HaPoel HaAntifashisti * הפועל האנטי פאשיסטי

HaPoel HaAntifashisti est un blog fait par des antifascistes appartenant à la minorité nationale juive en France. À l’heure où chaque personne juive peut voir d’un côté l’impasse meurtrière qu’est le sionisme, et de l’autre comment en France l’antisémitisme explose parallèlement à la crise capitaliste, HaPoel HaAntifashisti était une nécessité, une question de survie à moyen terme. Lire la suite.

Une seule actualité : vaincre pour vivre !

Le premier pas d’une longue marche…

Voici un peu plus d’un an qu’Hapoel a été fondé, le 27 janvier 2009, c’est-à-dire pour célébrer la libération d’Auschwitz par l’Armée Rouge.

Il est donc temps de regarder rapidement dans le rétroviseur, certainement pas pour faire dans l’auto-satisfaction, mais surtout pour se faire une idée du très long chemin qui reste à parcourir.

Qu’est-ce qu’Hapoel ?

C’est une « proposition stratégique ». Pour être précis, c’est une proposition stratégique aux masses populaires de la minorité nationale juive.

C’est-à-dire qu’Hapoel propose une stratégie, indique une voie, ouvre une perspective pour les masses populaires juives.

Une perspective antifasciste, c’est-à-dire nécessairement une perspective révolutionnaire, la seule qui réfute jusqu’au bout le sionisme, les institutions juives, la religion et la social-démocratie.

Car Hapoel se fonde d’une part sur l’économie politique communiste, qui affirme que la crise capitaliste donne naissance à l’antisémitisme pogromiste et génocidaire – et donc que la révolution est nécessaire !

Et d’autre part sur la compréhension culturelle de la minorité nationale juive, qui affirme que les masses exigent de défendre leur culture et leur vie contre les antisémites – et donc que la révolution est possible !

Voilà pourquoi Hapoel arbore l’ambition et l’optimisme révolutionnaires.

Une ambition plus profonde que « l’Hébreu nouveau » des sionistes, un optimisme plus puissant que la « Rédemption » des religieux.

Et voilà pourquoi Hapoel se considère comme un petit pas dans la marche vers la libération totale.

Une marche qui sera longue, escarpée, sinueuse, mais qui est la seule à la hauteur de l’enjeu de notre époque : révolution ou fascisme, socialisme ou barbarie, Stalingrad ou Auschwitz.

Quand nous disons que cette marche sera une longue marche, cela signifie qu’Hapoel n’est pas un pari, une construction sur le court terme : c’est cela le caractère « prolongé » de la bataille pour la libération.

Au fond, Hapoel est un outil sur le moyen terme, un outil pour servir le peuple, pour servir les masses populaires juives.

Car la vérité, c’est que la jeunesse juive est d’une grande radicalité, et qu’elle exige l’autodéfense et la justice populaire contre les antisémites.

Seulement voilà, il n’existe que deux pôles concurrents qui proposent ces perspectives : l’extrême-droite sioniste, et les révolutionnaires. Et il est clair que le sionisme « radical » est diviseur, trompeur, illusoire.

Hapoel est donc un outil, une proposition stratégique pour faire face aux illusions – en le sionisme, en l’État français, en la soumission apolitique ou religieuse, en le racisme au sein du peuple.

Mais l’explosion du fascisme remettra – tragiquement – les pendules à l’heure.

Et alors la stratégie construite par Hapoel sera « prête à servir » pour les masses populaires juives, qui feront fleurir les initiatives antifascistes et révolutionnaires.

C’est tout cela que nous appelons le caractère prolongé de la bataille pour la libération.

Et par conséquent, la phase actuelle d’Hapoel correspond à ce que le communiste italien Gramsci appelait une « guerre de positions », c’est-à-dire à l’affirmation aux yeux du peuple de ses objectifs, de ses valeurs, de sa culture, de sa stratégie, de son idéologie.

C’est notamment en vue de la « guerre de positions » que, depuis un an, Hapoel a décidé de faire connaître et d’assumer son patrimoine historique.

Un patrimoine qui va de la participation des ouvriers juifs à la révolution russe, jusqu’à la culture contestataire des années 1960 – 1970, en passant évidemment par la Résistance au nazisme.

Car il s’agit de rappeler que les questions qu’Hapoel pose ont déjà été posées par l’avant-garde révolutionnaire à d’autres époques.

Et qu’en ce sens, Hapoel n’est absolument pas un « délire » coupé de la réalité et de l’histoire, mais se rattache à une tradition qui a existé en France.

L’identité d’Hapoel, c’est donc l’identité de celles et ceux qui relèvent le drapeau rouge dans la minorité juive – mais sur une base nouvelle, jeune, moderne !

Car si d’autre part Hapoel n’était pas moderne, comment serions-nous parmi les seuls à comprendre l’enjeu de l’époque ? Comment pourrions-nous prendre part aux batailles politiques d’aujourd’hui ?

Ainsi, il faut avouer que nous avons assez peu abordé les questions idéologiques au cours de cette année – même si Hapoel est clairement rouge – pour nous consacrer surtout à la politique.

Pourquoi cela ?

Parce que l’époque décisive que nous vivons impose une actualité : la politique révolutionnaire au poste de commandement.

Et quelles sont les prises de positions et pratiques politiques de Hapoel au cours de l’année passée ?

Elles se sont forgées dans quelques moments clefs, dans des situations nouvelles où il s’agissait d’être à la hauteur :

- la guerre sioniste à Gaza, avant le lancement d’Hapoel ;
- la candidature Dieudonné – Soral – Gouasmi aux élections européennes ;
- le procès des assassins du fils du peuple Ilan Halimi ;
- la mini-crise autour de la librairie « Résistances » ;
- la complaisance avec les délires antisémites (trafics d’organes, etc.) ;

et d’une manière plus générale :

- les compromissions réactionnaires des institutions juives ;
- les agissements et positions fascistes de l’extrême-droite sioniste ;
- les nombreux « dérapages » racistes de la politique bourgeoise ;
- les « cautions juives » de la gauche « radicale » poreuse à l’antisémitisme ;
- la question de l’écologie et de la libération animale.

Dans tous ces cas, il s’est agi de prises de positions d’ordre politique, c’est-à-dire concrètes, vérifiables, critiquables.

Voilà quelle est la voie pour abattre le vieux monde capitaliste, pour construire le front populaire antifasciste, pour écraser définitivement le fascisme et l’antisémitisme.

C’est pourquoi nous affirmons : pour servir les masses populaires juives, Hapoel est le premier pas d’une longue marche.

Juif ! Juive !
Avec Hapoel, défends ta culture et ta vie !
Participe à la longue marche révolutionnaire !
S’organiser pour vaincre, vaincre pour vivre !

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 17h36, sortie samedi à 18h46.

Simon Casas, un faux humanisme de faux prophète – La Terre D’abord

[Un article absolument édifiant de La Terre D'abord, un site pour « la libération animale et l'écologie radicale ».]

La catastrophe naturelle d’Haïti ne cesse de susciter des actes de générosité plus ou moins sincères envers les sinistréEs. Plus ou moins sincères, car malheureusement, certains en profitent simplement pour en profiter en terme d’image.

Le summum de l’hypocrisie vient de l’organisateur de corridas, ancien matador, et directeur des arènes de Nîmes Simon Casas qui aurait demandé au matador Sébastien Castella, de se produire à Nîmes le 13 mai, afin de reverser les recettes de la corrida aux sinistrés d’Haïti.

Sachons lire entre les lignes et comprenons bien que cet acte se voulant charitable n’est qu’un gros coup de pub, qui se sert honteusement du drame d’Haïti afin de tenter de se donner une belle nouvelle image, mais surtout d’insuffler un nouvel essor à ces pratiques cruelles qui sont à bout de souffle.

En effet, face aux nombreuses interdictions de corridas dans les villes « taurines » (de France et d’Espagne) et aux protestations grandissantes face à cette barbarie, le milieu tauromachique en manque croissant de supporters, tente dorénavant de s’implanter en Chine. Une arène serait construite à Pékin afin de pratiquer 16 spectacles sanglants par an dès fin 2010.

Mais attention : il tente aussi de faire en sorte que la tauromachie devienne une valeur « identitaire » fournissant une base électorale aux notables.

Car Simon Casas est quelqu’un de très ambitieux : sa société dirige les arènes de Nîmes et d’Alicante, en étant associée à la gestion de celles de Malaga et de Mont-de-Marsan.

Arènes de Nîmes dont il a gagné en fait tout récemment la responsabilité pour les 5 prochaines années, en décembre 2009. Et les arrières-pensées politiques sont ouvertes, comme il le montre dans une interview, affirmant clairement l’importance « politique » de la tauromachie dans sa région.

Interview où il dit d’ailleurs dans un grand élan d’apologie de soi : « dans mon domaine, la tauromachie, je suis prophète sur l’ensemble du monde taurin international. »

Car pour Casas la tauromachie est une quête, dont la dimension doit bien être saisie. Casas est en effet un prophète, et évidemment un faux prophète.

Nous avions parlé du livre « Eternel Treblinka » ; eh bien la philosophie de Simon Casas est l’exact contraire.

S’il est fasciné par la tauromachie jusqu’à s’incruster dans l’Espagne franquiste pour pouvoir devenir torero, c’est pour satisfaire sa quête existentielle :

« Triompher de la mort. Celle de mon père. Une méthode pour affirmer mon identité. Celle de ma mère. Venger l’exil de mes ancêtres chassés d’Espagne. »

Lui, dont la mère est juive séfarade (juifs orientaux originaires surtout d’Espagne et exilés de ce pays en 1492), a donc décidé de « braver les interdits » et de prendre sa revanche individuelle.

C’est non seulement n’importe quoi, mais honteux. Son initiative se déroule alors que les antifascistes sont torturés et assassinés par la dictature franquiste, alors que la république espagnole avait aboli la corrida par le décret du 10 juillet 1937, et que justement l’Espagne franquiste avait fêté sa victoire sur la République par la « corrida de la Victoire » le 24 mai 1939…

Faisant de la corrida une composante de son identité culturelle catholique-réactionnaire.

Mais Simon Casas n’est intéressé que par une seule chose : lui-même. La corrida est pour lui un moyen de se transcender.

Rien de plus faux d’imaginer quelqu’un n’ayant pas une théorie profonde de sa propre activité. Simon Casas connaît tous les classiques de la théorie de la transgression ; dans son imaginaire il doit se considérer comme le Sade des temps modernes.

La position de Simon Casas est très élaborée intellectuellement : dans ce genre de pensée on trouve Leiris, Bataille, Lacan, dont se revendique bien entendu Simon Casas. Et évidemment de la « victoire sur le taureau » dans l’antiquité dont nous parlions récemment.

Dans une interview Casas dit ainsi :

« La corrida est un art, la rencontre de l’humain et de l’animal dans une magie que la société ne saurait organiser, un phénomène de transfert, au sens psychanalytique du terme, où je gagne de la bestialité et où la bête gagne de l’humain.

(…)

Si la corrida n’est pas pour vous un art, reconnaissez au moins qu’elle en est un support sublime : Picasso, Goya, grands interprètes de la culture et de l’humanité, s’en sont inspirés. Choisir ce sujet serait-il anecdotique ? Pour moi, lorsque je me retrouve face au taureau dans l’arène – et ici je me fais le porte-parole de tous les toreros -, je ne suis animé que par le souci de beauté. »

C’est là où la pensée de Simon Casas est perverse : il ne s’agit pas de quelqu’un qui nie la problématique posée par la question de « l’Eternel Treblinka ».

C’est quelqu’un qui pense exactement l’inverse.

Avec Simon Casas on est aux antipodes d’une réflexion sur la Shoah (voir ici sa critique par Hapoel) affirmant qu’il faut rejeter toute barbarie. On est dans une sorte d’affirmation mégalomane et absolue de son propre être, de sa toute puissance.

La quête du pouvoir : tel est le but de Simon Casas. Là où quelqu’un comme Isaac Bashevis Singer mettait au centre la compassion, Casas place le pouvoir. Là où l’un dit : tout le monde doit vivre, lui dit : je veux survivre et l’éprouver, par la mort (d’un autre) ou au moins la démonstration du pouvoir.

Casas peut ainsi se poser en humaniste : à propos d’une « poule paralytique et grabataire », il a affirmé ne pas vouloir « l’achever » :

« Je ne supporte pas la mort. Même pas celle du taureau, sauf si c’est un grand combattant, lorsqu’il a manifesté sa capacité à rêver sa vie. »

« Rêver sa vie » : dans son imaginaire, Casas accorde de la dignité à l’humain mais aussi à l’animal que l’humain élève en « dignité ». Un délire que Casas pousse jusqu’au bout ; il dit ainsi, très certainement de manière sincère :

« Si j’avais la conviction que le taureau souffre, je n’irais pas à la corrida. Certes, il meurt, mais son destin est des plus enviables. Il vit quatre ans alors que ses congénères disparaissent à deux ans, par paquets, dans les abattoirs. Le taureau de combat, lui, est reconnu. On sait quelle est sa lignée. Il est élevé dans les meilleurs pâturages, dans un environnement intact du point de vue écologique. Et puis il surgit un jour dans l’arène… »

Simon Casas se croit un vrai humaniste, il croit vraiment que la corrida est une transgression, une manière d’affirmer (dans le sang) son individualité humaine.

Tout cela est de la folie, l’expression d’une course en avant, ou plutôt d’une fuite.

Simon Casas a cru fuir la destruction en se créant un personnage, lui qui s’appelle en réalité Bernard Combs, né d’une mère séfarade et d’un père juif polonais.

Il a cru se recréer éternellement par la corrida.

Mais tout cela est fictif, idéaliste, vain, absurde. Tout comme son délire de prendre la nationalité espagnole, en raison de la présence de Le Pen au second tour de la présidentielle, en raison de ce « coup de corne à la République ».

C’est lui qui parle de la République, lui dont la culture de la corrida est celle de l’Espagne franquiste, dans le sang de la démocratie.

Quelle ironie qu’il soit d’ailleurs exactement de la génération de Pierre Goldman, autre juif polonais né en France (et demi-frère de Jean-Jacques), mais qui lui avait choisi l’engagement révolutionnaire des années 1970. Quelle différence de morale.

Quelle tristesse de le voir répandre son faux humanisme, mais vraie barbarie, alors qu’il aurait dû construire son identité dans la libération totale, en faisant face à l’éternel Treblinka que vivent les animaux !

Une dernière fois sur Frêche et Le Pen

L’antisémitisme est l’expression d’une vision du monde, d’une culture.

C’est-à-dire qu’il ne s’agit pas d’un « choix », car les racistes ne peuvent pas réfléchir, ne peuvent pas « décider » d’être tantôt antisémites, anti-arabes, anti-rroms, anti-noirs, anti-chinois, anti-américains, etc.

La raison de cela est plus profonde que simplement de la nullité : l’oppression raciste est un produit de l’exploitation capitaliste, et le capitalisme est le règne de la concurrence et de l’anarchie. Par conséquent, les capitalistes ne peuvent pas « calculer », et décider que tel ou tel racisme sert davantage leurs intérêts.

Cela, c’est la thèse du racisme comme recherche consciente d’un « bouc-émissaire » (quelle que soit sa variante, même celles à la mode s’imaginant très radicales). En fait, c’est une thèse idéaliste qui n’explique pas grand’chose.

Mais pour les révolutionnaires, quand Georges Frêche déclare qu’il ne voterait pas pour Fabius car il a « une tronche pas catholique », il parle conformément à sa vision du monde, conformément à sa nature de classe.

De même quand Jean-Marie Le Pen explique que le prénom du petit-fils de Sarkozy « ne relève pas d’une franche assimilation de sa famille à la société française » (et que « Mohammed est le prénom le plus donné aux nouveaux-nés à Marseille »), il est aussi dans toute une vision du monde, une vision raciste du monde.

Autrement dit, les « dérapages » racistes n’existent pas : ce sont des expressions d’une culture et d’une idéologie.

Prenons par exemple le cas de Georges Frêche.

Georges Frêche est un politicien ultra-populiste de la petite-bourgeoisie du Languedoc, et dont le racisme de beauf n’est plus à prouver. Il a donc beau être aussi pro-sioniste qu’il veut, il n’échappe pas aux préjugés antisémites de sa classe sociale.

Et pourtant, les institutionnels juifs et les sionistes trouvent le moyen de défendre Frêche par rapport à son insinuation contre Fabius la « tronche pas catholique »…

Même quand les arrières-pensées antisémites sont aussi transparentes !

Même quand Frêche s’enfonce dans sa lettre « d’explication » à Fabius, en affirmant qu’il n’y avait « pas de connotation religieuse » dans sa phrase, alors qu’historiquement, « pas catholique » signifie justement juif ou protestant.

Même quand, dans sa vision du monde, la minorité juive de France est nécessairement liée à l’État israelien : « Tu connais depuis longtemps mon amitié pour Israël. L’action que j’ai conduite en faveur de la communauté juive en porte le témoignage. »

Ainsi, le Crif déclare dans un communiqué que « Le passé de monsieur Frèche témoigne de son rejet de l’antisémitisme ». Quant au président du Crif Languedoc-Roussillon, c’est limite si sa défense de Frêche ne relève pas de la foi religieuse : « Mais je sais qu’il n’est pas antisémite, je le sais. ».

Apparemment, les dirigeants du Crif ne savent pas ce qu’est l’antisémitisme quotidien, puisqu’il faut bien dire que l’insinuation de « tronche pas catholique » est d’une beauferie tellement banale que n’importe quel personne juive y a été confrontée un jour…

Mais ce n’est pas nouveau : le Crif c’est des bourgeois institutionnels au service de l’État français, et qui sont donc prêts à nier une réalité flagrante tant que leurs intérêts sont défendus – quitte à pactiser avec des antisémites.

Par contre, ce qui est plus « étonnant », c’est que la LD"J" se met aussi à défendre Frêche ! Et cela toujours au nom de son « amitié » avec l’État sioniste.

Espérons que la sortie de Le Pen sur le prénom de Solal Sarkozy rappellera à certains ce que pensent leurs chers « patriotes français » de la minorité nationale juive : qu’au fond, elle ne sera jamais réellement française.

Quand on voit les « dérapages » de Le Pen et surtout de Frêche (qui a toujours été pro-sioniste), ce n’est pas difficile de comprendre que ces prochains mois, nous allons connaître un intense développement du racisme et de l’antisémitisme : les racistes « se lâchent ».

Et alors il ne s’agira pas de nier la réalité comme le font les sionistes, mais bien d’organiser les masses populaires juives dans le front antifasciste.

Aux martyrs de Stalingrad

Nazis ! Vous avez payé cher… mais vous n’avez pas tout payé !!!

Le 2 février 1943, le secteur nord des troupes nazies de Stalingrad capitule. La bataille de Stalingrad, qui aura fait 500 000 morts parmi l’Armée Rouge, les francs-tireurs et la population civile, reste dans nos mémoires comme le tombeau du nazisme, et ceci grâce à la mobilisation antifasciste de tout le peuple soviétique.

La guerre à mort contre le nazisme s’est ainsi faite sous la direction de Staline, dans la « ville de Staline ». Stalingrad fait partie de notre héritage, de notre fierté, et appartient aux peuples du monde entier.

Stalingrad : voici le nom de l’antifascisme total.

S’unir aux vrais amis, combattre les vrais ennemis

Comprendre les tensions grandissantes – PCMLM

[Document du Parti Communiste Marxiste-Léniniste-Maoïste.]

Selon l’antisémitisme, les personnes d’origine juive étant étrangères au « pays réel », il y a lieu de les dénoncer.

C’est un thème classique du nationalisme français. Les personnes juives sont ici considérées comme des fantômes, comme des êtres virtuels, abstraits et il est donc possible dans l’imaginaire antisémite de pratiquer la délation, et ce sans aucune gêne.

Il y a ici une caractéristique culturelle national-bourgeoise française très prononcée.

C’est exactement pourquoi Georges Frêche a pu parler comme il l’a fait de Fabius, mais aussi pourquoi Le Pen a pu rajouter de l’huile sur le feu antisémite avec ses propos sur le petit-fils de Sarkozy.

Lors d’un meeting à Toulon, Le Pen a ainsi expliqué :

« Savez-vous que le prénom du petit-fils de Sarkozy est Solal, ce qui ne relève pas d’une franche assimilation de sa famille à la société française et que Mohammed est le prénom le plus donné aux nouveaux-nés à Marseille ? »

Les propos de Le Pen sont extrêmement subtiles : il y a ici et l’antisémitisme et le racisme, soigneusement distingués.

Les personnes juives sont présentées comme étant déjà là mais étant tout de même « étrangères » et les personnes arabes sont montrées comme étant des envahisseurs.

Et là où cela est très subtil, c’est que toute la place possible est laissée à l’ethno-différentialisme, à la division par « ethnies ». L’impérialisme français cherche une voie pour combiner racisme et culte de l’empire.

Tout cela est très intelligent et il convient ici de rappeler une chose : Le Pen ne profite pas que de Georges Frêche.

Il profite également d’une chose dont nous avions parlé au milieu de l’année 2008, dans l’article « Ni Charlie Hebdo ni Siné ! » : les propos de Siné au sujet justement du fils de Sarkozy, qui est le père de Solal.

Siné, dans une grande envolée lyrique, expliquait, entre autres choses, à propos de Jean Sarkozy que celui-ci « vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! »

À l’époque nous avions critiqué bien entendu Siné, et avions (bien entendu) été très isolés. Nous avions pourtant raison : tout cela correspondait à une tendance générale ; l’antisémitisme est en pleine expansion.

Et plus il est en expansion, moins on en parle : le communiqué du NPA au sujet des mots de Frêche ne contient ni le mot « juif », ni le mot « antisémitisme ». Tout comme le communiqué du P"C"F. Les deux se concluent par contre évidemment par un appel électoral.

Il faut également noter que les propos de Le Pen sont même encore plus subtils, car le prénom de Solal fait référence à un roman d’Albert Cohen, auteur Juif suisse francophone ; il s’agit d’une attaque en règle contre l’idée d’un « judaïsme à la française », d’une identité à la fois juive et française.

Telle est la vision de Le Pen, et de la bourgeoisie impérialiste : l’intégration pour faire avancer la France dans une démarche d’empire.

Voilà l’identité politique de la bourgeoisie impérialiste française.

Et Sarkozy, le représentant de la bourgeoisie traditionnelle, industrielle et baignant dans la fascination pour les USA, est le symbole de la fraction bourgeoise concurrente, du conservatisme républicain bon teint.

Comme on le voit, il faut savoir bien décoder les éléments de la bataille institutionnelle. La subtilité : voilà une « qualité » dont profite de plus en plus l’extrême-droite. Celle-ci travaille, de manière acharnée, avec de gros moyens car derrière la bourgeoisie impérialiste appuie de plus en plus ce courant politique.

Avec un seul but : l’offensive anti-Sarkozy, l’offensive contre la bourgeoisie industrielle, contre la bourgeoisie traditionnelle.

Cette concurrence au sein de la bourgeoisie française, notre ennemi, est ce qui fait l’actualité institutionnelle.

C’est également en ce sens qu’il faut comprendre les propos du maire UMP de Franconville (Val d’Oise), Francis Delattre, dans un meeting de l’UMP, en présence de Valérie Pécresse, Patrick Devedjian, Xavier Bertrand, Rama Yade.

« C’est assez surprenant la liste socialiste du département. Elle est conduite par Monsieur Soumaré. Dans un premier temps, j’ai cru que c’était un joueur de l’équipe réserve du PSG. Mais non, il est troisième premier secrétaire de la section de Villiers-le-Bel, ça change tout. »

Tout comme le fait qu’à la une du site internet de l’UMP, on a pu également voir une image montrant des jeunes originaires d’Afrique noire avec inscrit en titre : « Délinquance des mineurs : en finir avec l’angélisme. »

Avec la crise générale du capitalisme, la bourgeoisie se crispe en général. Et dans la nouvelle donne, la bourgeoisie traditionnelle est de plus en plus dépassée par l’évolution du capitalisme, marquée par le renforcement toujours plus grand des monopoles ainsi que la prédominance du capital financier.

Cette évolution confirme les enseignements de Lénine sur l’impérialisme, sur le passage inéluctable, de plus en plus marqué, du capitalisme à l’impérialisme. Les fusions-acquisitions que l’on peut constater chaque jour au niveau international le prouvent aisément. Nous sommes à la fin d’un cycle d’accumulation commencé en 1945, une situation nouvelle se profile.

Voilà donc pourquoi la bourgeoisie traditionnelle avait fait appel à Sarkozy, comme homme de main. C’est ce qui explique la nature de Sarkozy, son opportunisme : Sarkozy n’est qu’un homme de main.

Il est un homme qui est là pour servir et pour se servir, cela fait partie du deal.

Et face à cela, la bourgeoisie impérialiste, la fraction la plus agressive, part à l’assaut.

C’est ainsi qu’il faut comprendre la mise en avant de Villepin (chose que nous avions largement expliquée dès le départ), et la multiplication énorme des groupes d’extrême-droite, que seul le PCMLM a pu annoncer, alors que tous les « observateurs » s’imaginaient l’extrême-droite moribonde avec le Front National en déconfiture.

Le plus terrible étant peut-être ici la formidable dénégation de l’extrême-gauche, qui continue de s’imaginer que les fascistes ne seraient « pas si nombreux que cela ».

S’imaginent-ils vraiment qu’internet est un monde virtuel, qui ne refléterait pas la réalité, même si de manière déformée ? La lecture du document (ici au format PDF) du MRAP quant à la présence de l’extrême-droite sur le net est édifiante, et très révélatrice de ce qui se passe dans la société française.

Le fait est que la situation se tend de plus en plus, dans une atmosphère sociale hautement pourrie, et ce juste avant des élections marquées tant par la démagogie ultra-conservatrice du gouvernement et de Sarkozy, que par l’intense activité de l’extrême-droite.

Savoir faire face à l’antisémitisme – PCMLM

[Document du Parti Communiste Marxiste-Léniniste-Maoïste.]

Selon l’antisémitisme, la personne juive a plusieurs caractéristiques : la perfidie, le sens de l’abstraction, un caractère insaisissable, une dimension universelle, une volonté de mobilité.

Ce sont précisément ces aspects que vise Georges Frêche avec sa phrase visant Laurent Fabius : « Si j’étais en Haute-Normandie, je ne sais pas si voterais Fabius. Je m’interrogerais. Ce mec me pose problème. Il a une tronche ! Pas catholique. »

Georges Frêche a d’ailleurs expliqué de manière ridicule que l’expression « pas catholique » n’a rien à voir avec le « sémitisme » (sic).

S’il avait réfléchi, il aurait compris que justement qu’en se justifiant ainsi, il se montrait encore plus antisémite : il est évident que justement, dans l’histoire la personne juive est justement « celui–qui–n’est–pas–catholique ».

D’où le sens de l’expression « pas catholique » c’est-à-dire menteur, faux, fuyant, perfide. Ce sont justement les caractéristiques que l’antisémitisme donne aux personnes juives.

Quel est le sens culturel de cette accusation ? Quelle est sa signification ?

En fait, l’aspect « perfide » et fuyant trouve sa source dans ce qu’est la monnaie. Pour des raisons historiques (l’antisémitisme médiéval), les personnes juives sont ici assimilées à l’argent et à sa « domination », d’où le fait que l’antisémitisme attribue aux personnes juives les mêmes caractéristiques que l’argent (mobile, insaisissable, abstrait, universel).

L’argent est en effet quelque chose qui s’échange très rapidement, facilement, partout, mais qu’on ne peut pas vraiment saisir, retenir, etc.

L’antisémitisme est donc une sorte « d’appel » à ce qui serait un « pays réel » qui devrait se « soulever » contre la domination des « êtres abstraits ».

(Si l’on regarde le film Avatar, on retrouve la même logique : une communauté nationale assiégée par les forces de l’argent qui sont :

1. abstraites : soldats ultra disciplinés, se ressemblant tous et sans personnalité aucune, allant jusqu’à la schizophrénie de l’avatar ;

2. ultra-technologiques justement pour donner l’impression d’une nature mobile, insaisissable, abstraite, universelle ; les forces de l’argent étant finalement battus par le « pays réel » se soulevant.)

Car il faut bien saisir que l’antisémitisme est une composante essentielle de la dynamique anticapitaliste idéaliste, de type fasciste ; le fascisme veut changer la rébellion contre l’exploitation en combat contre « la domination de l’argent ».

Au lieu de comprendre la nature de la marchandise, dont la nature se fonde sur l’exploitation, le fascisme veut lutter contre l’argent, qui serait un élément « étranger » au corps national.

C’est le principe de l’antisémitisme comme socialisme des imbéciles.

Le problème étant qu’à notre époque, il y a nombre important de gens « anticapitalistes », c’est-à-dire d’idéalistes, rejetant toute la science communiste.

Ces gens diffusent les théories de Proudhon, les théories qui défendent le travail en général (y compris les artisans, commerçants, petits capitalistes etc.) face, non pas à la bourgeoisie, mais au patron, à l’argent.

Inévitablement, dans cet idéalisme, l’antisémitisme surgit.

Voilà pourquoi le PCMLM lève le drapeau de la science.

Voilà pourquoi le PCMLM refuse catégoriquement tout compromis avec les idéologies comme celles de Kadhafi, Khomeini, Peron, Chavez, Morales, Castro, Kemal, Tito, Nasser etc.

Il n’y a qu’un seul drapeau : le drapeau rouge, le drapeau communiste ; les enseignements de Lénine et Mao Zedong sont clairs : la classe ouvrière doit tout diriger avec son parti.

Voilà pourquoi aussi le PCMLM est attaqué à de nombreuses reprises comme « pro-impérialiste » et « sioniste ».

Le PCMLM a toujours eu une position très claire sur la Palestine et toujours totalement rejeté le sionisme, mais le fait de ne pas « soutenir » les forces islamistes et leur « anticapitalisme » est insupportable pour les fascistes et assimilés (notamment une partie significative du courant trotskyste).

De même, le fait de rejeter principalement l’impérialisme français est vu par les fascistes comme un crime et une soumission à l’impérialisme US.

Ces aléas sont inévitables car le PCMLM s’affirme comme le Parti de la science, comme le centre où s’étudient et s’utilisent les travaux de Marx, Engels, Lénine, Staline, Mao Zedong.

Seul le Parti de la science peut comprendre le monde, élaborer la stratégie révolutionnaire et diriger la révolution socialiste, qui seule pourra vaincre les fondements sociaux de l’antisémitisme.

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 17h25, sortie samedi à 18h35.

Tou BiShvat – ט״ו בשבט

Ce soir et demain, nous fêtons Tou BiShvat, la fête la plus « écologiste » de l’année religieuse juive !

Et pour cause : le 15 du mois de Shvat marque le « Rosh HaShanah LaIlanot », c’est-à-dire la nouvelle année pour les arbres, où l’on consomme leurs fruits suite au « jugement » des arbres par D.ieu à Shavuot.

En raison de cela, la tradition à Tou BiShvat est de consommer des fruits secs, dont des amandes, dattes, abricots secs, figues séchées, raisins secs, etc.

Historiquement, la date du Rosh HaShanah LaIlanot a donné lieu à une controverse rabbinique dans les premiers siècles de l’ère chrétienne.

D’une part l’école de Shammai tenait pour le 1er du mois de Shvat, d’autre part l’école de Hillel tenait pour le 15 du mois de Shvat.

Et de fait, le 15 du mois de Shvat correspond à peu près aux premières floraisons d’arbres en terre de Palestine, particulièrement les magnifiques fleurs d’amandiers blanches et roses.

L’école de Hillel l’a donc emporté (sans doute pour des raisons plus complexes…), et depuis on parle de Tou BiShvat.

En effet, dans l’arithmétique hébraïque, Tou = ט״ו = 9+6 = 15. Mais alors pourquoi ne pas écrire 15 = 10+5 ? Parce qu’en hébreu, cela donnerait י״ה, l’abréviation du nom de D.ieu !

En revanche, on ne sait pas bien si Tou BiShvat a été réellement célébré (c’est-à-dire avec une pratique spécifique) depuis son institution, qui remonte à l’établissement de la Mishnah.

Il se peut en réalité que la pratique de Tou BiShvat soit plus récente, et remonte au 16ème siècle, à l’époque du grand kabbaliste Itz’hak Luria (de Tzfat en Palestine).

Cette école kabbaliste aurait repris et développé la pratique ashkénaze de manger à cette occasion des fruits secs, en attribuant une importance particulière au symbole de l’arbre.

Car comment ne pas voir le lien avec le concept mystique d’Arbre de la Vie, « ‘Etz ‘Haim », qui apparaît dans la Genèse et a été justement synthétisé par Itz’hak Luria ?

À cela s’ajoute le parallèle entre l’être humain et les arbres, parallèle qui revient plusieurs fois dans le Tanakh, d’après les principes « l’arbre du champ est l’homme lui-même » (Dvarim dans la Torah) ou bien « l’homme sera tel un arbre planté au bord de l’eau » (Yirmyahou HaNavi).

Ainsi, Tou BiShvat est au fond une fête agricole, qui ne célèbre ni un deuil, ni un événement particulier – et pourrait presque ressembler à une fête païenne !

C’est aussi une fête qui, de manière populaire, célèbre la beauté du cycle de la nature et les signes précurseurs du printemps.

C’est enfin une fête issue du lien matériel de dépendance entre l’humanité et la nature, et que l’on peut aujourd’hui comprendre de manière matérialiste grâce au concept scientifique de Biosphère.

À titre anecdotique, on retrouve sur le site américain ShalomVeg.com un article sur Tou BiShvat et le végétarisme.

La profanation à Strasbourg, et son sens fantasmé

Le 27 janvier est un jour symbole, un jour symbole de la libération.

Mais sans comprendre la portée historique de la libération d’Auschwitz par l’Armée Rouge, on passe à côté de la radicalité du 27 janvier.

Car pour les oppriméEs, pour touTEs les oppriméEs, le 27 janvier 1945 doit être compris comme un jalon dans la guerre à la barbarie – pour la libération totale.

Mais vidé de son sens radical, ce jour devient non seulement « inoffensif », mais de plus la bourgeoisie veut le façonner à son image : faux, hypocrite, grandiloquent, formel, insignifiant.

Les fascistes ont alors beau jeu de se présenter comme « rebelles » contre un symbole phagocyté par la bourgeoisie, eux qui s’imaginent « révoltés », « enthousiastes », « offensifs » – alors qu’ils ne portent que la décadence et la barbarie…

Quand on saisit ainsi que l’antisémitisme des néonazis est fantasmé par eux-mêmes comme une « révolte », la profanation qu’a connue le cimetière de Strasbourg devient « logique ».

Rappelons rapidement les faits.

Hier à 11h30, une cérémonie se tenait au cimetière de Strasbourg-Cronenberg, pour célébrer le 65ème anniversaire de la libération d’Auschwitz-Birkenau.

Vers 12h, on découvre à l’occasion d’un enterrement que le carré juif du cimetière a été profané, sans doute pendant la nuit.

Au total, ce sont près de 30 tombes juives qui sont touchées, parmi lesquelles une vingtaine taguées de croix gammées brunes (sic), et une dizaine de stèles renversées et fracassées. Une tombe a également été souillée d’un « Juden raus »…

Il n’y a pas de mot pour exprimer notre colère et notre rage devant cette profanation – exprès pour le 27 janvier, alors que des personnes rescapées d’Auschwitz reposaient dans ce cimetière…

Il ne s’agit pas seulement d’une insulte à la mémoire des individus enterrés dans le carré juif de ce cimetière, d’une insulte à leur famille.

Il s’agit de plus d’une attaque revendiquée – ou plutôt fantasmée – contre la mémoire du million de personnes assassinées à Auschwitz, mémoire qui pour beaucoup est leur dernière identité, plus puissante que celle tatouée sur le bras gauche.

Alors que faire face à l’explosion du fascisme et du racisme, à part écouter les habituelles « condamnations » semi-hypocrites ?

C’est malheureux, mais tant que les minorités nationales juive et rom ne se réapproprieront pas le 27 janvier, tant que le camp progressiste ne célébrera pas l’Armée Rouge de Staline, ce type d’insulte à la mémoire ne rencontrera aucune résistance radicale – et de fait aucune résistance crédible.

Rendons au 27 janvier sa portée radicale et positive, pour que les fascistes s’y cassent les dents !

Arborons et défendons le 27 janvier comme un des drapeaux de la marche vers la libération !

Le 27 janvier, symbole d’un espoir…

Enfants de Birkenau montrant leur tatouage aux libérateurs soviétiques, il y a 65 ans.

Le 27 janvier, symbole de la libération…

Le 27 janvier 1945, vers 15h, un détachement de l’Armée Rouge arrive à Auschwitz-Birkenau. Les soldats soviétiques découvrent là 7000 survivantEs, mais aussi 600 cadavres jonchant le sol du camp.

Dix jours auparant, les nazis avaient devancé l’arrivée des libérateurs soviétiques, et avaient fait évacuer 60000 personnes pour les « marches de la mort ».

Au total, 1300000 personnes ont été déportées à Auschwitz, 1100000 n’en sont pas revenues, parmi lesquelles 960000 étaient juives.

Quand les soldats soviétiques sont arrivés à Auschwitz, ils ont été tellement horrifiés par la vision des prisonniers squelettiques, par la vision des enfants qui pleuraient mais qui n’avaient pas de larme, qu’ils ont immédiatement appelé ce camp « l’usine de la mort ».

À propos de la libération d’Auschwitz, on peut trouver de nombreuses et importantes informations ici.

Auschwitz-Birkenau a été le plus grand camp d’extermination nazi, c’est le « symbole » d’une extermination très concrète, et nombreuses sont les personnes parmi nous qui y ont perdu de la famille…

Voilà pourquoi c’est un devoir de célébrer le 27 janvier : c’est le symbole de la libération.

C’est un hommage aux millions de personnes que les nazis ont voulu anéantir de la mémoire humaine.

Et d’autant plus après la profanation du camp de concentration d’Auschwitz, il y a à peine un mois.

Depuis, la plaque volée « Arbeit macht frei » a été retrouvée, et il s’avère qu’un réseau nazi suédois a organisé ce pillage afin de financer ses activités terroristes (dans un pays qui comprend plus de 3000 néonazis actifs).

Depuis la fondation d’Hapoel il y a un an jour pour jour, nous avons déjà plusieurs fois parlé du camp d’Auschwitz :
- Pas de 27 janvier en Catalogne ;
- Les trois Auschwitz ;
- Ces gens n’avaient pas de larmes… ;
- 2 août 1944 : la liquidation des tziganes d’Auschwitz ;
- « Pour les animaux, la vie est un éternel Treblinka. » ;
- Le pillage à Auschwitz et le nihilisme de notre époque ;
- « Arbeit macht frei » et l’esclavage nazi.

Les juifs n’oublient pas ! Les juives n’oublient pas !
Une seule alternative : Stalingrad ou Auschwitz !

Le « sionisme radical », une voie de garage pour l’autodéfense juive

Ce jeudi a lieu un procès à Paris, celui de 4 militants sionistes proches de la LD"J".

Ceux-ci sont accusés d’avoir crâmé il y a quelque temps la moto de « Thömas Werlet », un antisémite (de type proto-nazi, si ce n’est néo-nazi) fondateur de l’ex-Droite Socialiste et de l’actuel Parti Solidaire Français.

Fin décembre, un petit communiqué a été posté sur le site Sioniste.net, appelant à soutenir les militants sionistes au palais de « justice ».

Cela n’est pas étonnant quand on sait qui tient le site du « Front Sioniste ». Un nom qui n’est pas inconnu, d’ailleurs, mais qui l’était quand nous avons connu le site.

Mais il n’en reste pas moins que ce communiqué est très intéressant ; c’est même presque un « cas d’école ».

La première chose qui saute aux yeux quand on le lit, c’est… l’image de 50 Cent, version feuj ! De quoi arracher un sourire à n’importe quel jeune juif, malheureusement sur un mode identitaire-religieux et pro-capitaliste.

Mais passons.

Ce qui saute aux yeux dans le communiqué lui-même, c’est que nulle part il n’est fait mention du sionisme ! Aucune mention à l’idéologie sioniste, aucune mention au militantisme sioniste (les militants sont qualifiés de « Quatre jeunes juifs »).

En fait, l’appel à soutien en soi est très démocratique, très tactique en citant Sarkozy, quasi apolitique, avec un ton très intelligent dans sa fausse naïveté :

« Il faut savoir que l’ideologie que prone l’antisemite thomas werlet a condui directement à la mort de 6 millions de juifs. Eux aussi ont ete brulés, pourtant le capitaine de police ne m’a pas parlé de ces derniers … »

« Sarkozy a declaré [...] l’antisemitisme ca se combat frontalement. On ne tente pas de l’expliquer on le combat frontalement,c’est ce que nous avons fait… »

Disons-le clairement : ce communiqué pourrait presque être antifasciste.

Et en plus, il est d’une grande radicalité :

« Nous ne laisserons pas des antisemites propager l’ideologie nazi, meme si cela nous coute notre liberte. »

« Venez nous soutenir et montrer que tout le monde cautionne les coups portés aux fils spirituels d’hitler. »

Que faut-il en conclure ?

Est-ce que l’antifascisme mis en avant sur Sioniste.net est sincère ? Sans doute, car devant un déballage d’antisémitisme, toute personne juive se sent personnellement attaquée.

Mais alors, que penser de toutes les références sionistes, qui vont du logo de l’Irgoun jusqu’à une image anti-palestinienne vraiment odieuse pour les victimes du nazisme ?

Est-ce seulement un « enrobage » pour raccrocher une exigence correcte d’autodéfense juive à une idéologie et à une histoire, quelles qu’elles soient ?

Ou bien ce communiqué est très malin, en prétendant dépolitiser l’autodéfense juive pour l’intégrer « en douce » au sionisme ultra et au nationalisme franco-français ?

Jusqu’à peu, nous n’en savions rien. Enfin nous avions quand même une petite idée…

Mais avant-hier, le mouvement ultra-réactionnaire « France – Israel Jeunes » a lui aussi émis un communiqué, qui pour le coup n’a absolument rien d’antifasciste !

Dans ce communiqué (aussitôt repris par le site de la LD"J"), les « quatre jeunes juifs » deviennent « 4 militants sionistes », et les « patriotes français et israeliens » défendraient leur nationalisme contre les antisémites qui « dénaturent une belle idée » !

Bref, la collusion fasciste est totale, et le but politique est affiché : faire en sorte que toute aspiration à l’autodéfense juive soit détournée au service du fascisme de type « occidentaliste ».

Ainsi, même quand une action pourrait s’insérer dans une démarche antifasciste, les fascistes de la LD"J" montrent leur vraie nature : celle d’un regroupement d’extrême-droite qui compte se vendre et s’intégrer au fascisme français.

Quitte à parfois fermer les yeux sur l’antisémitisme larvé des fascistes français qui se prétendent non antisémites…

Ensuite, on n’en sait rien de ce qui se passe dans la tête du « Front Sioniste ». Y a-t-il manipulation typique du fascisme ? Ou bien récupération pas vraiment voulue ?

Mais politiquement, cela ne change rien. Et c’est dommage, vraiment dommage.

Car ce que l’on peut observer ici à « petite échelle » a un caractère historiquement significatif.

En effet, c’est précisément l’histoire de l’autodéfense juive des années 1980 : un mouvement radical venant de la base, c’est-à-dire des masses prolétaires juives, mais qui a été happé par le sionisme de droite et le nationalisme français.

C’est exactement cela, la stratégie du fascisme : partir du besoin de radicalité et de violence qui s’exprime dans le peuple, pour le dévoyer dans une mobilisation réactionnaire et raciste.

Sauf que, comme disait Marx, l’histoire se répète toujours deux fois : la première fois comme tragédie, la deuxième fois comme farce.

Pour que cela ne termine ni en farce, ni en tragédie, il faut proposer à la jeunesse juive qui chaque jour se radicalise une alternative au sionisme, sionisme qui a historiquement trahi l’autodéfense juive.

Le sionisme radical est une voie de garage pour l’autodéfense juive !

La seule voie possible, c’est la voie de l’autodéfense antifasciste – pour l’unité du peuple et la révolution !

Procès en appel des assassins d’Ilan

Rappelons rapidement les « épisodes » précédents :

- Le 10 juillet 2009, le verdict du premier procès des assassins d’Ilan est tombé, avec des peines un peu plus légères que des réquisitions déjà pas très lourdes.

- Le 13 juillet, le ministère de la justice a fait appel contre les personnes condamnées pour moins que les réquisitions, pour des raisons alors analysées par Hapoel.

- Le 17 juillet, Youssouf Fofana s’est décidé à faire appel de sa peine maximale, c’est-à-dire 22 ans ferme.

- En septembre, on a appris que le procès en appel se tiendrait devant la cour d’assises des mineurs de Créteil, dans le Val-de-Marne.

Ce qui est nouveau, c’est que l’on connaît depuis quelques jours les dates du procès en appel : celui-ci se tiendra du 25 octobre au 17 décembre 2010.

Au total, ce seront 20 personnes – sur 27 au premier procès – qui seront rejugées, parmi lesquelles Fofana.

Le problème, c’est que ce procès se tiendra encore devant une cour pour mineurs, ce qui reposera les mêmes problèmes de publicité des débats…

Espérons, aux côtés de la famille Halimi, que le huis-clos soit levé, et que la justice soit enfin rendue.

« Parce qu’aujourd’hui c’est l’antisémitisme, demain c’est le racisme total à l’égard des autres, il faut absolument être vigilant là-dessus. » (Ruth Halimi)

Espérons aussi que la jeunesse juive de Créteil sera présente en force, et que les antifascistes sauront se mobiliser pour honorer un fils du peuple.

JUSTICE POUR ILAN !!!

The Big Lebowski : « Anti-Semite ! »

À l’occasion de la sortie de « A Serious Man », le dernier film des frères Coen, Hapoel ressort un extrait du film « The Big Lebowski ».

Cette scène est située vers la fin du film, et montre Walter Sobchak dans toute sa splendeur de grande gueule… Éloignez les enfants !

Walter Sobchak, c’est ce polonais catholique converti au judaïsme pour épouser sa femme, qui depuis a divorcé. Mais comme l’explique Walter, on ne rend pas son permis de conduire quand on divorce, et on n’arrête pas non plus d’être juif. Il met donc un point d’honneur à ne pas jouer au bowling le shabbat

La qualité de notre vidéo est mauvaise, les sous-titres sont en anglais et un peu désynchronisés… mais on comprend ce qu’il y a à comprendre !

En fait, l’extrait est en anglais pour une raison très précise : la réplique finale de cette scène est traduite en français par « Nihilistes de mes d… », ce qui n’a rien à voir avec la version originale ! Et pour le coup, c’est tellement français…

S’il y a un problème d’affichage ou de compatibilité avec la vidéo, on peut la télécharger par ici, et utiliser un logiciel de vidéo gérant le format MP4 (par exemple VLC).







Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entré vendredi à 17h13, sortie samedi à 18h25.

« Aucun juif n’a été maltraité durant le tournage de ce film. »

C’est ce qu’on peut lire dans le générique de « A Serious Man ».

« A Serious Man », c’est le 14ème film des frères Coen, qui vient de sortir ce mercredi au cinéma.

Et évidemment, Hapoel était obligé d’en parler, ne serait-ce qu’à cause de nos références régulières à un personnage de « The Big Lebowski » (1234).

« A Serious Man » commence par un petit conte cruel en yiddish, qui se déroule dans un shtetl au 19ème siècle : un homme laissé pour mort vient dans une famille par une nuit enneigée, mais est pris pour un fantôme. La fin est un peu gore…

En réalité, ce conte est inventé de toutes pièces par les frères Coen. Mais son esthétique, du type film expressionniste yiddish des années 1920 – 1930, établit le lien avec la culture anéantie des shtetls – et tout ce qu’elle pouvait contenir de dérision absurde…

Un siècle plus tard en 1967, dans la classe moyenne juive du Midwest américain.

Larry Gopnik (interprété par Michael Stuhlbarg) est un professeur de physique à l’université, et attend une titularisation. Sur le plan personnel, il vit dans un pavillon de banlieue dans le Minnesota, avec sa femme Judith, sa fille et son fils (qui prépare sa Bar Mitzvah, et a donc le même âge que Joel Coen).

Dans la vie si conventionnelle de ce « Serious Man », tout va bien… jusqu’au jour où tout va mal.

Sa femme le quitte pour un amant donneur de leçons et demande un divorce religieux. Son frère débarque et squatte son salon en tentant de trouver une combine imparable aux cartes. Sa fille pique dans son portefeuille pour se faire refaire le nez. Son fils prépare sa Bar Mitzvah en fumant des joints et en écoutant du rock au Talmud Torah. À l’université, un étudiant le harcèle pour acheter un diplôme puis le couvre de calomnies. Sa hiérarchie reçoit des lettres anonymes le diffamant pour empêcher sa promotion. Quant à son voisinage, il est cerné d’une part par des fachos antisémites, et d’autre part par une quadragénaire qui lui fait des avances.

Devant ces plaies d’Égypte, notre avatar de Job se retourne… vers les rabbins, qui se révèlent encore plus conventionnels et protocolaires que lui…

« A Serious Man », c’est la synthèse savoureuse d’une certaine culture juive américaine, celle des communautés du Midwest, dont l’esprit est différent de celui de « Jew York » ou de « Los Anjewles ».

D’ailleurs, on retrouve un esprit proche dans les comics « Americain Splendor » de Harvey Pekar, un dessinateur juif de Cleveland, et dans le film qui en est tiré.

Pour celles et ceux qui n’ont pas vu ce film, il se déroule en gros à la même époque que « A Serious Man » avec le même ton grisâtre dans les images. Le héros, Harvey Pekar lui-même, est aussi un anti-héros qui enchaîne les malheurs.

À ceci près que Harvey Pekar est un « intello précaire » et non un prof d’université, et qu’il prend part à la contre-culture underground de l’époque – au lieu d’être un « Serious Man ».

En fait, « A Serious Man » et « Americain Splendor » montrent deux aspects contradictoires d’une même réalité, tout comme les valeurs conventionnelles des communautés juives américaines se sont retournées à New York en la rébellion de type punk.

Et justement, les frères Coen ont grandi dans une famille proche de celle dans leur film, mais ont par la suite baigné dans la contre-culture américaine des années 1970. Ce film est donc enfin une affirmation de l’ambiance qui a paradoxalement façonné leur culture, et qui est une des clés de compréhension de leur œuvre.

Comme aperçu de l’humour juif désespéré de « A Serious Man », voici la bande-annonce du film, qui est déjà en soi un montage millimétré avec une bande-son mixée chirurgicalement :

Et n’oubliez pas de nous envoyer vos critiques du film !

Baba Salé, ou Baba Staline ?

Baba Salé, des campagnes marocaines aux cités israeliennes

Le 4 du mois de Shvat, c’est-à-dire aujourd’hui, les juifs religieux marocains célèbrent l’anniversaire de la mort de Baba Salé, qui donne lieu à une Hilloula, à un pèlerinage commémoratif.

Le saviez-vous ?

Baba Salé, cela signifie en arabe marocain « le père qui prie ». C’est le surnom donné à un très célèbre rabbin marocain, le rabbi Israel Abu’hatzeira.

Descendant d’une dynastie de rabbins, Sidna Baba Salé est né en 1890 à Rissani, un village du Tefilalet, près de l’Atlas au Maroc.

Sa famille s’appelait originellement Elbaz. Mais selon la légende, son ancêtre le rabbi Shmuel Elbaz ne pouvait payer le bateau, et a utilisé une natte comme radeau. Il aurait ce jour là changé son nom en Abou’hatzeira, qui signifie en arabe « le père de la natte ».

Ce Shmuel Elbaz était originaire de Palestine, et a vécu à Damas avant de s’installer avec sa famille au Maroc. Son petit-fils, Ya’akov Abou’hatzeira, lui-même grand-père de Baba Salé, était une figure du judaïsme marocain au 19ème siècle, et est mort en Égypte sur la route de la Palestine.

À Rissani, la famille Abou’hatzeira possédait des terres et dirigeait une yeshiva, et avait donc un rôle social important dans la structure féodale des communautés juives des campagnes.

Quand le rabbi Messaoud Abou’hatzeira, le père d’Israel et lui-même rabbin de Rissani, meurt en 1909, c’est Sidna Baba Salé qui va prendre la direction de la communauté, à l’âge de 18 ans.

En effet, Israel Abou’hatzeira s’est révélé depuis son enfance très doué pour l’étude, aussi bien des aspects révélés que de la dimension cachée de la Torah. Plus prosaïquement, c’est une dynastie de propriétaires terriens et de rabbins, d’où la succession assurée.

Pendant la première guerre mondiale, une rébellion chasse les Français de la région du Tafilalet. Mais étant dirigée par des forces féodales, elle ne comprend pas la question nationale marocaine (donc les droits démocratiques des minorités), et s’en prend par la suite aux communautés juives.

En 1920, juste après ‘Hanukkah, il est alors décrété que les communautés juives du Tefilalet seront massacrées. Le frère de Baba Salé, David Abou’hatzeira, sera assassiné, ce qui poussera la communauté entière à déménager de Rissani.

En 1922, le futur Baba Salé effectue un voyage à Jérusalem en Palestine pour faire éditer les documents de son frère – en marquant d’ailleurs une halte sur la tombe de son grand-père en Égypte. Il y reste un an avant de revenir au Maroc, pour devenir un important dirigeant de plusieurs communautés du Tefilalet.

Puis dans les années 1950, Baba Salé ira assez fréquemment en France mais aussi dans le nouvel État sioniste, tout en restant rattaché au Maroc.

Mais en 1963, Baba Salé s’installe définitivement en Israel.

D’abord à Yavneh (Yibnah), une ville de développement au sud de Tel Aviv, puis à Ashkelon (Asqelon), une ville portuaire au nord de la bande de Gaza, et enfin en 1970 à Netivot, une ville de développement à l’est de la bande de Gaza.

Il vivra alors à Netivot, où il accomplira de prétendus miracles, et sera vénéré par une partie des masses marocaines d’Israel.

Et cela jusqu’à sa mort le 8 janvier 1984 à l’âge de 93 ans, après deux semaines d’agonie très médiatisées.

Tout cela, il faut le comprendre dans un contexte historique.

En effet, la minorité juive marocaine est littéralement vendue par Hassan II à l’État sioniste, et s’exile très majoritairement en Israel (certains resteront au Maroc, d’autres s’exileront en France ou au Canada).

Mais pour les familles juives très pauvres qui vont rejoindre l’État sioniste, c’est un nouveau cauchemar qui commence.

Ces familles arrivent en effet dans des camps d’internement, où elles sont littéralement désinsectisées et servent parfois de « cobayes » pour des tests médicaux, et sont enfin parquées dans des villes de développement.

Les villes de développement, ce sont concrètement des cités-dortoirs pour juifs-arabes (originaires de Tunisie, Maroc, Irak, Iran, Yemen, etc.), où encore aujourd’hui la misère domine, et où il n’y a rien à faire à part traîner au centre commercial (le « Kenyon »).

Ainsi Netivot – la ville où Baba Salé s’installe finalement – est une ville de développement créée comme ghetto pour Marocains, et qui est d’ailleurs aujourd’hui à portée de Qassams de la bande de Gaza.

Mais alors pourquoi une telle adoration populaire de Baba Salé ?

Parce que les masses juives des campagnes marocaines, très « arriérées », ont été exilées dans un pays qui leur était totalement incompréhensible, absurde et au fond étranger, et où l’oppression raciste était énorme envers les masses juives-arabes.

Brutalement passées des campagnes marocaines aux cités-dortoirs israeliennes, les secteurs les plus pauvres des masses juives marocaines se sont donc – en partie – accrochés à leur repères, c’est-à-dire au judaïsme marocain avec ses spécificités.

Or une des spécificités les plus connues du judaïsme marocain, c’est le culte des saints, culte qui se retrouve dans l’islam marocain avec les « waliy ».

Sur le plan « théorique », ce culte populaire est justifié par la notion de « Tzaddik », de « juste », qui dans la tradition kabbalistique désigne des personnes quasi consacrées, servant de relai direct entre D.ieu et les « fidèles » du Tzaddik.

Voilà pourquoi Baba Salé a été véritablement vénéré comme un saint, et pourquoi plus de 100000 personnes ont accompagné son corps à sa « dernière demeure ».

Voilà aussi pourquoi le mausolée de Baba Salé à Netivot est tellement visitée, par exemple hier soir à l’occasion de sa Hilloula, et pourquoi on peut retrouver son portrait chez certaines familles marocaines pratiquantes, en France ou en Israel.

Le « culte » de Baba Salé, comme celui du Rabbi de Loubavitch, a certes un aspect mystique populaire, en tant qu’expression d’aspirations présentes au sein du peuple.

Seulement voilà, lorsque les masses se mettent en mouvement et se soulèvent, les illusions religieuses volent en éclat.

Or c’est précisément pendant les années 1970 que s’est développé un fort mouvement juif-arabe en Israel, héritier des émeutes des villes de développement dans les années 1950 – 1960.

Ainsi, au moment même où se développait une perspective révolutionnaire dans les franges avancées des masses marocaines, les franges « arriérées » se cramponnaient elles à une perspective mystique-religieuse… derrière la figure de Baba Salé !

La vérité, c’est que face à la situation d’oppression des masses juives-arabes, cela ne sert strictement à rien de porter un fil rouge au poignet : ce qu’il faut, c’est porter le drapeau rouge au ciel !

La question animale et la « dignité du réel »

Dans notre article sur Daniel Bensaïd et la question juive, nous n’avons pas été très clairs sur un point, et nous tenons à revenir dessus.

À la toute fin, nous disions :

C’est là tout le malheur de ces « juifs de négation » : à force de nier l’existence des masses populaires juives au nom d’un universalisme abstrait, ils se retrouvent paradoxalement à se mettre en avant comme juifs, mais de manière toujours aussi abstraite !

Au cœur de cette contradiction, la grande absente est bel et bien ce que Lénine appelait « la dignité du réel », c’est-à-dire la réalité dans ce qu’elle a de plus immédiat.

Et d’ailleurs, la preuve irréfutable que tout cela est une construction intellectuelle abstraite, c’est l’absence terrible de toute référence à Ilan Halimi ou au fascisme – mais aussi à la libération animale.

La libération animale ? Pourquoi la libération animale ?

Pour Ilan Halimi, on comprend très bien, trop bien.

Pour le fascisme, on comprend aussi, quand on sait que chez les trotskystes, le fascisme serait un « détour » pour la bourgeoisie, d’où l’inutilité d’une politique antifasciste à part entière.

Mais la libération animale ?

Pour comprendre ce point, redonnons la parole à Bensaïd, qui dans une interview expliquait :

« Le problème c’est que tous les leaders trotskistes [juifs] – Barcia à Lutte Ouvrière, Lambert, Pierre Frank, Mandel – ont plutôt évité la spécificité du génocide pour le dissoudre dans un horizon d’émancipation universelle. C’était compréhensible et, dans une certaine mesure, légitime. »

C’était certes compréhensible, surtout à l’époque et surtout en France, mais c’était assurément abstrait.

Car si ces intellectuels juifs avaient compris la question du génocide comme une question concrète, très concrète, alors ils auraient peut-être vu la réalité de la condition animale et la situation d’extermination dans les abattoirs.

Et en fait, c’est pareil chez le « jumeau maléfique » de Daniel Bensaïd, à savoir Éric Zemmour.

Chez Zemmour les animaux n’existent pas, mais cela est compréhensible étant donné qu’il nie totalement la crise écologique en général (comme encore très récemment face à Chantal Jouanno, la secrétaire d’État à l’écologie capitaliste).

Cela en dit long, d’ailleurs, sur son degré d’abstraction, de négation bien française de la réalité, et de son éloignement absolu de tout ce qui constitue la nature sur cette planète.

Mais justement, tout cela tient peut-être au fait que Bensaïd et Zemmour sont au fond tous les deux très français

Car à l’inverse, on peut constater facilement que de nombreuses personnes juives – souvent des femmes, soit dit en passant – sont impliquées dans le « mouvement » pour les animaux.

Par exemple, les blogs de Michelle Goldstein englobent les deux aspects : « protection » des animaux d’une part, et mémoire de la Shoah d’autre part (même si cette mémoire est artificiellement reliée au sionisme ultra).

Plus généralement du côté sioniste, on retrouve une certaine schizophrénie par rapport à la valeur de compassion. Ainsi, le blog de Marcoroz peut affirmer le respect – correct ! – pour les araignées et les animaux en général, à côté d’un racisme anti-arabe de type « occidentaliste »…

En revanche, du côté plus progressiste, on peut penser au blog Psychanalyse et Animaux, qu’il suffit de survoler pour voir la dimension très pratique, très concrète. Malheureusement, ce blog n’est pas toujours antisioniste.

De manière plus massive et plus profonde, les rescapés du génocide ont bien fait le lien aux États-Unis avec la compassion envers les animaux – la figure la plus connue étant l’écrivain yiddish Isaac Bashevis Singer.

En partant de l’expérience vécue de l’extermination, en partant de la confrontation directe avec la barbarie, de nombreuses personnes juives ont posé la question des valeurs qu’elles voulaient pour l’humanité, en lien évidemment avec l’interrogation profonde sur la vie et la mort.

Une expression de ce questionnement a été l’ouvrage de Charles Patterson « Un Éternel Treblinka », dont le titre vient d’ailleurs d’une citation d’Isaac Bashevis Singer.

Dans ce livre, on peut retrouver le témoignage d’une juive américaine, cité par le blog La Terre D’abord. À l’inverse de Bensaïd et Zemmour, cette femme est partie de son expérience personnelle du génocide, pour en arriver à la question de la compassion animale :

« En 1990, Susan Kalev se trouvait dans Greenwich Village, à New York, quand elle remarqua que la femme qui marchait devant elle portait un tee-shirt racontant l’histoire des veaux – comment ils sont arrachés à leur mère et gardés dans des stalles sombres et étroites jusqu’à ce qu’on les envoie au massacre.

Susan fut intriguée par ce qu’elle lut au point de dépasser la femme pour en apprendre davantage sur le devant du tee-shirt. Elle engagea avec la femme une conversation qui se prolongea devant un café.

Quand la femme dit à Susan Kalev qu’elle était en route pour une manifestation de protestation dans un restaurant du quartier et lui demanda de se joindre à elle, elle prit part à sa première action pour les droits des animaux. Quelques mois plus tard, en 1990, elle se rendit à Washington afin de participer à la Marche pour les animaux.

Susan Kalev, née en Hongrie pendant la Shoah, dit qu’elle a « le fantasme du sauvetage » – un puissant besoin de sauver des vies, dont elle pense qu’il est commun à nombre de survivants et leurs enfants.

Après la prise de contrôle de la Hongrie par les nazis, elle perdit son père, sa soeur et d’autres membres de sa famille. Elle ne survécut que grâce au beau-frère de sa mère, qui réussit à la placer dans un camp d’internement plutôt qu’à Auschwitz. Plus tard, en Israël, où elle vécut six ans, elle prit contact avec des membres survivants de la famille de son père.

Après avoir décroché un master d’assistante sociale à la Yeshiva University de New York en 1980, Susan travailla dans un service dédié aux familles et aux adoptions, puis pendant dix ans dans un service d’oncologie à l’hôpital Columbia-Presbyterian. Aujourd’hui, elle conseille les patients séropositifs et les malades du SIDA au Karen Honrey Psychoanalytic Institute en plus de sa pratique de la psychothérapie en cabinet.

Comme elle pense que tous les êtres vivants interagissent, elle est végétalienne (elle ne mange ni viande ni poisson ni oeufs ni produits laitiers). En plus des conférences qu’elle donne à New York sur la santé, l’alimentation végétarienne et une vie plus humaine devant des groupes, juifs ou non, elle est devenue éducatrice en attitude humaine dans des écoles publiques de New York.

Chaque fois qu’elle peut sauver ou aider un autre être vivant, quelle que soit son espèce, elle est persuadée d’accomplir l’enseignement du Talmud : « Celui qui sauve une vie sauve le monde entier. »

Pour Susan Kalev, la maltraitance des gens et la maltraitance des animaux sont liées. Son engagement dans un comportement non violent est devenu l’oeuvre de sa vie. Comme sa famille et elle furent les victimes impuissantes pendant la guerre, elle est décidée à agir. »

Partie de son expérience, Susan Kalev s’est donc « décidée à agir » pour les animaux, avec toujours en arrière-fond sa culture et son histoire juive.

Voilà un état d’esprit dans lequel nous nous reconnaissons : reconnaître la dignité du réel, pour reconnaître une valeur en soi à la nature et aux animaux.

Éric Zemmour ou l’intégration dans le nationalisme français

Suite à la disparition du théoricien trotskyste Daniel Bensaïd, Hapoel a fait un bilan critique de sa démarche, de son style intellectuel, de son rapport à la culture.

Pour résumer, Bensa était une figure de l’intellectualisme « light » de la gauche radicale. Il était d’origine juive algérienne, mais oscillait entre négation et affirmation de son identité, sur des bases toujours abstraites et intellectuelles.

Eh bien Hapoel a trouvé le jumeau de Bensaïd, ou plutôt son « jumeau maléfique » : c’est Éric Zemmour !

Éric Zemmour aussi est d’origine juive algérienne, lui aussi a grandi dans un milieu populaire (à Drancy puis à Château Rouge), et lui aussi est un « intellectuel light » – non pas de la gauche radicale, mais de la droite radicale.

Par contre, ce « symétrique » de Daniel Bensaïd est bien plus médiatisé, ce qui en dit long sur deux aspects parallèles de la crise capitaliste : l’effondrement de la petite-bourgeoisie « de gauche », et la tendance au fascisme de la petite-bourgeoisie hystérique.

Ainsi, au lieu de se nier au profit de la gauche radicale, Éric Zemmour nie tout de sa culture juive pour pouvoir rentrer dans le moule du nationalisme français.

Idéologiquement, Zemmour est en effet un nationaliste français tout ce qu’il y a de plus classique.

Zemmour est élitiste, il considère les masses dans une posture purement consommatrice, il est anti-libéral, pour un État fort, pour les grands monopoles de l’impérialisme français, contre l’Europe et les États-Unis, considérant que l’impérialisme français doit faire cavalier seul.

Culturellement, Zemmour fonde tout cela sur la prétendue « grandeur » passée de la France de De Gaulle, ce qui en fait d’office un opposant à Sarkozy. De plus, il affirme que la culture française est supérieure aux autres, notamment à la culture américaine supposée porter la décadence libérale…

Concernant la question des minorités nationales en France, Éric Zemmour fait encore une fois figure de réactionnaire.

Dans sa perspective de nationalisme classique, il s’agit d’intégrer brutalement les minorités nationales, de les faire rentrer dans le giron de la république jacobine nationale-autoritaire.

Il est important d’insister sur ce point, car c’est un aspect qui n’est pas vu ou pas compris par de larges secteurs des masses juives, qui pourraient se laisser éblouir par les intervention de Zemmour à la télé – toujours très offensives et très « brillantes » du point de vue du nationalisme français.

La preuve absolue de sa négation brutale des minorités nationales, c’est qu’il n’a même pas fait le choix du sionisme. Autrement dit, quitte à ce que la minorité juive ait une idéologie nationaliste, Zemmour préfère que ce soit le nationalisme français plutôt que le sionisme.

En fait, Éric Zemmour constitue une « figure typique » : il incarne à merveille la figure du vendu, du juif plus français que français, plus blanc que blanc, et on pourrait même dire « plus royaliste que le roi »… puisqu’il a déjà donné une interview au journal de l’Action Française !

De même, il a déjà été interviewé par le magazine fasciste « Le Choc du Mois », et participé à une conférence organisée entre autres par les « identitaires ».

Dans sa tentative d’intégration au nationalisme français, Zemmour s’appuie sur un point doctrinal important : le nationalisme historique français n’est pas principalement racial (contrairement par exemple au national-socialisme allemand).

Dans cette doctrine, il peut donc exister certains éléments qui « transcendent leur race », ce qui explique par exemple la présence (très minoritaire) de personnes juives chez l’OAS, malgré le très fort antisémitisme des colons français en Algérie.

C’est dans cette brèche de la doctrine nationaliste française que s’engouffre Éric Zemmour, ce qui lui permet d’être adulé par l’Action Française d’aujourd’hui, alors que celle-ci est historiquement antisémite.

Et c’est justement là que s’est planté Zemmour, quand il expliquait très sérieusement sur Arte que « je suis de la race blanche, vous êtes de la race noire ». Car pour aucun fasciste racialiste, Zemmour ne ferait partie de la « race blanche »…

De même, dans une émission sur les maoïstes de France dans les années 1960 – 1970, Zemmour raille la soi-disant « névrose » des maos, expliquant que cela permettait que « les femmes veulent être des hommes », ou bien que… « le juif veut être un immigré » !

D’abord, Zemmour ne semble pas savoir que, si de nombreux intellectuels ont abandonné la révolution après la défaite de la Gauche Prolétarienne maoïste, la base ouvrière a quant à elle continué la lutte de manière plus diffuse, très loin de ce que Zemmour appelle une « mystique révolutionnaire », jusqu’à se fondre dans ce qui allait devenir l’autonomie offensive.

Ensuite, si on regarde Hapoel aujourd’hui, notre identité est tout le contraire de ce que prétend Zemmour : nous sommes bien pour la révolution, pour la révolution mondiale, mais notre existence même tient au fait que les minorités nationales sont une réalité objective (mais pas éternelle) que nous avons décidé d’assumer.

Enfin, et c’est là que c’est à mourir de rire, l’idée du « juif voulant devenir immigré » vient très précisément… d’un juif qui s’imagine tellement français qu’il dit « nous » quand il parle de l’époque de Napoléon !!!

Et cela est d’autant plus drôle que, justement, Zemmour ne supporte pas les gens qui s’assument, que ce soit culturellement, sexuellement, etc. Que surtout rien ne dépasse !

Mais exactement comme dans le cas de Daniel Bensaïd, la négation de soi se transforme paradoxalement en affirmation identitaire, mais abstraite et sans issue.

Dans le cas de Zemmour, cela se traduit par l’élaboration d’une stratégie ultra-réactionnaire visant à mobiliser les masses juives dans la voie de garage du fascisme, stratégie qui est synthétisée dans « Petit frère ».

« Petit frère » est un roman d’Éric Zemmour, sorti en 2008. Ce roman part d’un fait divers ressemblant étrangement à l’assassinat de DJ Lam.C, et met en scène un intellectuel juif « de gauche » qui va douter de son propre humanisme petit-bourgeois.

La thèse du livre, c’est en gros que l’antiracisme (qui pour Zemmour se résume idéologiquement à SOS Racisme) est une abdication de la France devant l’immigration (qui est en réalité une conséquence du pillage des pays opprimés par la France), et que la communauté juive est sacrifiée par lâcheté populiste et volonté de préserver la « paix sociale » (ce qui part d’une réalité, surtout dans l’affaire Lam.C).

La stratégie que propose Zemmour, c’est donc de raccrocher la minorité nationale juive à la remorque de la bourgeoisie bien française. Et même pas à la bourgeoisie traditionnelle de Sarkozy (comme le voudraient les sionistes, de l’UPJF à la LDJ), mais à la bourgeoisie française agressive, celle de De Gaulle hier et du fascisme demain.

Ce qui est terrifiant, c’est que cette proposition stratégique est l’exact symétrique de ce que disent Dieudonné, Soral et Gouasmi, le caractère totalement bouffon en moins…

En effet, eux aussi veulent raccrocher la minorité nationale arabe à l’impérialisme francais le plus agressif, en l’opposant à la minorité juive, et cela encore une fois au nom de la république française « éternelle » et du prétendu « anti-communautarisme ».

D’ailleurs comme par hasard, Soral et Zemmour ont au départ fait carrière dans l’anti-féminisme, et dans la justification intellectuelle du sexisme le plus barbare. Aussi, tous deux ont été des « intellectuels light », se présentant comme rebelles mais passant sans cesse à la télé – en bons produits de l’évolution réactionnaire française.

Le fascisme est un mouvement « protéiforme », où tout existe avec son « contraire ».

Les masses juives doivent donc comprendre que Zemmour, c’est un Soral pour les juifs ; et qu’il participe donc à l’encerclement idéologique et culturel de notre minorité par les fascistes, avec ses fantasmes ultra-républicains.

En fait, Zemmour est éloigné au possible de notre minorité nationale, par sa culture plus proche de Napoléon et De Gaulle que de n’importe quel élément culturel juif : qu’il se nie ou qu’il s’affirme juif, il reste abstrait et intellectuel.

Mais pour paraphraser le dicton populaire juif, Zemmour peut bien oublier qu’il est juif, les véritables fascistes se chargeront de le lui rappeler…

Feu sur Éric Zemmour, le vendu au nationalisme français !
Briser les tentatives d’intégration dans les mobilisations nationalistes !

Un calendrier religieux juif pour iPhone

Voici une information qui peut intéresser les personnes religieuses, ou celles qui vivent dans des familles religieuses : récemment est apparu un calendrier juif pour iPhone.

Il s’agit en effet d’une application gratuite produite par Cal J (qui est dans les liens d’Hapoel depuis des mois et des mois).

Celle-ci indique les fêtes juives, les Parashiyot, les dates dans le calendrier juif aussi bien que dans le calendrier commun, et permet aussi de consulter directement une date (juive ou commune), notamment pour les anniversaires ou les commémorations.

Un problème, cependant, et de taille : la version actuelle n’inclut pas les horaires d’entrée dans les fêtes et les Shabbatot.

Mais ce problème sera sans doute réglé bientôt, puisqu’il est résolu dans la version Java de ce calendrier juif, disponible depuis plus de 5 ans pour les « anciens » téléphones portables.

Concernant les horaires, justement, cette version Java prend en compte dans ses calculs la ville, si on est en diaspora ou pas, etc.

Cette application plus ancienne est aussi gratuite (hors coût de la connexion WAP)… et conviendra à la très grande majorité de gens qui n’ont pas d’iPhone.

Ainsi, c’est cette version que nous avons testée, non seulement parce que l’iPhone est encore cher, mais aussi parce qu’il n’est pas pratique pour les prolétaires conscientEs et les révolutionnaires…

La page Cal J pour iPhone est par ici, celle pour les « anciens » portables est par là.

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 17h04, sortie samedi à 18h16.

« Face à un antisémite, je me sens juif. »

C’est un fait : Daniel Bensaïd a été l’un des principaux théoriciens de la LCR, et plus généralement du mouvement trotskyste international.

Mais quand on sait que la LCR a quasiment été un parti de profs, cela se ressent forcément dans le style de travail de ses intellectuels.

Et de fait, Bensaïd a été l’une des figures en France d’un certain « intellectualisme light », typique dans l’extrême-gauche universitaire.

Cela se voit dans les innombrables hommages que la social-démocratie rend à Daniel Bensaïd, où un « éloge » revient de manière systématique : Bensaïd aurait été un « marxiste non dogmatique ».

Sous la plume de petit-bourgeois, cela est lourd de sens.

De par son origine juive oranaise, le théoricien Daniel Bensaïd s’est fatalement intéressé à la « question juive », notamment depuis son ouvrage « Walter Benjamin, sentinelle messianique » en 1990.

Mais ses travaux sur la question juive datent principalement des années 2000 : autobiographie en 2004, réédition commentée de la « Question Juive » de Marx en 2006, articles et interviews, soutien à Alain Badiou dans son petit business philosophique sur le « nom juif », polémique contre ceux qu’il appelle les « nouveaux théologiens » (BHL, Finkielkraut, Milner), etc. etc.

Parmi toutes ses études, on notera le livre « Fragments mécréants : Sur les mythes identitaires et la république imaginaire », paru en 2005, et qui comporte un chapitre intitulé « Hantologies de l’Être juif ».

Le premier chapitre a lui pour titre « Les vases brisés », une référence plus qu’explicite au concept de « Shvirat HaKelim » du kabbaliste Itz’hak Luria.

Ainsi Daniel Bensaïd connaissait la philosophie et la mystique juives, sans doute par ses travaux sur Walter Benjamin, qui avait été influencé à la fin de sa vie par son ami Gerschom Scholem.

Mais comme on l’a vu, Daniel Bensaïd s’était plongé dans la « question juive » essentiellement durant les années 2000. Or pour toute personne juive issue du peuple, cet intérêt assez tardif a une explication assez simple…

Cette explication apparaît entre les lignes dans ses « Fragments mécréants », où Bensaïd était revenu brièvement sur un appel dans Le Monde en octobre 2000 (lui-même étant à l’origine de cette initiative avec Francis Kahn et Rony Brauman) :

« Au début de la deuxième Intifada un appel collectif parut dans la presse sous le titre « En tant que juifs ». Aucun des signataires [...] n’aurait sans doute imaginé en être réduit à faire état de ses « origines » pour pouvoir prononcer une parole politique. Signe de régression et d’obscurcissement de l’époque, ils se retrouvaient cloués contre leur gré au mur des identités assignées et subies. »

Des identités assignées et subies ? Il n’y a que des intellectuels petits-bourgeois pour dire cela, en s’imaginant au-delà de toute réalité culturelle concrète ! La vérité, c’est qu’au fond le peuple méprise la « haine de soi » – et encore plus dans les minorités nationales !

Plus loin, Daniel Bensaïd poursuivait :

« Il était, il est, d’autant plus nécessaire d’enfoncer un coin dans le monolithisme communautaire, de faire entendre un autre son « de l’intérieur » (ce que Michèle Sibony et Michel Warshawsky appellent le « contre-chœur »), de maintenir contre vents et marées la distinction entre antisionisme et antisémitisme, d’en briser l’équivalence infernale. »

Autrement dit, Bensaïd comptait « briser l’équivalence entre antisionisme et antisémitisme » dans un quotidien de la bourgeoisie impérialiste française, en prenant à témoin un public intellectuel petit-bourgeois !

Alors prétendre « faire entendre un autre son "de l’intérieur" », c’était simplement décalé, vu qu’il était de fait extérieur à la communauté

Ainsi, comme de nombreux intellectuels juifs de la gauche « radicale », Daniel Bensaïd ne s’était jamais vraiment exprimé en tant que personne juive… pour ensuite s’étonner que les sionistes parlent en son nom !

Mais cela n’était ni de la bêtise, ni de l’hypocrisie : c’est juste la contradiction insoluble des intellectuels juifs de la « gauche radicale ».

Car il faut bien comprendre que Daniel Bensaïd définissait son identité (qui en soi est une réalité objective) comme un « judaïsme de négation », ce qu’il résumait ainsi dans une interview :

« Je n’ai jamais effacé mes origines juives, mais je n’en avais pas fait un usage politique. En revanche, j’ai toujours dit que je l’assumais comme un judaïsme de négation. Face à un antisémite, je suis Juif. »

Cette dernière phrase (empruntée à Alain Krivine) est bien entendu une absurdité pour n’importe quelle personne juive qui, dans sa vie, a conscience d’appartenir à une communauté, communauté ayant un caractère de minorité nationale.

Mais cette citation de lui, ainsi que son intérêt pour la philosophie juive, montrent que le rapport de Bensaïd à sa culture d’origine était plus complexe que la négation pure et simple – pourtant typique des trotskystes d’origine juive.

Et alors ?

Alors rien, car aux yeux de l’histoire, il n’existe qu’un seul juge : le peuple, et qu’un seul critère de vérité : sa guerre pour vivre libre.

Or les travaux théoriques de Bensaïd sur la question juive étaient tout sauf destinés à servir les masses populaires juive.

Sinon, il n’aurait pas signé une pétition pour Siné, et il n’aurait pas écrit cela à propos du non-prosélytisme du judaïsme : « Principe de fermeture grégaire et d’excellence aristocratique oblige. »

On tient d’ailleurs une autre preuve du fait que Bensaïd n’était pas au service des masses populaires juives, une preuve tout à fait éclatante : l’U"J"FP lui rend hommage !

Le communiqué de l’U"J"FP explique ainsi qu’il était membre de cette association depuis l’Intifada al-Aqsa, et déclare :

« Militant internationaliste, [Daniel Bensaïd] a accepté de porter avec nous sa judéïté pour servir la justice, et l’humanité de l’autre. »

Bref, un magnifique condensé de tout l’humanisme petit-bourgeois abstraitement universaliste – en un mot, le cosmopolitisme – qui peut régner dans la gauche juive d’aujourd’hui, et auquel Bensaïd n’a pas échappé…

Pourtant, Daniel Bensaïd n’était pas idiot, et en plus, il ne niait pas complètement la réalité culturelle juive.

On tient donc là une contradiction, la contradiction des intellectuels juifs de la « gauche radicale », entre négation de soi et réflexion abstraite sur la « question juive ».

C’est là tout le malheur de ces « juifs de négation » : à force de nier l’existence des masses populaires juives au nom d’un universalisme abstrait, ils se retrouvent paradoxalement à se mettre en avant comme juifs, mais de manière toujours aussi abstraite !

Au cœur de cette contradiction, la grande absente est bel et bien ce que Lénine appelait « la dignité du réel », c’est-à-dire la réalité dans ce qu’elle a de plus immédiat.

Et d’ailleurs, la preuve irréfutable que tout cela est une construction intellectuelle abstraite, c’est l’absence terrible de toute référence à Ilan Halimi ou au fascisme – mais aussi à la libération animale.

Voilà pourquoi pour servir les masses populaires juives, il nous faut une extrême-gauche réaliste, populaire, et vraiment révolutionnaire !

Se nier, se trahir : jamais !

Mourir à soixante ans…

Hier matin, Daniel Bensaïd nous a quittés, « des suites d’une longue maladie » comme disent les médias.

Le saviez-vous ?

Daniel Bensaïd, c’était le fameux « Bensa » de Mai 68, qui a été jusqu’au bout la figure intellectuelle de la LCR puis du NPA de Besancenot.

Né en 1946 à Toulouse, il était monté à Paris pour ses études à la fac de Nanterre, qui sera l’un des bastions étudiants du mouvement de mai – juin 1968.

Là, il était devenu l’un des cadres dirigeants de la Jeunesse Communiste Révolutionnaire, aux côtés notamment des frères Krivine (juifs ukrainiens) et d’Henri Weber (juif du Tadjikistan).

La JCR était une organisation trotskyste créée en avril 1966 après l’expulsion des trotskystes de l’Union des Étudiants Communistes. Mais en réalité, la JCR était issue de 40 ans de trotskysme français, quoi qu’en dise son historiographie officielle…

Le 12 juin 1968, le ministre de l’intérieur Marcellin dissout de nombreuses organisations révolutionnaires, dont l’UJCML maoïste et la JCR trotskyste. En avril 1969 sera donc fondée la Ligue Communiste, issue de la fusion avec le parti trotskyste dont la JCR dépendait officieusement.

À la création de la LC, son bureau politique était composé de 12 cadres dirigeants, parmi lesquels… 11 personnes juives !

Il existe d’ailleurs une blague à propos de cela, classique dans l’extrême-gauche des années 1970 : « Pourquoi on ne parle pas yiddish au bureau politique de la Ligue ? Parce que Bensaïd est séfarade ! »

La Ligue Communiste mettait en avant une identité anti-impérialiste, guévariste, révolutionnaire, soutenant même quelques guérillas des pays opprimés. Daniel Bensaïd a ainsi eu un rôle dans l’organisation internationale des trotskystes, voyageant au Brésil, en Argentine, dans l’État espagnol, etc.

Le 21 juin 1973, l’organisation fasciste Ordre Nouveau tient un meeting à la Mutualité, intitulé « Halte à l’immigration sauvage »… Meeting qui sera très violemment attaqué par les révolutionnaires !

Contre la police qui protège les fascistes, c’est la panoplie « classique » qui est de sortie : casque, manche de pioche, cocktails molotov. Bilan : plus de 150 flics au tapis !

De cette attaque antifasciste sous la direction de Michel Recanati (encore un !!!), le service d’ordre de la Ligue a tiré une réputation mythique.

Une réputation mythique… précisément car elle s’est construite sur un mythe !

Car dans la foulée du 21 juin 1973, la Ligue sera dissoute par l’État (après le saccage de son siège par la police et l’arrestation d’Alain Krivine), puis reconstituée en 1974 sous le nom de Ligue Communiste Révolutionnaire… mais avec une ligne complètement différente !

En effet, la LCR bazarde alors toute référence guévariste, anti-impérialiste, pro-guérilla, et adopte la ligne classiquement trotskyste de noyauter les syndicats étudiants, le « mouvement social » et la social-démocratie.

Bref, la LCR compte parasiter le PS et le P"C"F, pour monter une aile d’extrême-gauche du mitterrandisme.

D’ailleurs, toute l’aura de la LCR puis du NPA vient justement de l’époque 1966 – 1973, où la Ligue présentait une identité « motivée », qui donnait l’impression de vouloir réellement bouleverser l’ordre établi. Mais de fait, ce brusque virage à droite n’a été que la fin d’une supercherie politique.

Cependant, la liquidation totale des positions révolutionnaires de la Ligue a été vécue comme une véritable trahison par beaucoup de militants historiques, qui tombèrent dans la dépression, la drogue, ou pire…

Ainsi, suite au meeting d’Ordre Nouveau, Michel Recanati a dû s’exiler à l’étranger dans la clandestinité, puis a purgé plusieurs mois de prison en France… avant d’être marginalisé au sein de la nouvelle LCR pour « dérive militariste » !

Né en 1948, Michel Recanati se jette sous un train le 23 mai 1978. Le film « Mourir à trente ans » de Romain Goupil lui est dédié.

Pourquoi est-ce que nous racontons tout cela ?

Tout d’abord parce que l’héritage politique d’Hapoel puise dans ces années de bouillonnement révolutionnaire. Hapoel veut une vraie extrême-gauche réaliste et populaire dans laquelle les masses juives puissent se reconnaître – comme en partie à l’époque.

Mais aussi et surtout parce que le parcours de Daniel Bensaïd se confond justement avec l’histoire de la JCR et de la Ligue Communiste, puis de la LCR pour aboutir à ce qui est aujourd’hui le NPA de Besancenot.

La vérité, c’est que le NPA est né de la LCR, qui au fond est elle-même née… du suicide de Recanati.

Chez les trotskystes de l’après 68, il y avait essentiellement deux séfarades : Michel Recanati, et Daniel Bensaïd (Benny Lévy étant quant à lui maoïste).

Le premier est « mort à trente ans », par refus de trahir.

Le deuxième est mort hier à 63 ans, après avoir accompagné la transformation de la Ligue en l’organisation totalement petite-bourgeoise qu’est le NPA de Besancenot.

Aujourd’hui, toute la social-démocratie rend hommage à « Bensa », en mettant en avant l’idée comme quoi Daniel Bensaïd n’aurait jamais retourné sa veste.

Cela est faux : Bensaïd n’a certes jamais abandonné la Ligue, mais c’est la Ligue qui a abandonné la révolution.

Crystal Method & Matisyahu – Drown in the Now

Une seule communauté : la communauté universelle !

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En Italie comme ailleurs : autodéfense contre les pogroms !

Février 2000, à El Ejido dans l’État espagnol : des pogroms s’abattent sur les ouvriers agricoles surexploités, majoritairement originaires du Maroc.

C’était il y a 10 ans, et pourtant, on se rend aujourd’hui compte que ce n’était qu’un signe précurseur de la mobilisation raciste qui s’abat actuellement sur l’Europe.

Pogroms contre les roms en Hongrie et Tchéquie, répressions racistes contre les ouvriers africains en Grèce ou contre les ouvriers chinois en Italie…

Et aujourd’hui, pogroms contre les ouvriers agricoles immigrés dans le sud de l’Italie.

Car comment appeler autrement ce qu’il s’est passé ce vendredi à Rosarno en Calabre ?

Renverser volontairement des travailleurs immigrés, les tabasser à la barre de fer, incendier leurs taudis dans des usines désaffectées, leur tirer dessus à la carabine… tout cela relève clairement du pogrom.

Ce vendredi, les ouvriers immigrés ont organisé une manifestation en ville, pour protester contre leur exploitation à l’extrême par la mafia (avec la complicité de l’État italien), mais aussi contre les tentatives de meurtre dont certains ont été victimes la veille au soir.

Et face à la répression, la manifestation a très logiquement tourné à l’affrontement contre la police et les racistes.

De quoi servir de signal aux fascistes, qui ont aussitôt déclenché la violence raciste en arrivant à mobiliser une partie de la population.

Le bilan des pogroms : de nombreux blessés, dont deux ouvriers dans un état grave.

Ainsi, l’impérialisme organise la misère des pays opprimés, pousse les travailleurs à l‘exil en Europe… et attise ici le racisme et la division du peuple !

Quant à la France, l’explosion du racisme pogromiste ne l’épargnera pas, et il faudra apprendre à être prêts…

Face à l’exploitation et au racisme, on a raison de se révolter !
En Italie comme ailleurs, autodéfense contre les pogroms !

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 16h53, sortie samedi à 18h07.

Pour une lutte conséquente contre l’antisémitisme – PCMLM

Il n’y aura pas d’antifascisme populaire sans une compréhension réaliste de la culture réactionnaire de notre époque.

Voilà un principe largement incompris par l’extrême-gauche française, puisque pour y trouver une analyse précise de l’antisémitisme aujourd’hui en France, il faut se lever tôt.

Et pourtant l’antisémitisme est une réalité culturelle de plus en plus massive dans notre époque de crise, et qui tient donc un rôle particulier dans l’extrême-droite qui se présente comme « radicale », « rebelle », « révolutionnaire ».

C’est pourquoi nous publions un document du Parti Communiste Marxiste-Léniniste-Maoïste, qui date de… mai 2005 !

Cette analyse du PCMLM, ancrée dans la réalité de notre époque, est incontournable à l’extrême-gauche.

Pourquoi ? Eh bien déjà parce que c’est presque la seule ! Et ce n’est pas pour rien : l’extrême-gauche a « oublié » l’antisémitisme, comme elle a par ailleurs « oublié » la minorité juive.

Un phénomène logique, car si l’extrême-gauche des années 1960 était portée par le peuple, aujourd’hui c’est la petite-bourgeoisie qui forme son contingent, et c’est un milieu naturellement infesté d’antisémitisme – d’autant plus que la crise capitaliste progresse.

Toi aussi, étudie la « Parasha de la semaine » :

Pour une lutte conséquente contre l’antisémitisme

So long as the beat goes on…

En hommage à Sébastien Sellam z"l, Hapoel met en ligne un extrait de Back To New Jack, sorti en mars 2003 avant Summer Groove.

On vous laisse apprécier le doigté de DJ Lam.C dans l’introduction de cette compilation, qui contient de magnifiques classiques New Jack Swing du début des années 1990.

Le 19 novembre 2003 dans un parking de la rue Louis Blanc, c’était l’un des meilleurs espoirs des platines qui était assassiné par l’antisémitisme.

Mais là où il est, Lam.C doit faire groover les anges…

JUSTICE POUR LAM.C !!!

Toujours pas de justice pour Lam.C !

Cela fait plus de 6 ans que la famille Sellam réclame justice pour Sébastien. Pour se remémorer ces 6 années, voir notre article 2003 – 2009 : enfin un procès pour DJ Lam-C.

Début décembre s’est tenue une audience afin de déterminer si son assassin était pénalement responsable ou pas.

Hier, le délibéré a donc été rendu : la « justice » française considère qu’il n’y a pas de responsable dans l’assassinat de Lam.C !

En effet selon la cour d’appel, Adel Amastaibou est déclaré « irresponsable pénalement en raison d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes ».

Comble du cynisme, cette même cour d’appel « découvre » ce qui était une évidence pour tout le monde : il existe contre le coupable « des charges suffisantes d’avoir commis les faits d’assassinat sur la personne de Sébastien Sellam ».

Les choses sont donc très claires : pour la justice bourgeoise, la mémoire de Lam.C n’a aucune valeur !

Pas plus que les 6 années de déni, de mépris et de calvaire qu’ont vécues sa mère et son frère, Juliette et Stéphane.

Cela tient à une raison très simple : nous sommes en France, un pays où l’antisémitisme n’existe pas, et où derrière chaque acte antisémite se cache à tous les coups une autre raison…

Il n’y a qu’à voir comment la cour d’appel explique que le meurtre de Sébastien Sellam « n’est pas un acte antisémite mais un acte délirant… délire lui-même alimenté d’une thématique antisémite ambiante ».

C’est exactement ce que l’on appelle louvoyer, pour faire de l’antisémitisme une « ambiance » diffuse et abstraite, alors que l’absence de Sébastien est concrète, terriblement concrète.

Une manifestation est organisée demain à 13h devant le ministère de la justice bourgeoise, place Vendôme, là où avait eu lieu un rassemblement pour Ilan en juillet dernier. Ensuite, il s’agit d’une « manifestation Facebook » (les détails par ici), donc personne n’a d’idée d’à quoi cela peut ressembler…

JUSTICE POUR LAM.C !!!

Justice pour Ilan & Lam.C, deux fils du peuple !

Antisémitisme des années 2000, antisémitisme des années 2010

Dans la lutte antifasciste, la stratégie détermine tout.

Voilà pourquoi nous développons une certaine activité théorique autour de l’antisémitisme, qui consiste en l’étude de la culture et de l’économie politique.

Établir la stratégie antifasciste correcte, c’est à moyen terme une question vitale pour la minorité juive de France.

Et précisément parce que la lutte pour la survie s’étendra sur une longue période, il faut savoir analyser son époque, et orienter son activité en fonction.

Autrement dit, il faut être à l’écoute du tempo de l’histoire, ou bien – ce qui revient au même – à l’écoute des battements de cœur du peuple.

Mais il faut aussi être à l’affût de l’évolution réactionnaire de la France.

Or que voit-on ?

Que les années 2000 ont été une décennie où le racisme en général s’est développé et affirmé, et où l’antisémitisme en particulier a tout simplement explosé.

Aux années 1980 avec leurs skinheads et leurs attentats antisémites « touchant des Français innocents », aux années 1990 avec l’affaire Carpentras et les provocations de Le Pen, ont succédé les années 2000, avec leurs profanations de cimetières, leurs incendies de synagogues, leurs morts.

Les chiffres de l’État bourgeois sont ce qu’ils sont, mais ils restent plus qu’éloquents : de 80 actes et menaces antisémites en 1999, on est passé à 740 en 2000 (essentiellement pendant l’Intifada al-Aqsa), à 940 en 2002, à 970 en 2004.

Puis s’amorce une diminution (relative) des passages à l’acte jusqu’en 2008, pour exploser à nouveau avec 700 actes et menaces antisémites de janvier à septembre 2009 (essentiellement pendant les massacres de Gaza).

Ainsi l’antisémitisme s’est terriblement développé pendant les années 2000, acquérant par endroits un caractère massif, quotidien, banalisé – jusqu’aux assassinats de fils du peuple comme Sébastien Sellam en 2003 et Ilan Halimi en 2006.

Ce qui n’empêche pas aujourd’hui Jacques Attali de déclarer que « l’antisémitisme est un problème qui n’existe pas », ou bien des universitaires d’affirmer qu’ « il faut en finir avec ce fantasme d’un "retour de l’antisémitisme" », ou bien Maurice Rajsfus et Pierre Stambul d’expliquer que l’antisémitisme serait en fait secondaire, si ce n’est la faute aux juifs !

L’antisémitisme des années 2000 est certes banalisé, et s’infiltre au sein du peuple de façon massive. Mais au fond, le peuple n’est pas raciste, le racisme ne fait pas partie de ses valeurs.

Le racisme est un produit des classes dominantes, qui inoculent ce poison au peuple. C’est-à-dire que l’antisémitisme au sein du peuple est toujours mobilisé de l’extérieur – d’autant plus à notre époque de crise générale du capitalisme.

Cela est tout à fait flagrant avec l’antisémitisme de type complotiste, qui est une expression typiquement petite-bourgeoise, étrangère à la classe ouvrière. Mais aussi avec l’antisémitisme des islamistes, qui sont en France des petits-bourgeois d’origine arabe cherchant une assise populaire.

Or comme par hasard, ce sont deux types d’antisémitisme – au fond tellement français – qui se sont largement développés durant la décennie passée.

Quand on comprend la nature de classe du racisme, il est logique de constater que l’antisémitisme politique a également explosé au cours de la décennie passée, porté par la bourgeoisie la plus impérialiste et par la petite-bourgeoisie en crise.

De fait, tout cela est résumé dans la candidature fasciste de Dieudonné en 2009 – qui aurait été impossible en 1999, et encore plus en 1989 où son compte aurait été vite réglé…

Mais comment une expression politique aussi antisémite a-t-elle pu se développer et se revendiquer ainsi ?

Il faut bien voir une chose : les années 2000 sont les années du flou, du confusionnisme, de l’absence totale de repères politiques.

C’est-à-dire que plus rien n’a de sens, dans cette société dépolitisée où l’horizon de la révolte se limite au mieux à du moralisme et du symbolique.

Car il faut se souvenir qu’avant Dieudonné et Soral aux européennes de 2009, il y avait Dieudonné et Soral aux européennes de 2004… sur la liste d’Europalestine !

En effet, la petite-bourgeoisie « contestataire » est naturellement infestée d’antisémitisme, coincée qu’elle est dans son « catholicisme de gauche ». Et dans sa décadence, elle se fait alors complice du fascisme.

L’un des symboles du grand n’importe quoi de notre époque, c’est la mobilisation en juillet 2009 pour la librairie « Résistances », où l’avocat de Faurisson avait pu côtoyer toute la social-démocratie parisienne… comme si de rien n’était !

Et pourtant, l’antisémitisme à la Soral – Dieudonné – Gouasmi, c’est tout sauf le confusionnisme des années 2000 ! C’est même une expression antisémite clairement revendiquée et quasi génocidaire.

Cette contradiction apparente s’explique ainsi : autant l’opportunisme de la « gauche radicale » avec l’antisémitisme est un pur produit des années 2000, autant l’antisémitisme « national-révolutionnaire » est en réalité une préfiguration des années 2010 !

Autrement dit, Dieudonné n’est pas le dernier des années 2000, mais le premier des années 2010 !

Ainsi, la négation de l’antisémitisme durant la dernière décennie se transforme en son contraire : l’antisémitisme exterminateur de la prochaine décennie.

Par conséquent, nous considérons avoir eu raison de parler des projets fascistes de type proto-nazi, qui sont au service des secteurs les plus barbares de la bourgeoisie impérialiste, et de ne pas y voir un « phénomène secondaire ».

Car l’antisémitisme banalisé des années 2000 est une base d’appui pour la mobilisation fasciste des années 2010 !

Hapoel étudie la culture réactionnaire de notre époque, développe l’économie politique de l’antisémitisme, établit la stratégie antifasciste au service du peuple.

Voilà pourquoi nous sommes parmi les seuls à comprendre scientifiquement la tendance des années 2010 : l’explosion du racisme génocidaire parallèlement à la crise capitaliste.

Et voilà pourquoi nous affirmons pour cette nouvelle décennie :

Juif ! Juive !
Nous sommes au seuil des années 1930 !
Participe à la bataille populaire antifasciste !
Il n’y aura pas de nouvel holocauste !

Le débat sur l’identité nationale – AA Artois

Un article limpide à propos du débat sur l’identité nationale, par nos camarades de l’Action Antifasciste Artois. Étudiez les positions des « Ch’tis avec Lénine » !

Pour approfondir la question, voici une position des Red Lions 94, un sujet sur le Forum Antifasciste, et un document marxiste-léniniste-maoïste.

À propos du débat sur l’identité nationale.

Le « grand débat sur l’identité nationale » a été lancé il y a plusieurs semaines. L’État bourgeois crée des conditions idéales pour que s’expriment les idées fascistes. On constate d’ailleurs que les « identitaires flamands » comme le FN renforcent actuellement leur discours sur les vertus du « terroir », opposé au « capitalisme cosmopolite ». La vidéo de lancement de la campagne de Marine Le Pen pour les régionales 2010 est criante sur ce point.

Le ministre Besson, lui, se contente d’appeler à « la fierté d’être français ».

Les habitantEs du Bassin minier savent bien que la nationalité n’est pas un choix. Nos familles ne sont pas enracinées en France, ce terme n’a d’ailleurs aucun sens. Nous sommes issus d’individus ayant subi la violence des guerres nationalistes, impérialistes, menés notamment par l’État français. Nos familles ont fui la famine et l’exploitation dans des pays féodaux, colonisés, notamment par l’État français. Nos familles arrivant d’Europe de l’Est, d’Afrique, du Bassin méditerranéen, sont des forces de production au service du capitalisme Français, exploitées, dominées par la bourgeoisie.

Voilà notre seule identité : prolétaires.

Staline explique ainsi la création des nations modernes : « Les nations qui se sont fondées à l’époque du capitalisme ascendant étaient des nations bourgeoises, car c’était la bourgeoisie et ses partis nationalistes qui constituaient la force principale, dirigeante.

La physiologie sociale, politique, et morale de ces nations en ont subi l’empreinte. La paix sociale à l’intérieur de la nation au nom de l’ »unité de la nation » ; l’extension du territoire de sa nation par la conquête de territoires nationaux étrangers ; la méfiance et la haine envers les autres nations ; l’oppression des minorités nationales ; le front unique avec l’impérialisme ; tel est le bagage idéologique, politique et social de ces nations. » (« La question nationale et le léninisme »)

Ce débat n’a pas d’autre utilité que de servir la bourgeoisie. Il s’agit de resserrer les rangs du peuple autour de la bourgeoisie, en prévision de ce qui est inéluctable : la révolution sociale. Le capitalisme est en crise générale, la bourgeoisie cherche à refonder la nation, contre le prolétariat.

La tentation de la social-démocratie, dans ce débat, est de pointer du doigt le danger de « l’apartheid ». Selon ces analyses bancales, le gouvernement tenterait de stigmatiser les « non-blancs » et le rôle des progressistes seraient d’entrer dans le débat pour définir l’identité nationale en « intégrant » les immigréEs. Ce raisonnement à la « touche pas à mon pote » est inadapté, inefficace, et de nature à tromper les révolutionnaires.

- Accepter d’entrer dans le débat sur « ce qu’est qu’être français ? » c’est considérer que l’antagonisme des classes n’a pas de fondements, et qu’en fin de compte nous avons ce point commun indépassable avec les exploiteurs : nous serions français.

- Dans le bassin minier, nous sommes touTEs issuEs de l’immigration, et nous avons pu voir qu’une petite partie d’entre nous a eu accès à la classe moyenne, voire à la petite-bourgeoisie, tandis que le prolétariat subit des discriminations toujours plus cruelles.

La stratégie de l’État bourgeois est d’intégrer les minorités, de se servir des classes moyennes issues de ces minorités pour encadrer le prolétariat.

Le site ami Hapoel a ainsi écrit : « Ce qu’il faut voir, c’est que la petite-bourgeoisie commerçante d’origine juive tente d’encadrer et de diriger les masses juives les plus pauvres, prolétaires et « lumpen-prolétaires ».

Pour cela, elle doit produire une idéologie qui neutraliserait les divergences d’intérêts – donc la lutte des classes – au sein de la communauté juive. »

Cette analyse peut-être étendue à toutes les minorités nationales.

Face au gouvernement qui cherche à sauver la démocratie bourgeoise, impérialiste et mortifère,

Face aux dirigeants des partis et des syndicats « de gauche » qui veulent nous détourner,

Contre les fascistes, qui constituent la réaction sur toute la ligne, et qui ne peuvent que nous conduire à la guerre et au génocide,

L’action antifasciste réaffirme le bien-fondé de construire un front antifasciste, pour l’offensive métisse et populaire.

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 16h46, sortie samedi à 18h00.

Aux fondements de notre identité, Gaza…

Hapoel est né peu après l’offensive sioniste à Gaza. Mais il faut le savoir, les personnes qui ont fondé Hapoel n’ont pas agi « en réaction » à Gaza.

Par contre, il est clair que l’identité d’Hapoel s’est forgée dans les diverses réactions face à l’offensive contre Gaza. En gros : « en réaction aux réactions ».

Ainsi, nous nous souviendrons longtemps de l’embrigadement pro-sioniste des institutionnels juifs, comme Richard Prasquier prétendant que 95% des juifs se prononceraient en faveur des massacres de Gaza.

Et cela alors que chez beaucoup de personnes juives défendant Israel, on sentait toujours quelque chose de vacillant, de résigné : sans doute la conscience inavouée de l’absurdité de la barbarie

Nous nous souviendrons aussi longtemps de la stratégie de l’État français, qui voulait diviser le peuple selon des critères pseudo-religieux, en mettant à contribution aussi bien le Crif que le CFCM musulman.

Mais surtout, aucune personne juive n’oubliera l’énorme développement de l’antisémitisme en janvier dernier, sous l’impulsion très organisée des islamistes et des proto-nazis, qui ont partiellement réussi à dévier la juste révolte en racisme.

Ainsi, quelle personne juive de la région parisienne oubliera les manifestations où Dieudonné et Kemi Seba paradaient sur Voltaire avec le cortège de Hizbollah, pour terminer par des discours nettement antisémites à Nation ? (du type « Gaza, c’est la Shoah. »)

Et tout cela dans le silence assourdissant de la majorité de la gauche « radicale », démagogue avec les antisémites et lâche avec les masses juives (NPA, P"C"F et U"J"FP en tête).

Quant aux intellectuels juifs « de gauche », n’en parlons même pas, que ce soit l’éditeur Éric Hazan avec sa « deuxième mort du judaïsme » d’une nullité sans nom, ou bien Maurice Rajsfus expliquant à l’époque que « [les juifs] qui se singularisent, c’est pas normal qu’ils se fassent agresser, mais ils font tout ce qu’il faut pour ça ».

Toutes ces « réactions » ont un point commun : elles nient que partout dans le monde, le peuple a besoin de la révolution pour se libérer et vaincre la barbarie – y compris les masses populaires juives de France !

C’est en ce sens qu’Hapoel est « né avec Gaza » : en construisant son identité contre le sionisme, l’antisémitisme et la lâcheté d’une certaine extrême-gauche.

Mais affirmons-le clairement : quand nous expliquons tout cela, il ne s’agit absolument pas de « raconter notre vie » !

Car l’explosion de l’antisémitisme, la trahison définitive de l’extrême-gauche, les manipulations de l’État par le biais du Crif… n’importe quelle personne juive du peuple les a vécues – de manière plus ou moins consciente, plus ou moins blessante, plus ou moins violente.

Voilà pourquoi Hapoel a été fondé : pour synthétiser, développer et systématiser le vécu des masses populaires juives, leur volonté de briser le racisme, leur aspiration au changement !

Juif ! Juive !
Au fond de toi, tu veux en finir avec la barbarie !
Tu veux en finir avec le sionisme et l’antisémitisme !
Avec Hapoel, défends ta culture et ta vie !

Juif ! Juive ! La révolution arabe est aussi la tienne !

Gaza et la militarisation de l’économie israelienne

Le saviez-vous ?

Un peu comme le Liban à l’été 2006, l’offensive sioniste à Gaza en janvier 2009 a largement servi comme « laboratoire » militaire à Tzahal.

En effet, de nombreuses armes américaines et israeliennes ont été testées, des tactiques militaires ont été appliquées et évaluées, et les techniques et tactiques de la résistance palestinienne ont été passées au crible.

Mais ce qui est moins compris, c’est le bond en avant dans la militarisation de la société israelienne qui a été permis par l’offensive de Gaza.

Car il faut bien voir que l’aspect « laboratoire » de cette offensive concerne également l’exercice du pouvoir et la marche de l’économie en Israel même : c’est le pendant « interne » de la répression de la résistance arabe.

Ainsi, il faut savoir que durant l’opération ‘Oferet Yetzukah, les réunions du gouvernement israelien se tenaient directement… au ministère de la défense !

Autrement dit, dans un État qui vit plus ou moins en guerre depuis 60 ans, et où l’institution militaire a un poids immense, Tzahal a assumé de manière quasi officielle l’exercice direct du pouvoir.

Mais pour mener à bien les guerres coloniales d’Israel, il faut également assurer une mobilisation de masse, ou tout au moins neutraliser le peuple – et si besoin sur un mode autoritaire.

C’est là le rôle du « Commandement de la Protection Civile » (Pikud Ha’Oref, ou Pak’ar, ou Home Front Command), qui coordonne la mobilisation du « front de l’arrière ».

Ainsi, le Pak’ar a été le seul corps de Tzahal à rappeler ses réservistes dès le déclenchement des opérations militaires, et celui-ci a déclenché pendant la première nuit le « plan Mela’h » – qui même à l’été 2006 n’avait pas été déclenché !

Mela’h, cela signifie « sel » en hébreu, mais c’est surtout l’abréviation de « Meshek LeSheat ‘Herum », c’est-à-dire l’état d’économie d’urgence. L’organisme Mela’h a été créé en 1955 par Ben Gurion, est passé en 1965 sous la direction du ministère de la défense, et a été doté d’un quartier général en 1986.

Bien entendu, il existe à côté de Mela’h de très très nombreux dispositifs d’urgence : autorité d’urgence nationale (Reshut ‘Herum Le’umit, ou Ra’hel comme le prénom), situations spéciales de protection civile (pendant les tirs de roquettes), diverses sirènes (‘Azakah) et radars repérant les roquettes, abris près de chaque ensemble de bâtiments (avec les entraînements d’évacuation dès l’école maternelle), etc.

Mais la spécificité de Mela’h, c’est que Tzahal prend directement le contrôle de l’économie.

Ainsi, dans un rayon de 20 puis 40 km autour de la bande de Gaza (donc Sderot, Netivot Ashkelon, et même la région de Ber Sheva), les secteurs économiques dits « vitaux » pouvaient réquisitionner les ouvrierEs à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit !

Ce qu’il faut remarquer, c’est que pendant la guerre de 2006 au Liban, tous ces plans d’urgence n’ont pas été déclenchés, malgré les très nombreuses roquettes tirées sur le nord d’Israel, et malgré les polémiques à l’époque.

Pourquoi en 2009 et pas en 2006 ?

Sans doute à cause de l’aggravation de la crise capitaliste.

Car depuis 60 ans, l’État sioniste est un État en crise, soutenu à bout de bras par l’impérialisme américain, et dont l’économie est largement orientée vers l’industrie militaire – conformément aux intérêts américains…

Là survient l’intensification de la crise générale du capitalisme, encore plus en septembre 2008. Cette crise est un grand pas en avant dans la marche à la guerre impérialiste, qui devient de plus en plus la seule issue pour les capitalistes.

L’appareil d’État israelien doit donc être prêt à parer à une guerre, avec l’économie de guerre qui suit, et la mobilisation de masse dans cette économie de guerre.

Voilà pourquoi nous expliquons que : la guerre de Gaza est un aspect de la crise du capitalisme ; la guerre de Gaza est un « laboratoire » pour la militarisation totale de l’économie et de la société israeliennes.

Et voilà pourquoi nous disons que le sionisme est un ennemi de la classe ouvrière dans l’État israelien !

Aucun massacre ne brisera la résistance !

Ce qui se joue à Gaza – PCMLM

Un document du Parti Communiste Marxiste-Léniniste-Maoïste, paru il y a un an pendant les massacres de Gaza. Un document court, mais une ligne à étudier sérieusement, en particulier pour les révolutionnaires des minorités juive et arabe en France.

Ce qui se joue en ce moment à Gaza et quelle signification cela a pour nous

Ce qui s’est passé en Grèce était un aspect de la crise générale du capitalisme. Ce qui se passe aujourd’hui en Palestine est l’autre aspect. L’impérialisme en crise précipite le monde dans la guerre.

Et cette tendance s’accélère. Pour cette raison, ce second aspect qu’est la guerre impérialiste amène une nouvelle situation, visant à pourrir le premier aspect. C’est le fascisme.

Tel est le panorama de la situation actuelle, qui représente un moment clef. Ce qui se joue en ce moment est essentiel !

Soit la révolte qui grandit possède un caractère révolutionnaire, matérialiste, communiste. Soit elle est parasitée, tronquée, faussée et est déviée en mobilisation de masses de type fasciste.

Et il était inévitable que la question palestinienne soit présente dans la maturation de ce moment clef. Pour deux raisons essentielles :

a) Elle nécessite de la part des révolutionnaires dans les pays impérialistes une analyse matérialiste absolument impeccable, sans quoi les pseudo « révolutionnaires » que sont les fascistes arrivent à transformer l’antisionisme en antisémitisme, forme « traditionnelle » et historique du paratonnerre social du pseudo « anticapitalisme ».

b) Elle nécessite de la part des révolutionnaires dans les pays arabes une analyse matérialiste absolument impeccable, sans quoi le mouvement de libération nationale arabe sera inévitablement coincé, comme l’histoire le montre, entre d’un côté la réaction arabe représentée par les bourgeoisies compradores–bureaucratiques vendues à l’impérialisme, et de l’autre côté les mouvements religieux islamiques qui représentent les bourgeoisies nationales arabes locales qui ont peur de la révolution arabe et la troquent contre un Islam mythique (qui n’est par définition plus arabe ni populaire).

Si nous avons, en tant que marxistes-léninistes-maoïstes, réaffirmé le patrimoine des positions de la gauche palestinienne – et nous avons été les seuls à le faire ! – c’est pour être au niveau de cette question qui se pose concrètement en France avec trois aspects essentiels :

a) L’impérialisme français joue un rôle énorme dans l’oppression et l’exploitation des pays de la nation arabe, en plus d’avoir force à l’émigration des centaines de milliers d’Arabes.

Donc si dans un pays de la nation arabe, les révolutionnaires mettent à jour le véritable visage compradore–bureaucratique de la bourgeoisie locale et arrivent par là à relancer le mouvement de libération nationale arabe en brisant le mythe des pseudo « États nationaux » (que seraient la Syrie, le Maroc, l’Égypte, etc.), les conséquences seraient excellentes pour la révolution en France !

b) L’impérialisme français a réussi à diviser la population historique de nombreux pays arabes en manipulant les communautés juives locales.

Ces populations vivant en France depuis la pseudo-indépendance des « États nationaux » arabes (en réalité États semi-coloniaux semi-féodaux) savent au fond très bien que le sionisme est une option totalement abstraite et que culturellement voire nationalement, elles restent absolument liées à la nation arabe.

L’affirmation de la révolution démocratique arabe est un coup gigantesque contre la manipulation de la communauté juive en France par l’impérialisme, manipulation effectuée par l’intermédiaire du sionisme !

c) Le fascisme en pleine expansion en France s’appuie ouvertement sur la culture catholique traditionnelle : antisémitisme social et « droit de regard » sur la Palestine. Affirmer le caractère démocratique de la question palestinienne et son caractère national arabe, c’est contrer de manière prolétarienne et internationaliste le fascisme sur ce point.

L’unité des masses populaires d’origine juive et arabe en France représente une étape obligée de la révolution prolétarienne en France !

Tels sont les composantes du moment clef qui se joue en ce moment.