toutes les nationalités qui font partie de l’État. »

Qu’est-ce que cela signifie, aujourd’hui en France ?

Tout d’abord qu’il faut accorder une grande attention au tapage que font la bourgeoisie et la petite-bourgeoisie au sujet de la religion.

Ainsi, face au racisme qui est lui-même un produit de la société capitaliste, les classes dominantes tentent d’imposer comme actualité une fausse « révolte », une « révolte » qui ne remette pas en cause la domination de la bourgeoisie.

Cette « révolte » est toute trouvée : c’est la religion, et ses variantes identitaires.

Nous ne développons pas, étant donné que cet aspect est très bien analysé dans un document marxiste-léniniste-maoïste : L’émergence de la question de la minorité nationale arabe en France, et son rapport avec la révolution démocratique arabe.

Bien entendu dans le cas de la minorité nationale juive, il s’agit plutôt du tandem réactionnaire sionisme – religion.

Le deuxième aspect mis en avant par Staline, c’est la politique de « diviser pour mieux régner ».

Et sur ce plan, il faut bien dire qu’actuellement, la minorité juive est désormais en première ligne…

Car désormais, et malgré l’antisémitisme de plus en plus ouvert en France, la minorité juive devient un véritable paratonnerre pour faux antiracistes : n’importe quelle attaque raciste, n’importe quelle réaction antifasciste est ramenée par les antisémites à la minorité juive.

Ainsi on a pu entendre de très nombreux commentaires à propos de Frêche, qui ont trouvé leur parfaite synthèse chez une candidate bourguignonne aux élections régionales, la socialiste Safia Otokoré, qui a ainsi expliqué : « Lorsque Frêche dérape sur les harkis ou sur les blacks, on ne dit rien. En revanche, lorsqu’il s’agit des juifs… ».

De même, quand la bourgeoisie impose dans son actualité la question des Quick hallal, on a droit à l’ultra-libéral Cohn-Bendit qui explique qu’il y a bien des restaurants kasher dans le Marais.

Mais pour l’expression authentiquement antisémite, il faut se tourner du côté de la CAPJPO-Europalestine, qui, aux Quick hallal, oppose comme par hasard « les restaurants casher financés avec l’argent du contribuable ».

De même, quand les opportunistes du NPA mettent en avant une candidate étudiante en gestion et portant un voile religieux, on a droit à d’innombrables remarques sur les « élus à kippa »… y compris dans l’extrême-gauche franco-française.

Remarquons que cela avait déjà été un grand argument en 2003 – 2004, mais depuis, l’ambiance s’est encore largement dégradée, et atteint un degré avancé de putréfaction.

Le but de tout cela : « diviser pour mieux régner », comme l’explique Staline, ce qui passe par la négation de l’antisémitisme et de son développement.

Car il faut bien comprendre la thèse léniniste comme quoi « la spontanéité n’existe pas », c’est-à-dire que tout acte, tout propos est dicté par une culture, une idéologie, une empreinte sociale de classe : soit celle de la bourgeoisie, soit celle de la classe ouvrière.

Autrement dit, le racisme et l’antisémitisme n’existent pas « par hasard », mais répondent à des mobilisations impulsées par tels ou tels secteurs des classes dominantes.

Et effectivement ce que l’on observe aujourd’hui, c’est le projet de la bourgeoisie de monter les minorités nationales les unes contre les autres, projet dans lequel s’engouffre la « gauche radicale » petite-bourgeoise infestée d’antisémitisme.

On nous répondra : cela a toujours été ainsi.

Cela est en partie vrai. Mais depuis quelques mois, cela acquiert un caractère systématique.

Et de ce fait, les antifascistes doivent apprendre à y faire face.

Comment y faire face, alors ?

En affirmant la conception scientifique de la triple oppression.

Qu’est-ce que la triple oppression ?

C’est une conception qui a été développée par le mouvement communiste, notamment aux États-Unis dans le mouvement de libération noire, et qui a principalement été théorisée par le mouvement autonome des années 1990 en Allemagne.

La triple oppression, c’est l’affirmation que le capitalisme, le racisme et le sexisme ne forment pas trois oppressions séparées au service du mode de production capitaliste, mais sont trois dominations imbriquées l’une dans l’autre, et de ce fait indissociables l’une de l’autre.

Sans comprendre l’unité globale de la triple oppression, on en arrive invariablement à opposer deux aspects entre eux : accorder sa confiance au capitalisme en croyant être antiraciste ou antisexiste, devenir raciste en pensant défendre le féminisme, faire des compromis sur l’homophobie avec des stéréotypes ouvriéristes ou racistes…

Ou bien se vautrer dans l’antisémitisme, en développant un faux antiracisme mais un vrai populisme.

Voilà donc un point sur lequel il faut insister, pour apprendre à faire face à l’époque à venir : il ne peut y avoir de libération totale sans lutte acharnée contre la triple oppression.

Lutter contre un seul aspect de la triple oppression, c’est se condamner à perdre sur tous les aspects.

Et par conséquent, construire l’unité antiraciste du peuple est une condition nécessaire pour abattre la triple oppression et vivre libres.

« La justice viendra sur nos pas triomphants »

« La mort n’éblouit pas les yeux des partisans »

Le 21 février 1944, à 15 heures au Mont Valérien (Suresnes), furent exécutées 22 des 23 figures de la sinistrement célèbre Affiche Rouge.

Ces 23 « terroristes », c’étaient en réalité des résistants communistes des Francs-Tireurs et Partisans – Main-d’Œuvre Immigrée (FTP-MOI), qui constituaient un groupe dirigé par Missak Manouchian.

L’Affiche Rouge, voilà le symbole de la résistance du prolétariat immigré – juif, espagnol, italien, arménien, etc. – sous la direction de l’Internationale Communiste, voilà le symbole de la lutte à mort pour vivre libre !

- Les martyrs de l’Affiche Rouge ;
- La dernière lettre de Manouchian ;
- Le poème d’Aragon et la chanson de Ferré ;
- Les FTP-MOI, Action Antifasciste ;
- L’organisation et les structures des FTP-MOI.

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 17h59, sortie samedi à 19h07.

Avec Zemmour, les sionistes découvrent le nationalisme français

Suite à l’émission « On n’est pas couché » de samedi dernier sur France 2, les sionistes tombent des nues.

Car dans l’émission de Ruquier où Éric Zemmour officie, étaient invités Bernard Henri-Lévy et Yann Moix. Les extraits où BHL parle – de façon toujours aussi bourgeoise et insupportable – sont par ici ; ceux où Moix défend le pédophile Polansky – en instrumentalisant au passage les minorités juives – sont par là.

En particulier le débat entre BHL et Zemmour est très intéressant… précisément car il est sans intérêt !

En gros, c’est BHL dans le rôle de l’intellectuel grand-bourgeois, pro-sioniste, pro-américain et délirant sur le Talmud comme étant d’une « grande modernité », contre Éric Zemmour dans le rôle du nationaliste français jacobin-assimilationniste.

On notera quand même deux choses quand Zemmour parle de Vichy :

- d’un côté il explique, comme une infime minorité de l’Action Française à l’époque, que le vrai nationalisme français ne consistait pas en la collaboration avec l’Allemagne nazie, mais en le « souverainisme » de De Gaulle ;

- de l’autre côté il en arrive à affirmer que Vichy pensait sincèrement sauver les juifs français en faisant exterminer les juifs étrangers – ce qui devrait le disqualifier aux yeux de n’importe quelle personne juive non schizophrène.

En fait, le premier point confirme très précisément l’économie communiste, qui explique que Vichy a été l’expression la plus dictatoriale de la bourgeoisie industrielle, et non pas de la bourgeoisie financière représentée par De Gaulle, encore faible à l’époque en France – alors que le fascisme est généralement « la dictature terroriste ouverte du capital financier ».

Cela rejoint ce que disait Hapoel à propos de Zemmour :

La stratégie que propose Zemmour, c’est donc de raccrocher la minorité nationale juive à la remorque de la bourgeoisie bien française. Et même pas à la bourgeoisie traditionnelle de Sarkozy (comme le voudraient les sionistes, de l’UPJF à la LDJ), mais à la bourgeoisie française agressive, celle de De Gaulle hier et du fascisme demain.

Quoi qu’il en soit, les deux « passes d’armes » entre Zemmour et BHL d’une part, et entre Zemmour et Moix d’autre part, ont soulevé des réactions chez les sionistes.

Concernant Moix, la LD"J" s’en est émue dans un communiqué (lire également les commentaires) ; concernant BHL, on peut lire une réaction sur un blog sioniste.

Bref, les sionistes ont la gueule de bois.

Notamment sur le blog sioniste Lessakel (deuxième lien ci-dessus), on s’étonne qu’après « ses saillies sur l’islamisation lente de notre société », Zemmour veuille « se faire plus français que les français ». Puis on se souvient des « amitiés contre-nature de Eric Zemmour avec des groupes royalistes d’obédience maurrassienne », avant de remarquer que tous les fascistes adulent Zemmour, qui serait « définitivement un Français, certes juif mais totalement assimilé » (sic).

Tout cela est symptomatique de l’extrême-droite juive schizophrène, qui ne voit chez les fascistes français que ce qu’elle veut bien voir, aveuglée qu’elle est par son racisme.

Aux schizophrènes qui veulent se vendre à l’extrême-droite, nous répondons ce que nous disions déjà sur Zemmour :

Concernant la question des minorités nationales en France, Éric Zemmour fait encore une fois figure de réactionnaire.

Dans sa perspective de nationalisme classique, il s’agit d’intégrer brutalement les minorités nationales, de les faire rentrer dans le giron de la république jacobine nationale-autoritaire.

Il est important d’insister sur ce point, car c’est un aspect qui n’est pas vu ou pas compris par de larges secteurs des masses juives, qui pourraient se laisser éblouir par les intervention de Zemmour à la télé – toujours très offensives et très « brillantes » du point de vue du nationalisme français.

La preuve absolue de sa négation brutale des minorités nationales, c’est qu’il n’a même pas fait le choix du sionisme. Autrement dit, quitte à ce que la minorité juive ait une idéologie nationaliste, Zemmour préfère que ce soit le nationalisme français plutôt que le sionisme.

En fait, Éric Zemmour constitue une « figure typique » : il incarne à merveille la figure du vendu, du juif plus français que français, plus blanc que blanc, et on pourrait même dire « plus royaliste que le roi »… puisqu’il a déjà donné une interview au journal de l’Action Française !

[...]

La stratégie que propose Zemmour, c’est donc de raccrocher la minorité nationale juive à la remorque de la bourgeoisie bien française. Et même pas à la bourgeoisie traditionnelle de Sarkozy (comme le voudraient les sionistes, de l’UPJF à la LDJ), mais à la bourgeoisie française agressive, celle de De Gaulle hier et du fascisme demain.

Ce qui est terrifiant, c’est que cette proposition stratégique est l’exact symétrique de ce que disent Dieudonné, Soral et Gouasmi, le caractère totalement bouffon en moins…

En effet, eux aussi veulent raccrocher la minorité nationale arabe à l’impérialisme francais le plus agressif, en l’opposant à la minorité juive, et cela encore une fois au nom de la république française « éternelle » et du prétendu « anti-communautarisme ».

[...]

Les masses juives doivent donc comprendre que Zemmour, c’est un Soral pour les juifs ; et qu’il participe donc à l’encerclement idéologique et culturel de notre minorité par les fascistes, avec ses fantasmes ultra-républicains.

Encore une fois, Hapoel se retrouve dans la position très inconfortable d’expliquer aux sionistes leur propre idéologie…

Mais c’est bien simple : Hapoel étudie l’économie politique communiste et la culture réactionnaire française, et a donc déjà compris et expliqué ce que représentait la figure d’Éric Zemmour – y compris le fait que cela soit justement incompris par beaucoup !

Sans voir tout cela, on ne peut pas servir le peuple, on ne peut pas servir les masses populaires juives, car on ne sait pas qui sont nos amiEs et qui sont nos ennemiEs.

Milk & Honey – Goapele

Voici une chanson récente de la chanteuse Goapele, qui figurera sur son prochain album, justement intitulé Milk & Honey.

‘Halav OuDvash : inutile de s’étendre sur ce titre !

Goapele est une chanteuse américaine de soul et de r’n'b, d’origine métisse puisqu’elle est de père sud-africain et de mère israelienne. Les Red Lions 94 avaient déjà mis en avant cette artiste (ici et ).

Le son a pu être entendu à la radio et vaut largement d’être écouté, mais le clip lui-même est assez plat, inutile, où il n’y a pas une seule image ne relevant pas de l’ancien monde…

D’autant plus quand on voit le style se conformant à l’image des femmes que notre société veut imposer, et alimentant donc en partie le sexisme ; ou bien les images pas vraiment métaphoriques de lait et de miel, qui sont des produits de l’exploitation et de la souffrance animale (voir ce tract sur le lait) ; ou bien encore un fauteuil en cuir évoquant clairement un cadavre de vache.

Bref, un très mauvais clip sur un bon son – ce qui, il faut le dire, n’est pas le cas des chansons mises en avant par les Red Lions 94.

Mais on attend quand même l’album !

Lire entre les lignes, lire entre les lettres

Dans l’une des toutes premières scènes de « A Serious Man » des frères Coen, un étudiant vient se plaindre auprès de Larry Gopnik de ses résultats, en prétendant qu’il ne savait pas qu’il y aurait des mathématiques dans son examen de physique :

L’étudiant : Ce n’est pas juste, je ne savais pas que examiné sur mathématiques.
Larry : Eh bien, vous ne pouvez pas faire de la physique sans mathématiques, n’est-ce pas ?
L’étudiant : Je comprends la physique. Je comprends le chat mort.
Larry : Vous comprenez le chat mort ? Mais… vous… vous ne pouvez pas véritablement comprendre la physique sans comprendre les mathématiques. Les maths expliquent comment les choses fonctionnent vraiment. Les histoires que je vous donne en classes servent juste d’illustration ; elles sont comme, disons, des fables. Je veux dire… même moi je ne comprends pas l’histoire du chat mort. Les maths expliquent comment les choses fonctionnent vraiment.

Quand on connaît un peu le cinéma des frères Coen, on sait qu’aucune scène n’est gratuite – tout comme, d’après les religieux, aucun mot n’est gratuit dans la Torah. Et par conséquent, il faut voir dans cette scène une des clés de compréhension de « A Serious Man ».

Car comment ne pas faire le lien entre d’une part cette histoire de mathématiques illustrées par des « fables », et d’autre part les procédés mathématiques développés pour déchiffrer le sens caché des textes religieux ?

Sans entrer dans des considérations sur la philosophie de Pythagore ou du Talmud, ou sur les influences mutuelles des pensées grecque et juive, rappelons simplement quelques bases – assez connues – sur la Gematria.

Le saviez-vous ?

La Gematria, c’est un ensemble d’outils mathématiques ou algorithmiques pour décrypter le sens non littéral des textes du Tanakh, mais aussi des textes relevant de la Kabbalah. C’est-à-dire que c’est une méthode d’exégèse basée sur la numérologie.

Le terme de « Gematria » (גימטריה) vient directement du grec, de la racine qui donnera aussi « géométrie ».

L’idée générale de la Gematria, c’est d’attribuer une valeur numérique aux mots, selon divers procédés qui peuvent parfois être complexes, et de déchiffrer le sens de ces mots en fonctions de ces valeurs, notamment par analogie avec d’autres mots de même valeur.

Pour cela, il faut rappeler que dans la tradition juive, on compte dans un système décimal où les chiffres sont en fait les lettres (encore aujourd’hui dans le calendrier religieux juif).

Ce n’est donc absolument pas « farfelu » de vouloir attribuer des valeurs numériques aux mots, et d’ailleurs cela est évoqué dans le Talmud, et très utilisé dans tout le Midrash – sans même parler du Zohar et de la tradition kabbalistique !

Un exemple très simple de cela, c’est le « fétichisme » autour des nombres 18 et 26, l’un codant ‘Hai (חי), l’autre codant le nom de D.ieu (יהוה).

Un autre exemple traditionnel, c’est quand on lit chaque année dans la Haggadah de Pessa’h le même passage sur le décompte des plaies d’Égypte : divers avis de divers commentateurs sont donnés, pour savoir s’il y aurait eu plutôt 10 plaies ou plutôt 250.

Tout cela a été théorisé au début de l’ère chrétienne notamment par le sage Hillel, le Rabbi Na’hum de Gamzo, le Rabbi Akiba, le Rabbi Ichmael, qui ont établi quelques dizaines de règles pour la Gematria.

Puis le judaïsme espagnol médiéval a développé la théorie, notamment avec Abraham Aboulafia qui ajoutera une dimension mystico-extatique, mais surtout avec le Rabbi Moshe Cordovero qui tentera de théoriser systématiquement l’étude de la Kabbalah.

Bref, tout cela pour dire qu’il existe une assise « théorique » solide aux développements de la Gematria, jusque dans toute la tradition mystique juive – même si pour les talmudistes, il s’agit comme dans la symbolique de ‘Hanukkah de simplement « relever le goût » de leur étude avec de l’huile d’olive…

Mais alors, quels sont tous ces procédés mathématiques de la Gematria ? Il n’est pas question d’être exhaustifs, puisqu’il en existe des centaines et des centaines (au bas mot 300 ou 400).

Et c’est sans compter la Temurah, qui consiste à mélanger ou échanger les lettres selon des algorithmes très précis, et qui n’est pas davantage farfelue que la Gematria (ou alors autant farfelue…), ou bien le Notarikon qui est l’étude des abréviations et des initiales (comme pour Shaddai = Tout-Puissant = Shomer Dlatot Israel).

Mais pour en venir aux choses concrètes, l’alphabet hébreu comporte 22 lettres + 5 versions finales de lettres. Soit l’on attribue aux lettres une valeur égale à leur rang dans l’alphabet (donc de 1 à 22), soit beaucoup plus classiquement, on suit cette table :

- les 9 premières (de Alpeh à Tet) comptent les unités de 1 à 9 ;
- les 9 suivantes (de Youd à Tzadi) comptent les dizaines de 10 à 90 ;
- les 4 dernières (de Resh à Tav) comptent les centaines de 100 à 400 ;
- pour compter de 500 à 900, ou bien on combine deux – voire trois – lettres de Resh à Tav (comme cela se fait classiquement pour les années), ou bien les mystiques rajoutent les 5 versions finales de lettres (Kaf, Mem, Noun, Peh, Tzadi).

Un ajout beaucoup plus rare est de comptabiliser aussi les Nekoudot en-dessous des lettres, qui servent en hébreu de voyelles.

À partir de cette base, de très nombreuses variantes existent :

- la méthode la plus classique, qui consiste à ajouter les valeurs détaillées ci-dessus : c’est le Mispar HaPanim (la valeur faciale) ;
- la variante des mystiques, qui prennent de plus en compte les versions finales des lettres : c’est le Mispar Gadol ;
- épeler chaque lettre, et appliquee le Mispar HaPanim à chaque nom de lettre : c’est le Mispar Shemi ou Milluy ;
- comme dit précédemment, attribuer aux lettres des valeurs de 1 à 22 : c’est le Mispar Siduri ;
- pour chaque lettre, sommer tous les nombres de 1 jusqu’à la valeur de la lettre (par exemple au lieu de Dalet = 4, on prendra 1+2+3+4=10) : c’est le Mispar Kidmi ;
- sommer les carrés des valeurs de chaque lettre (16 au lieu de 4 pour Dalet) : c’est le Mispar Merubah Prati ;
- le carré de la somme plutôt que la somme des carrés : c’est le Mispar Merubah Klali ;
- la variante avec les cubes au lieu des carrés : c’est le Mispar Meshulash ;
- le très intéressant procédé qui consiste à multiplier la valeur de la lettre par le rang de sa place dans le mot (que ce soit de droite à gauche ou de gauche à droite) : c’est le Mispar HaAkhor (la valeur de derrière);
- on peut également faire intervenir le Kolel, qui est le nombre de lettres ou de mots dans une « chaîne de caractères ».

Tout cela est au fond très simple derrière une apparence ésotérique : cela est « mécanique » mais demande une grande connaissance.

Rien d’étonnant, donc, à ce que la Gematria ait pu acquérir un aspect populaire, avec une certaine fascination pour le sens profond, la dimension cachée.

Mais rien d’étonnant, non plus, à ce que cela ait attiré au 19ème siècle des dandys décadents et occultistes, fascinés par la Kabbalah et se la jouant très profonds – de Grant aux USA aux satanistes en Angleterre, en passant par Vuillaud le délirant en France.

Et rien d’étonnant, toujours, à ce qu’aujourd’hui les franges les plus délirantes parmi les complotistes (mais pas les moins significatives historiquement) se fassent des films à base de numérologie sur le 11 septembre voire sur Michael Jackson, en étalant leur méconnaissance totale du Talmud et de la Kabbalah.

Mais tout cela est logique : autant la Gematria peut avoir un aspect populaire parmi certains secteurs des masses juives, autant cela est totalement étranger à une vision du monde conforme à la classe ouvrière.

Par conséquent, ceux qui s’emparent aujourd’hui de la numérologie, ce sont les produits de la décadence du capitalisme, qui se raccrochent à un élitisme ésotérique fantasme : soit les fascistes, soit l’ultra-gauche de type « Tiqqun ».

Et à l’inverse, la classe ouvrière doit assumer à notre époque l’affirmation de la science, et n’a donc certainement pas besoin de lire entre les lignes des textes « sacrés ».

Le Pen insulte la mémoire des 13152 personnes juives raflées au Vél’ d’Hiv

L’information est passée inaperçue, sans nul doute parce que l’antisémitisme explose tellement que les médias se sentent obligés de calmer le jeu, sentant que cela va mal tourner.

Pas de bruit non plus du côté du Crif ou des sionistes, à moins qu’ils n’aient envie de le défendre comme ils ont défendu les propos pourtant très clairs de Georges Frêche ?

En tout cas Le Pen n’y est pas allé de main morte, décidant de reprendre la main dans la course actuelle à l’antisémitisme.

Lors d’une traditionnelle « grande galette des rois » du Front National, le 31 janvier, il y avait plus de 800 personnes à Paris dans le 15ème arrondissement.

Le Pen explique alors, en présence d’une caméra de télévision : « Eh bien la prochaine fois, on prendra le Vel’ d’Hiv ! » (voir cette vidéo à partir de la 24ème minute)

Cette « galette des rois » se déroulait au Back Up, une salle du 15ème arrondissement donc, et le Vélodrome d’Hiver se situait également dans cet arrondissement.

Le Pen sait très bien que le bâtiment a été détruit en 1959, et qu’à sa place se tient un jardin du souvenir, pour se rappeler la Rafle du Vel’ d’Hiv.

Cette rafle a été menée par 9 000 policiers et gendarmes français ; les arrestations puis déportations constituent plus du quart des 42 000 personnes juives envoyées de France à Auschwitz en 1942.

Le Pen a donc joué non pas sur la nostalgie des années 1950, mais bien évidemment sur l’antisémitisme, qui suinte de tous les pores de la société française – au point qu’il se développe de manière « souterraine », comme pour mieux ressortir n’importe où et frapper n’importe quand !

En bref, il ne faut pas compter sur les « institutions » juives, qui veulent absolument croire en un capitalisme « innocent », un capitalisme qui ne porterait pas en son sein le Vel d’Hiv !

Et il ne faut pas davantage compter sur l’extrême-droite sioniste, qui se tortille honteusement en expliquant que Marine ou Jean-Marie Le Pen ne seraient finalement pas si antisémites que ça !

Juif ! Juive !
Pour ta défense et face à l’injustice, rejoins l’Action Antifasciste !

Comme le vent par-delà les frontières…

« En revendiquant une nationalité et une culture par-delà les frontières des pays et des classes, c’est-à-dire en définissant une communauté humaine en dehors des États nationaux, les communautés juives ont été une cible principale des idéologies bourgeoises nationales.

Cela a été particulièrement fort là où les États nationaux n’avaient pas encore atteint leur unité.

Dans la conception nazie de l’État capitaliste centralisé, les communautés « transnationales » juives, roms et sintis (« tziganes ») apparaissaient comme internationalistes et proches du communisme dans leurs principes communautaires.

Ce phénomène de liquidation de populations apparaissant comme des obstacles à l’unification nationale selon les principes capitalistes parce qu’elles ont conservé des traits communautaires antérieurs au capitalisme n’est pas un phénomène exceptionnel.

Il est lié aux contradictions du rapport entre féodalité et capitalisme ; il est ainsi encore d’actualité pour la majorité des peuples du monde, encore prisonniers des rapports féodaux.

Il a pris et prend souvent un caractère génocidaire : liquidation des Juifs d’Espagne ; liquidation des communautés samis (« lapones ») en Europe du Nord ; liquidation des Natives Americans en Amérique du Nord ; liquidation des communautés indiennes en Amérique centrale et du Sud, etc. »

Manuel d’économie politique, PCMLM

Deux enfants roms morts à Orly – Red Lions 94

[94] Fransesca et Stéfan, deux enfants Roms morts dans un bidonville à Orly.

Dimanche soir, Stéfan, 3 ans, est mort dans un incendie alors qu’il regardait paisiblement la TV.

Fransesca, sa petite soeur de 15 mois qui dormait à coté de lui, s’est éteinte à son tour hier matin à l’hôpital.

Nous nous joignons de tout cœur avec les parents de Fransesca et Stéfan.

Nous savons qu’il n’y a pas de pire moment dans la vie que de voir mourir ses enfants.

Malgré tout, notre émotion n’efface pas la rage que nous ressentons à l’évocation de cette affreuse nouvelle.

Fransesca et Stéfan ne sont pas mort « accidentellement ».

Fransesca et Stéfan sont morts parce qu’ils vivaient dans un bidonville aux portes de Paris.

Les capitalistes qui organisent la pénurie de logement pour augmenter leur bénéfices et les mairies qui font tout pour empêcher les Roms d’installer dignement leurs campements sont directement responsables de leur mort.

Ces mêmes capitalistes ne se gênent pourtant pas pour exploiter le travail des hommes Roms dans des boulots mal payé, usants et souvent dangereux.

Fransesca et Stéfan sont morts parce qu’ils sont du peuple Rom.

Il sont de ceux et celles que les racistes appellent péjorativement les « roumains » et les « roumaines ».

Ces hommes et ces femmes qui fuient la Roumanie et la Bulgarie où il sont encore traité comme des esclaves, malgré qu’il n’ai plus « officiellement » le statut d’esclave depuis un peu plus de 150 ans.

En France, les Roms sont aussi traités comme des moins que rien : racisme, humiliation, mépris, expulsion systématique de leur lieux d’installations ou refus de scolarisation des enfants sont leur lot quotidien.

En cette période de monté du fascisme, les Roms font partit des principales victimes des haines raciales et et des délires nationalistes.

La haine à l’encontre des Roms prend de plus en plus un caractère génocidaire : beaucoup de personnes n’hésitent plus à parler des Roms comme de parasites desquels ils voudraient se débarrasser.

En Italie, le peuple Roms doit faire face à de véritables pogrom.

Notre époque sera l’époque de la resistance antifasciste.

Le Peuple doit s’unir pour faire face aux coups de l’impérialisme français et des fascistes assassins à son service.

Refusons le racisme et les haines qui nous divisent !

Exprimons notre solidarité avec les familles Roms qui pleurent la morts de deux de leurs enfants.

Saluons la mémoire de Fransesca et Stéfan en se joignant à leur parents dans leur combat pour la dignité.

Les Roms doivent pouvoir installer des campements qui ne soit pas des bidonvilles.

Les Roms doivent pouvoir vivrent leur culture sans être écraser par les institutions racistes de l’Etat français.

A la mémoire de Fransesca et Stéfan,
deux enfants qui étaient heureux de vivrent,
deux enfants du peuple,
qui étaient nos petits frère et soeur à tous et toute !

Vive le peuple Roms,
Vive la solidarité populaire antifasciste !

Red Lions 94

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 17h47, sortie samedi à 18h57.

On peut arracher un ARBRE…

… mais on ne peut arrêter
la marche du printemps !

Demain, cela fera 4 ans qu’Ilan Halimi z"l nous aura quittés.

C’est en effet le 13 février 2006 au matin, après 24 jours de tortures, qu’Ilan a été retrouvé agonisant au bord d’une route de l’Essonne, totalement rasé, nu en plein hiver, et brûlé sur la moitié du corps.

Ilan avait 23 ans, était vendeur de portables boulevard Voltaire à Paris, vivait avec sa fiancée (voir son interview, bouleversante), et était d’origine marocaine juive.

Que l’affaire soit claire : Ilan a été enlevé parce qu’il était juif, torturé parce qu’il était juif, assassiné parce qu’il était juif.

Que chacun de nos actes soit digne de la mémoire d’Ilan, un fils du peuple victime de la barbarie.

Quant au procès en appel du « gang des barbares », on a appris cette semaine que Youssouf Fofana se rétractait de la procédure d’appel.

De plus, un lieu public sera nommé d’après le nom d’Ilan dans le 12ème arrondissement, là où il a grandi et vécu avec sa mère Ruth et ses sœurs.

Les autres actualités récentes du procès en appel sont par là.

Honneur à la famille Halimi ! JUSTICE POUR ILAN !!!

L’homosexualité, une question démocratique

Ivri Lider, un chanteur très mainstream

Le saviez-vous ?

Une nouvelle que connaissent déjà touTEs les fans : aujourd’hui c’est l’anniversaire d’Ivri Lider.

Ivri Lider (עברי לידר), c’est un chanteur israelien qui est une véritable star là-bas, et est de plus connu comme « icône gay ».

De fait, Ivri Lider est assez représentatif de la pop-rock israelienne mainstream, y compris du travers typiquement israelien de croire que les chansons un peu molles seraient plus « spirituelles »…

Ivri Lider est né d’un père argentin et d’une mère polonaise le 10 février 1974 – ce qui lui fait donc 36 ans aujourd’hui.

Depuis son premier album en 1997, il a enchaîné les hits, parmi lesquels (dans un ordre plus ou moins chronologique, et avec uniquement la transcription pour ne pas alourdir) :

- Melatef OuMeshaker (caresser et mentir) ;
- Tamid Ahava (l’amour toujours) ;
- Yoter Tov Klum Mikim’at (mieux vaut rien plutôt que presque) ;
- ‘Hultzat Passim (chemise rayée) ;
- HaKos HaK’hula (le verre bleu) ;
- Ha’Anashim Ha’Hadashim (les nouveaux gens) ;
- Batei Kafe (les cafés) ;
- Geshem A’haron (dernière pluie) ;
- Ze Lo Oto Davar (c’est pas la même chose) ;
- Nissim ;
etc.

En janvier 2002, Ivri Lider a fait son coming-out dans une interview à Ma’ariv, le grand hebdomaire israelien.

De plus, il a participé aux bandes originales des films d’Eytan Fox, lui aussi homosexuel :

- sur Yossi VeJagger (Yossi & Jagger), un film très peu connu en France sur deux soldats gays, il avait composé Bo (viens), une reprise de la chanteuse Rita ;

- sur Lalekhet ‘Al HaMayim (Tu marcheras sur l’eau), un film « un peu compliqué », il avait composé Cinderella Rockefeller et Mary LaNetza’h (Mary pour toujours) ;

- enfin sur HaBu’ah (The Bubble), un film vaguement autobiographique sur la jeunesse de Tel Aviv, il avait composé The Man I Love.

Parmi toutes ces chansons, certaines sont au minimum sympathiques, mais d’autres sont molles, très molles.

Par conséquent, même quand Ivri Lider parvient à dépeindre une réalité (notamment sur l’homosexualité, voire sur les travailleurs et travailleuses immigréEs), toute conflictualité est évacuée, tout est lisse.

Toutes les contradictions d’Ivri Lider se résument en cette anecdote qui date de l’été 2007 : Lider devait se produire en faveur de l’association israelienne pour les soldats, mais a été annulé 3 jours avant le concert parce qu’il avait refusé de signer une lettre réglementaire disant qu’il aimait Tzahal et respectait ses valeurs.

Bref, d’un côté le refus de se confronter au nationalisme, de l’autre la méfiance légitime envers une armée d’assassins.

Et pareillement : d’un côté l’appartenance à une minorité sexuelle, de l’autre un esprit mainstream pacifié.

Le site d’Ivri Lider, sur lequel on peut écouter l’intégralité de ses albums, est par ici.
Ci-dessous, le beau clip de la belle chanson Ze Lo Oto Davar.

Faux débat sur France 2 entre un antisémite et un sioniste

L’émission « Vous aurez le dernier mot » de Franz-Olivier Giesbert qui est passée vendredi soir sur France 2 est un exemple typique de la nouvelle campagne antisémite.

Le but était d’offrir une tribune exceptionnelle au proto-nazi Marc-Édouard Nabe, une sorte de dandy catholique, pro-islamiste, violemment homophobe et évidemment antisémite (nous y reviendrons une autre fois).

Qu’a-t-on pu voir ce soir là sur France 2 ?

Un pseudo-écrivain tellement révolté qu’il se fait inviter à la télé, qui s’autoproclame « antisioniste viscéral », qui explique que le seul sujet tabou en France serait « le sionisme », que « Frêche sera protégé par son sionisme »… et qui se fait applaudir par le public en brandissant hypocritement les morts de Gaza !

Quant aux autres invités, l’éditorialiste bourgeois Philippe Tesson et l’avocat médiatique Gilbert Collard, ce ne fut qu’une débauche de relativisme par rapport au racisme, et la négation de l’antisémitisme de Frêche.

Ainsi, sur une chaîne de l’État bourgeois et avec la complaisance des relativistes, l’antisémite Nabe a pu tranquillement marteler les points majeurs de la lutte des fascistes pour l’hégémonie culturelle :

1) L’antiracisme serait en fait le masque d’une guerre contre la liberté d’expression.

2) Le vrai anticolonialisme et le vrai antiracisme seraient en fait l’ethno-différentialisme.

3) Les « sionistes » dirigeraient le monde, manipuleraient tout, et seraient à l’origine des crises et des guerres.

Face à cela, Patrick Klugman, ex-président de l’UEJF et conseiller PS de la mairie de Paris, a été invité en quelque sorte pour servir de « sparring partner » à Marc-Édouard Nabe – pour ne pas dire « tête à claques »…

Et tout ce que Klugman a démontré, c’est l’étendue de l’incapacité des sionistes à contrer réellement les antisémites.

Alors que Nabe admettait lui-même ne pas parler d’Israel mais du prétendu tabou autour du « sionisme » en France, Klugman n’a pu que l’aider à se faire applaudir en se bornant dans une défense de l’État d’Israel.

Cette incapacité du sionisme à riposter véritablement à l’antisémitisme ici et maintenant s’est révélée aussi très clairement, ces deux dernières semaines, dans le lamentable soutien apporté par toute la droite sioniste au raciste Georges Frêche.

Juive, Juif, les sionistes nous désarment face aux antisémites !
Avec Hapoel, organise-toi pour le combat sans concession contre l’antisémitisme !

Une seule actualité : vaincre pour vivre !

Le premier pas d’une longue marche…

Voici un peu plus d’un an qu’Hapoel a été fondé, le 27 janvier 2009, c’est-à-dire pour célébrer la libération d’Auschwitz par l’Armée Rouge.

Il est donc temps de regarder rapidement dans le rétroviseur, certainement pas pour faire dans l’auto-satisfaction, mais surtout pour se faire une idée du très long chemin qui reste à parcourir.

Qu’est-ce qu’Hapoel ?

C’est une « proposition stratégique ». Pour être précis, c’est une proposition stratégique aux masses populaires de la minorité nationale juive.

C’est-à-dire qu’Hapoel propose une stratégie, indique une voie, ouvre une perspective pour les masses populaires juives.

Une perspective antifasciste, c’est-à-dire nécessairement une perspective révolutionnaire, la seule qui réfute jusqu’au bout le sionisme, les institutions juives, la religion et la social-démocratie.

Car Hapoel se fonde d’une part sur l’économie politique communiste, qui affirme que la crise capitaliste donne naissance à l’antisémitisme pogromiste et génocidaire – et donc que la révolution est nécessaire !

Et d’autre part sur la compréhension culturelle de la minorité nationale juive, qui affirme que les masses exigent de défendre leur culture et leur vie contre les antisémites – et donc que la révolution est possible !

Voilà pourquoi Hapoel arbore l’ambition et l’optimisme révolutionnaires.

Une ambition plus profonde que « l’Hébreu nouveau » des sionistes, un optimisme plus puissant que la « Rédemption » des religieux.

Et voilà pourquoi Hapoel se considère comme un petit pas dans la marche vers la libération totale.

Une marche qui sera longue, escarpée, sinueuse, mais qui est la seule à la hauteur de l’enjeu de notre époque : révolution ou fascisme, socialisme ou barbarie, Stalingrad ou Auschwitz.

Quand nous disons que cette marche sera une longue marche, cela signifie qu’Hapoel n’est pas un pari, une construction sur le court terme : c’est cela le caractère « prolongé » de la bataille pour la libération.

Au fond, Hapoel est un outil sur le moyen terme, un outil pour servir le peuple, pour servir les masses populaires juives.

Car la vérité, c’est que la jeunesse juive est d’une grande radicalité, et qu’elle exige l’autodéfense et la justice populaire contre les antisémites.

Seulement voilà, il n’existe que deux pôles concurrents qui proposent ces perspectives : l’extrême-droite sioniste, et les révolutionnaires. Et il est clair que le sionisme « radical » est diviseur, trompeur, illusoire.

Hapoel est donc un outil, une proposition stratégique pour faire face aux illusions – en le sionisme, en l’État français, en la soumission apolitique ou religieuse, en le racisme au sein du peuple.

Mais l’explosion du fascisme remettra – tragiquement – les pendules à l’heure.

Et alors la stratégie construite par Hapoel sera « prête à servir » pour les masses populaires juives, qui feront fleurir les initiatives antifascistes et révolutionnaires.

C’est tout cela que nous appelons le caractère prolongé de la bataille pour la libération.

Et par conséquent, la phase actuelle d’Hapoel correspond à ce que le communiste italien Gramsci appelait une « guerre de positions », c’est-à-dire à l’affirmation aux yeux du peuple de ses objectifs, de ses valeurs, de sa culture, de sa stratégie, de son idéologie.

C’est notamment en vue de la « guerre de positions » que, depuis un an, Hapoel a décidé de faire connaître et d’assumer son patrimoine historique.

Un patrimoine qui va de la participation des ouvriers juifs à la révolution russe, jusqu’à la culture contestataire des années 1960 – 1970, en passant évidemment par la Résistance au nazisme.

Car il s’agit de rappeler que les questions qu’Hapoel pose ont déjà été posées par l’avant-garde révolutionnaire à d’autres époques.

Et qu’en ce sens, Hapoel n’est absolument pas un « délire » coupé de la réalité et de l’histoire, mais se rattache à une tradition qui a existé en France.

L’identité d’Hapoel, c’est donc l’identité de celles et ceux qui relèvent le drapeau rouge dans la minorité juive – mais sur une base nouvelle, jeune, moderne !

Car si d’autre part Hapoel n’était pas moderne, comment serions-nous parmi les seuls à comprendre l’enjeu de l’époque ? Comment pourrions-nous prendre part aux batailles politiques d’aujourd’hui ?

Ainsi, il faut avouer que nous avons assez peu abordé les questions idéologiques au cours de cette année – même si Hapoel est clairement rouge – pour nous consacrer surtout à la politique.

Pourquoi cela ?

Parce que l’époque décisive que nous vivons impose une actualité : la politique révolutionnaire au poste de commandement.

Et quelles sont les prises de positions et pratiques politiques de Hapoel au cours de l’année passée ?

Elles se sont forgées dans quelques moments clefs, dans des situations nouvelles où il s’agissait d’être à la hauteur :

- la guerre sioniste à Gaza, avant le lancement d’Hapoel ;
- la candidature Dieudonné – Soral – Gouasmi aux élections européennes ;
- le procès des assassins du fils du peuple Ilan Halimi ;
- la mini-crise autour de la librairie « Résistances » ;
- la complaisance avec les délires antisémites (trafics d’organes, etc.) ;

et d’une manière plus générale :

- les compromissions réactionnaires des institutions juives ;
- les agissements et positions fascistes de l’extrême-droite sioniste ;
- les nombreux « dérapages » racistes de la politique bourgeoise ;
- les « cautions juives » de la gauche « radicale » poreuse à l’antisémitisme ;
- la question de l’écologie et de la libération animale.

Dans tous ces cas, il s’est agi de prises de positions d’ordre politique, c’est-à-dire concrètes, vérifiables, critiquables.

Voilà quelle est la voie pour abattre le vieux monde capitaliste, pour construire le front populaire antifasciste, pour écraser définitivement le fascisme et l’antisémitisme.

C’est pourquoi nous affirmons : pour servir les masses populaires juives, Hapoel est le premier pas d’une longue marche.

Juif ! Juive !
Avec Hapoel, défends ta culture et ta vie !
Participe à la longue marche révolutionnaire !
S’organiser pour vaincre, vaincre pour vivre !

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 17h36, sortie samedi à 18h46.

Simon Casas, un faux humanisme de faux prophète – La Terre D’abord

[Un article absolument édifiant de La Terre D'abord, un site pour « la libération animale et l'écologie radicale ».]

La catastrophe naturelle d’Haïti ne cesse de susciter des actes de générosité plus ou moins sincères envers les sinistréEs. Plus ou moins sincères, car malheureusement, certains en profitent simplement pour en profiter en terme d’image.

Le summum de l’hypocrisie vient de l’organisateur de corridas, ancien matador, et directeur des arènes de Nîmes Simon Casas qui aurait demandé au matador Sébastien Castella, de se produire à Nîmes le 13 mai, afin de reverser les recettes de la corrida aux sinistrés d’Haïti.

Sachons lire entre les lignes et comprenons bien que cet acte se voulant charitable n’est qu’un gros coup de pub, qui se sert honteusement du drame d’Haïti afin de tenter de se donner une belle nouvelle image, mais surtout d’insuffler un nouvel essor à ces pratiques cruelles qui sont à bout de souffle.

En effet, face aux nombreuses interdictions de corridas dans les villes « taurines » (de France et d’Espagne) et aux protestations grandissantes face à cette barbarie, le milieu tauromachique en manque croissant de supporters, tente dorénavant de s’implanter en Chine. Une arène serait construite à Pékin afin de pratiquer 16 spectacles sanglants par an dès fin 2010.

Mais attention : il tente aussi de faire en sorte que la tauromachie devienne une valeur « identitaire » fournissant une base électorale aux notables.

Car Simon Casas est quelqu’un de très ambitieux : sa société dirige les arènes de Nîmes et d’Alicante, en étant associée à la gestion de celles de Malaga et de Mont-de-Marsan.

Arènes de Nîmes dont il a gagné en fait tout récemment la responsabilité pour les 5 prochaines années, en décembre 2009. Et les arrières-pensées politiques sont ouvertes, comme il le montre dans une interview, affirmant clairement l’importance « politique » de la tauromachie dans sa région.

Interview où il dit d’ailleurs dans un grand élan d’apologie de soi : « dans mon domaine, la tauromachie, je suis prophète sur l’ensemble du monde taurin international. »

Car pour Casas la tauromachie est une quête, dont la dimension doit bien être saisie. Casas est en effet un prophète, et évidemment un faux prophète.

Nous avions parlé du livre « Eternel Treblinka » ; eh bien la philosophie de Simon Casas est l’exact contraire.

S’il est fasciné par la tauromachie jusqu’à s’incruster dans l’Espagne franquiste pour pouvoir devenir torero, c’est pour satisfaire sa quête existentielle :

« Triompher de la mort. Celle de mon père. Une méthode pour affirmer mon identité. Celle de ma mère. Venger l’exil de mes ancêtres chassés d’Espagne. »

Lui, dont la mère est juive séfarade (juifs orientaux originaires surtout d’Espagne et exilés de ce pays en 1492), a donc décidé de « braver les interdits » et de prendre sa revanche individuelle.

C’est non seulement n’importe quoi, mais honteux. Son initiative se déroule alors que les antifascistes sont torturés et assassinés par la dictature franquiste, alors que la république espagnole avait aboli la corrida par le décret du 10 juillet 1937, et que justement l’Espagne franquiste avait fêté sa victoire sur la République par la « corrida de la Victoire » le 24 mai 1939…

Faisant de la corrida une composante de son identité culturelle catholique-réactionnaire.

Mais Simon Casas n’est intéressé que par une seule chose : lui-même. La corrida est pour lui un moyen de se transcender.

Rien de plus faux d’imaginer quelqu’un n’ayant pas une théorie profonde de sa propre activité. Simon Casas connaît tous les classiques de la théorie de la transgression ; dans son imaginaire il doit se considérer comme le Sade des temps modernes.

La position de Simon Casas est très élaborée intellectuellement : dans ce genre de pensée on trouve Leiris, Bataille, Lacan, dont se revendique bien entendu Simon Casas. Et évidemment de la « victoire sur le taureau » dans l’antiquité dont nous parlions récemment.

Dans une interview Casas dit ainsi :

« La corrida est un art, la rencontre de l’humain et de l’animal dans une magie que la société ne saurait organiser, un phénomène de transfert, au sens psychanalytique du terme, où je gagne de la bestialité et où la bête gagne de l’humain.

(…)

Si la corrida n’est pas pour vous un art, reconnaissez au moins qu’elle en est un support sublime : Picasso, Goya, grands interprètes de la culture et de l’humanité, s’en sont inspirés. Choisir ce sujet serait-il anecdotique ? Pour moi, lorsque je me retrouve face au taureau dans l’arène – et ici je me fais le porte-parole de tous les toreros -, je ne suis animé que par le souci de beauté. »

C’est là où la pensée de Simon Casas est perverse : il ne s’agit pas de quelqu’un qui nie la problématique posée par la question de « l’Eternel Treblinka ».

C’est quelqu’un qui pense exactement l’inverse.

Avec Simon Casas on est aux antipodes d’une réflexion sur la Shoah (voir ici sa critique par Hapoel) affirmant qu’il faut rejeter toute barbarie. On est dans une sorte d’affirmation mégalomane et absolue de son propre être, de sa toute puissance.

La quête du pouvoir : tel est le but de Simon Casas. Là où quelqu’un comme Isaac Bashevis Singer mettait au centre la compassion, Casas place le pouvoir. Là où l’un dit : tout le monde doit vivre, lui dit : je veux survivre et l’éprouver, par la mort (d’un autre) ou au moins la démonstration du pouvoir.

Casas peut ainsi se poser en humaniste : à propos d’une « poule paralytique et grabataire », il a affirmé ne pas vouloir « l’achever » :

« Je ne supporte pas la mort. Même pas celle du taureau, sauf si c’est un grand combattant, lorsqu’il a manifesté sa capacité à rêver sa vie. »

« Rêver sa vie » : dans son imaginaire, Casas accorde de la dignité à l’humain mais aussi à l’animal que l’humain élève en « dignité ». Un délire que Casas pousse jusqu’au bout ; il dit ainsi, très certainement de manière sincère :

« Si j’avais la conviction que le taureau souffre, je n’irais pas à la corrida. Certes, il meurt, mais son destin est des plus enviables. Il vit quatre ans alors que ses congénères disparaissent à deux ans, par paquets, dans les abattoirs. Le taureau de combat, lui, est reconnu. On sait quelle est sa lignée. Il est élevé dans les meilleurs pâturages, dans un environnement intact du point de vue écologique. Et puis il surgit un jour dans l’arène… »

Simon Casas se croit un vrai humaniste, il croit vraiment que la corrida est une transgression, une manière d’affirmer (dans le sang) son individualité humaine.

Tout cela est de la folie, l’expression d’une course en avant, ou plutôt d’une fuite.

Simon Casas a cru fuir la destruction en se créant un personnage, lui qui s’appelle en réalité Bernard Combs, né d’une mère séfarade et d’un père juif polonais.

Il a cru se recréer éternellement par la corrida.

Mais tout cela est fictif, idéaliste, vain, absurde. Tout comme son délire de prendre la nationalité espagnole, en raison de la présence de Le Pen au second tour de la présidentielle, en raison de ce « coup de corne à la République ».

C’est lui qui parle de la République, lui dont la culture de la corrida est celle de l’Espagne franquiste, dans le sang de la démocratie.

Quelle ironie qu’il soit d’ailleurs exactement de la génération de Pierre Goldman, autre juif polonais né en France (et demi-frère de Jean-Jacques), mais qui lui avait choisi l’engagement révolutionnaire des années 1970. Quelle différence de morale.

Quelle tristesse de le voir répandre son faux humanisme, mais vraie barbarie, alors qu’il aurait dû construire son identité dans la libération totale, en faisant face à l’éternel Treblinka que vivent les animaux !

Une dernière fois sur Frêche et Le Pen

L’antisémitisme est l’expression d’une vision du monde, d’une culture.

C’est-à-dire qu’il ne s’agit pas d’un « choix », car les racistes ne peuvent pas réfléchir, ne peuvent pas « décider » d’être tantôt antisémites, anti-arabes, anti-rroms, anti-noirs, anti-chinois, anti-américains, etc.

La raison de cela est plus profonde que simplement de la nullité : l’oppression raciste est un produit de l’exploitation capitaliste, et le capitalisme est le règne de la concurrence et de l’anarchie. Par conséquent, les capitalistes ne peuvent pas « calculer », et décider que tel ou tel racisme sert davantage leurs intérêts.

Cela, c’est la thèse du racisme comme recherche consciente d’un « bouc-émissaire » (quelle que soit sa variante, même celles à la mode s’imaginant très radicales). En fait, c’est une thèse idéaliste qui n’explique pas grand’chose.

Mais pour les révolutionnaires, quand Georges Frêche déclare qu’il ne voterait pas pour Fabius car il a « une tronche pas catholique », il parle conformément à sa vision du monde, conformément à sa nature de classe.

De même quand Jean-Marie Le Pen explique que le prénom du petit-fils de Sarkozy « ne relève pas d’une franche assimilation de sa famille à la société française » (et que « Mohammed est le prénom le plus donné aux nouveaux-nés à Marseille »), il est aussi dans toute une vision du monde, une vision raciste du monde.

Autrement dit, les « dérapages » racistes n’existent pas : ce sont des expressions d’une culture et d’une idéologie.

Prenons par exemple le cas de Georges Frêche.

Georges Frêche est un politicien ultra-populiste de la petite-bourgeoisie du Languedoc, et dont le racisme de beauf n’est plus à prouver. Il a donc beau être aussi pro-sioniste qu’il veut, il n’échappe pas aux préjugés antisémites de sa classe sociale.

Et pourtant, les institutionnels juifs et les sionistes trouvent le moyen de défendre Frêche par rapport à son insinuation contre Fabius la « tronche pas catholique »…

Même quand les arrières-pensées antisémites sont aussi transparentes !

Même quand Frêche s’enfonce dans sa lettre « d’explication » à Fabius, en affirmant qu’il n’y avait « pas de connotation religieuse » dans sa phrase, alors qu’historiquement, « pas catholique » signifie justement juif ou protestant.

Même quand, dans sa vision du monde, la minorité juive de France est nécessairement liée à l’État israelien : « Tu connais depuis longtemps mon amitié pour Israël. L’action que j’ai conduite en faveur de la communauté juive en porte le témoignage. »

Ainsi, le Crif déclare dans un communiqué que « Le passé de monsieur Frèche témoigne de son rejet de l’antisémitisme ». Quant au président du Crif Languedoc-Roussillon, c’est limite si sa défense de Frêche ne relève pas de la foi religieuse : « Mais je sais qu’il n’est pas antisémite, je le sais. ».

Apparemment, les dirigeants du Crif ne savent pas ce qu’est l’antisémitisme quotidien, puisqu’il faut bien dire que l’insinuation de « tronche pas catholique » est d’une beauferie tellement banale que n’importe quel personne juive y a été confrontée un jour…

Mais ce n’est pas nouveau : le Crif c’est des bourgeois institutionnels au service de l’État français, et qui sont donc prêts à nier une réalité flagrante tant que leurs intérêts sont défendus – quitte à pactiser avec des antisémites.

Par contre, ce qui est plus « étonnant », c’est que la LD"J" se met aussi à défendre Frêche ! Et cela toujours au nom de son « amitié » avec l’État sioniste.

Espérons que la sortie de Le Pen sur le prénom de Solal Sarkozy rappellera à certains ce que pensent leurs chers « patriotes français » de la minorité nationale juive : qu’au fond, elle ne sera jamais réellement française.

Quand on voit les « dérapages » de Le Pen et surtout de Frêche (qui a toujours été pro-sioniste), ce n’est pas difficile de comprendre que ces prochains mois, nous allons connaître un intense développement du racisme et de l’antisémitisme : les racistes « se lâchent ».

Et alors il ne s’agira pas de nier la réalité comme le font les sionistes, mais bien d’organiser les masses populaires juives dans le front antifasciste.

Aux martyrs de Stalingrad

Nazis ! Vous avez payé cher… mais vous n’avez pas tout payé !!!

Le 2 février 1943, le secteur nord des troupes nazies de Stalingrad capitule. La bataille de Stalingrad, qui aura fait 500 000 morts parmi l’Armée Rouge, les francs-tireurs et la population civile, reste dans nos mémoires comme le tombeau du nazisme, et ceci grâce à la mobilisation antifasciste de tout le peuple soviétique.

La guerre à mort contre le nazisme s’est ainsi faite sous la direction de Staline, dans la « ville de Staline ». Stalingrad fait partie de notre héritage, de notre fierté, et appartient aux peuples du monde entier.

Stalingrad : voici le nom de l’antifascisme total.

S’unir aux vrais amis, combattre les vrais ennemis

Comprendre les tensions grandissantes – PCMLM

[Document du Parti Communiste Marxiste-Léniniste-Maoïste.]

Selon l’antisémitisme, les personnes d’origine juive étant étrangères au « pays réel », il y a lieu de les dénoncer.

C’est un thème classique du nationalisme français. Les personnes juives sont ici considérées comme des fantômes, comme des êtres virtuels, abstraits et il est donc possible dans l’imaginaire antisémite de pratiquer la délation, et ce sans aucune gêne.

Il y a ici une caractéristique culturelle national-bourgeoise française très prononcée.

C’est exactement pourquoi Georges Frêche a pu parler comme il l’a fait de Fabius, mais aussi pourquoi Le Pen a pu rajouter de l’huile sur le feu antisémite avec ses propos sur le petit-fils de Sarkozy.

Lors d’un meeting à Toulon, Le Pen a ainsi expliqué :

« Savez-vous que le prénom du petit-fils de Sarkozy est Solal, ce qui ne relève pas d’une franche assimilation de sa famille à la société française et que Mohammed est le prénom le plus donné aux nouveaux-nés à Marseille ? »

Les propos de Le Pen sont extrêmement subtiles : il y a ici et l’antisémitisme et le racisme, soigneusement distingués.

Les personnes juives sont présentées comme étant déjà là mais étant tout de même « étrangères » et les personnes arabes sont montrées comme étant des envahisseurs.

Et là où cela est très subtil, c’est que toute la place possible est laissée à l’ethno-différentialisme, à la division par « ethnies ». L’impérialisme français cherche une voie pour combiner racisme et culte de l’empire.

Tout cela est très intelligent et il convient ici de rappeler une chose : Le Pen ne profite pas que de Georges Frêche.

Il profite également d’une chose dont nous avions parlé au milieu de l’année 2008, dans l’article « Ni Charlie Hebdo ni Siné ! » : les propos de Siné au sujet justement du fils de Sarkozy, qui est le père de Solal.

Siné, dans une grande envolée lyrique, expliquait, entre autres choses, à propos de Jean Sarkozy que celui-ci « vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! »

À l’époque nous avions critiqué bien entendu Siné, et avions (bien entendu) été très isolés. Nous avions pourtant raison : tout cela correspondait à une tendance générale ; l’antisémitisme est en pleine expansion.

Et plus il est en expansion, moins on en parle : le communiqué du NPA au sujet des mots de Frêche ne contient ni le mot « juif », ni le mot « antisémitisme ». Tout comme le communiqué du P"C"F. Les deux se concluent par contre évidemment par un appel électoral.

Il faut également noter que les propos de Le Pen sont même encore plus subtils, car le prénom de Solal fait référence à un roman d’Albert Cohen, auteur Juif suisse francophone ; il s’agit d’une attaque en règle contre l’idée d’un « judaïsme à la française », d’une identité à la fois juive et française.

Telle est la vision de Le Pen, et de la bourgeoisie impérialiste : l’intégration pour faire avancer la France dans une démarche d’empire.

Voilà l’identité politique de la bourgeoisie impérialiste française.

Et Sarkozy, le représentant de la bourgeoisie traditionnelle, industrielle et baignant dans la fascination pour les USA, est le symbole de la fraction bourgeoise concurrente, du conservatisme républicain bon teint.

Comme on le voit, il faut savoir bien décoder les éléments de la bataille institutionnelle. La subtilité : voilà une « qualité » dont profite de plus en plus l’extrême-droite. Celle-ci travaille, de manière acharnée, avec de gros moyens car derrière la bourgeoisie impérialiste appuie de plus en plus ce courant politique.

Avec un seul but : l’offensive anti-Sarkozy, l’offensive contre la bourgeoisie industrielle, contre la bourgeoisie traditionnelle.

Cette concurrence au sein de la bourgeoisie française, notre ennemi, est ce qui fait l’actualité institutionnelle.

C’est également en ce sens qu’il faut comprendre les propos du maire UMP de Franconville (Val d’Oise), Francis Delattre, dans un meeting de l’UMP, en présence de Valérie Pécresse, Patrick Devedjian, Xavier Bertrand, Rama Yade.

« C’est assez surprenant la liste socialiste du département. Elle est conduite par Monsieur Soumaré. Dans un premier temps, j’ai cru que c’était un joueur de l’équipe réserve du PSG. Mais non, il est troisième premier secrétaire de la section de Villiers-le-Bel, ça change tout. »

Tout comme le fait qu’à la une du site internet de l’UMP, on a pu également voir une image montrant des jeunes originaires d’Afrique noire avec inscrit en titre : « Délinquance des mineurs : en finir avec l’angélisme. »

Avec la crise générale du capitalisme, la bourgeoisie se crispe en général. Et dans la nouvelle donne, la bourgeoisie traditionnelle est de plus en plus dépassée par l’évolution du capitalisme, marquée par le renforcement toujours plus grand des monopoles ainsi que la prédominance du capital financier.

Cette évolution confirme les enseignements de Lénine sur l’impérialisme, sur le passage inéluctable, de plus en plus marqué, du capitalisme à l’impérialisme. Les fusions-acquisitions que l’on peut constater chaque jour au niveau international le prouvent aisément. Nous sommes à la fin d’un cycle d’accumulation commencé en 1945, une situation nouvelle se profile.

Voilà donc pourquoi la bourgeoisie traditionnelle avait fait appel à Sarkozy, comme homme de main. C’est ce qui explique la nature de Sarkozy, son opportunisme : Sarkozy n’est qu’un homme de main.

Il est un homme qui est là pour servir et pour se servir, cela fait partie du deal.

Et face à cela, la bourgeoisie impérialiste, la fraction la plus agressive, part à l’assaut.

C’est ainsi qu’il faut comprendre la mise en avant de Villepin (chose que nous avions largement expliquée dès le départ), et la multiplication énorme des groupes d’extrême-droite, que seul le PCMLM a pu annoncer, alors que tous les « observateurs » s’imaginaient l’extrême-droite moribonde avec le Front National en déconfiture.

Le plus terrible étant peut-être ici la formidable dénégation de l’extrême-gauche, qui continue de s’imaginer que les fascistes ne seraient « pas si nombreux que cela ».

S’imaginent-ils vraiment qu’internet est un monde virtuel, qui ne refléterait pas la réalité, même si de manière déformée ? La lecture du document (ici au format PDF) du MRAP quant à la présence de l’extrême-droite sur le net est édifiante, et très révélatrice de ce qui se passe dans la société française.

Le fait est que la situation se tend de plus en plus, dans une atmosphère sociale hautement pourrie, et ce juste avant des élections marquées tant par la démagogie ultra-conservatrice du gouvernement et de Sarkozy, que par l’intense activité de l’extrême-droite.

Savoir faire face à l’antisémitisme – PCMLM

[Document du Parti Communiste Marxiste-Léniniste-Maoïste.]

Selon l’antisémitisme, la personne juive a plusieurs caractéristiques : la perfidie, le sens de l’abstraction, un caractère insaisissable, une dimension universelle, une volonté de mobilité.

Ce sont précisément ces aspects que vise Georges Frêche avec sa phrase visant Laurent Fabius : « Si j’étais en Haute-Normandie, je ne sais pas si voterais Fabius. Je m’interrogerais. Ce mec me pose problème. Il a une tronche ! Pas catholique. »

Georges Frêche a d’ailleurs expliqué de manière ridicule que l’expression « pas catholique » n’a rien à voir avec le « sémitisme » (sic).

S’il avait réfléchi, il aurait compris que justement qu’en se justifiant ainsi, il se montrait encore plus antisémite : il est évident que justement, dans l’histoire la personne juive est justement « celui–qui–n’est–pas–catholique ».

D’où le sens de l’expression « pas catholique » c’est-à-dire menteur, faux, fuyant, perfide. Ce sont justement les caractéristiques que l’antisémitisme donne aux personnes juives.

Quel est le sens culturel de cette accusation ? Quelle est sa signification ?

En fait, l’aspect « perfide » et fuyant trouve sa source dans ce qu’est la monnaie. Pour des raisons historiques (l’antisémitisme médiéval), les personnes juives sont ici assimilées à l’argent et à sa « domination », d’où le fait que l’antisémitisme attribue aux personnes juives les mêmes caractéristiques que l’argent (mobile, insaisissable, abstrait, universel).

L’argent est en effet quelque chose qui s’échange très rapidement, facilement, partout, mais qu’on ne peut pas vraiment saisir, retenir, etc.

L’antisémitisme est donc une sorte « d’appel » à ce qui serait un « pays réel » qui devrait se « soulever » contre la domination des « êtres abstraits ».

(Si l’on regarde le film Avatar, on retrouve la même logique : une communauté nationale assiégée par les forces de l’argent qui sont :

1. abstraites : soldats ultra disciplinés, se ressemblant tous et sans personnalité aucune, allant jusqu’à la schizophrénie de l’avatar ;

2. ultra-technologiques justement pour donner l’impression d’une nature mobile, insaisissable, abstraite, universelle ; les forces de l’argent étant finalement battus par le « pays réel » se soulevant.)

Car il faut bien saisir que l’antisémitisme est une composante essentielle de la dynamique anticapitaliste idéaliste, de type fasciste ; le fascisme veut changer la rébellion contre l’exploitation en combat contre « la domination de l’argent ».

Au lieu de comprendre la nature de la marchandise, dont la nature se fonde sur l’exploitation, le fascisme veut lutter contre l’argent, qui serait un élément « étranger » au corps national.

C’est le principe de l’antisémitisme comme socialisme des imbéciles.

Le problème étant qu’à notre époque, il y a nombre important de gens « anticapitalistes », c’est-à-dire d’idéalistes, rejetant toute la science communiste.

Ces gens diffusent les théories de Proudhon, les théories qui défendent le travail en général (y compris les artisans, commerçants, petits capitalistes etc.) face, non pas à la bourgeoisie, mais au patron, à l’argent.

Inévitablement, dans cet idéalisme, l’antisémitisme surgit.

Voilà pourquoi le PCMLM lève le drapeau de la science.

Voilà pourquoi le PCMLM refuse catégoriquement tout compromis avec les idéologies comme celles de Kadhafi, Khomeini, Peron, Chavez, Morales, Castro, Kemal, Tito, Nasser etc.

Il n’y a qu’un seul drapeau : le drapeau rouge, le drapeau communiste ; les enseignements de Lénine et Mao Zedong sont clairs : la classe ouvrière doit tout diriger avec son parti.

Voilà pourquoi aussi le PCMLM est attaqué à de nombreuses reprises comme « pro-impérialiste » et « sioniste ».

Le PCMLM a toujours eu une position très claire sur la Palestine et toujours totalement rejeté le sionisme, mais le fait de ne pas « soutenir » les forces islamistes et leur « anticapitalisme » est insupportable pour les fascistes et assimilés (notamment une partie significative du courant trotskyste).

De même, le fait de rejeter principalement l’impérialisme français est vu par les fascistes comme un crime et une soumission à l’impérialisme US.

Ces aléas sont inévitables car le PCMLM s’affirme comme le Parti de la science, comme le centre où s’étudient et s’utilisent les travaux de Marx, Engels, Lénine, Staline, Mao Zedong.

Seul le Parti de la science peut comprendre le monde, élaborer la stratégie révolutionnaire et diriger la révolution socialiste, qui seule pourra vaincre les fondements sociaux de l’antisémitisme.

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 17h25, sortie samedi à 18h35.

Tou BiShvat – ט״ו בשבט

Ce soir et demain, nous fêtons Tou BiShvat, la fête la plus « écologiste » de l’année religieuse juive !

Et pour cause : le 15 du mois de Shvat marque le « Rosh HaShanah LaIlanot », c’est-à-dire la nouvelle année pour les arbres, où l’on consomme leurs fruits suite au « jugement » des arbres par D.ieu à Shavuot.

En raison de cela, la tradition à Tou BiShvat est de consommer des fruits secs, dont des amandes, dattes, abricots secs, figues séchées, raisins secs, etc.

Historiquement, la date du Rosh HaShanah LaIlanot a donné lieu à une controverse rabbinique dans les premiers siècles de l’ère chrétienne.

D’une part l’école de Shammai tenait pour le 1er du mois de Shvat, d’autre part l’école de Hillel tenait pour le 15 du mois de Shvat.

Et de fait, le 15 du mois de Shvat correspond à peu près aux premières floraisons d’arbres en terre de Palestine, particulièrement les magnifiques fleurs d’amandiers blanches et roses.

L’école de Hillel l’a donc emporté (sans doute pour des raisons plus complexes…), et depuis on parle de Tou BiShvat.

En effet, dans l’arithmétique hébraïque, Tou = ט״ו = 9+6 = 15. Mais alors pourquoi ne pas écrire 15 = 10+5 ? Parce qu’en hébreu, cela donnerait י״ה, l’abréviation du nom de D.ieu !

En revanche, on ne sait pas bien si Tou BiShvat a été réellement célébré (c’est-à-dire avec une pratique spécifique) depuis son institution, qui remonte à l’établissement de la Mishnah.

Il se peut en réalité que la pratique de Tou BiShvat soit plus récente, et remonte au 16ème siècle, à l’époque du grand kabbaliste Itz’hak Luria (de Tzfat en Palestine).

Cette école kabbaliste aurait repris et développé la pratique ashkénaze de manger à cette occasion des fruits secs, en attribuant une importance particulière au symbole de l’arbre.

Car comment ne pas voir le lien avec le concept mystique d’Arbre de la Vie, « ‘Etz ‘Haim », qui apparaît dans la Genèse et a été justement synthétisé par Itz’hak Luria ?

À cela s’ajoute le parallèle entre l’être humain et les arbres, parallèle qui revient plusieurs fois dans le Tanakh, d’après les principes « l’arbre du champ est l’homme lui-même » (Dvarim dans la Torah) ou bien « l’homme sera tel un arbre planté au bord de l’eau » (Yirmyahou HaNavi).

Ainsi, Tou BiShvat est au fond une fête agricole, qui ne célèbre ni un deuil, ni un événement particulier – et pourrait presque ressembler à une fête païenne !

C’est aussi une fête qui, de manière populaire, célèbre la beauté du cycle de la nature et les signes précurseurs du printemps.

C’est enfin une fête issue du lien matériel de dépendance entre l’humanité et la nature, et que l’on peut aujourd’hui comprendre de manière matérialiste grâce au concept scientifique de Biosphère.

À titre anecdotique, on retrouve sur le site américain ShalomVeg.com un article sur Tou BiShvat et le végétarisme.

La profanation à Strasbourg, et son sens fantasmé

Le 27 janvier est un jour symbole, un jour symbole de la libération.

Mais sans comprendre la portée historique de la libération d’Auschwitz par l’Armée Rouge, on passe à côté de la radicalité du 27 janvier.

Car pour les oppriméEs, pour touTEs les oppriméEs, le 27 janvier 1945 doit être compris comme un jalon dans la guerre à la barbarie – pour la libération totale.

Mais vidé de son sens radical, ce jour devient non seulement « inoffensif », mais de plus la bourgeoisie veut le façonner à son image : faux, hypocrite, grandiloquent, formel, insignifiant.

Les fascistes ont alors beau jeu de se présenter comme « rebelles » contre un symbole phagocyté par la bourgeoisie, eux qui s’imaginent « révoltés », « enthousiastes », « offensifs » – alors qu’ils ne portent que la décadence et la barbarie…

Quand on saisit ainsi que l’antisémitisme des néonazis est fantasmé par eux-mêmes comme une « révolte », la profanation qu’a connue le cimetière de Strasbourg devient « logique ».

Rappelons rapidement les faits.

Hier à 11h30, une cérémonie se tenait au cimetière de Strasbourg-Cronenberg, pour célébrer le 65ème anniversaire de la libération d’Auschwitz-Birkenau.

Vers 12h, on découvre à l’occasion d’un enterrement que le carré juif du cimetière a été profané, sans doute pendant la nuit.

Au total, ce sont près de 30 tombes juives qui sont touchées, parmi lesquelles une vingtaine taguées de croix gammées brunes (sic), et une dizaine de stèles renversées et fracassées. Une tombe a également été souillée d’un « Juden raus »…

Il n’y a pas de mot pour exprimer notre colère et notre rage devant cette profanation – exprès pour le 27 janvier, alors que des personnes rescapées d’Auschwitz reposaient dans ce cimetière…

Il ne s’agit pas seulement d’une insulte à la mémoire des individus enterrés dans le carré juif de ce cimetière, d’une insulte à leur famille.

Il s’agit de plus d’une attaque revendiquée – ou plutôt fantasmée – contre la mémoire du million de personnes assassinées à Auschwitz, mémoire qui pour beaucoup est leur dernière identité, plus puissante que celle tatouée sur le bras gauche.

Alors que faire face à l’explosion du fascisme et du racisme, à part écouter les habituelles « condamnations » semi-hypocrites ?

C’est malheureux, mais tant que les minorités nationales juive et rom ne se réapproprieront pas le 27 janvier, tant que le camp progressiste ne célébrera pas l’Armée Rouge de Staline, ce type d’insulte à la mémoire ne rencontrera aucune résistance radicale – et de fait aucune résistance crédible.

Rendons au 27 janvier sa portée radicale et positive, pour que les fascistes s’y cassent les dents !

Arborons et défendons le 27 janvier comme un des drapeaux de la marche vers la libération !

Le 27 janvier, symbole d’un espoir…

Enfants de Birkenau montrant leur tatouage aux libérateurs soviétiques, il y a 65 ans.