HaPoel HaAntifashisti * הפועל האנטי פאשיסטי

HaPoel HaAntifashisti est un blog fait par des antifascistes appartenant à la minorité nationale juive en France. À l’heure où chaque personne juive peut voir d’un côté l’impasse meurtrière qu’est le sionisme, et de l’autre comment en France l’antisémitisme explose parallèlement à la crise capitaliste, HaPoel HaAntifashisti était une nécessité, une question de survie à moyen terme.

**** Contact : contact (at) hapoel.fr ****

Lire la suite.

[AA communiqué] Arrestations de sept militants antifascistes à Hénin-Beaumont

Ce soir, 7 militants et militantes antifascistes ont été arrêtés à Hénin-Beaumont un peu avant 20 heures. Ils rejoignaient le lieu d’un rassemblement appelé par le Comité de Vigilance Antifasciste 62 membre de l’Action Antifasciste.

Ils ont été placé en garde-à-vue au commissariat de Lens.

Bien que Marine Le Pen ait à priori perdu de quelques voix les élections, le fascisme continu sa progression dans le bassin minier et particulièrement à Henin-Beaumont où elle recueillerait 55% des voix.

Le combat ne fait que commencer et ce n’est ni la social-démocratie corrompue ni l’électoralisme qui ne pourront stopper cette marche au pouvoir.

Liberté pour les 7 d’Hénin-Beaumont !
A bas le fascisme ! A bas la répression de l’Etat bourgeois !

[Action Antifasciste 17/06/12]

Gabriel Sandler, 6 ans, Arieh Sandler, 3 ans, Myriam Monsonégo, 8 ans…

Il y a des moments où l’histoire s’accélère, et même si nous étions prévenu, ce qui s’est passé à Toulouse est un traumatisme terrible. Il fait un temps de silence de pouvoir parler et de tenter de trouver des mots justes. Pour savoir face aux nazis.

Des mots qui ne soient pas des prières, mais une compréhension du terrible antisémitisme qui s’étale en France depuis quelques années, depuis que la crise traverse le capitalisme. Les soupapes de sécurité ont lâché, tuer des enfants juifs est un acte barbare qui s’est concrétisé. Personne n’aurait cru, il y a 20 ans, qu’un tel acte aussi glacé soit même possible.

Hapoel appelle à avoir du recul et à réfléchir, à comprendre la situation. Pour savoir faire face, avoir des coups d’avance. Cela fait partie de notre identité juive que de réfléchir et de trouver le bon mot, pour avancer correctement et parer les mauvais coups.

Ce que fait d’ailleurs la « ligue de défense juive » est indigne. Incapable d’aligner des mots et évidemment de les choisir, ces sionistes alliés de l’ultra-droite jouent sur l’émotion. Rien de tout cela ne servira à parer les mauvais coups.

Voici par contre le communiqué du Comité de Vigilance Antifasciste 62. Voilà un esprit universaliste, posé et unitaire. Nous ajouterons au fur et à mesure nos réflexions, par rapport à cet acte barbare, ce quelque chose qui était prévisible et bouleverse malgré tout beaucoup de choses en nous.

Nous vaincrons les nazis!

Que vive l’action antifasciste!

Massacres de Toulouse et Montauban : un point de vue antifasciste

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Nous tenons à souligner la nature fasciste des meurtres de Toulouse et Montauban.

Comme les massacres en Norvège en juillet dernier, ces meurtres ne sont pas l’œuvre d’un “déséquilibré”, ces actes ont été murement réfléchis et toute cette horreur est le résultat de la profonde crise morale qui accompagne la crise générale du capitalisme.

Pour nous, il est hors de question de “psychiatriser” de telles horreurs, peu importe que le meurtrier s’appelle Anders Breivik ou Mohamed Merah. Ces massacres témoignent de la montée du fascisme en France.

Nous avions d’abord cru à la piste des militaires néo-nazis de Montauban, et nous avions de bonnes raison de le faire, compte tenu de l’actualité récente dans le Grand Sud Ouest (voir ici et ici).

Nous nous sommes trompéEs car le meurtrier présumé, est un jeune français d’origine algérienne.

Cela ne change rien au fait que cet individu est un authentique fasciste. D’ailleurs il semblerait que Mohamed Merah était proche de Forsane Alizza, une organisation salafiste ultra-réactionnaire qu’on a vu récemment défiler aux côtés du Front National lors de manifestions pour interdire une certaine pièce de théâtre (lien).

Le caractère antisémite et génocidaire du massacre de l’école Ozar Hatorah à Toulouse est évident. Tuer des enfants parce qu’ils sont juifs, c’est un basculement dans la barbarie. Les victimes  de l’école juive se nomment : Gabriel Sandler, 6 ans, Arieh Sandler, 3 ans,  Myriam Monsonégo, 8 ans, et Jonathan Sandler, 30 ans.

Les militaires tués se nomment Abel Chennouf, 25 ans, Iman Ibn Ziaten, 30ans, et Mohamed Legouade, 23 ans. Ce dernier a le même prénom et le même age que le meurtrier présumé.

Loïc Liber, militaire français ayant grandi à la Guadeloupe, est à cette heure entre la vie et la mort.

Même si ces soldats étaient au service de l’impérialisme français, il faut souligner que les minorités nationales sont les premières victimes de ces massacres.
Nous nommons toutes ces personnes, car peu de médias s’en donnent la peine. Comme si le simple fait d’appartenir à une minorité gommait la nécessité d’être défini par un nom et un prénom.

Ce mépris des médias pour l’identité des victimes est lui aussi symptomatique de notre époque.

L’heure est à la division exacerbée au sein du peuple. Pour combattre ces divisions, les antifascistes sincères doivent condamner fermement toute forme de racisme et d’antisémitisme, et construire l’unité à la base.

Que vive l’Action Antifasciste!

Aux morts de Clichy, assassinés il y a 75 ans

Le 16 mars 1937, il y a exactement 75 ans, la police ouvrait le feu sur une manifestation populaire antifasciste à Clichy, et massacra cinq ouvriers.

Ce soir-là, les fascistes du Parti Social Français (reconstitution de la ligue fasciste interdite des Croix-de-Feu) organisaient une réunion à Clichy. Cela sonnait directement comme une provocation au peuple de Clichy, cette ville ouvrière au nord de Paris, aujourd’hui dans le 92.

Le ministre de l’intérieur du Front Populaire, Marx Dormoy, autorisa la réunion fasciste, mais le Front populaire appela localement à une contre-manifestation dans cette municipalité socialiste. Appel massivement suivi par les masses populaires de Clichy, puisque ce sont des centaines de manifestantEs qui assiégèrent le 16 au soir le lieu de réunion des fascistes.

Seulement voilà, la police française n’avait jamais été épurée par le Front Populaire, et était encore largement infiltrée à des hauts niveaux de responsabilité par des fascistes. D’où les provocations des Croix-de-feu, couvertes par la police.

En témoigne par exemple ce chef policier appelant les renforts de tout Paris et ordonnant à ses troupes d’armer les revolvers, car « vous aurez à vous en servir ». De même, en bas de chez le maire socialiste de Clichy, des fascistes protégés par le barrage policier auraient les premiers tiré quatre coups de feu, faisant ainsi croire à l’attaque policière et provoquant l’autodéfense.

Quoi qu’il en soit, la police française commandée par des petits chefs fascistes, désobéissant au ministre de l’intérieur et au préfet de police de la Seine, tira sur la foule ouvrière antifasciste, faisant cinq morts et entre 100 et 300 blesséEs selon les sources.

En ce 75ème anniversaire de cette répression sanglante de l’antifascisme, honorons les martyrs du 16 mars 1937 : Émile Mahé, Arthur Lepers, René Chrétien, Marcel Cerrutti, Victor Mangemann.

Souvenons-nous aussi que le ministre de l’intérieur de l’époque, le socialiste Marx Dormoy, prescrivait aux préfets de « refouler impitoyablement tout étranger qui cherchera à s’introduire sans passeport », notamment « de nombreux Polonais »…

Ainsi, tandis que la ligne du Parti Communiste était « tout pour le Front Populaire » (sans doute à tort), une poignée de dirigeants de la SFIO trahissaient la base ouvrière socialiste et plus généralement antifasciste.

Pourquoi Hapoel commémore les martyrs antifascistes de Clichy ? Parce qu’ils font partie de notre héritage historique, et parce qu’il nous faut connaître et comprendre l’histoire antifasciste en France.

Si aujourd’hui nous affirmons être au seuil des années 30, avec l’explosion de l’antisémitisme parallèlement à l’aggravation extrême de la crise capitaliste, alors il est de notre devoir à touTEs de connaître l’histoire des luttes antifascistes ici en France, et de comprendre la stratégie antifasciste du Front Populaire, la stratégie de l’unité populaire contre le fascisme.

Voici justement trois documents d’époque, disponibles sur les archives maoïstes du PCF. Nous vous conseillons la lecture – et la critique sur certains points.

« La terrible nuit de Clichy dicte au Front Populaire son devoir immédiat », PCF, 18 mars 1937
« Un appel du Parti Communiste pour les funérailles des victimes de Clichy », PCF, 21 mars 1937
« Le sang a coulé ! », PCF, avril 1937

Georges Perec : sa vie, mode d’emploi [à l'occasion des 30 ans de sa « disparition »]

Le vieux monde produit une vieille culture, et des expressions artistiques qui vont avec. Une de ces tendances culturelles consiste en le formalisme.

Le formalisme, cela signifie d’accorder de l’importance principalement à la forme et non au contenu, que ce soit en défendant des formes artistiques anciennes et académiques, ou bien au contraire en créant de toutes pièces des formes qui s’imaginent innovantes.

À l’inverse, une œuvre artistique au contenu réaliste et révolutionnaire doit trouver une forme pour dire la réalité : ni une forme « ancienne », ni une forme « nouvelle », mais simplement une forme vivante et appropriée.

Pourtant dans certains cas, l’aspect principal peut être le suivant : l’artiste reste un individu, avec son histoire et ses traumatismes.

Et la forme artistique, en prenant un tour « excessivement nouveau », peut servir à l’artiste de « carapace », presque pour « détourner l’attention » d’un contenu tragique.

C’est peut-être l’un des aspects de la vie du Mime Marceau, un monument de la culture formaliste, dont le père a été assassiné à Auschwitz.

Et sans doute que l’écrivain Georges Perec est aussi de ces artistes là.

Le 3 mars 1982, l’écrivain français Georges Perec s’éteignait d’un cancer des bronches, peu avant l’âge de 46 ans.

Perec est né le 7 mars 1936 à Belleville, de parents tous deux juifs polonais.

Quand la guerre éclate, son père s’engage dans l’armée mais est tué en juin 1940. Pour le sauver, sa mère envoie Georges en zone « libre » en 1941. Elle sera quant à elle déportée à Auschwitz en 1943 – et n’en reviendra jamais.

Le jeune Georges Peretz se retrouve donc à Villard-de-Lans dans le Vercors, près de Grenoble, où de nombreuses personnes juives ont été protégées entre autres par des œuvres catholiques.

Là, son nom polonais est francisé, et Georges s’appellera désormais Perec.

À la Libération, Georges Perec retourne orphelin à Paris à l’âge de 9 ans, et est adopté par ses tantes.

La Shoah – et plus particulièrement la perte de ses parents – sera un profond traumatisme pour Georges Perec.

Et de fait, ce thème se retrouvera dans plusieurs de ses œuvres… mais de manière dissimulée et quasi ésotérique !

Car il faut savoir que, parallèlement à son métier de documentaliste, Geroges Perec a fait partie dès 1967 d’un collectif littéraire qui a poussé le formalisme à l’extrême et l’a théorisé. Il s’agit de l’Oulipo, « OUvroir de LIttérature POtentielle », fondé entre autres par Raymond Queneau.

Il sera rejoint 2 ans plus tard au sein de l’Oulipo par son ami Marcel Bénabou, avec qui il avait fait ses études et avait fait ses premières « expérimentations » formalistes.

En 1969, Georges Perec publie « La Disparition », un roman de 300 pages où… il n’utilise jamais la lettre E ! Ce qui d’ailleurs ne sera même pas remarqué à sa sortie !

Et pourtant, sous des airs ultra-formalistes, « La Disparition » aborde de façon détournée la disparition de ses parents, et toute la question de l’absence…

Pour la petite histoire, Perec écrira en 1972 un roman avec pour unique voyelle le E, qui s’intitulera « Les Revenentes » (sic).

En 1975, Georges Perec publie « W ou le souvenir d’enfance ». Ce livre consiste à moitié en une autobiographie, à moitié en une « fable » que Perec avait écrite à l’âge de 13 ans à propos d’une île imaginaire du nom de W.

Cette île isolée se présente d’abord comme une société parfaitement réglée et codifiée, où toute la vie est orientée vers le sport et les compétitions. Mais il s’avère au fur et à mesure que c’est l’arbitraire et la cruauté qui règnent sur W, qui ressemble finalement au système concentrationnaire…

Les chapitres de ces deux récits parallèles s’alternent, avec les chapitres de fiction en italique. Quant au titre, pourrait-il être issu du double V de Villard-de-Lans et de Vercors ?

Parmi les les autres œuvres connues de Georges Perec, on compte notamment « Les Choses », un roman sur la société de consommation des années 1960, ou bien le long poème « Je me souviens », qui égrène 480 souvenirs de ses jeunes années.

Et surtout, il y a « La Vie, mode d’emploi », sans doute le roman le plus abouti de Perec – ou plutôt « les romans », comme l’indique le sous-titre du livre.

On y découvre la vie d’un immeuble et de ses habitants, qui forment en réalité un gigantesque puzzle – presque au sens propre, puisque c’est la passion des deux personnages principaux.

Les chapitres s’enchaînent d’une manière assez particulière, puisque Perec fait la revue des appartements en suivant les mêmes mouvements (sur une vue en coupe de l’immeuble) qu’un cavalier sur un échiquier.

La vérité, c’est que tout cela est tellement juif…

D’un côté l’aspect juridique et formaliste du Talmud, qui s’incarne dans les contraintes d’écriture. De l’autre les différents niveaux d’interprétation, presque d’exégèse, comme dans le Midrash ou bien dans la tradition mystique.

Mais pourquoi tout ce formalisme ?

Peut-être bien, comme nous disions, pour se former une « carapace » contre le traumatisme de la Shoah et le fond tragique de certaines de ses œuvres ?

Comme on mettrait un code indéchiffrable pour protéger un coffre que l’on préférerait ne jamais rouvrir…

Mais sans doute aussi que Georges Perec n’avait pas saisi le sens de cette affirmation de l’écrivain antifasciste allemand Bertolt Brecht : « Le fascisme est le plus grand des formalismes. »

De Februaristaking : la classe ouvrière a défendu et défendra les siens !

On a compté pendant la guerre beaucoup d’exemples de solidarité ouvrière envers les populations juives traquées par les nazis et leur alliés. Mais l’exemple le plus frappant, le plus massif et le mieux organisé fut sans doute la grève générale antifasciste qui toucha les Pays-Bas en 1941, la seule grève contre l’antisémitisme recensée dans l’Europe occupée.

Le 25 février 1941, éclata à Amsterdam une grève générale populaire en protestation contre les persécutions antisémites, qui s’étendit le lendemain à d’autres villes aux Pays-Bas, et qui fut réprimée dans le sang par les nazis et les fascistes néerlandais.

Pour comprendre l’origine de cette grève, connue sous le nom de Februaristaking, il faut retracer un peu l’histoire de l’occupation allemande aux Pays-Bas.

Les Pays-Bas capitulent le 10 mai 1940 contre l’Allemagne nazie. À cette date, 140.000 personnes d’origine juive vivent aux Pays-Bas, dont une minorité issue des expulséEs d’Espagne de 1492, et 15.000 réfugiéEs de l’Allemagne nazie.

Sous l’occupation, les Pays-Bas sont soumis administrativement au Reichskommissar, Arthur Seyss-Inquart, nazi autrichien. Dans la pratique, les Allemands manquent d’hommes et l’exécution des politiques antisémites incombe à l’administration locale, soutenue par le Nationaal-Socialistische Beweging (NSB) et le Weerbaarheidsafdeling (WA), sa « section de défense ».

En juillet 1940, les juifs doivent quitter la défense aérienne ; suivent les fonctionnaires juifs et juives ; puis les étudiantEs et universitaires d’origine juive. En octobre 1940, les commerces ou entreprises appartenant à des membres de la communauté juive doivent déclarer leurs bien. En décembre 1940, les cafés et les cinémas sont interdits aux juifs et juvies.

Plus tard, les personnes juives doivent se faire enregistrer (à leurs frais) comme telles, ce qui facilitera largement la tâche lorsque viendra le temps des déportations…

En novembre 1940, les étudiantEs de Delft et de Leiden suspendent les cours en solidarité avec leurs camarades et les professeurs juifs et juives. Le Sicherheitsdienst (SD), le « service de sécurité » allemand, occupe ces deux universités et les fait fermer.

De nombreux mouvements de défense prolétarienne se développent, notamment sur les chantiers navals et parmi les dockers, où les forces d’occupation veulent exploiter les ouvriers et ouvrières directement en Allemagne.

En janvier et février 1941, l’offensive antisémite se déchaîne.

Les troupes en chemises noires des WA attaquent des magasins juifs et des cafés refusant de poser un panneau interdisant l’accès aux juifs et juives, et multiplient les provocations fascistes dans les quartiers à minorité juive, jusqu’à des pogroms suivant des manifestations antisémites organisées par les nazis.

Le dimanche 9 février 1941, sur la place Rembrandt non loin du quartier juif, de violents affrontements éclatent. Les groupes d’autodéfense juive, parmi lesquelles de nombreux sportifs du Maccabi, attaquent des nazis qui venaient à nouveau perpétrer leurs exactions.

Les affrontements d’autodéfense juive culminent deux jours plus tard, le 11 février au soir, quand a lieu une bataille rangée contre le WA sur la place Waterloo. Le fasciste Hendrik Koot reste sur le carreau et crèvera le 14 février à l’hôpital.

Entretemps, le 12 février, les Allemands bouclent l’ancien quartier juif, le cernent de barbelés, installent des barrières, coupent les ponts, et positionnent des check-points aussi bien des forces d’occupation que de la police néerlandaise.

Le quartier juif est officiellement transformé en ghetto.

Le 19 février, la police allemande prend d’assaut le salon de glaces Koco de la Van Woustraat, tenu par des réfugiés allemands juifs, Kohn et Cahn. Les policiers reçoivent de l’ammoniac dans la figure, et dans la bagarre, plusieurs policiers allemands sont blessés. Cahn et Kohn sont arrêtés.

En représaille, le week-end des 22 et 23 février 1941, le couvre-feu est imposé au quartier juif d’Amsterdam, et les nazis opèrent une rafle. Ils prennent en otage 427 hommes juifs sur la place Jonas Daniël Meijer. Ceux-ci sont déportés à Buchenwald et Mathausen, et il ne restera qu’un seul survivant de ces convois.

Cette rafle susciste l’indignation et la révolte parmi les masses populaires d’Amsterdam.

Le 24 au soir, un rassemblement ouvrier a lieu sur la place du Noordermarkt. La grève est décidée, essentiellement pour lutter contre l’antisémitisme nazi, mais aussi contre le travail forcé en Allemagne et pour la souveraineté des Pays-Bas occupés.

Cette nuit-là, un appel rédigé par le Parti communiste des Pays-Bas (clandestin depuis le 15 mai 1940, illégal depuis juin) est imprimé en différents endroits d’Amsterdam. Le mot d’ordre : « La grève, la grève, la grève ! ».

De fait, cette grève est essentiellement portée et organisée par le Parti communiste clandestin, ce que la bourgeoisie tentera longtemps de nier après-guerre.

L’organisation de la grève antifasciste est extrêmement rapide, ce qui permet de court-circuiter les mouchards collabos.

Le 25 février 1941 à l’aube, l’appel du Parti est distribué à l’entrée de nombreuses entreprises. Le tramway d’Amsterdam est le premier à suivre la grève, dès 4 heures du matin.

Le peuple d’Amsterdam comprend alors, à l’ouverture du service, qu’il se passe quelque chose, et bientôt suivent les fonctionnaires municipaux, les dockers, les chantiers navals, les bureaux, les grands magasins, les lycées, etc.

Le matin du 25 février 1940, les forces d’occupation sont complètement affolées face à un mouvement si massif : elles n’avaient jamais eu affaire nulle part ailleurs à une grève contre la persécution de la minorité nationale juive.

Suite à l’appel du Parti Communiste, les masses descendent spontanément dans la rue dans le centre d’Amsterdam, et affrontent les nazis. La grève s’étend le 26 février à Zaanstreek (Zaanstad), Kennemerland (Haarlem et Velsen), Utrecht, Hilversum et Weesp.

La répression démarre dans l’après-midi du 25 février et est sanglante. Des SS, venus en urgence de La Haye, tirent sur la foule et jettent des grenades. Neuf personnes sont tuées au cours de ces manifestations, une cinquantaine grièvement blessées, et 200 arrêtées et torturées.

Après la grève, trois organisateurs communistes sont fusillés, douze communistes envoyés en prison. Et malgré la suspension provisoire des rafles (comme résultat du mouvement de masse), dix-huit organisateurs et grévistes sont exécutés en mars 1941.

Ainsi se termina la Februaristaking : dans le sang ouvrier, versé pour la solidarité au sein du peuple des Pays-Bas.

Le journal clandestin Het Parool écrira dans la foulée que la grève est « une page inoubliable de l’histoire glorieuse de notre patrie, car pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, juifs et non-juifs se sont opposés activement contre les horreurs de l’antisémitisme ».

Au final, les Pays-Bas restent le pays d’Europe de l’Ouest où la minorité juive paya le plus lourd tribut à la Shoah, puisque plus de 100.000 personnes d’origine juive (soit plus des 3/4 de la communauté) furent exterminées par la barbarie fasciste. En 1944, la ville d’Amsterdam était quasi vidée de sa minorité juive.

Néanmoins, cette grève montre que le nazisme a été essentiellement étranger à la classe ouvrière – qui est le cœur du prolétariat – voire au prolétariat en général. Elle reste dans les mémoires comme une véritable fierté de la classe ouvrière des Pays-Bas.

Encore aujourd’hui, des manifestations antiracistes y sont organisées ce jour en mémoire de cet acte de solidarité massive, près d’une statue de docker inaugurée en 1952 en l’honneur de cette grève, à l’endroit même où furent rassemblés les otages juifs des 22 et 23 février 1941.

La Februaristaking marqua la mémoire du peuple d’Amsterdam au point de lui laisser la devise de la ville (« héroïque, déterminée, généreuse »), et peut-être même un certain « philosémitisme » parmi les supporters du club de foot Ajax Amsterdam…

Honorer le souvenir d’Ilan, détruire ce qui nous détruit

Aujourd’hui cela fait 6 ans déjà qu’Ilan Halimi notre frère nous a quittés.

Le 13 février 2006 au matin, après 24 jours de tortures, Ilan avait été retrouvé agonisant au bord d’une route de l’Essonne, près d’un chemin de fer, totalement rasé, décharné, nu en plein hiver, et brûlé sur la moitié du corps.

Ilan avait 23 ans, vendait des téléphones portables sur le boulevard Voltaire à Paris, vivait avec sa fiancée Stéphanie, et était d’origine marocaine juive.

Ilan a été enlevé parce qu’il était juif, torturé parce qu’il était juif, assassiné parce qu’il était juif. Cela, nous le répéterons tant qu’il le faudra, tant que la mémoire d’Ilan sera insultée par les antisémites ou bafouée par la « justice » de l’État français (rappelons par exemple que « l’appât » de l’affaire vient d’être libérée de prison il y a quelques semaines).

Rien ne pourra effacer le traumatisme ressenti par chacun et chacune en cet hiver 2006, où l’on a vu un jeune juif ciblé, séquestré, torturé, liquidé à cause des préjugés antisémites. Rien ne pourra effacer le souvenir des actualités du 13 février, jour de Tou BiShvat, au moment où l’on ne connaissait pas encore le nom de la victime mais où tout le monde avait compris qu’il était juif. Et surtout, rien ne pourra effacer la lancinante douleur de la famille Halimi et de sa fiancée Stéphanie.

La mémoire d’Ilan est l’un des piliers de notre identité antifasciste, de l’indispensable identité antifasciste qui doit prendre racine dans notre minorité. Car l’Arbre (« Ilan » en hébreu) préfère le calme, mais le vent continue de souffler. On ne peut pas permettre que le sang d’autres de nos fils et de nos filles soit répandu par les racistes, les antisémites, les barbares.

Depuis deux ans qu’Hapoel existe, de nombreuses actualités, hommages, réflexions ont été publiées à propos d’Ilan. Celles-ci sont rassemblées sur une page spéciale accessible à partir de tout le site, tant nous considérons que le sort d’Ilan est « symbolique » et a une signification historique :

On peut arracher un Arbre, mais on ne peut arrêter la marche du printemps ! Les juifs n’oublient pas ! Il n’y aura pas d’autre Ilan !

« L’homme sera tel un arbre planté au bord de l’eau… »

Depuis hier soir et jusqu’à ce soir, nous célébrons la fête de Tou BiShvat. En effet le 15 du mois de Shvat marque le « Rosh HaShanah LaIlanot », c’est-à-dire la nouvelle année pour les arbres, où l’on consomme leurs fruits suite au « jugement » des arbres par D.ieu à Shavuot (d’après les religieux, évidemment).

En raison de cela, la tradition à Tou BiShvat est de consommer des fruits secs, dont des amandes, dattes, abricots secs, figues séchées, raisins secs, etc.

L’institution de Tou BiShvat est d’origine rabbinique et remonte à l’établissement de la Mishna il y a presque deux millénaires, mais on ne sait pas bien si Tou BiShvat était réellement célébré à l’époque (c’est-à-dire avec une pratique spécifique).

Il se peut au contraire que la pratique de Tou BiShvat soit plus récente, et remonte au 16ème siècle, à l’époque du grand kabbaliste Itz’hak Luria (de Tzfat en Palestine).

Son école kabbaliste aurait repris et développé la pratique ashkénaze de manger à cette occasion des fruits secs, en attribuant une importance particulière au symbole de l’arbre.

Car du point de vue de la Kabbale de Luria, comment ne pas voir le lien avec le concept mystique d’Arbre de la Vie, « ‘Etz ‘Haim », qui apparaît dans la Genèse et a été justement synthétisé par Itz’hak Luria ?

À cela s’ajoute le parallèle entre l’être humain et les arbres, parallèle qui revient plusieurs fois dans le Tanakh, d’après les principes « l’arbre du champ est l’homme lui-même » (Dvarim dans la Torah) ou bien « l’homme sera tel un arbre planté au bord de l’eau » (Yirmyahou HaNavi).

Ainsi, Tou BiShvat est au fond une fête agricole, qui ne célèbre ni un deuil, ni un événement particulier. C’est juste une fête qui, de manière populaire, célèbre la beauté du cycle de la nature et les signes précurseurs du printemps – essentiellement la floraison des amandiers.

Les arbres sont sacrés, la Terre est sacrée ! L’humanité doit reprendre sa place au sein de la nature : celle d’un arbre planté au bord de l’eau !

Marine Le Pen chez les nazis autrichiens, le jour du souvenir de l’holocauste

Voici un article publié samedi dans le média révolutionnaire Voie Lactée, expliquant de manière très claire et détaillée la nature du « bal » auquel s’est rendue Marine Le Pen le vendredi 27 janvier. Entre-temps, Jean-Marie Le Pen a eu le temps d’affirmer que ce bal, auquel il s’est lui-même déjà rendu, « c’est Strauss, sans Kahn, si vous voulez ». La dimension antisémite saute bien entendu aux yeux, « Kahn » étant l’un des équivalents du nom « Cohen ».

Ainsi, quand il est parlé ici de nazis, c’est des nazis sérieux et « propres sur eux » de la haute-bourgeoisie autrichienne, pas du stéréotype du skinhead nazi alcoolisé que se plaisent à resservir tous ceux qui sont opposés, d’une manière ou d’une autre, à la lutte antifasciste. Stéréotype qui est de toute façon dépassé depuis longtemps par l’émergence sérieuse (du moins en Allemagne et en Europe de l’Est) des nazis « nationaux-autonomes ».

Or une fraction nazie de la bourgeoisie + un mouvement se présentant comme massif et pseudo-révolutionnaire = un mouvement politique fasciste ayant effectué sa synthèse, et historiquement mûr pour conquérir la société et l’appareil d’État.

Honte à ceux qui pactisent avec Marine Le Pen et le Front National. Honte à ceux qui refusent de prendre position et qui s’imaginent louvoyer avec le fascisme.

Marine Le Pen dans la valse de Vienne avec les nazis autrichiens, le jour du souvenir de l’holocauste

C’était prévu depuis quelques temps déjà, mais cela n’a été révélé qu’au dernier moment : Marine Le Pen est allé rejoindre un des nombreux bals qui se tiennent à Vienne en cette saison.

Ces bals, où l’on danse dans des habits d’apparats, se déroulent par corporations (par « métiers » organisés en syndicats corporatistes).

Cette tradition, relevant de l’idéologie aristocratique, puis catholique-corporatiste (appelé historiquement l’austro-fascisme), fait partie de la culture nationale-bourgeoise autrichienne ; elle a même été la semaine dernière intégrée dans la liste du « patrimoine immatériel » de l’Autriche par l’UNESCO (la section culturelle de l’ONU).

Mais elle a été enlevée aussi sec, car parmi les bals choisis, il y a un bal qui est celui… des nazis.

C’est à ce bal qu’est allé Marine Le Pen, « en douce » du côté français alors que sa venue est annoncée depuis plusieurs jours dans les milieux ultra-nationalistes et pangermanistes autrichiens.

Car le bal auquel a participé Marine Le Pen est celui des corporations étudiantes pangermanistes, c’est-à-dire pour parler clairement, national-socialiste.

Les personnes s’intéressant à l’histoire de l’Autriche peuvent consulter notre document « Fascisme et concurrence au sein de la bourgeoisie : schéma général de l’exemple autrichien. »

Sinon, pour faire court, la bourgeoisie autrichienne est divisée en deux fractions faisant face à la social-démocratie (qui elle a toujours contrôlé la ville ouvrière de Vienne, appelée ainsi « la rouge »).

La première fraction est catholique-cléricale, c’est l’austro-fascisme ; la seconde est pour le rattachement à l’Allemagne et soutient l’idéologie national-socialiste.

L’Autriche est dominée depuis 1945 par un compromis entre social-démocratie et les catholiques-cléricaux, mais la fraction national-socialiste a toujours été d’une force extrême.

Leur culture passe par des corporations étudiantes, qui fonctionnent comme des clubs de pensée et d’influence pangermaniste – national-socialiste.

Pour les intégrer, il faut bien entendu être « aryen » et passer par une étape obligée : un affrontement à l’épée, où les mains et le visage ne sont pas protégés.

Les cicatrices au visage font ainsi partie des signes de reconnaissance de l’appartenance historique à ces corporations, dont les traditions se perpétuent bien après les études, dans des clubs de « vieux monsieurs » qui forment le noyau dur de l’appareil idéologique national-socialiste.

Cet appareil n’est pas officiel car le national-socialisme et le pangermanisme sont interdits en Autriche, mais de par leur caractère grand bourgeois, cet appareil est absolument intouchable.

C’est l’un de ces « vieux messieurs » qui a invité Marine Le Pen à venir. Ancien de la corporation « Olympia », Martin Graf est l’un des principaux dirigeants de la formation d’extrême-droite FPÖ (qui peut tabler grosso modo sur un ¼ des voix aux élections).

Et il est la grande figure de l’extrême-droite du FPÖ…

Il n’aura pas le seul « ultra » au bal, puisqu’il s’agit d’une fête énorme de l’extrême-droite européenne, se déroulant d’ailleurs dans le plus grand palais historique de la monarchie autrichienne, la Hofburg, en plein centre de la ville, donnant d’ailleurs sur « La place des héros » qui est l’endroit où Hitler a tenu son discours après l’annexion de l’Autriche (« l’anschluss »).

Le Front National a tenté de se dédouaner dans un communiqué faisant suite à divers articles dans la presse française (qui a réagi promptement non pas tant par antifascisme que par tradition anti-allemande et anti-autrichienne).

Voici le communiqué du Front National :

Communiqué de Presse du Front National

Contrairement à plusieurs informations fantaisistes, Marine Le Pen à été invitée à un des plus célèbres et des plus traditionnels bals de Vienne. Les élucubrations répandues par certains médias relèvent de la diffamation pure et simple et se font le relais de l’extrême gauche autrichienne qui depuis des années cherche à faire interdire tous les bals viennois, symboles à leurs yeux, du respect des traditions autrichiennes. Participent à ce bal des personnalités et des élus de toutes origines. Des journalistes seront d’ailleurs présents à cette soirée mondialement connue.

Mais là où le Front National montre sa mauvaise foi (et la presse française son faux anti-fascisme), c’est par l’oubli que le 27 janvier est en Europe la journée de la mémoire de l’Holocauste (Auschwitz a été libéré par l’armée rouge le 27 janvier 1945). D’ailleurs, en Autriche, jamais la mobilisation n’a été aussi grande contre le bal des corporations, pour cette raison même.

Même les représentants officiels de la communauté juive, pourtant institutionnalisés, sont montés au créneau, et l’année prochaine le bal devra changer d’endroit (il y était depuis 1987, et existe depuis le lendemain de la seconde guerre mondiale impérialiste).

Certains pourront se demander alors pourquoi Marine Le Pen est allée à ce bal ? Officiellement, elle est allée en Autriche pour rencontrer des représentants de l’extrême-droite européenne (voir le communiqué du FN en annexe en bas de l’article).

Mais en fait, elle donne un signe très fort. De la même manière que Sarkozy est en relation avec Merkel pour un couple franco-allemand au sein de l’Union Européenne, Marine Le Pen montre qu’elle est pour un couple franco-allemand semi-indépendant et en-dehors de l’Union Européenne.

Marine Le Pen est l’envoyée de la bourgeoisie impérialiste française, en rupture claire ici avec la bourgeoisie traditionnelle. Aucun représentant de la bourgeoisie traditionnelle française n’est prêt à pactiser avec les ultras-impérialistes d’Allemagne et les pangermanistes d’Autriche.

Ceux qui ne voient pas en Marine Le Pen une réelle menace fasciste – soit toute l’extrême-gauche anarcho-trotskyste qui revendique ouvertement sa posture pro-syndicats et anti-antifasciste – sont totalement aveugles sur ce qui se passe.

Car la nature des soirées « rally » de la bourgeoisie (surtout parisienne) valent bien, de par leur dimension « ethniste » et idéologique, la logique de l’extrême-droite pangermaniste. Rien n’est plus absurde que de se moquer du caractère numériquement petit de l’extrême-droite, car derrière il y a toute une idéologie qui se diffuse et dans des milieux très fermés et très motivés. La haute bourgeoisie n’est pas dilettante quand il s’agit de ses intérêts !

La petite manifestation antifasciste contre le bal des corporations à Vienne n’aura d’ailleurs rassemblé que quelques centaines de personnes, les médias ayant balisé le terrain alors que ce sont les unités anti-terroristes qui encadraient le cortège (dans la tradition locale!).

L’antifascisme autrichien est empêtré dans une démarche petite-bourgeoise, universitaire et intellectuelle (notamment « queer ») alors que les masses sont bombardées par une ligne de masses d’extrême-droite (les quartiers populaires étant historiquement des bastions de l’idéologie ultra-populiste et marqués par la présence locale traditionnelle des groupes nazis).

Ce qui ne l’empêche pas de chercher une voie moderne et populaire. Ainsi, la soirée post-manifestation aura certainement un bon son, avec une flopée de DJ experts en leur domaine et un slogan communiste sympathique (et en français dans le texte) : « des rues de sucre à Vienne. »

Le lendemain (soit aujourd’hui), des antifascistes feront une visite guidée de la présence des corporations à Vienne pendant presque trois heures. Et le site du bal des corporations a été piraté, avec un drapeau communiste et l’hymne soviétique jouant en boucle.

Cependant, cela ne compense pas l’absence d’idéologie prolétarienne, et cela rend l’antifascisme dépendant de la social-démocratie, qui devient le dernier rempart face au vote massif pour les catholiques-cléricaux et l’extrême-droite pangermaniste.

Le 27 janvier, jour de libération

Le 27 janvier 1945, vers 15h, un détachement de l’Armée Rouge arrive à Auschwitz-Birkenau. Les soldats soviétiques découvrent là 7000 survivantEs, mais aussi 600 cadavres jonchant le sol du camp.

Dix jours auparant, les nazis avaient devancé l’arrivée des libérateurs soviétiques, et avaient fait évacuer 60000 personnes pour les « marches de la mort ».

Au total, 1300000 personnes ont été déportées à Auschwitz, 1100000 n’en sont pas revenues, parmi lesquelles 960000 étaient juives.

Quand les soldats soviétiques sont arrivés à Auschwitz, ils ont été tellement horrifiés par la vision de ces prisonniers squelettiques, par la vision de ces enfants qui pleuraient mais qui n’avaient pas de larmes, qu’ils ont immédiatement appelé ce camp « l’usine de la mort ».

À propos de la libération d’Auschwitz, on peut trouver de nombreuses et importantes informations ici.

Auschwitz-Birkenau a été le plus grand camp d’extermination nazi, c’est le « symbole » d’une extermination très concrète, et nombreuses sont les personnes parmi nous qui y ont perdu de la famille…

Voilà pourquoi c’est un devoir de célébrer le 27 janvier : en tant que symbole de la libération.

C’est un hommage aux millions de personnes que les nazis ont voulu anéantir de la mémoire humaine.

De nombreuses publications d’Hapoel ont déjà été consacrées depuis trois ans à Auschwitz en particulier et aux camps de la mort en général. Ils offrent une vision synthétique de ce que signifie Auschwitz, de ce que signifie une extermination systématique :

- Pas de 27 janvier en Catalogne ;
- Les trois Auschwitz ;
- Ces gens n’avaient pas de larmes… ;
- 2 août 1944 : la liquidation des tziganes d’Auschwitz ;
- « Pour les animaux, la vie est un éternel Treblinka. » ;
- Le pillage à Auschwitz et le nihilisme de notre époque ;
- « Arbeit macht frei » et l’esclavage nazi ;
- La chanson « Nuit et brouillard » de Jean Ferrat, une triste ambiguïté tristement révélatrice ;
- Les camps de la mort, un défi à la civilisation ;
- The Auschwitz Album – Yad Vashem ;
- Pourquoi étudier la Shoah aujourd’hui ? ;
- Incendie à Majdanek : des milliers de mémoires anéanties.

Les juifs n’oublient pas ! Les juives n’oublient pas !
Il n’y aura pas de nouvel holocauste !

« Que ce lieu où les nazis ont assassiné un million et demi d’hommes, de femmes et d’enfants, en majorité des Juifs de divers pays d’Europe, soit à jamais pour l’humanité un cri de désespoir et un avertissement. »

Le 20 janvier 1942, la conférence de Wannsee — Voie Lactée

Il y a 70 ans : la conférence de Wannsee

Il y a 70 ans, le 20 janvier 1942, se tenait la conférence de Wannsee, dans la banlieue de Berlin, en Allemagne nazie. Alors que l’extermination massive, par balles, des Juifs et Juives d’URSS avait déjà commencé, la conférence devait établir l’organisation industrielle de la destruction de la population juive d’Europe.

Cet événement, cette planification, cette organisation méthodique et systématique, est unique dans l’histoire : si les forces impérialistes et réactionnaires en général ont déjà mené des génocides, jamais ils n’ont organisé celui-ci à cette échelle, organisant l’ensemble du système politico-militaire et économique en ce sens.

L’antisémitisme est une idéologie raciste qui a un rôle extrêmement particulier dans l’histoire du capitalisme ; cela est la base de sa fonction dans l’impérialisme, et c’est cela qui donne à l’antisémitisme une puissante identité destructrice dans les pays capitalistes.

SeulEs les marxistes-léninistes-maoïstes authentiques ont compris cela et considèrent l’antisémitisme comme une réelle menace, alors que par définition tout ce qui ne se tient pas sur le terrain du marxisme authentique tombe inévitablement dans un idéalisme servant l’antisémitisme.

Il est facile de voir que l’extrême-gauche française est antisémite de fait ; les personnes juives ne peuvent rejoindre celle-ci, en raison de sa nature anarcho-trotskyste basculant dans un idéalisme forcément poreux à l’antisémitisme.

Les personnes juives qui ont rejoint le trotskysme présentent d’ailleurs cette particularité de nier leur culture juive et d’utiliser le trotskysme comme un moyen de « s’assimiler » en se niant. Quant à l’anarchisme (dans sa variante française naturelle, l’anarcho-syndicalisme et le syndicalisme révolutionnaire), historiquement il a toujours été d’une nature outrageusement petite-bourgeoise, économiste au point de nier l’antisémitisme.

La conférence de Wannsee est ainsi incompréhensible pour les anarcho-trotskystes, qui ont historiquement en France toujours été poreux à l’antisémitisme, au négationnisme, dont l’un des témoignages les plus abjects est la perpétuelle diffusion du texte « Auschwitz ou le grand alibi. »

Cela est logique, quand on y pense au fond. L’alternative est obligatoirement communisme ou fascisme. Mais les anarcho-trotskystes ne peuvent pas assumer une pensée systématique, ils ne peuvent pas assumer le communisme, alors ils basculent dans le systématique sous la forme fasciste.

La destruction de la population juive d’Europe, de par sa dimension systématique, n’est compréhensible qu’à la lumière du matérialisme dialectique ; les économistes nieront forcément, en définitive, l’antisémitisme, car ils ne peuvent pas comprendre que les nazis aient privilégié la destruction à la course au profit.

Le fait que les nazis aient tué, sans même utiliser comme esclave, des millions de personnes, est impossible à comprendre sans utiliser le matérialisme dialectique.

Et encore faut-il pour cela comprendre l’apport de Mao Zedong, sur le rôle et la fonction de l’idéologie, de l’appareil d’Etat.

C’est également ce qui fait que la compréhension de l’antisémitisme est un critère très important pour savoir qui est authentiquement marxiste et qui ne l’est pas.

Cette question de l’antisémitisme, dont la « solution finale » décidée à la conférence de Wannsee est l’expression impérialiste la plus poussée, est donc un des points importants qui fait que le PCMLM ne s’intéresse pas à l’extrême-gauche, petite-bourgeoise sur le plan social et largement poreuse à l’antisémitisme.

L’extrême-gauche française est, de fait, antisémite ; le fait que jamais il n’est parlé d’antisémitisme en est une preuve, parmi de nombreuses autres.

Toute personne juive en France le sait, comme elle sait que l’antisémitisme est un composante de l’identité de la société capitaliste. Par conséquent, elle doit savoir où est sa place : comme dans les années 1920-1930, comme à l’époque de Staline, dans les rangs communistes