HaPoel HaAntifashisti * הפועל האנטי פאשיסטי

HaPoel HaAntifashisti est un blog fait par des antifascistes appartenant à la minorité nationale juive en France. À l’heure où chaque personne juive peut voir d’un côté l’impasse meurtrière qu’est le sionisme, et de l’autre comment en France l’antisémitisme explose parallèlement à la crise capitaliste, HaPoel HaAntifashisti était une nécessité, une question de survie à moyen terme. Lire la suite.

Allemagne, Belgique… Derrière l’antisémitisme se cache la finance européenne !

Pour Hapoel, l’antisémitisme ne tombe pas du ciel. Il est le produit de certaines classes sociales, qui diffusent leur idéologie à l’ensemble de la société.

À l’époque de la crise générale du capitalisme, l’antisémitisme moderne naît au sein des classes dominantes les plus modernes, et prend une forme qui correspond à cette modernité : pseudo-science, racialisme, ambiance hystérique allant avec la crise.

Or la classe dominante la plus moderne, c’est la bourgeoisie impérialiste, celle des immenses monopoles et du capital financier, celle qui absorbe le capital industriel grâce à la crise, celle qui se partage le monde et le plonge dans la guerre, celle qui en 1933 soutenait Hitler.

Justement, cette semaine ont eu lieu plusieurs manifestations d’antisémitisme dans les plus hautes sphères des États d’Europe de l’Ouest, et systématiquement… dans des milieux financiers !

1. En Allemagne, c’est Thilo Sarrazin, un très haut cadre de la banque fédérale (la Bundesbank), qui a publié ce lundi un livre particulièrement raciste.

Ce livre s’appelle « L’Allemagne se détruit » (Deutschland schafft sich ab), et rien que ce titre en dit très long sur la panique qui s’est emparée des classes dominantes confrontées à la crise générale du capitalisme.

Naturellement, ce livre profite d’une grande publicité dans les médias allemands, et cela fait deux semaines que Thilo Sarrazin fait campagne pour en assurer la promotion.

Ainsi, dimanche dernier il a donné une interview à l’édition du dimanche du journal Die Welt, une interview où il a pu expliquer sans très sérieusement que « tous les Juifs partagent un gène particulier, les Basques ont des gènes particuliers, qui diffèrent des autres ».

Si la situation se prêtait à faire de l’humour juif, on répondrait : mais pourquoi les Basques ?

Sauf que là, on a une expression ultra-moderne de l’antisémitisme, qui se traduit par une conception génétique et racialiste des êtres humains. Une conception au fond totalement irrationnelle, mais qui s’appuie sur une prétention pseudo-scientifique : cela est typique du fonctionnement de la bourgeoisie, et se retrouve également dans l’idéologie de la vivisection.

D’ailleurs ce lundi, Thilo Sarrazin a confirmé ses propos dans l’interview du dimanche, en s’appuyant soi-disant sur « deux études publiées dans des journaux », à savoir Nature et American Journal of Human Genetics. «C’est un fait », assène-t-il dans les médias.

Il faut comprendre la portée de cette affirmation racialiste.

En effet, les personnes juives d’Allemagne comme les personnes basques sont « européennes », et sont souvent impossibles à « repérer » facilement. Les juifs sont invisibles, certes, mais s’ils ont un gène commun, alors il y a tout de même un moyen scientifique de les ficher et de les traquer. C’est là que mènent les conceptions racialistes.

Parallèlement à cela, Thilo Sarrazin s’est également fait connaître par de nombreuses sorties racistes contre les personnes d’origine turque en Allemagne, expliquant qu’elles ne s’intégraient pas, qu’elles faisaient chuter le « niveau d’intelligence », qu’elles vivaient aux crochets de l’État, etc.

Là encore, les mêmes prétentions à une science ultra-moderne avec la notion de « l’intelligence moyenne », mais une pseudo-science qui ne cache que le racisme le plus irrationnel.

Mais qui est donc ce Thilo Sarrazin, qui met en garde contre une « déculturation de l’Allemagne » ? Est-ce un nationaliste d’extrême-droite ?

En réalité pas du tout, Thilo Sarrazin est un social-démocrate du SPD, l’équivalent allemand du PS français ! Une sorte de Georges Frêche, en somme.

Mais pas exactement non plus, car Georges Frêche n’est pas un haut cadre des institutions financières allemandes.

Thilo Sarrazin, lui, est est haut fonctionnaire de l’État fédéral allemand depuis 35 ans, et il est membre du directoire de la banque fédérale allemande depuis mai 2009. Auparavant il était le responsable des finances de la ville de Berlin depuis 2002, après avoir été secrétaire d’État aux finances du Land du Rheinland-Pfalz.

Bref, toute une carrière de social-démocrate au sein de l’État allemand, au service de la finance allemande.

Seulement voilà, les propos de Thilo Sarrazin passent très mal au sein de la banque fédérale allemande, pour une raison pas très difficile à comprendre : le directeur de la Bundesbank est en lice pour la succession de Jean-Claude Trichet à la tête de la Banque Centrale Européenne en 2011.

Les propos racistes de Sarrazin sont donc pour l’instant inacceptables pour les institutions financières allemandes, qui en couple avec les financiers françaises, comptent dominer l’Europe entière.

C’est pourquoi le directoire de la Bundesbank a voté hier le limogeage de Thilo Sarrazin, ou plutôt la demande de limogeage, puisque seul le président de la république fédérale peut le démettre de ses fonctions.

2. Hier en Belgique, Karel De Gucht, un très haut fonctionnaire européen, est intervenu le matin à la radio flamande, en déclarant grosso modo… que le lobby juif tenait la politique américaine.

Voici une traduction de son intervention, inspirée de celle d’un blog d’information de tendance sioniste :

« Il ne faut pas sous-estimer par exemple le lobby juif à Capitol Hill, le parlement américain. C’est le groupe de pression le mieux organisé qui y existe. En d’autres termes, il ne faut pas sous-estimer l’emprise du lobby juif sur la politique américaine. Que ce soit dans le camp démocrate ou républicain, cela change vraiment peu.

Il ne faut pas non plus sous-estimer l’opinion – en dehors du lobby – du Juif moyen qui ne vit pas en Israël. Il y a en effet chez la plupart des Juifs une foi – je pourrais difficilement décrire cela autrement – qu’ils ont raison. Et la foi est quelque chose qu’on peut difficilement combattre avec des arguments rationnels. Cela ne dépend pas du fait si ces Juifs sont croyants ou pas. Même les Juifs laïques partagent la même croyance d’avoir effectivement raison. Il n’est donc pas facile, même avec un Juif modéré, d’avoir une discussion sur ce qui se passe au Moyen-Orient. C’est une question particulièrement émotionnelle. »

Quand on lit cela, on décèle un tempérament s’imaginant « raisonnable », « cartésien », ce qui lui donnerait le droit de dire « certaines vérités » sans devoir être soupçonné d’antisémitisme.

Pourtant, l’antisémitisme, on est en plein dedans avec ces déclarations. On a ici une vision antisémite de type complotiste, là encore irrationnelle, mais correspondant parfaitement à l’idéologie de l’antisémitisme moderne.

De plus, qu’est-ce qu’un « Juif modéré » ? Modéré par rapport à quoi ? Par rapport à la religion ? au sionisme ? ou au fait d’être juif ?

Là encore, qui est donc ce Karel de Gucht ? C’est un haut cadre de l’État belge, de la communauté flamande, et appartenant au parti libéral flamand VLD.

Depuis les années 2000, Karel de Gucht fait carrière dans un domaine clé de l’impérialisme belge : les affaires étrangères et la « coopération ».

Les affaires étrangères on comprend… mais qu’est-ce que la « coopération » ? Hapoel en avait déjà parlé à propos de Dov Zerah, le fulgurant président du Consistoire de Paris.

En vérité, la « coopération » c’est le maintien des semi-colonies (essentiellement ici la république « démocratique » du Congo) dans un état de dépendance envers les prétendues « aides au développement ».

La « coopération » consiste en l’organisation de l’exportation du capital financier, afin d’investir dans des productions qui répondent aux exigences de l’impérialisme.

Ainsi Karel de Gucht a été ministre des affaires étrangères de Belgique de juillet 2004 à juillet 2009, et a été en même temps vice-premier ministre pendant ses six derniers mois, ce qui montre bien le poids des « affaires étrangères » dans le capitalisme belge.

Karel de Gucht est d’ailleurs allé tellement loin dans les services rendus aux financiers et aux impérialistes… qu’aujourd’hui il est commissaire européen au « développement » et à « l’aide humanitaire » ! Des secteurs clés de l’impérialisme !

Karel de Gucht développe ainsi des conceptions antisémites, finalement assez classiques, et il est évident que cela a à voir avec le fait qu’on nage en plein dans les milieux de la bourgeoisie financière.

Karel de Gucht nage d’ailleurs tellement bien dans les milieux financiers, qu’il se retrouve accusé d’avoir revendu ses titres dans la banque belge Fortis… juste avant sa faillite avec la crise des subprimes ! Avec la crise, Karel de Gucht a donc trouvé l’occasion de s’enrichir…

Tout cela, nous sommes les seuls à être capables de le voir et de l’analyser.

Et l’Action Antifasciste est la seule structure à voir et analyser la tendance historique qui s’en dégage : la tendance à l’antisémitisme, distillé par la bourgeoisie financière, avec comme base de masse la petite-bourgeoisie broyée par la crise générale du capitalisme.

L’antisémitisme moderne naît en même que l’impérialisme, et au sein même de la bourgeoisie financière. Et il va de soi qu’avec la crise, les contradictions s’exacerbent, et l’irrationnel l’emporte sur toute la ligne.

L’antisémitisme se fera donc de plus en plus central dans les doctrines de l’impérialisme, et surtout se fera de moins en moins discret. Et cela, sans économie politique et sans démarche scientifique, on est incapable de le voir venir.

Ainsi les sionistes ne voient pas la bourgeoisie et donc prennent les manifestations d’antisémitisme comme des faits sans signification historique particulière ; les sociaux-démocrates ne font que fantasmer la bourgeoisie financière, et tombent dans le nationalisme comme Thilo Sarrazin ; et la majorité de l’extrême-gauche s’imagine que la bourgeoisie ne connaît pas de contradictions internes, et est tout simplement incapable de voir l’antisémitisme.

Pour approfondir la question de l’économie politique, Hapoel avait produit un document relativement clair et accessible : L’ambassadeur iranien, les proto-nazis, l’impérialisme français.

La crise s’accélère, la bourgeoisie déraille littéralement dans l’antisémitisme, et il faut savoir à quoi s’attendre. Étudie et diffuse les analyses sur l’antisémitisme moderne et sa nature impérialiste.

Derrière l’antisémitisme et le fascisme se cache la bourgeoisie impérialiste !

La barbarie vient du « centre de la société » – PCMLM

Les actes de barbarie et les humiliations prennent leur source dans le capitalisme et se multiplient à l’époque de la crise générale

L’actualité offre de multiples occasions de s’apercevoir très concrètement de la logique mécanique de la bourgeoisie soulignée par Contre-Informations.

La bourgeoisie a un esprit segmentant qui constate simplement la répétition d’évènements sordides. Dans l’idéologie dominante du capitalisme, chaque cas de barbarie qui sort dans l’actualité existe en lui-même et leur répétition crée une dynamique réactionnaire favorable au « retour à l’ordre ».

Ce retour à l’ordre s’interprète dans un une logique sociale-démocrate (le mythe du « capitalisme à visage humain », de la « paix sociale » évitant les actes de barbarie) ou dans la logique terroriste et punitive du fascisme appuyant une dictature ouverte de la bourgeoisie via la police et l’armée. Et il est facile de voir que ces deux tendances se renforcent l’une l’autre et que les « débats » proposés par la « démocratie » bourgeoise se résument à un aller-retour entre ces deux pôles qui sont les deux aspects de la même dynamique réactionnaire.

Face à cet opportunisme des frères jumeaux social-démocrate et fasciste qui vise au final à pérenniser l’ordre horrible du capitalisme, la science MLM affirme que le capitalisme lui-même engendre inévitablement la barbarie dont témoignent les faits d’actualité.

Par exemple, deux jeunes femmes (16 et 27 ans) ont été placées en détention provisoire et trois autres  adolescentes (14, 15 et 17 ans) mises sous contrôle judiciaire car elles sont soupçonnées d’avoir brutalisé une femme de 29 ans à son domicile à Saint-Quentin (Aisne).

Cette dernière a subi des tortures et d’ignobles sévices sexuels avec une volonté manifeste d’humiliation. Elle a ainsi été forcée d’ingurgiter un tampon usagé et ses agresseuses lui ont mis un balai WC dans la bouche. La victime a également été violée avec des objets.

Cette femme aurait subi ce déchaînement de barbarie pour être devenue la nouvelle petite amie de l’ancien compagnon  de la tortionnaire la plus âgée.

Il est évident que ces humiliations ne sont pas déconnectées de l’enfer capitaliste. Les humiliations revêtent un caractère sexuel très prononcé qui porte la marque flagrante du patriarcat.

Ainsi, le viol avec objet renvoie à la négation de la sexualité des gays considérée comme « repoussante » par le patriarcat et constitue un signe de domination volontairement avilissant dans un rapport fasciste de « fort » à « faible » (voir cet article de Révolution).

Les humiliations recourant aux déjections (urine, excrément) ou, de manière encore plus flagrante, au sang menstruel, sont des composantes de l’idéologie patriarcale qui exacerbe la compétition individualiste avec la volonté de soumettre une personne dominée, rabaissée à un « rang » inférieur.

Ce genre d’humiliations fait donc partie prenante de l’idéologie dominante du capitalisme et sont même intégrées dans les institutions de l’Etat bourgeois comme rituel initiatique légitimant son acceptation dans un clan d’ « élite », selon une conception tribale qui peut ensuite se traduire par les copinages mafieux et les « services » rendus entre bourgeois.

C’est ainsi que les grandes écoles où se forment les « élites » bourgeoises possèdent très fréquemment des journées de bizutage, parfois rebaptisées WEI (week-end d’intégration), où l’obsession sexuelle joue un rôle fondamental. Il s’agit bien à chaque fois de ramener le « nouveau » à son statut « inférieur » et établir ainsi une hiérarchie verticale basée sur l’obéissance, comme dans le modèle fasciste.

On peut aussi penser à la mise à nu et au toucher rectal pratiqués abusivement en garde-à-vue pour traumatiser et tenter de briser la résistance à l’ordre inique du capitalisme.

Les actes de barbarie et les humiliations représentent donc une partie intrinsèque du capitalisme lui-même qui se multiplient avec la progression du fascisme concomitante de la crise générale.

Ainsi, le procès de Jean-Pierre Planqueel (32 ans), Franck Julien (39 ans), Arnaud Frapech (30 ans), Barbara Jean-Louis (28 ans) et Aurélie Piteux (24 ans) s’est ouvert lundi pour le meurtre barbare de William Modolo en 2006 à Saint-Cannat, à une vingtaine de kilomètres d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).

William Modolo, un jeune homme de 21 ans, avait été tabassé pendant plusieurs jours, violé, brûlé à plusieurs endroits, subi l’arrachage de 15 dents avant d’être tué par lapidation (le gang des tortionnaires ayant voté pour son exécution).

William était un peu gros et considéré comme « trop gentil », c’est-à-dire « faible » selon la mentalité patriarcale où le fait d’écraser les autres et de se montrer cassant est valorisé car il faut survivre dans une optique social-darwiniste.

Cette barbarie naît au cœur du capitalisme et se révèle encore plus avec la montée du fascisme. Le capitalisme est tellement immonde dans son indifférence à l’humain qu’un membre de l’élite bourgeoise comme Eric Woerth se permet même de manipuler de justes émotions à son avantage en se déclarant lundi victime d’une « sorte de lapidation médiatique ».

Woerth sait pertinemment que le mot de « lapidation » est dans l’actualité en raison de l’ouverture du procès de William Modolo et du cas de Sakineh Mohammadi-Ashtiani. Son utilisation opportuniste de ce terme révèle toute l’indécence et l’indignité de la bourgeoisie complice de la barbarie capitaliste.

Les actes de barbarie et les humiliations sont les expressions du capitalisme qui ne cesseront qu’avec la victoire de la révolution socialiste.

De la révolution socialiste émergera une société sans compétition et cruautés, où l’amour est un sentiment vrai qui n’est pas l’objet de concurrence, une société  d’humains libres de toute exploitation, « une communauté humaine universelle, formant une société d’artistes et de savants, qui vivent en harmonie avec la biosphère, célébrant la vie et se considérant comme les enfants du soleil ».

Une prof d’histoire suspendue car elle aurait trop enseigné la Shoah…

Catherine Pederzoli, 58 ans, est prof d’histoire dans un lycée public de Nancy. Du moins elle l’était, car elle va être suspendue de ses fonctions pour une durée de 4 mois.

Pourquoi ? Parce qu’elle aurait « trop » enseigné la Shoah.

C’est en tout cas ce que semble dire un rapport de juillet des inspecteurs de l’Éducation Nationale, qui pointe des « manquements aux obligations de réserve, de neutralité et de laïcité ».

En effet, Catherine Pederzoli organise depuis des années des voyages scolaires à Auschwitz-Birkenau. Et évidemment, un tel voyage se doit d’être correctement préparé si, une fois sur place, on veut comprendre quelque chose de manière rationnelle.

C’est entre autres cela que l’Éducation Nationale lui reproche : de « trop » préparer un voyage scolaire à Auschwitz.

Pourtant le rectorat de Metz-Nancy prétend que « l’Éducation Nationale est très attaché à la transmission de l’histoire et de la mémoire de la Shoah ». Alors pourquoi parle-t-il d’un « temps non négligeable de préparation étant consacré au projet » ?

D’ailleurs comment l’Éducation Nationale peut-elle prétendre cela, alors qu’en parallèle, le nombre d’élèves participant à ces voyages à Auschwitz-Birkenau avait été divisé par deux ?

Naturellement, l’Éducation Nationale compte bien noyer le contenu de cet « incident » en déballant tout son jargon administratif, et en évitant soigneusement de mentionner à quel point la question est politique.

Car, en plus du caractère politique de l’enseignement de ce qui touche au fascisme, il faut savoir que des élèves ont organisé une protestation quand le ministre de l’éducation s’est déplacé dans ce lycée en décembre dernier.

Une protestation apparemment trop bruyante, puisque les inspecteurs de l’Éducation Nationale accusent Catherine Pederzoli de l’avoir manipulée en sous-main…

C’est pourquoi ces inspecteurs reprochent à cette professeure dans leur rapport de juillet des « lavages de cerveaux » pour « instrumentaliser des élèves ».

Seulement voilà, cette « appréciation » prend une toute autre dimension quand on sait que… la prof en question est d’origine juive.

On retombe donc ici dans la réflexion antisémite comme quoi les juifs parleraient « trop » de la Shoah, et surtout en feraient des « lavages de cerveaux ».

Et puis surtout, que penser de cette expression de « lavages de cerveaux » dans une controverse autour de l’enseignement de la Shoah ?

On voit tout de suite où mène la pseudo-neutralité bourgeoise : au relativisme, à la minimisation, à « l’oubli » du développement de la propagande négationniste.

Car est-ce un « manquement à la neutralité » de dire que la Shoah n’a rien de neutre ? Est-ce un « manquement à la laïcité » de dire que des personnes juives ont été exterminées de manière systématique parce qu’elles étaient juives ?

Et est-ce que le contenu de plus en plus chauvin des programmes d’histoire est neutre ? Est-ce que les calomnies anticommunistes sont neutres ? Est-ce que le projet d’enseigner le « rôle positif de la colonisation » était neutre ?

Et surtout, quel rapport avec la laïcité ? Quel rapport avec un quelconque prosélytisme religieux ?

Dès que l’on mentionne que la Shoah a ciblé les personnes juives, tziganes, handicapées et homosexuelles de manière systématique, on touche à l’idéologie républicaine qui veut que rien ne dépasse, et on se voit accusé de « manquement à la laïcité »…

Tout cela montre bien une chose : qu’il n’y a aucune confiance à avoir en l’État, en l’Éducation Nationale, en l’idéologie républicaine. Tout ce que la bourgeoisie touche, elle le transforme et le dénature, voire le calomnie.

Et cela concerne également la mémoire de la Shoah, car sans une compréhension minimale du capitalisme et de ce qu’il charrie (antisémitisme moderne, abattoirs, social-darwinisme, fascisme, guerre), on ne peut malheureusement pas aller au-delà des généralités sur la compréhension de la Shoah.

En tout cas, ce n’est pas l’idéologie républicaine de l’Éducation Nationale qui ouvrira les yeux sur la tendance actuelle au fascisme, et sur l’utilité concrète de comprendre la Shoah aujourd’hui.

Vivre vegan au quotidien – La Terre D’abord

[Voici le résumé d'un important document de La Terre D'abord, mettant en avant la pratique du véganisme. Vous y trouverez tout ce qu'il faut savoir pour franchir le pas !]

Comment vivre vegan au quotidien ? Est-ce simple ? Comment se débrouiller ? Voici quelques petits points pratiques devant permettre de s’y retrouver.

Le plus simple est déjà de s’orienter par rapport à trois aspects principaux de la vie quotidienne : l’habillement, les cosmétiques et l’alimentation.

L’habillement

Commençons par l’habillement, qui est le plus facile : il suffit en effet de regarder l’étiquette pour en connaître les composantes. Pour les chaussures, il s’agit d’un autocollant, le cuir étant représenté par un symbole représentant une sorte de peau.

Voici les principales matières d’origine animale que l’on peut retrouver dans l’habillement, et qu’il s’agit donc de refuser : l’alpaga (ou Alpaca), l’angora, le cachemire (ou cahsmere), le cuir, le duvet et les plumes, le feutre, la fourure, la laine, le mohair, la soie.

S’habiller vegan n’est pas difficile du tout ; il faut par contre être persévérant pour faire le tri et ne pas suivre simplement ses envies brutales de consommation. La seule difficulté est posée par les chaussures, beaucoup sont en cuir.

On a alors trois options : se rabattre sur les modèles les moins chers (aux dépens de la qualité toutefois ici, notamment pour les semelles), acheter sur internet des modèles végans comme Vegetarian Shoes (mais les prix sont vraiment très élevés), ou bien finalement de la manière la plus raisonnable, farfouiller dans les différents modèles des différentes marques (le choix étant finalement relativement grand).

Pour pousser le détail jusqu’au bout, certaines marques placent leur logo sur un morceau de cuir (par exemple au dos des jeans) et il convient naturellement de les enlever le cas échéant.

Les cosmétiques

Des trois aspects de la vie quotidienne, les cosmétiques représentent l’aspect le plus contraignant, même si avec la multiplication des magasins bios les éventuelles difficultés sont de plus en plus aisément surmontables.

Il faut en effet connaître la plupart du temps au préalable les marques qui ne testent pas et ne contiennent pas de produits d’origine animale. Dans d’autres pays, cela peut être plus simple et il peut être marqué « vegan » sur le produit (comme les produits vegans de la marque allemande Alverde).

Néanmoins, en France, cela reste très rare. Il faut soit connaître la liste des marques, soit chercher une mention du type « Non testé sur les animaux »en étant ici très prudent car la mention « Produit fini non testé sur les animaux » signifie qu’il y a eu des tests au départ du processus industriel.

Il faut donc qu’il y ait marqué que le produit n’a pas été testé (et pas simplement le « produit fini ») et regarder en plus la liste des ingrédients. Un produit non testé peut ne pas être vegan: voilà un problème…

Voici donc une petite liste des marques dont les produits ne sont pas testés et donc certains sont vegans. Cette liste a été mise à jour fin août 2010.

Liste pour les produits d’entretien et pour les cosmétiques: voir ici.

Petit rappel donc :

HABILLEMENT
Regarder l’étiquette et boycotter les produits d’origine animale, qui sont principalement l’alpaga (ou Alpaca), l’angora, le cachemire (ou cahsmere), le cuir, le duvet et les plumes, le feutre, la fourure, la laine, le mohair, la soie.

COSMETIQUES
Regarder ce qui est marqué sur l’emballage: d’un côté les ingrédients, de l’autre que soit mentionné « produit non testé sur les animaux ».

L’alimentation

L’alimentation végane est très riche et très diversifiée, contrairement au discours dominant. Car le discours dominant ne recherche pas la créativité, mais la consommation de produits apportant le plus de bénéfices.

Ainsi, les supermarchés ne sont pas encore remplis de produits vegans. Il faut donc s’astreindre à une certaine discipline consistant à regarder la liste des ingrédients. Néanmoins, ce qu’on perd d’un côté – une sorte de facilité toute fictive en fait – on le gagne de l’autre : on a une alimentation éthique, diversifiée, saine.

Parlons déjà de ce qu’il faut refuser de prime abord. Être vegan c’est refuser les produits laitiers, les morceaux d’animaux morts (la « viande »), les poissons, les oeufs, les crustacés, le miel.

Ces « produits » sont faciles à reconnaître. Toutefois, de nombreux produits industriels utilisent des produits d’origine animale sans que cela soit visible de prime abord (comme les bonbons haribos par exemple, composés de gélatine). Il faut ainsi connaître le principe des additifs alimentaires – nous en parlerons tout à la fin car c’est relativement secondaire.

Une fois ces produits d’origine animale évités, que reste-il ? En fait un choix immense. Pour connaître ce choix il faut s’intéresser aux fruits et aux légumes bien entendu, mais également:

-aux céréales : le maïs, le blé, l’épeautre, l’avoine, le riz, le quinoa, le millet, le kamut, l’orge, le sarrasin, le sorgho…

-aux légumineuses : la lentille, l’arachide, le soja, la luzerne, le trèfle, le lupin, le haricot…

C’est en effet l’association céréales-légumineuses qui apporte les acides aminés essentiels. Pour une alimentation vegane correcte et ne pas avoir de carences en protéines, il faut absolument comprendre le principe de cette association pratiquée par l’humanité sur tous les continents (comme par exemple avec le couscous originel).

Quand le corps assimile des acides aminés, c’est en effet l’acide aminé le plus faible qui va décider du niveau d’assimilation. La combinaison céréales-légumineuses permet de contourner cet obstacle.

Voici des exemples de combinaison (dans la proportion de ¾ de céréales pour ¼ de légumineuses):

- maïs + haricot
- froment / couscous + pois chiche
- petit épeautre + pois
- riz + lentille
- avoine + pois
- millet / sorgho + haricot
- riz + soja /mungo

A cette « combinaison magique » on ajoutera de la vitamine C, afin de faciliter l’assimilation du fer (à l’opposé il faut éviter de boire du thé ou du café quand on mange).

Voici également d’autres éléments à prendre en compte :

*** pour la riboflavine / vitamine B2, on peut consommer les asperges, les bananes, les haricots, les brocolis, les figues, le chou frisé, les lentilles, les petits pois, les graines, le sésame (Tahin), les patates douces, le tofu, le tempeh, les germes de blé, et les pains enrichis….

*** le niveau de vitamine D dépend de l’exposition au soleil (pour avoir un ordre de grandeur : en été, pour les personnes à la peau claire, il faut exposer le visage, les mains et les avant-bras au moins 15 minutes chaque jour).

*** en ce qui concerne le calcium, on peut s’orienter vers le chou chinois de type Bok Choy, le brocoli, le chou chinois, le chou, le gombo, le navet vert, le tofu, les épinards, les amandes…

*** les besoins en vitamine A peuvent être satisfaits par la consommation de trois portions par jour de légumes jaunes ou oranges, des végétaux à feuilles vertes, ou des fruits riches en bêta-carotène (abricots, melon, mangue, citrouille)…. La cuisson augmente l’assimilation du bêta-carotène, ainsi que le fait d’ajouter de faibles quantités de graisse à la préparation. Couper en tranches et réduire en purée les végétaux pourrait aussi accroître la biodisponibilité du bêta-carotène.

*** POUR LA VITAMINE B12 : elle est essentielle mais il n’existe pas de position scientifique claire à ce sujet. Dans le doute et vue son importance, toute personne vegan depuis au moins quatre ans doit se complémenter en vitamine B12 !!!

L’assimilation de vitamine B12 est elle-même sujette à débat scientifique. La meilleure option est de consommer la « Veg1 », consistant en des pastilles à croquer.

Enfin, voici des tableaux nutritionnels afin d’aider à connaître quelques aliments importants et leur valeur. Juste après on trouvera le passage sur les additifs alimentaires.

[Les tableaux sont en ligne sur la page de présentation.]

Pour finir parlons des additifs alimentaires. Il s’agit des colorants, des conservateurs, des anti-oxydants, des émulsifiants, des stabilisants et des révélateurs de goût.

Certains sont vegans, d’autres pas. Et il y en a beaucoup : il existe en Europe 827 additifs et quelques milliers d’arômes autorisés (aux États-Unis, près de 3 000 additifs sont recensés). C’est donc un casse-tête, car ceux-ci sont en effet mentionnés, mais soit sous leur nom scientifique, soit par un code: ce sont les fameux E (pour Europe) suivi de trois chiffres (de 100 à 927).

L’alternative est donc : soit éviter les produits ayant des additifs (ce qui n’est pas nécessairement mauvais vue leur dimension parfois nocive pour la santé), soit avoir la liste sur soi lors des achats.

Voici la liste des additifs qui sont vegans; les autres sont à considérer comme ne l’étant pas, ou bien possiblement pas; toutefois nous rappelons que les listes diffèrent parfois, en raison de l’opacité de l’industrie et de la difficulté à connaître exactement les composants ou le processus de fabrication.

Nous vous engageons donc plutôt à éviter les additifs (et à privilégier le bio quand on peut), et à vérifier selon différentes sources pour être vraiment sûr, même si le degré de certitude est à relativiser. Attention ici aux sites religieux, dont les critères ne sont pas vegan: par exemple un additif issu de l’utilisation de matières d’origine animale interdite par une religion pourra être considéré comme sans rapport avec les matières d’origine animale en question…

[La liste est disponible sur la page de présentation.]

Eprhyme – « Punklezmerap »

Après le clip de Y-Love pour la sauvegarde du Golfe du Mexique, voici le clip « Punklezmerap » (punk-klezmer-rap) du rappeur Eprhyme, toujours chez le label new-yorkais Shemspeed.

George Mosse et la culture « völkisch »

George Mosse (1918 – 1999) était un historien américain d’origine allemande juive, qui a mené ses travaux sur les origines idéologiques du national-socialisme et sur l’antisémitisme. Ce texte est extrait de la présentation qui lui est consacrée dans la brochure « Antifascisme », disponible en PDF.

La culture a joué un énorme rôle dans le triomphe du fascisme, cela se voit particulièrement si l’on compare les pays où il a triomphé avec les pays où il a, à l’opposé, été écrasé. Mosse a particulièrement étudié la culture « völkisch », le terme « Volk » signifiant « peuple » en langue allemande et le suffixe « isch » marquant l’adjectif.

« Völkisch » ne signife donc pas « populaire », mais en quelque sorte relevant du peuple, issu du peuple ; en pratique il s’agit d’un mélange de folklore, de mysticisme et d’idéologie. Le folklore a su garder une place majeure dans les sociétés germanophones, et l’idéologie völkisch tente d’intégrer celui-ci dans une véritable vision du monde mêlant le corps et « l’esprit ».

Selon les théoriciens völkisch, la nature de l’âme d’un peuple est déterminée par son paysage d’origine, qui a façonné son ethnie. Les Juifs sont ainsi vus comme venant du désert et par conséquent superficiels, « secs », sans « profondeur » ni « créativité », alors que les Allemands seraient naturellement liés aux forêts sombres et brumeuses, donnant un esprit profond, « mystérieux ».

Pour certains théoriciens nazis, on retrouve l’image du jour sacré et du soleil chez tous les « Aryens », car ils viennent du grand Nord où le jour se fait attendre quasiment toute l’année en raison de la nuit polaire. Pareillement, selon le philosophe Heidegger, les Allemands ont pris le relais des Grecs et sont le peuple « métaphysique » par excellence : il faut (soi-disant) être et penser en allemand pour « être » vraiment.

Mosse a bien vu que cette culture völkisch, en Allemagne et en Autriche (et ce par ailleurs jusqu’à aujourd’hui), a un caractère de masse ; elle forme un courant idéologique clairement présent parallèlement à la culture folklorique.

On retrouve par ailleurs le même genre de conceptions chez Rudolf Steiner, un des grands « penseurs » mystiques de cette période et créateur de l’anthroposophie, ou encore chez les « théosophes ».

En Allemagne, le mouvement autonome (antifasciste) a longtemps travaillé cette problématique du « milieu [ou centre] de la société », ces valeurs diffuses « socialement acceptables » et contrôlées par les fascistes. Dans cette perspective similaire de travail sur la culture, Mosse repère toute la littérature allemande du 19ème siècle particulièrement marquée par un antisémitisme forcené.

« L’évolution de ce sentiment, ainsi que le changement dans la façon de percevoir la nature du Juif, apparaissaient avec éclat dans la littérature populaire. L’expression la plus célèbre de ce stéréotype apparaît dans « Débit et crédit » de Freytag (1855).

Veitel Itzig incarnait toutes les qualités associées au Juif par la pensée « völkisch ». Celui-ci était laid, avare et dépourvu de toute humanité. Être déraciné, il gravissait impitoyablement les échelons de la réussite par des procédés déloyaux. Face à Itzig se trouvait l’apprenti allemand qui conservait sa droiture en se frayant son chemin dans le monde et dont l’enracinement était démontré par son honnêteté et son sens des responsabilités. »

(Les racines intellectuelles du Troisième Reich)

Mosse a bien compris que le message antisémite des nazis avait eu un terreau fertile profitant de dizaines d’années de propagande, voire même des siècles avec l’antisémitisme religieux du christianisme. Le « meurtre rituel » est un thème revenant souvent dans la propagande antisémite en Allemagne et en Autriche ; l’antisémitisme a de fait toujours été présent et la culture völkisch ne fait que généraliser culturellement un préjugé déjà là.

« La déshumanisation du Juif est peut-être l’un des développements les plus importants dans l’évolution de l’idéologie « völkisch ». [...] On se demandait si, le Juif étant dépourvu d’une âme véritable, il pouvait être considéré comme un être humain. [...]

C’est ainsi que, dans toute une série de romans populaires, les personnages juifs étaient dépourvus de toute qualité humaine et subissaient un sort misérable, victimes de leurs pulsions égocentriques pour le pouvoir. La personnification du mal dans le Juif à travers ses caractéristiques profondes fut renforcée par l’accent mis sur son apparence extérieure. La race, après tout, était un critère absolu. Les propriétés physiques du Juif furent donc opposées à l’idéal de beauté germanique ; une silhouette tordue, corpulente, avide et sensuelle, reposant sur des jambes courtes, et, bien sûr, le « nez juif », étaient comparés à la silhouette esthétiquement proportionnée de l’homme nordique.

Certes, de tels stéréotypes existaient depuis les XVIème et XVIIème siècles, mais à l’époque ils n’étaient pas aussi déterminants. Au cours des siècles précédents, le Juif était encore représenté comme un personnage comique, quoique grotesque. Dans l’image que mettait en avant la pensée « völkisch », il menaçait de maintenir les Allemands en servitude. »

(Les racines intellectuelles du Troisième Reich)

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 20h25, sortie samedi à 21h32.

Hapoel Tel Aviv jouera en Champions League contre Lyon !

Quelques jours avant le match PSG – Maccabi Tel Aviv, nous avions en même temps parlé des matchs d’Hapoel Tel Aviv en qualifications pour la Champions League, contre l’équipe autrichienne de Salzburg.

Ainsi mercredi 18 août, Hapoel s’était déplacé en Autriche… et a battu le Red Bull Salzbourg par 3 buts à 2. Le match retour s’est joué ce mardi, et s’est soldé par un match nul à 1 but partout, avec heureusement une égalisation in extremis par Hap T"A.

À noter que le match à Salzburg a été très fortement médiatisé en Israel, mais aussi en Autriche, à cause d’un « incident » qui a suivi le 3ème but d’Hapoel, dont nous parlons dans un article à la suite de celui-ci.

Quoi qu’il en soit, Hapoel Tel Aviv est donc qualifié en Champions League ! Pour la première fois de son histoire !

Et justement, hier a eu lieu le tirage au sort des poules. Résultat, Hapoel Tel Aviv est dans le groupe B, avec Benfica Lisbonne, Schalke 04 et… l’Olympique Lyonnais !

Hapoel recevra donc Lyon dans un mois, le 29 septembre ; le match retour se jouera, lui, le 7 décembre à Lyon. Une rencontre à risque, a priori.

Toujours en Champions League, les Yids de Tottenham joueront contre le FC Twente, le Werder de Brême, et l’Inter de Milan ; quant aux Joden de l’Ajax Amsterdam, ils joueront dans le « groupe de la mort » contre le Real Madrid et l’AC Milan, avec heureusement l’AJ Auxerre pour se rattraper.

Enfin, le PSG s’est déplacé hier à Tel Aviv, pour jouer le match retour contre le Maccabi, et y a perdu par 4 buts à 3. Heureusement pour le PSG, il avait gagné par 2 – 0 à Paris, ce qui le qualifie tout de même pour l’Europa League.

Hapoel Tel Aviv ‘Ad HaMavet !

Après Salzburg, où va Hapoel Tel Aviv ?

Le mercredi 18 août, Hapoel Tel Aviv s’est déplacé en Autriche… et a battu le Red Bull Salzbourg par 3 buts à 2. Le match retour s’est joué ce mardi, et s’est soldé par un match nul à 1 but partout, avec heureusement une égalisation in extremis par Hap T"A.

Hapoel Tel Aviv est donc en Champions League ! Pour la première fois de son histoire !

À noter que le match à Salzburg a été très fortement médiatisé en Israel, mais également en Autriche, à cause d’un « incident » qui a suivi le 3ème but d’Hapoel.

En effet c’est l’attaquant Itay Shechter (ou Shekhter) qui a marqué le but du 3 – 1. Sauf que dans la foulée, pour célébrer son « goal », il a sorti une kippa cachée dans sa chaussette, l’a mise sur son crâne rasé, et a récité le Shema sur le terrain !

On remarquera d’ailleurs, au moment du but, un drapeau national autrichien frappé d’un aigle, juste derrière les buts. Un drapeau montrant bien l’ambiance nationaliste qui régnait dans le stade, et qui résume bien pourquoi le geste de Shechter a fait « scandale ».

Un geste tellement inimaginable pour le public autrichien que Shechter a immédiatement été sifflé par le stade entier, et a reçu un carton jaune – totalement inexplicable et injuste.

Concernant la kippa elle-même, on peut voir qu’elle est à l’image du logo de la fédération Hapoel, avec sa faucille et son marteau :

Suite au match, Itay Shechter a donné une explication fort mélodramatique à propos de la kippa : ce serait un jeune religieux atteint d’un cancer qui la lui aurait donnée en Israel à l’aéroport, et Shechter aurait donc plus ou moins « prémédité » son coup au cas où il marquerait un but.

Un religieux fan d’un club dont les supporters mettent en avant une identité très rouge ? Apparemment cela existe… et le supporter malade en question a déclaré après le match qu’il se sentait subitement mieux… Tant mieux, après tout…

D’autre part il faut savoir que Itay Shechter est plutôt croyant – ou supersitieux, c’est selon – et qu’il met les Téfilines tous les matins.

Évidemment le geste de Shechter a été énormément médiatisé en Israel, dans un élan de nationalisme. Le symbole est en effet puissant : un juif marque un but puis met une kippa en Autriche, dans la région même où est né Hitler.

Il n’en fallait pas plus pour que les médias israeliens s’en emparent : cela est dans l’ordre des choses.

Évidemment l’attitude de Shechter peut être « compréhensible », tout comme peut être compréhensible la fierté ressentie par des millions de personnes juives dans le monde, particulièrement en Israel.

Cette attitude joue de manière évidente sur le ressort de la dignité juive, mais cette valeur est dévoyée par l’idéologie sioniste en chauvinisme à tendance « testostéronée ».

Car il faut être réaliste : le geste de Shechter après son but sert davantage l’idéologie dominante en Israel que la contre-culture progressiste.

La geste de Shechter part d’une réaction complètement individualiste, en refusant de faire passer l’identité de ses supporters avant ses propres valeurs religieuses.

La direction d’Hapoel Tel Aviv en a d’ailleurs profité au match retour, ce mardi, pour attaquer l’identité rouge des supporters du club.

En effet, le club a fait fabriquer des kippot qu’il a distribuées, avec malheureusement un certain succès, aux supporters d’Hapoel Tel Aviv qui accueillaient le Red Bull Salzbourg.

D’ailleurs, cette nouvelle kippa était blanche avec le logo en rouge, alors que la kippa de Shechter était rouge avec le logo en blanc : un détail qui ne trompe pas.

Il est de la responsabilité des franges les plus rouges des supporters d’Hapoel Tel Aviv de mettre en avant une contre-culture sans compromis, qui résiste à la pression culturelle du sionisme et à la faiblesse idéologique qui règne dans le football.

Car à ce rythme, on se dirige vers une hégémonie des valeurs chauvines au sein d’Hapoel Tel Aviv, et donc vers un club qui se fait happer par l’idéologie dominante en Israel.

Pourtant on se souviendra d’Itay Shechter agitant un drapeau rouge de l’Antifaschistische Aktion à Hamburg !

Savoir faire front pour pouvoir faire face

Graves menaces antisémites à Drancy (93)

Terrifiante découverte à la synagogue de Drancy, en Seine-Saint-Denis : parmi le courrier se trouvait une lettre contenant de grave menaces antisémites.

C’est à la relève de la boîte-aux-lettres, la première après environ une semaine de vacances, qu’a été découverte la lettre de menaces. On imagine le traumatisme vécu à l’ouverture du courrier.

Car cette lettre était accompagnée de non moins de… 9 cartouches d’arme à feu ! La menace est on ne peut plus claire, et on ne peut plus alarmante.

Quant à la lettre elle-même, sa référence à l’attaque de la flotille de Gaza, ses menaces antisémites (« Sales juifs on vous aura tous ») et ses croix gammées sont adressées explicitement à l’ensemble de la minorité juive de France – et même plus seulement à la synagogue de Drancy.

Il semblerait qu’une lettre du même type ait également visé la synagogue de Stains, toujours en Seine-Saint-Denis.

Rappelons que le mémorial de la déportation de Drancy avait déjà été profané en avril 2009. Plus récemment, c’était la voiture de Sammy Ghozlan, ancien commissaire de police et président du BNVCA, qui avait été incendiée dans le jardin de son pavillon, au Blanc-Mesnil en mai dernier.

Seulement aujourd’hui, c’est encore un cap qui est franchi dans le niveau des menaces, et cela à la veille des fêtes de début d’année.

En effet, les fêtes tombent très tôt cette année : du mercredi 8 septembre au soir jusqu’au vendredi 10 pour Rosh HaShannah, puis du vendredi 17 septembre au soir jusqu’au samedi 18 pour Yom Kippour, sans oublier Souccot et Sim’hat Torah.

Profitons-en pour rappeler les trop classiques précautions habituelles, face aux menaces qui pèsent en ce moment : ne pas aller et venir toutE seulE à la synagogue ; ne pas s’éterniser à la sortie après l’office ; avoir l’esprit lucide et disponible, vigilant mais sans céder à la panique ; prévenir de tout détail qui pourrait sembler suspect, etc.

La nouvelle année s’annonce donc lourde de menaces, et d’ailleurs, chaque année semble systématiquement pire que la précédente.

Les choses doivent être exprimées clairement : chaque jour la situation en France se tend davantage, parallèlement à la crise capitaliste.

Le racisme est en pleine explosion, et si ses manifestations prennent un tour de plus en plus brutal, celles-ci s’appuient de fait sur des valeurs fascistes qui partent à l’assaut de la société toute entière.

Demain ou après-demain sera terrible, et chaque personne qui s’oppose à l’antisémitisme doit partir de ce principe : nous sommes au seuil des années 1930.

Les fascistes veulent instaurer une climat de terreur antisémite en France. Pour cela ils sèment la division au sein du peuple, afin d’affaiblir la résistance au racisme.

Que les antisémites sachent alors que la minorité nationale juive n’a pas l’intention de fuir, car elle est en France chez elle. Et la jeunesse juive saura leur faire comprendre.

Nous avons besoin d’une autodéfense juive à la hauteur, une autodéfense antifasciste qui se fonde sur des petits groupes autonomes mais organisés, recevant l’appui du peuple dans son ensemble.

Nous n’avons plus le choix : l’arbre préfère le calme, mais le vent continue de souffler.

Dans deux mois, le procès en appel des assassins d’Ilan

Le 10 juillet 2009 se terminait le procès des assassins d’Ilan Halimi. Youssouf Fofana avait été condamné à perpétuité ; quant au reste du verdict, il avait été globalement inférieur aux peines requises.

Un appel du ministère de la « justice » a donc été effectué, dont les raisons sont expliquées dans quelques documents d’Hapoel : « Que se cache-t-il derrière l’appel au procès Ilan Halimi ? », « Enfin l’UJFP évoque Ilan ».

Le procès en appel aura donc lieu dans deux mois, du 25 octobre au 17 décembre, à Créteil, devant la cour d’assises des mineurs du Val-de-Marne (94).

Sur les 27 personnes accusées, 19 passeront en appel. Fofana lui-même a fait appel, puis s’est rétracté une semaine avant le 4ème anniversaire de la mort d’Ilan.

Parmi ces 19, on retrouve des complices qui étaient mineures quand Ilan a été assassiné, ce qui avait justifié le huis-clos du premier procès.

La question se repose donc inévitablement : l’appel se déroulera-t-il de manière publique ?

Justice pour Ilan ! L’oubli est une deuxième mort !

La France, pays de la délation

Quand on se confronte de manière lucide et réaliste à la culture nationale-bourgeoise, on voit très vite que la France est la pays de la délation et du fichage.

Et quand nous affirmons cela, tout le monde comprend très bien ce que nous voulons dire.

À quoi cela tient-il ?

Comme l’explique Marx, la France est historiquement le pays de la petite propriété parcellaire.

Cette petite propriété parcellaire était en réalité maintenue à bout de bras par le capitalisme français, un capitalisme très spécifique qui jusque dans l’entre-deux-guerres avait une grande composante usuraire, reposant sur la rente foncière.

C’est ce capitalisme usuraire qui a très longtemps maintenu à la campagne des vestiges sociaux et culturels de la féodalité, qui se retrouvent encore aujourd’hui dans l’appareil d’État de la république bourgeoise française.

La petite propriété parcellaire a donc donné naissance à une couche sociale typiquement française, les petits notables des campagnes.

Une couche sociale dépendante du capitalisme foncier à la française, et qui se range donc tout à tour derrière le Second Empire après 1848, derrière la Troisième République après la Commune, et enfin derrière Vichy.

Au final, ce sont ces rapports sociaux de la petite production rurale qui ont façonné l’identité des couches possédantes et dominantes de la « France profonde » : jalousie et mesquinerie, paternalisme et hypocrisie, méfiance de la grande ville et réaction panique face à la « subversion » qui y règne.

Mais aussi commérages, rumeurs et délation contre tout ce qui est perçu comme étranger à la « terre » de Barrès ou au « pays réel » de Maurras.

Or dans l’idéologie fasciste, c’est précisément « le juif » qui a un caractère universel et cosmopolite, étranger et mobile, abstrait et insaisissable. « Le juif » est un fantôme, une ombre, un être virtuel, et l’on peut alors laisser libre cours à la délation.

À ce titre il faut remarquer que, si les personnes d’origine chinoise sont perçues par les racistes comme pratiquant l’infiltration et les personnes d’origine rrom comme ayant une dimension transnationale, les personnes d’origine juive cumulent ces deux « caractères » supposés.

Ainsi toute la mentalité nationale-bourgeoise française est imprégnée de manière incontournable par la délation, en particulier des personnes juives.

La délation antisémite se déploie pleinement dans le fascisme – mais aussi fâcheusement chez la petite-bourgeoisie qui s’imagine d’extrême-gauche.

Un exemple frappant de tout cela ?

Le numéro d’été du « National Radical », le journal du Parti National Radical. Celui-ci contient un « dossier » absolument délirant consacré aux « Juifs qui dominent la France ».

Ce torchon fasciste de 16 pages (couverture) est sorti début juin, mais fin juin il a été attaqué par des associations antiracistes, et mi-juillet le TGI de Paris a décidé de son retrait immédiat de la vente.

Pourtant, dans une gare de Lyon, ce journal continuait à être vendu dans un relai de presse, et divers médias ont évoqué cette affaire depuis ce jeudi. Joli coup de pub pour des fascistes qui n’en demandaient pas tant, et qui comptaient dès le départ se faire « censurer ».

C’est peu dire que la délation antisémite bat son plein dans ce journal fasciste, puisqu’une liste de noms supposés juifs – même pas « sionistes » – y remplit presque 5 pages, dans le plus pur esprit des années 1930. D’ailleurs une certaine place est réservée aux personnes supposées juives d’extrême-gauche…

Quant aux commentaires qui accompagnent les articles des médias internet, même mainstream, ils sont parfois tout simplement terrifiants.

Bien entendu, les antifascistes n’ont pas à rentrer dans le jeu malsain des antisémites en faisant remarquer que la liste des « Juifs qui dominent la France » est truffée d’erreurs et n’est pas du tout « mise à jour »…

En effet cette liste circule sur Internet depuis des années, et on a notamment déjà eu le droit à une liste de « 500 sionistes » sur un site très très proche de Dieudonné.

Et ne parlons même pas du caractère fantasmatique-délirant, outrageusement ridicule, et typique du petit-bourgeois des campagnes françaises, que l’on retrouve notamment dans cet extrait :

« GUETTA David. Animateur de boîte de nuit fréquentée par le "Tout Paris". Né dans une famille juive originaire du Maroc, il est marié à une entraîneuse sénégalaise. »

Mais qu’est-ce que le Parti National Radical, au fait ?

C’est un petit groupe fasciste qui se revendique « national, catholique et social », et qui mène une certaine agitation antisémite en Auvergne et en Rhône-Alpes : affiches de délation antisémite, petites manifestations, etc.

Ce groupe est basé dans l’Allier, non loin de Vichy donc, plus précisément à Ainay-le-Château, un petit village de 1100 habitantEs.

Et que voit-on dans leur journal fasciste, un journal qui d’ailleurs est financé on ne sait comment ? Des petites annonces pour de l’immobilier à la campagne !

Ainsi, toujours dans ce numéro d’été, on retrouve à la page 9 une petite annonce pour louer un appartement en Savoie, près de la station de ski très huppée de Courchevel !

De même quelques pages plus loin, à la page 14, juste au-dessus d’une publicité pour une édition des « Protocoles de Sages de Sion » (sic) réalisée par le PNR :

« Le Parti National Radical offre gracieusement, dans sa propriété située dans le Cher, en échange d’une collaboration étroite, la location d’un petit appartement. »

Voilà qui correspond entièrement à notre explication de la mentalité délatrice chez les petits propriétaires fonciers de campagne – ici clairement des bourgeois.

Ainsi donc, il y a en France une grande tradition à la délation antisémite.

Une tradition qui passe évidemment par les affaires Dreyfus et Stavisky, qui se prolonge sous Vichy avec une dimension pleinement génocidaire, et qui encore aujourd’hui ressurgit régulièrement.

Car les délations antisémites sous forme de pseudo-dérapages ont le vent en poupe : Le Pen qui appelle Patrick Bruel par son vrai nom ou qui récemment dénigre le prénom du jeune Solal Sarkozy, Frêche qui aussi récemment parle d’une « tronche pas catholique » à propos de Fabius, Dieudonné qui prétend qu’Arthur finance Tzahal, Tariq Ramadan qui critique ses « intellectuels communautaires », Siné qui se mêle des affaires religieuses de Jean Sarkozy ou qui, pendant la campagne électorale de 2004 pour Europalestine, faisait huer des noms de « sionistes » en compagnie d’Alain Soral, etc.

Le caractère systématique de la délation antisémite fait qu’une publication telle que celle de cette liste de noms ne doit pas être considérée comme un fait isolé : c’est simplement un aperçu de la décennie qui s’ouvre.

Riposter aux délations antisémites !
Dynamiter la culture nationale-bourgeoise française !

Juifs et Roms, au-delà des nations

[Un extrait d'un document de 2004 du Parti Communiste Marxiste-Léniniste-Maoïste (PCMLM).]

Avec le développement de la production marchande et de l’échange, le clergé lui-même se livra à l’usure pour laquelle l’Église se montra de plus en plus indulgente.

La question de l’usure est importante, car l’Église a permis la naissance et le développement de l’antisémitisme. Les communautés juives ghettoïsées se virent en effet attribuer le rôle d’usuriers, interdit aux chrétiens.

L’image antisémite du Juif capitaliste provient de là. Historiquement cette image s’est mélangée avec celle du « peuple responsable de la mort du Christ » diffusée par l’Église. Par la suite vint l’image du « Juif communiste », qui se rajoutera au cliché antisémite.

En revendiquant une nationalité et une culture par-delà les frontières des pays et des classes, c’est-à-dire en définissant une communauté humaine en dehors des États nationaux, les communautés juives ont été une cible principale des idéologies bourgeoises nationales.

Cela a été particulièrement fort là où les États nationaux n’avaient pas encore atteint leur unité.

Dans la conception nazie de l’État capitaliste centralisé, les communautés « transnationales » juives, roms et sintis (« tziganes ») apparaissaient comme internationalistes et proches du communisme dans leurs principes communautaires.

Ce phénomène de liquidation de populations apparaissant comme des obstacles à l’unification nationale selon les principes capitalistes – parce qu’elles ont conservé des traits communautaires antérieurs au capitalisme – n’est pas un phénomène exceptionnel.

Il est lié aux contradictions du rapport entre féodalité et capitalisme ; il est ainsi encore d’actualité pour la majorité des peuples du monde, encore prisonniers des rapports féodaux.

Il a pris et prend souvent un caractère génocidaire : liquidation des Juifs d’Espagne ; liquidation des communautés samis (« lapones ») en Europe du Nord ; liquidation des Native Americans en Amérique du Nord ; liquidation des communautés indiennes en Amérique centrale et du Sud, etc.

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 20h39, sortie samedi à 21h47.

Le NPA décrète que « l’antisémitisme de gauche n’existe pas »

La minorité juive de France ? L’antisémitisme ? Le NPA ne connaît pas, ou du moins il n’en parle jamais. Alors quand le mot « antisémitisme » est lâché, c’est presque un événement.

Samedi dernier, le parti de Besancenot a ainsi publié une chronique sur un livre parlant de l’antisémitisme de gauche. Mais pour trouver cette chronique, il fallait farfouiller très loin, dans les documents consacrés à l’antisémitisme.

Des documents consacrés à l’antisémitisme chez le NPA ? Oui, on peut trouver sur leur site… deux articles ! Le premier, qui date d’avril 2009, et qui est dans la stricte ligne de l’UJFP. Et le second, qui vient donc d’être publié. Alors que parmi les étiquettes les plus attribuées à des articles, on retrouve « Palestine – Israël », aux côtés évidemment de « Besancenot » et « élections »…

Et quel est le titre du second article ? De la part du NPA, il fallait oser être aussi francs et explicites : « L’antisémitisme de gauche n’existe pas ! »

Que voit-on donc ? Que quand le NPA parle d’antisémitisme, c’est exclusivement pour le nier, pour nier l’antisémitisme de la « gauche radicale » française.

Et cela alors même que le livre chroniqué par un militant du NPA s’intitule « L’antisémitisme à gauche – Histoire d’un paradoxe, de 1830 à nos jours » (Michel Dreyfus, 2009, Éditions de la Découverte).

Ce livre est en effet sorti à l’été 2009, et ce n’est que maintenant que le NPA s’en aperçoit. Pourquoi ? Quelle pilule le NPA cherche-t-il à faire avaler ? Mystère.

Pourtant Hapoel avait parlé de cet ouvrage… il y a un an ! Et sur le Forum Antifasciste, deux fils de discussion sont consacrés à ce livre (12).

À ce titre, même les anarchistes « historiques » de la Fédération Anarchiste avaient parlé de ce livre en décembre, dans un article paru dans le Monde Libertaire. Un article long, indigeste… et très clairement antisémite !

Au niveau des influences, cela oscille entre Proudhon et Garaudy… Mais faut-il s’en étonner, pour une organisation qui a longtemps accueilli l’un des premiers négationnistes, Paul Rassinier ?

Il faut lire cet article « anarchiste ». Il donne certes froid dans le dos tellement il est outrancier « sans s’en rendre compte », mais le fait qu’il n’ait soulevé aucune protestation est très instructif sur certains anarchistes, qui d’autre part versent également dans le racisme anti-arabe le plus grossier.

Concernant la chronique du NPA sur le travail de Michel Dreyfus, il est en fait assez difficile de la critiquer, tant elle est brève, et… vide de contenu. À l’image du NPA, est-on tenté de dire, peut-être à tort.

Mais le diable se cache dans les détails, et on nous rétorquera qu’il est parlé d’antisémitisme « de gauche » et non d’antisémitisme « à gauche ».

Cela est de fait une pirouette facile, qui est simplement une négation de toute l’expérience des masses populaires juives, de toute analyse de l’anticapitalisme romantique, de toute économie politique, de toute démarche scientifique – notamment celles de Zeev Sternhell et de Moishe Postone.

Une pirouette dont le seul but est de dédouaner la social-démocratie « radicale » de son inévitable tendance historique à l’antisémitisme.

L’auteur de la chronique du NPA explique ainsi : « La gauche, particulièrement la gauche antisioniste, porterait la responsabilité [...] d’un renoncement à toute intransigeance à l’encontre de cette forme de racisme. »

Oui, c’est bien ce qui doit être reproché au NPA et à toute la social-démocratie « radicale » française, et qui est indissociable de sa nature petite-bourgeoise.

D’ailleurs, en ce qui concerne la lâcheté envers les masses populaires juives autant que le populisme envers les antisémites, le NPA est devenu une véritable institution.

Ainsi le NPA (à l’époque la LCR) s’était mobilisé en faveur de Siné pour son « dérapage » antisémite de 2008, dans une pétition signée notamment par… Alain Krivine et Daniel Bensaïd.

De même en mai dernier, on avait pu assister à Nancy à un incident antisémite dans une manifestation pour le boycott de l’État israelien, incident filmé par l’UEJF. Les militants du NPA, tout proches, n’avaient rien trouvé à redire. Puis le tardif communiqué d’explication ne mentionnait pas une seule fois le mot « antisémitisme ».

Aussi se souviendra-t-on encore longtemps du rassemblement de soutien à la librairie « Résistances » de la CAPJPO-Europalestine, qui avait été attaquée par l’extrême-droite sioniste. À ce rassemblement en juillet 2009, toute la « gauche radicale » parisienne avait pu applaudir l’avocat des négationnistes Robert Faurisson et Paul-Éric Blanrue.

Or, pendant la campagne aux élections européennes de juin 2009, le NPA avait tenu des réunions électorales dans cette même librairie. De plus, le NPA collabore encore aujourd’hui avec les antisémites de la CAPJPO.

En parlant de négationnistes, on peut enfin penser à une pétition lancée en avril dernier par une tendance du NPA, La Commune.

Cette tendance interne est liée sur le plan international à des trotskystes d’Amérique Latine, notamment en Argentine. Or le dirigeant de leurs homologues d’Argentine avait pu parler des « nids de rats où sont les capitaux sionistes », jouant sur l’assimilation médiévale des personnes juives aux rats (reprise jusqu’en Iran).

Ce trotskyste d’Argentine a été condamné par la « justice » de son pays sur des bases franchement de droite, et les trotskystes de La Commune avaient lancé une pétition en sa faveur – ce qui est d’ailleurs une pratique complètement social-démocrate.

Une pétition signée notamment par Noam Chomsky, par des militants du NPA, et bien entendu par des cadres de l’UJFP – qui sont parfois aussi au NPA !

Mais parmi les 100 premiers signataires (qui ont donc vraisemblablement été sollicités), on retrouve également… deux négationnistes ! À savoir Ginette Skandrani et Paul-Éric Blanrue, encore lui.

Ainsi donc, une tendance du NPA défend sans problème des gens qui assimilent les « sionistes » à des rats, puis accepte (voire sollicite ?) des signatures de négationnistes connus dans sa pétition !

Ce qui n’a donc strictement rien à voir avec l’affirmation du NPA comme quoi « l’antisémitisme de gauche n’existe pas » !

Hapoel n’avait pas parlé de cette pétition à en avril dernier, car nous considérions avoir déjà suffisamment critiqué l’UJFP sur des points concrets, et il y avait lieu de mettre en avant une démarche positive et ouverte (comme en témoigne notre important document sur le véganisme et la psychologie de masse de la minorité juive).

Seulement voilà, avec le NPA, l’UJFP et toute la social-démocratie « radicale », il suffit d’attendre un peu, et l’antisémitisme revient immanquablement.

Alors finalement, pourquoi est-ce que le NPA parle aujourd’hui de ce livre de Michel Dreyfus sur « l’antisémitisme à gauche » ? De quoi cherche-t-il à se dédouaner ? Cela peut-il être pire que de laisser squatter ses initiatives par des négationnistes notoires ?

En France en 2010, le fascisme se développe et se renforce. Et par sa tendance à l’antisémitisme, la social-démocratie « radicale » est un appui au fascisme.

Pour briser cette dynamique antisémite, pour briser l’encerclement des masses par les antisémites de droite et de gauche, nous avons besoin de gens qui savent à quoi s’attendre ! Nous avons besoin d’économie politique et de démarche scientifique !

Juif ! Juive !
L’Action Antifasciste ne fait aucun compromis avec l’antisémitisme !
L’Action Antifasciste est ton organisation !

La vivisection, de Descartes à Mengele


Le principe essentiel du Mazal

Le saviez-vous ?

L’expression « Mazal Tov » est récente et vient du yiddish. Le terme de « Mazal » (מזל) signifie la chance, la destinée, ou le destin lui-même, et les mots de « Mazal Tov », venant de l’hébreu, signifient donc « bonne chance », « bonne constellation ».

On emploie couramment l’expression « Mazal Tov » pour les mariages, car le « Mazal » joue un rôle essentiel dans le choix du conjoint : un mariage selon la tradition juive nécessite la réciprocité absolue des conjoints, car l’union est le fruit d’une sorte de magie.

Les conjoints ne se choisissent pas, ce sont les affinités électives qui font que l’union se fait – c’est le Mazal.

Traditionnellement le proverbe biblique suivant est cité :

« Il y a trois choses qui sont trop merveilleuses pour moi, et même quatre que je ne comprends pas :
le chemin que suit l’aigle dans le ciel,
celui du serpent sur le rocher,
celui du navire en haute mer
et celui de l’homme chez la jeune fille.
»

Aujourd’hui encore cette conception du « Mazal » dans le choix du conjoint prédomine largement dans la culture des personnes juives en France.

Que faut-il en penser ? Principalement deux choses, et même une troisième.

1. D’abord, on voit comment la culture juive, tout comme la culture arabe et islamique, a emprunté à Aristote et son astrologie, puisque les astres jouent un rôle quant à la nature du Mazal. C’est encore une démonstration de l’unité historique culturelle judéo-arabe.

2. On voit très bien ici que la population juive a une conception romancée de l’union qui relève de ce qu’on va appeler l’orient, très éloignée de l’individualisme ultra-libéral marquant les sociétés capitalistes.

3. En conséquence, la conception du « Mazal » comme « feeling » essentiel pour l’union entre deux individus est un apport très intéressant à la culture populaire – c’est le principe même de la romance, en fait.

Et cette romance devrait ainsi s’orienter vers tous les êtres humains et non pas seulement vers les personnes juives ou musulmanes – en fait c’est toute la conception populaire de la romance au sein du peuple qui est dévoyée vers le mariage religieusement non mixte.

En ce sens, seule l’union universaliste et métissée marque un véritable Mazal à la hauteur de notre époque !

Blanrue lance une pétition pro-négationniste – PCMLM

Offensive fasciste : la pétition de Paul-Éric Blanrue pour l’abrogation de la loi Gayssot et la libération d’un nazi

Paul-Éric Blanrue a lancé vendredi une pétition, largement diffusée sur le net, pour l’abrogation de la loi Gayssot et la libération du négationniste Vincent Reynouard. Cette pétition intervient une semaine exactement après la publication d’un billet de Blanrue en faveur de ce même Vincent Reynouard.

Nous reviendrons sur le texte de la pétition dans un deuxième temps, car il est d’abord nécessaire de rappeler  certaines caractéristiques du fascisme à l’époque de la crise générale du capitalisme, en commençant par le cas révélateur de Paul-Éric Blanrue.

Blanrue est un fasciste dans la veine social-chauvine « de gauche », un peu à l’image du maire de Vénissieux André Gérin, membre du P « C » F (Blanrue serait lui-même membre du P « C » F ce qui n’est pas étonnant). Dans une attitude typiquement fasciste, Blanrue se targue d’être un rebelle détenteur d’une vérité qui « dérange » le pouvoir mais adopte une position totalement soumise envers l’idéologie bourgeoise républicaine et l’impérialisme français.

Dans sa pétition, Blanrue construit ainsi tout son argumentaire autour de l’idée fantasmée de liberté d’expression, sorte d’héritage sacrée de la Révolution et de la République.

De même, Blanrue est connu pour son livre « Sarkozy, Israël et les juifs » dont la soi-disante interdiction de publication à la sortie lui a permis opportunément de se faire une gigantesque publicité en se présentant de manière populiste comme une victime du « système ». Il va de soi, bien sûr, que le livre a été publié depuis et se trouve très facilement dans toutes les librairies.

Il faut bien saisir que, loin d’être muselés, les fascistes profitent au contraire à fond de la crise générale du capitalisme et du soutien de la bourgeoisie impérialiste.

Paul-Éric Blanrue, comme tous les fascistes, se présente en « électron libre », en « esprit indépendant », mais n’est en vérité rien d’autre qu’un lèche-botte servile de l’impérialisme français. Il est donc fort logique que Blanrue exprime son admiration pour de Gaulle, la grande figure de la bourgeoisie impérialiste française.

Sans surprise, Blanrue est adepte de l’argumentaire anti-américain typiquement français défendant une France forte, souveraine et indépendante, comme au temps de de Gaulle selon une vision fétichiste de l’histoire.

Ce néo-gaullisme est une option stratégique de la bourgeoisie impérialiste qui, à l’époque de la crise générale du capitalisme, prend inévitablement le pas sur sa concurrente, la bourgeoisie industrielle, comme nous l’avons expliqué à de nombreuses reprises (par exemple : 123).

Blanrue est à ce point affilié à l’impérialisme français qu’il soutient, au même titre qu’un Dieudonné, le régime fasciste d’Ahmadinejad en Iran, pays semi-colonial semi-féodal soumis aux intérêts de l’impérialisme français.

Les fascistes, dépourvus de toute science dialectique et englués dans le nationalisme, s’enfoncent inévitablement dans une vision binaire des plus primaires. Ainsi, les fascistes conçoivent la France comme un pôle idéal de résistance face aux Etats-Unis.

Cette vision du monde binaire se reflète par exemple dans les propos de Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch se rendant  à Tokyo au sanctuaire Yasukuni dédié en partie à la mémoire de fascistes japonais responsables d’atrocités lors de la conquête impérialiste d’une partie de l’Asie (on peut citer par exemple le massacre de Nankin).

Citant au passage le collaborateur Robert Brasillach (« le sang qui a coulé est toujours un sang pur »), Le Pen et Gollnisch ont évoqué les bombes atomiques de Hiroshima et Nagasaki, ce dernier déclarant : « Il y a les bons et les mauvais criminels de guerre. Les bons criminels de guerre, ceux-là qui sont pardonnés, sont les vainqueurs. C’est ceux qui ont bombardé et fait éclater sous des chaleurs de trois mille degrés les femmes, les vieillards, les enfants, de Hiroshima, de Nagasaki, de Dresde ou d’ailleurs. Ca, ce sont les bons. Et puis il y a les mauvais, c’est dans le camp des vaincus ».

On voit très bien que le fascisme, dans sa vision nationaliste binaire, oppose Japon et Etats-Unis, renvoyant dos à dos les atrocités commises pendant la guerre.

Contrairement à cette articulation binaire de la pensée, la science dialectique du marxisme-léninisme-maoïsme comprend que les atrocités de l’impérialisme japonais et de l’impérialisme US sont deux versants de la même réalité ignoble de l’impérialisme et le produit des contradictions entre puissances impérialistes. Tout comme l’attitude de de Gaulle correspond à une opposition stratégique de la bourgeoisie impérialiste française à l’impérialisme allemand nuisible à ses intérêts, et non à la lutte à mort idéologique contre le fascisme et le nazisme menée par les partisans communistes et l’Armée rouge.

Comme nous avons analysé la logique binaire (totalement ignorante de la dialectique) des fascistes et leur dévouement envers l’impérialisme français, nous pouvons maintenant revenir à la pétition de Blanrue pour l’abrogation de la loi Gayssot et la libération du négationniste Vincent Reynouard.

Le texte de Blanrue se veut une défense de la liberté d’expression, mise en danger selon lui par la condamnation à un an de prison ferme du nazi Reynouard niant dans une brochure la réalité du génocide perpétré par les nazis contre les juifs et les Roms.

Pour Blanrue, nier la réalité d’un crime et insulter la mémoire de populations exterminées (juifs, roms, homosexuels, handicapés mentaux…) relève donc d’une « liberté » de s’exprimer. On voit bien là que Blanrue est un bourgeois au service de l’exploitation capitaliste qui, à l’époque de la crise générale, se mue en fascisme.

En effet, la société capitaliste est une guerre de tous contre tous où s’exercent la domination et l’oppression entre les êtres humains, et l’exploitation de la classe dirigeante bourgeoisie sur le prolétariat.

La brochure de Vincent Reynouard n’est ainsi en rien l’expression d’une liberté mais un acte d’oppression, une déclaration de guerre à la dignité humaine, à la vie elle-même.

Le capitalisme souille l’idée même de « liberté ». A cette période de putréfaction totale du capitalisme dans laquelle ils prospèrent, les fascistes comme Blanrue sèment la confusion en faisant passer un acte d’oppression pour une liberté.

Le capitalisme pervertit et saccage tout à l’époque de sa décadence complète : il est donc logique que la liberté perde son sens de libération et devienne synonyme d’oppression, de terreur, de haine, d’humiliation, de domination.

La « liberté » qu’affichent fallacieusement les capitalistes et les fascistes comme Blanrue n’est rien moins que la possibilité revendiquée pour les exploiteurs capitalistes d’opprimer le peuple, d’en terroriser une partie en s’ouvrant le chemin du génocide !

Les fascistes sont du côté des exploiteurs capitalistes pour continuer plus que jamais à diviser le peuple, à l’asservir !

Il est nécessaire de comprendre que l’abrogation de la loi Gayssot, qui interdit la négation de crimes contre l’humanité, est l’obsession des fascistes qui pensent qu’il est temps désormais de débrider leur barbarie génocidaire.

La loi Gayssot a été adoptée sous la pression des masses, mais elle ne constitue qu’un faible verrou, faible car intégré dans le dispositif du légalisme bourgeois. De plus, dans le contexte des contradictions grandissantes au sein de la bourgeoisie, la loi Gayssot subit les assauts de la bourgeoisie impérialiste, porteuse du fascisme, qui supplante progressivement la bourgeoisie industrielle.

Le peuple ne s’en remet pas au légalisme d’un capitalisme de plus en plus croupi car seule la révolution socialiste est capable d’incarner ses aspirations à une vie libérée.

La liberté du peuple est celle de se débarrasser des exploiteurs capitalistes et de leurs engeances fascistes.

La liberté ne peut se concevoir sous le joug barbare du capitalisme et de son avatar fasciste, voilà pourquoi la révolution socialiste l’anéantira impitoyablement !

Y-Love contre la marée noire : « If Not Now, When ? »

Aux États-Unis, la marée noire du Golfe du Mexique est vécue par le peuple comme un véritable traumatisme, comme un crime contre la planète et tous ses habitants. Mais là où il y a dévastation et écocide, il y a résistance et mise en avant d’une démarche positive.

Ainsi la semaine dernière, le rappeur américain Y-Love a mis en ligne une chanson à propos de la marée noire, titrée « If Not Now, When ? »

Ce morceau fait suite au voyage qu’a fait Y-Love en Louisiane, début juillet. Le contenu est très dense, très clairement progressiste, voire presque révolutionnaire.

En effet la chanson parle aussi bien de la marée noire de 2010 que de l’ouragan Katrina de septembre 2005, avec un style très revendicatif. Les responsabilités sont pointées, et les critiques sont formulées.

Ce son est vendu à un dollar sur internet (on peut de plus faire une donation), et les bénéfices récoltés serviront à une association, Gulf Restoration Network.

Évidemment quand on voit le titre de la chanson, « If Not Now, When ? », on pense immédiatement au sage Hillel, cité dans les Pirkei Avot : « Im Lo Akhshav, Eimatay ? »

Pareil quand on entend le refrain, qui affirme que « nous pouvons tous réparer le monde » : cela semble faire directement référence au Tikkun ‘Olam.

Et en fait, c’est bien de cela qu’il s’agit. Car en vérité, Y-Love est un rappeur juif ‘hassidique, d’origine africaine-américaine, qui pose aussi bien en anglais qu’en hébreu, yiddish, arabe ou même araméen.

Yitz Jordan – c’est son nom – est originaire de Baltimore, Maryland, et s’est converti au judaïsme en 2001 à l’âge de 18 ans.

Auparavant, il s’était intéressé à la religion juive à l’âge de 8 ans, quand sa grand-mère lui contait l’histoire des Hébreux. Puis il a commencé à étudier à 14 ans, mais s’est officiellement converti quatre ans plus tard. Il a alors rejoint une Yeshiva en Israel, et à son retour aux USA, il s’est installé dans le quartier le plus ‘hassidique de Brooklyn…

Y-Love a lancé sa première mixtape en 2005, et son premier album en 2008, « This is Babylon ». Il sortira également un nouvel album début 2011.

Y-Love fait partie de ce qui, ces dernières années, s’est constitué plus ou moins en un mouvement musical, un courant très new-yorkais de musique urbaine marquée par le mysticisme juif. La plus grande figure de ce mouvement est sans doute Matisyahu.

« We can all fix the world – if not now, when ?
Revolution starts now – if not now, when ?
Each one, reach one – if not now, when ?
If not you, then who – and if not now, when ?
»

Quelques nouvelles du football israelien

Cela fait presque dix jours que la nouvelle est tombée, et que tout Paris sait qu’à Tel Aviv, il n’y a pas seulement Hapoel comme club de foot.

En effet, le PSG est en lice dans les barrages de l’Europa League, et le tirage au sort de vendredi dernier (le 6 août) a fait que Paris affrontera Maccabi Tel Aviv.

Le match aller se déroulera ce jeudi 19 août au Parc des Princes, tandis que le retour se jouera le 26 au stade Bloomfield de Yaffo.

Comme chacun sait, les équipes israeliennes réussissent assez mal au PSG, qui avait été éliminé de coupes européennes en 1998 par Maccabi ‘Haifa et en 2006 par Hapoel Tel Aviv – avec l’atmosphère de pogrom qui a suivi le match parisien.

Et quand on sait que Maccabi Tel Aviv (3èmes du championnat l’année dernière) a éliminé l’Olympiakos au tour précédent, le PSG risque d’avoir un peu de mal…

Pourquoi est-ce que nous n’en parlons que maintenant, et pas dès que le tirage au sort a été connu ?

Tout d’abord parce que… cela ne nous intéresse pas forcément !

Maccabi Tel Aviv est une équipe dans laquelle nous ne nous reconnaissons pas, et même au contraire. Depuis son rachat cet été, c’est d’ailleurs le club le plus riche du championnat israelien, et l’équipe a déjà recruté plusieurs joueurs – dont un ancien parisien.

Rien à voir, donc, avec Hapoel Tel Aviv, Bnei Sakhnin, ou encore la petite équipe d’Hapoel Katamon, des clubs dont les supporters mettent en avant une identité clairement rouge et antiraciste.

Et d’ailleurs, Hapoel Tel Aviv (champions 2009 – 2010) vient de battre Maccabi Tel Aviv par 3 buts à 2, hier soir dans le derby de la Toto Cup.

En parlant d’Hapoel Tel Aviv (c’est pour nous la moindre des choses…), l’équipe affrontera ce mercredi en barrages de la Champions’ League le club autrichien de Salzburg, après avoir éliminé le club kazakh d’Aktobe.

Quant au championnat israelien à proprement parler (précisément la Ligat Ha’Al), il recommencera ce samedi 21 août, avec notamment Hapoel ‘Haifa contre Hapoel Tel Aviv, et Maccabi Tel Aviv contre Maccabi ‘Haifa.

Mais surtout, si nous n’avons pas parlé de Maccabi Tel Aviv jusque là, c’est parce que personne ne savait vraiment si le match parisien serait public ou pas, et si oui, à quelle heure il se tiendrait.

En effet, la préfecture de police de Paris a voulu avancer le match, pour prévenir les « débordements ». Comprendre : pour éviter les lynchages antisémites, ce qui en dit très long sur l’ambiance en France…

Justement, ce n’est que ce jeudi 12 août vers midi que l’UEFA a autorisé le PSG à avancer le match : le coup d’envoi sera donc sifflé à 18h30.

Par contre pour les personnes qui voudraient aller au Parc, cela n’est pas donné : pour une place dans la tribune réservée aux supporters du Maccabi, il faudra débourser 65 €.

Disons-le clairement : non seulement les prix des billets au Parc des Princes augmentent en permanence, mais en plus on a ici un véritable racket raciste !

Car avec la toute nouvelle politique du PSG de vendre des places aléatoires, les personnes qui voudraient supporter Maccabi Tel Aviv – et qui ne veulent pas se sentir menacées pendant 90 minutes – seront obligées d’acheter des places à 65 € dans la tribune réservée (une tribune présidentielle), alors que les tarifs commencent à 40 € (ou 12 € dans les virages).

Pour les gestionnaires capitalistes du PSG, la sécurité des supporters de Maccabi Tel Aviv – dans le stade et en dehors – se monnaie donc très cher…

Malgré tout ce que l’on peut penser de Maccabi Tel Aviv, espérons simplement qu’en cas de nouvelle défaite du PSG, on ne revivra pas la soirée du 23 novembre 2006…

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 20h52, sortie samedi à 22h01.

Dan Amos est sorti de prison ! Contre la vivisection, le combat continue !

Dan Amos est un activiste anglais pour la libération animale, dont Hapoel a déjà parlé en novembre dernier à l’occasion de son 23ème anniversaire.

Le 1er mai 2007, l’État anglais mène une grande campagne de répression, avec 32 raids policiers, jusqu’en Belgique ou aux Pays-Bas. Cette répression vise la campagne internationale de harcèlement contre le plus grand laboratoire européen de vivisection.

Parmi les personnes arrêtées, Dan Amos, un jeune militant vegan qui avait 20 ans à l’époque. Il est accusé d’avoir envoyé des lettres de menace à Huntingdon Life Science.

Remis en liberté, puis réincarcéré en juillet 2008, Dan Amos sera condamné à 4 ans de prison ferme par l’État anglais en janvier 2009, aux côtés de 6 autres activistes de la libération animale : ils seront connus sous le nom de « SHAC 7 » (pour « Stop Huntingdon Animal Cruelty »).

Mais la bonne nouvelle est tombée ce 30 juillet, et est passée totalement inaperçue en France : après deux ans de détention, Dan Amos est enfin sorti de prison !

En effet Dan a été libéré sous condition : il ne pourra pas participer à des actions pour les animaux jusqu’à la fin théorique de sa peine, le 30 juillet 2012. De plus il aura certaines interdictions pendant encore 5 ans.

Mais a priori, Dan n’est ni un traître, ni un dissocié, ni un « repenti », puisque le mouvement de solidarité avec les SHAC 7 se félicite de cette libération, et parle même du « premier de nos courageux combattants à rentrer à la maison » !

En France, la situation de ces personnes est très peu connue, à part quelques manifestations qui avaient été organisées à Paris par un groupe aujourd’hui disparu sous les coups de la répression, les Furieuses Carottes.

Cependant il est évident que le mouvement de solidarité doit se poursuivre. Voilà pourquoi Hapoel diffuse plus bas les adresses en prison des SHAC 7 – qui sont désormais les SHAC 9.

Immédiatement à la suite de cet article, on retrouvera également un petit éclairage sur la vivisection, c’est-à-dire sur pourquoi Dan Amos et les SHAC 9 sont à soutenir.

Honneur à Dan Amos, activiste de la libération animale !
Le combat continue contre la vivisection et toutes les barbaries, jusqu’à ce que toutes les cages des laboratoires soient vides !

Lire la suite »

Petit éclairage sur la vivisection

Quand on prend sa douche ou quand on se brosse les dents, quand on se met du gel dans les cheveux ou quand on se maquille, quand on fait la vaisselle ou quand on fait la lessive, il faut savoir que les produits qu’on utilise ont d’abord été testés sur des animaux.

Pour chaque produit « nouveau » que le capitalisme lance sur le marché, des tests sont effectués sur des animaux de laboratoire : souris, rats, cochons d’Inde, lapins, chiens, chats, singes, etc.

Ces animaux de laboratoires sont mis au monde et élevés pour une seule finalité : être exterminés par des pseudo-scientifiques.

Pour chaque produit à tester, on assassine des centaines et des centaines d’animaux, sachant qu’une fois le test effectué, les animaux survivants sont liquidés puisqu’ils n’ont plus d’intérêt pour la « science ».

Dans une échelle de l’horreur, on pensera notamment au test DL50 (= dose léthale 50 %), où l’on dose une molécule de manière à assassiner exactement la moitié de l’échantillon.

Le plus grand laboratoire de vivisection en Europe s’appelle Huntingdon Life Science (HLS). Chaque année ce sont 75000 animaux qui y sont assassinés pour le profit, et sans aucune validité scientifique.

Contre la barbarie, une « armée de la compassion » s’est levée : en 1999 a été lancée une énorme campagne contre ce laboratoire, Stop Huntingdon Animal Cruelty (SHAC), qui consiste en le harcèlement de tout ce qui touche de près ou de loin à HLS.

N’importe quelle action contre HLS peut être revendiquée sous le label SHAC, qui n’est pas exactement un mouvement, et encore moins une organisation. C’est à cette campagne qu’a participé Dan Amos.

Mais la première chose à faire, quand on est sensible à la souffrance des animaux, c’est très certainement de boycotter les produits (d’entretien, cosmétiques, etc.) qui sont testés sur les animaux.

Malheureusement la situation en France à ce sujet n’est pas la même qu’en Israel, où les produits non testés sur animaux sont beaucoup plus répandus et accessibles.

Contre la barbarie ! Pour le véganisme !
Jusqu’à ce que toutes les cages soient vides !

Majdanek, une plaie encore à vif


[Les soldats de l'Armée Rouge de Staline, découvrant les 800 000 paires
de chaussures de Majdanek en juillet 1944.
]


[Un échantillon de ces chaussures, dont 10 000 paires sont parties
en fumée dans la nuit de lundi à mardi.
]

Incendie à Majdanek : des milliers de mémoires anéanties

Ce 23 juillet on célébrait l’anniversaire de la libération de Majdanek par l’Armée Rouge de Staline. Proche de Lublin en Pologne, Majdanek était le deuxième plus grand camp d’extermination nazi, où 80 000 personnes ont été exterminées, dont 60 000 personnes juives.

Majdanek a la particularité d’avoir été préservé presque en l’état dans lequel l’Armée Rouge l’a trouvé, car les nazis n’avaient pas eu le temps de le détruire à l’explosif face aux avancées soviétiques. C’est par exemple à Majdanek que des personnes « de l’extérieur » – en l’occurrence des soldats de l’Armée Rouge – ont vu pour la première fois des chambres à gaz.

De même, les Soviétiques ont découvert en entrant dans le camp un effrayant stock de chaussures, qui ont été conservées en l’état, et dont on peut voir un infime échantillon à Yad Vashem.

Concernant ces chaussures, il faut savoir que ce sont 800 000 paires qui ont été trouvées à la libération de ce camp de la mort. En effet Majdanek était un « centre de traitement » des vêtements des personnes juives envoyées dans les camps de la mort de Treblinka, Belzec et Sobibor.

Il y avait aussi à Majdanek une cordonnerie où les déportéEs réparaient les bottes des nazis et s’occupaient des chaussures prises aux prisonnierEs de ce camp d’extermination. Ces chaussures étaient supposées être destinées aux populations civiles des villes allemandes bombardées par les Alliés, et d’ailleurs, quand le camp a été libéré, des livraisons étaient censées partir pour l’Allemagne.

Majdanek est aujourd’hui un musée de l’État polonais, où l’on peut encore voir les chambres à gaz, ainsi que ces stocks de chaussures répartis entre trois baraquements du camp.

Malheureusement c’est dans l’un de ces baraquements que s’est déclaré un incendie, dans la nuit de lundi à mardi. L’origine est probablement un court-circuit, c’est du moins la version officielle à l’heure actuelle.

En effet, lundi vers 23h40 pendant son tour de garde, un gardien du camp a repéré de la fumée dans ce baraquement, qui pendant la Shoah abritait une cuisine. Il a immédiatement appelé à la rescousse d’autres gardiens, ce qui a sans doute évité des dégâts encore plus graves.

Mais pendant six longues heures, l’incendie a ravagé plus de la moitié du baraquement, alors qu’il contenait 10 000 paires de chaussures volées par les nazis. Ces chaussures étaient celles qui étaient les plus abîmées, et qui n’étaient pas visibles par les visiteurs de Majdanek.

Ces chaussures ont donc été anéanties, et c’est une perte inestimable du point de vue de l’histoire, et du point de vue des valeurs que doit mettre en avant l’humanité.

Car il va de soi que, si des millions de noms et de témoignages ont été recueillis et sont désormais connus, beaucoup d’individuEs liquidéEs par la barbarie fasciste sont inconnuEs, et soit reposent dans les fosses communes des Einsatzgruppen, soit sont partis en fumée dans les camps de la mort.

Pour des milliers d’individuEs, ces 10 000 paires de chaussures sont leur dernière identité, leur dernière dignité, et avec cet incendie c’est leur mémoire qui n’a pas su être protégée à sa juste valeur par l’État bourgeois polonais. Cela est gravissime et impardonnable.

Rappelons également l’inondation dont a été victime le camp d’Auschwitz en mai pendant la crue de la Vistule, ce qui est là aussi « accidentel ». Par contre, dans un registre moins « accidentel », le site web du camp de concentration de Buchenwald a été hacké fin juillet par les néonazis, qui ont effacé une liste de victimes et l’ont remplacée par les slogans « Nous sommes de retour » et « Brown is beautiful ».

Là, c’est l’État bourgeois allemand qui n’a pas été à la hauteur en refusant obstinément de comprendre que, face à l’explosion du fascisme, il faut savoir mener une véritable guerre pour protéger la mémoire.

Oui, pour l’identité et la dignité des personnes exterminées par le fascisme, il faut savoir mener la guerre, car en face les nazis sont prêts à tout, et se sentent terriblement en confiance dans l’époque qui s’ouvre.

Sans compter que les pervers négationnistes vont clairement s’en donner à cœur joie, avec le discours très attendu comme quoi ces chaussures n’auraient soi-disant jamais existé et que cet incendie serait une manipulation.

Là encore, il est essentiel de comprendre qu’il s’agit d’une guerre pour la mémoire des nôtres.

À l’inverse, les « démocrates » bourgeois s’imaginent qu’avec le temps, les témoins de la Shoah vieillissent et disparaissent, et que quand il ne restera plus de survivantEs, les négationnistes auront le champ libre pour déverser leurs immondices.

Bien entendu il y a de cela, mais c’est en réalité un aspect très secondaire : la perversité négationniste ne se renforce pas avec le temps, elle se renforce avec le développement du fascisme parallèlement à la crise capitaliste. Et ces deux conceptions n’ont rien à voir l’une avec l’autre !

Car dès les années 1970, nier un aspect de la Shoah revenait à traiter les survivantEs des camps de concentration et d’extermination de menteurs – ni plus ni moins. Ce n’est certainement pas cela qui changera avec le temps.

Aujourd’hui le camp fasciste dans le monde entier se lance à l’assaut de la mémoire de la Shoah, et on peut le voir en France avec la campagne actuelle animée par Dieudonné – Faurisson – Blanrue, et des fascistes qui tournent autour comme Skandrani, Thion, Poumier, Bastardi-Daumont, Bricmont, et désormais le média « de gauche » Bellaciao.

Pareillement les nazis activistes se déchaînent, et les profanations négationnistes en sont à un niveau encore faible par rapport à ce que l’on connaîtra durant la décennie qui vient. L’exemple de Marmande (12) est le plus récent et le plus cruel.

Juif ! Juive !
Contre la mémoire des nôtres, les fascistes ont déclaré la guerre !
Dignité et honneur pour les assassinéEs de Majdanek ! Nizkor !

En Russie, la police et les nazis ensemble contre les écolos

Depuis plusieurs années, la forêt de Khimki près de Moscou est menacée de destruction, dans un projet absurde de construction d’autoroute. Face à cela s’est levée une résistance écologiste.

Or vu la situation générale en Russie, en affrontant les intérêts capitalistes qui saccagent la planète, une telle résistance est obligée d’affronter les autorités locales corrompues et mafieuses, l’État russe et sa police, mais aussi les milices néonazies.

Et en effet, ces deux dernières semaines l’actualité de la lutte s’est accélérée : les nazis ont attaqué la résistance écologiste, une manifestation antifasciste écolo a tourné à l’émeute, des activistes communistes et anarchistes ont été arrêtés, etc.

Pourquoi est-il si important pour nous de relayer cette actualité ?

Évidemment par solidarité avec les antifascistes kidnappéEs par la police. Évidemment pour rappeler que, contrairement à leur démagogie, les nazis sont en réalité des pions des capitalistes et des ennemis de la planète Terre.

Mais aussi parce qu’il faut savoir que c’est VINCI, le groupe français de BTP, qui doit construire l’autoroute qui assassinera la forêt de Khimki. Au bout du compte, c’est donc une véritable institution de l’impérialisme français qui est responsable des attaques contre la planète Terre, ainsi que des attaques nazies contre les écolos.

Et enfin parce qu’en ce moment, d’immenses feux de forêts ravagent la Russie, et au-delà des pertes irremplaçables de vies humaines, animales et végétales, les conséquences pourraient se faire sentir dans le reste de l’Europe. Sans voir le fonctionnement du capitalisme dans la destruction des forêts, on ne peut pas comprendre pourquoi la catastrophe a pris une telle ampleur.

La planète Terre est une biosphère où tout est relié et interconnecté, et la vie ne connaît pas de frontières nationales !
À Khimki comme partout ailleurs, que vive la libération de la Terre !

[Dans la suite, nous diffusons plusieurs articles du site La Terre d'abord, dont l'un qui contient un communiqué des écologistes de Khimki. ]


Russie: émeute antifa en défense de la forêt de Khimki

31 juillet 2010

C’est une émeute environnementale qui a eu lieu le 28 juillet dans la banlieue de Moscou, avec un symbolisme politique très fort.

700 antifas ont en effet profité de la fermeture des locaux administratifs de la ville de Khimki pour l’attaquer dans une émeute dont on peut voir une vidéo de presque dix minutes ici.

Le mot d’ordre était : « Sauvez les forêts de Russie ! » et en l’occurence également celle de Khimki.

Ce parc naturel de 1000 hectares, avec notamment des chênes centenaires, est menacé par la construction d’un tronçon de la nouvelle autoroute Moscou-Saint-Pétersbourg.

Ce parc doit en effet être coupé par l’autoroute, 144 hectares de forêt protégée de Khimki ont été transformés en « terres exploitables. » Mais c’est une habitude des promoteurs que de commencer ainsi et d’ensuite anéantir la forêt, petit bout par petit bout.

D’autant plus que le trajet du tronçon fait comme par hasard un détour très important pour traverser, comme par hasard, la forêt en son milieu…

Il faut savoir également que pour réaliser ce tronçon, l’État russe a même détruit en avril un mémorial dédié aux partisans de la seconde guerre mondiale ! Car Khimki est l’endroit où l’invasion nazie a été stoppée aux portes de Moscou (d’où le slogan de l’émeute : « Épurons les fascistes 1941-2010 »).

C’est dire comment le profit est prêt à tout, même à détruire les symboles les plus importants de l’histoire russe. D’ailleurs, le projet de tronçon n’a pu être réalisé qu’à coups de pots de vins massifs, de magouilles les plus diverses et de brutale répression.

Mikhail Beketov, journaliste et rédacteur en chef du journal Khimkinskaïa Pravda ayant dénoncé cette corruption, a été agressé de manière ultra violente par un commando. Laissé pour mort, il a fallu l’amputer d’une jambe et de plusieurs doigts gelés. Il a encore de très importantes séquelles au cerveau!

Il y a quelques jours, une douzaine de personnes s’opposant à la construction se sont vu opposer à… un gang d’une centaine de personnes masquées et protégées par la police ! Les opposants ont été molestés puis… arrêtés par la police!

Voici une photo des assaillants:

Sur le T-shirt, on peut reconnaître des symboles d’extrême-droite. L’extrême-droite sert de mercenaires…

Ce sont en en effet de puissants intérêts économiques qui visent la destruction de la forêt.

L’administration de Khimki a été visée car l’idée de traverser la forêt vient de son maire Vladimir Strelchenko (élu dans des conditions plus que douteuses), qui voulait ainsi préserver les zones résidentielles.

Le budget de la construction est de 5 milliards de dollars ! Et il faut savoir également c’est une filiale russe du groupe français Vinci, Vinci Concessions, qui a signé un contrat de 1,5 milliard d’euros pour la construction du premier tronçon d’autoroute.

La répression sévit depuis longtemps contre l’opposition au projet.

La mobilisation contre le projet est très forte dans la population de Khimhi, qui est une ville-dortoir de 180.000 habitants. Elle dure depuis deux ans et tente de s’opposer à la construction.

Elle organise des rassemblements, nettoie la forêt, tente d’organiser l’opinion publique… Ce qui est évidemment est difficile dans un pays comme la Russie où tout est verrouillé… Comme en France d’ailleurs.

Dès que l’on s’attaque aux intérêts économiques des grandes entreprises, les médias font le black out et l’État pèse de tout son poids pour protéger le profit. Preuve en est d’ailleurs que c’est Vinci qui mène matériellement la destruction de la forêt de Khimki !

A nous de diffuser le message des écologistes de Russie et de se mobiliser contre Vinci!


Russie: liberté pour Aleksey Gaskarov et Maksim Solopov!

2 août 2010

Suite à l’émeute antifa en défense de la forêt de Khimki en Russie, la police a procédé le 30 juillet à l’arrestation de deux activistes les plus connus de Moscou (un anarchiste et un communiste).

Tous deux sont des porte-paroles du mouvement antifa et à ce titre sont depuis le temps des cibles des nazis, particulièrement actifs et brutaux en Russie (à noter également qu’en Allemagne, la journée pour les animaux du 31 juillet à Munich a également été attaquée par les nazis, qui ont pu être repoussés).

Une campagne internationale commence donc pour la libération de Aleksey Gaskarov et de Maksim Solopov!

A noter également, toujours concernant le forêt de Khimki, que le Front de Libération de la Terre a revendiqué l’incendie à la mi-juillet d’un camion servant à transporter les arbres.


Yevgenia Chirikova a été arrêtée !

6 août 2010

Mardi dernier, une vingtaine de personnes ont manifesté devant le centre culturel français à Moscou pour protester contre le groupe VINCI qui doit construire l’autoroute en pleine de forêt de Khimki.

Le blackout médiatique en France a été quasi complet, tout comme au sujet de la révolte antifasciste à Khimki dont nous avons parlé. L’information a circulé dans des agences de presse, mais les médias ne semblent pas vraiment savoir quoi faire de ce genre d’informations!

Et cette fois, c’est Yevgenia Chirikova, figure de proue du mouvement de défense de la forêt de Khimki, qui a été arrêtée le 5 août!

Les autorités russes ont procédé à son arrestation (voir la vidéo ici où on peut la voir très courageusement résister), ainsi qu’à celle de son assistant Yaroslav Nikitenko et celle du politicien libéral Artur Grokhovsky.

Nous avions parlé du rassemblement du mouvement pour la forêt de Khimki, rassemblement attaqué par des nazis sous la protection de la police. Eh bien les arrestations ont eu lieu en raison de ce rassemblement ! N’ayant pas été « autorisé », le mouvement a eu une amende de 1.500 roubles (un peu moins de 40 euros) !

On peut voir dans cette vidéo (en russe) Yevgenia Chirikova dans la forêt de Khimki, exposant ses vues.

Les deux antifascistes arrêtés au préalable et dont nous avions parlé, Alexei Gaskarova et Maxim Solopova, restent pour l’instant en prison pour au moins deux mois.

Ils auront besoin d’un vaste mouvement de solidarité pour que l’Etat russe ne fasse pas ce qu’il veut avec eux! Nous espérons que sera diffusée massivement des informations concernant leur situation, et qu’en France la solidarité s’exprimera!

Voici un communiqué d’opposants en Russie (source):

« Le groupe français VINCI est l’un des participants au projet de construction en Russie d’une première autoroute privée laquelle doit lier Moscou et Saint-Pétersbourg. Le projet de construction prévoit la déstruction de l’écosystème de la forêt de Khimki.

Afin de briser la résistance des écologistes et d’autres activistes contre l’abattage de la forêt et disperser l’éco-camp sur le site de l’exploitation forestière illégale, les entreprises – constructrices ont employé des voyous du milieu néo-nazis.

Suite à l’action des gens indignés, la police a arrêté, sans aucune preuve, des militants ne cachant pas leurs visages et noms et exprimant ouvertement leur position anti-fasciste – Alexey Gaskarov et Solopov Maxim.

Aujourd’hui, leur détention est prolongée à 2 mois. Un peu avant, le journaliste Mikhaïl Beketov informant sur la lutte pour la forêt de Khimki, a été attaqué et blessé par des inconnus. Conscients de l’absurdité de l’utilisation des mercenaires d’extrême-droite pour faire face aux activistes, nous sommes venus en discuter avec les représentants de la compagnie Vinci.

Action Autonome (AD).
Rainbow Keepers.
Affinity Art-group.

P.S. Aujourd’hui, immédiatement après la conférence de presse, la police a arrêté un leader du groupe d’initiative des écologistes à Khimki, Eugènie Chirikova.
Notre régime a ouvertement montré qu’il s’en fichait de la majorité de la population et de la nature, et même de ses propres lois. Il mène une politique exclusivement dans les intérêts de la buraucratie et des riches sociétés comme Vinci. »


Le pourquoi des feux de forêts en Russie

10 août 2010

Nous avions parlé de la bataille pour la forêt de Khimki, mais pas des incendies en Russie, parce que nous voulions attendre d’en savoir davantage.

Voici en fait le cheminement qui a abouti à ces incendies. Lors de l’implosion de l’URSS, les forestiers ont été livrés à eux-mêmes et ont commencé à vendre le bois qu’ils géraient.

En fait, dès 1990… les forêts russes étaient livrées à elles-mêmes, sauf en ce qui concerne l’exploitation.

Encore plus fort : dix ans après, en 2000… c’est carrément le ministère de l’environnement qui a été supprimé !

Puis, toujours dans la même logique totalement folle (mais cohérente en termes de profits), en 2004 c’est le ministère des ressources naturelles qui a avalé l’agence fédérale de la forêt qui restait.

Puis en 2006, le parlement a voté très rapidement une nouvelle loi, liquidant l’existence des 70 000 gardes-forestiers…

Que s’est-il alors passé ? En fait, chaque région est plus ou moins autonome et évidemment corrompue. Les potentats locaux, semi-capitalistes traditionnels semi-mafieux, ont commencé à taillader dans les forêts pour construire des lotissements ou bien y placer des industries.

La conséquence est facile à comprendre. Avec les températures anormalement élevées, autour de 35°-40° – pensons au réchauffement climatique -, avec les promoteurs payant des pyromanes (quelques uns ont été arrếtés… il y a de quoi donner naissance à une gigantesque incendie.

C’est à quoi on assiste. Il faut savoir par exemple que des villages entiers ont brûlés, 50 personnes sont mortes…

Qu’une base de l’aviation de la marine dans la région de Moscou a été anéantie par les flammes…

Qu’une centrale nucléaire est menacée : celle de Sarov dans la région de Nijni Novgorod (les matières fissiles et explosives ont été évacuées en urgence)…

Que la ville de Moscou est totalement enfumée…

Que 15 parcs nationaux sont la proie des flammes !

En tout, 200.000 hectares de forêts ont déjà brûlés !

Le nombre d’incendies est au total de… 589 !

Ajoutons à cela que l’été 2010 devrait battre tous les records de chaleur depuis l’ouverture des registres il y a 130 ans… Nous avions parlé de cela.

Voilà donc à quoi ressemble notre monde : le profit amène le chaos, et continue tout de même son entreprise de destruction, comme si de rien n’était.

Il serait ainsi ridicule de penser que la France est à l’abri car étant plus centralisé et plus riche : d’abord il ne s’agit pas que de la France mais du monde. Toute vue chauvine ou simplement nationale est ici honteuse.

Ensuite, c’est le même profit qui domine, même si de manière plus « moderne. »

Dans tous les cas, la bataille pour la libération de la Terre est une urgence!

Ne laisse plus rien passer !

Marmande ou Bellaciao, le négationnisme s’affirme et se revendique

Du côté de Marmande dans le Lot-et-Garonne, l’ambiance commence à être sérieusement pesante.

Des inscriptions avaient ainsi été découvertes mercredi matin sur le mémorial de la déportation à Marmande – après un coup de fil anonyme.

On pouvait y lire des inscriptions antisémites : « sionisme », « argent », « intérêts ». Mais aussi une apologie sans ambiguïté du négationnisme : « mensonges », pouvait-on lire sous la plaque dédiée au camp de concentration d’Auschwitz.

À deux pas de là, dans une cité HLM de Marmande, on pouvait voir des croix gammées, le slogan raciste « La France aux Français », et la revendication qui va avec : « Skinhead ».

Eh bien, on apprenait hier par la presse locale que d’autres inscriptions fascistes avaient été tracées à Gaujac, un petit village proche de Marmande, à la limite du Lot-et-Garonne (47) et de la Gironde (33).

Ces tags avaient été découverts par le voisinage dès mardi matin, mais la gendarmerie a été prévenu très tardivement, seulement hier, peut-être pour ne pas risquer de représailles dans un aussi petit village.

Et là encore, ces tags étaient faits à la peinture rouge, comme au mémorial de la déportation de Marmande ou sur les HLM du quartier de la Gravette.

Ainsi sur une cabine téléphonique et sur un panneau d’affichage, des fascistes ont taggé des croix gammées et des croix celtiques.

Mais aussi une référence à « Schlag ». Pourquoi « Schlag » ? En fait il faut savoir que Schlag est un groupe de punk de Gaujac, un groupe punk franchement caricatural quand on lit les paroles, mais un groupe qui se revendique tout de même antifasciste et anarchiste.

Ce tag constitue peut-être donc une menace envers le mouvement punk de ce coin. Or dans les petits villages de campagne, si l’on se coupe des gens, le harcèlement fasciste devient extrêmement facile, et peut rendre la vie infernale.

Quand de plus on voit que sur un panneau d’affichage, il a été écrit « anti-antifa », nous ne pouvons que souhaiter bon courage aux antifascistes du Marmandais.

Enfin, écrit verticalement sur la cabine téléphonique, la population de Gaujac a eu le droit à un slogan fasciste qui fait froid dans le dos : « France d’abord, blanche toujours ».

Un slogan qui fait froid dans le dos, car il fait référence à une sinistrement célèbre organisation des années 1980, le Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE).

Le PNFE était un regroupement néo-nazi, raciste et antisémite, qui avait des méthodes terroristes et recrutait principalement parmi les skinheads d’extrême-droite.

C’est par exemple le PNFE qui a commis l’attentat assassin de Cagnes-sur-Mer en 1988 contre un Sonacotra, et ce sont aussi des nazis du PNFE qui sont responsables de la profanation antisémite de Carpentras en 1990.

Dans la bataille contre le développement du mouvement fasciste, il faut faire preuve de réalisme, c’est-à-dire qu’il faut avoir un regard fin, précis et clairvoyant sur la réalité. Et quand on est réaliste, on voit bien qu’il y a les « fachos des villes » et les « fachos des champs ».

Or ici on voit que des « fachos des champs » – qui connaissent bien Gaujac semble-t-il, vu la menace contre les punks locaux – ont des références idéologiques précises, des références qui ne tombent sans doute pas du ciel.

Comme l’expliquait Hapoel à propos de la profanation du mémorial de la déportation de Marmande :

Les nazis s’implantent et se développent notamment dans les petites villes de campagne.

La crise se généralise, et le fascisme contamine des zones jusque là pas encore atteintes, et qui lui doivent lui servir de « bases-arrière » dans les masses populaires. Très typiquement, des petites villes en grande périphérie de grandes métropoles, comme on peut aussi le voir dans le Nord et l’Est de la France.

Or la petite-bourgeoisie des campagnes précède la petite-bourgeoisie des villes dans le vécu de la crise, et de plus « la campagne encercle les villes », avec toute la profondeur stratégique que ce « constat » implique.

On a donc un aperçu très net de ce qui va se généraliser, tout d’abord aux villes de la grande banlieue parisienne comme Melun, avec toute la tendance pogromiste que l’on peut imaginer…

La portée de tout cela doit être comprise de manière globale et réaliste.

Le fascisme est un mouvement qui, particulièrement dans un pays comme la France, tente de marcher sur deux jambes : d’un côté la ville, de l’autre la campagne, la seconde encerclant la première et servant de « base-arrière » dans les masses populaires.

Et justement, il est très révélateur que l’on retrouve exactement au même moment sur le site Bellaciao un article qui défend un négationniste… du PNFE ! Exactement comme les négationnistes de Marmande !

Bellaciao est un média internet de la « gauche radicale » qui est lié à une certaine tendance du Parti « Communiste » Français. Une tendance qui se focalise sur Sarkozy, les USA, Israel, et sur ce qu’ils appellent le « mouvement social », c’est-à-dire en fait les syndicats de la fonction publique.

Depuis très longtemps, la ligne est donc au social-chauvinisme mâtiné de références « altermondialistes », et rien d’étonnant d’y retrouver un antisémitisme énorme tel qu’il s’exprime depuis des années dans la « gauche radicale ».

Seulement voilà, Bellaciao est un média « de gauche » très fréquenté. Et quand des résistances ouvrières veulent se faire connaître (pour aider d’autres ouvrierEs à se lancer dans la lutte, pour appeler à la solidarité, etc.), il est fréquent qu’elles passent par Bellaciao, qui est lié au P"C"F et qui paraît plus « sérieux » que le réseau Indymedia.

Que s’est-il donc passé chez Bellaciao ?

Une personne a relayé vendredi soir un article de Paul-Éric Blanrue, qui prend la défense de Vincent Reynouard. Rien que le titre en dit très long : « Honteux : en France, un père de huit enfants incarcéré pour recherches historiques. »

Pour celles et ceux qui ne se souviennent pas, Paul-Éric Blanrue est l’auteur du bouquin « Israël, Sarkozy et les juifs », et est « proche » du milieu négationniste français.

Quant à Vincent Reynouard, c’est justement un ancien du PNFE, qui se réclame ouvertement « catholique, national-socialiste et révisionniste ».

Le négationniste Reynouard a été condamné en France à de la prison au titre de la loi Gayssot, et s’est « réfugié » en Belgique en faisant des allers-retours réguliers et connus avec la France, apparaissant même dans des conférences nationales du mouvement fasciste.

Sauf que, début juillet, Reynouard a été arrêté en Belgique, et depuis, il attend en prison une éventuelle extradition vers la France.

Les négationnistes français font donc campagne pour Reynouard. Et, comme si c’était naturel, cette campagne se retrouve… dans la social-démocratie « radicale » à la Bellaciao !

L’appel de Blanrue y a été publié vendredi soir, et ce n’est qu’hier après-midi qu’il a été retiré, après peut-être une trentaine de commentaires à glacer le sang… Pourtant l’administration du site Bellaciao est connue pour sa grande réactivité contre les antifascistes…

On retrouve l’article de Blanrue ainsi que des commentaires antifascistes sur le Forum Antifasciste. Il existe également un document de l’Action Antifasciste sur la loi Gayssot.

Rappelons qu’en novembre dernier, Hapoel parlait de « la centralité du négationnisme dans le courant "national-révolutionnaire" du fascisme français, avec une offensive récente qui a commencé avec les attaques de John Bastardi-Daumont contre le loi "Fabius-Gayssot" ». John Bastardi-Daumont, qui est précisément l’avocat de Blanrue, de Dieudonné… et de Faurisson.

Négationnisme, loi Gayssot, anti-antifascisme, PNFE, Blanrue, fascisme des villes et fascisme des campagnes… Social-démocratie « radicale » d’un côté, skinheads d’extrême-droite de l’autre…

Tout cela doit nous mettre la puce à l’oreille, et était prévu depuis plus d’un an par les antifascistes !

Une certaine synthèse est en train de se réaliser, là sous nos yeux, et elle est à suivre de très près tant l’enseignement de Staline s’avère juste : « social-démocratie et fascisme sont deux frères jumeaux. »

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 21h03, sortie samedi à 22h15.

Profanation négationniste à Marmande (47)

Ce mercredi matin vers 11h à la mairie de Marmande (Lot-et-Garonne), la sonnerie d’un téléphone retentit. Au bout du fil, une voix anonyme signale que le mémorial de la déportation de la ville est recouvert de tags.

Et effectivement le mémorial de la déportation, juché sur un rond-point très passant en périphérie du centre-ville, a été souillé dans la nuit.

Sur les socles de chaque sculpture, on peut lire des inscriptions à la peinture rouge, des inscriptions terrifiantes vu leur portée idéologique.

On peut ainsi lire à la verticale sur certains piédestales : « argent », « intérêts », « sionisme », et le symbole du dollar.

Mais aussi, sous les plaques dédiées à Auschwitz, Dachau et Buchenwald : « mensonges ».

On est là en plein dans l’idéologie négationniste nazie, avec une synthèse absolument lapidaire de l’antisémitisme le plus moderne : le sionisme c’est l’argent qui ment [sur la Shoah] pour obtenir des intérêts en dollars.

Et cet antisémitisme moderne a un caractère qui ressort affreusement bien dans la profanation de ce mercredi : puisque l’argent est omniprésent, alors le « sionisme » aussi, et donc l’antisémitisme moderne se doit d’être obsessionnel.

En effet c’est un mémorial de la déportation qui a été souillé, et il n’y est nulle part fait référence à la déportation des populations juives en particulier. Les noms sur les piédestales sont essentiellement des noms de camps de concentration, pas d’extermination.

Les nazis se fantasment donc comme attaquant un symbole de la Shoah en particulier, et non de la déportation en général – notamment de la déportation politique.

D’ailleurs quand on regarde les statues du mémorial, on voit des corps très « robotiques », désarticulés, déshumanisés, sans visages, en un mot abstraits… mais qui sont dans des positions de harassement extrême, pas d’extermination.

Un deuxième trait de l’idéologie antisémite moderne, c’est que le soi-disant « sionisme » est au centre de tous les problèmes de la nation.

En effet, à deux pas du mémorial de la déportation de la ville, d’autres tags ont été retrouvés mercredi matin sur les façades des HLM du quartier de la Gravette : des croix gammées, des inscriptions « skinhead » et « La France aux Français ».

Là encore, de la peinture rouge, comme au mémorial de la déportation. Il semblerait même que, sur l’ensemble des inscriptions de la nuit, plusieurs écritures ressortent, et donc que les auteurs soient une petite bande de skinheads nazis (« boneheads »).

Ces deux actes racistes sont indissociables et sont à comprendre comme un tout.

D’un côté les tags racistes contre une cité HLM, sans doute contre les minorités arabe et noire dans la tête de ces skinheads. De l’autre les tags racistes contre un « symbole » de l’origine fantasmée de tous les supposés « problèmes ».

Enfin, il faut noter que tous ces faits se produisent à Marmande, une petite ville du Lot-et-Garonne, à mi-chemin entre Bordeaux et Agen.

Une petite ville, donc, où ce mémorial de la déportation a été inauguré il y a seulement un an, et qui jusqu’à présent s’imaginait relativement à l’abri de ce genre de profanations.

Le responsable du Crif Aquitaine s’est d’ailleurs empressé de déclarer : « Notre région était jusqu’à maintenant relativement épargnée. ». Mais voilà, la crise du capitalisme a une dimension générale, et aucun territoire ne peut prétendre être épargné.

En vérité, cette profanation à Marmande est à mettre en parallèle avec les inscriptions de la semaine dernière sur le boulevard Voltaire, dans le 11ème arrondissement de Paris.

Des croix gammées et diverses inscriptions antisémites avaient été retrouvées sur des magasins kasher, dans un quartier qui avait déjà subi une descente antisémite à la mi-juin.

Seulement à Marmande, le caractère idéologique ne fait aucun doute, et on pourrait même dire qu’il est exemplaire…

Pourtant, logiquement, cela devrait être en ville que l’antisémitisme serait le plus « abouti », et non à la campagne où bien souvent les antisémites n’ont jamais vu de juifs…

Mais c’est exactement l’inverse qui s’est passé à Paris et Marmande : les nazis s’implantent et se développent notamment dans les petites villes de campagne.

La crise se généralise, et le fascisme contamine des zones jusque là pas encore atteintes, et qui lui doivent lui servir de « bases-arrière » dans les masses populaires. Très typiquement, des petites villes en grande périphérie de grandes métropoles, comme on peut aussi le voir dans le Nord et l’Est de la France.

Or la petite-bourgeoisie des campagnes précède la petite-bourgeoisie des villes dans le vécu de la crise, et de plus « la campagne encercle les villes », avec toute la profondeur stratégique que ce « constat » implique.

On a donc un aperçu très net de ce qui va se généraliser, tout d’abord aux villes de la grande banlieue parisienne comme Melun, avec toute la tendance pogromiste que l’on peut imaginer…

« Une ambition plus profonde que les sionistes, un optimisme plus puissant que les religieux »

Qu’est-ce qu’Hapoel ?

C’est une « proposition stratégique ». Pour être précis, c’est une proposition stratégique aux masses populaires de la minorité nationale juive.

C’est-à-dire qu’Hapoel propose une stratégie, indique une voie, ouvre une perspective pour les masses populaires juives.

Une perspective antifasciste, c’est-à-dire nécessairement une perspective révolutionnaire, la seule qui réfute jusqu’au bout le sionisme, les institutions juives, la religion et la social-démocratie.

Car Hapoel se fonde d’une part sur l’économie politique communiste, qui affirme que la crise capitaliste donne naissance à l’antisémitisme pogromiste et génocidaire – et donc que la révolution est nécessaire !

Et d’autre part sur la compréhension culturelle de la minorité nationale juive, qui affirme que les masses exigent de défendre leur culture et leur vie contre les antisémites – et donc que la révolution est possible !

Voilà pourquoi Hapoel arbore l’ambition et l’optimisme révolutionnaires.

Une ambition plus profonde que « l’Hébreu nouveau » des sionistes, un optimisme plus puissant que la « Rédemption » des religieux.

Et voilà pourquoi Hapoel se considère comme un petit pas dans la marche vers la libération totale.

Une marche qui sera longue, escarpée, sinueuse, mais qui est la seule à la hauteur de l’enjeu de notre époque : révolution ou fascisme, socialisme ou barbarie, Stalingrad ou Auschwitz.

« Le premier pas d’une longue marche »
HaPoel HaAntifashisti, février 2010.

[El Lissitsky - L'homme nouveau - 1920]

Expulsion de Roms à Montreuil – PCMLM

Voynet tente de se racheter, encore une fois aux dépens des Roms !

C’est à un acte typiquement social-démocrate de piraterie politique auquel on peut assister.

Dominique Voynet a affirmé hier :

« On peut parler de déchéance morale de la part du président de la République, il est totalement irresponsable de montrer du doigt de la sorte des communautés entières sans faire la moindre distinction. »

« Ces familles ne choisissent pas, en général, de se rabattre sur des squats, encore moins dans des camps de fortune. L’Etat a l’obligation de trouver des solutions de relogement lorsqu’il expulse, il ne peut pas se reposer sur les villes. »

Pourquoi raconte-t-elle cela ? Pour une raison simple : son masque est tombé en novembre 2009.

Il faut se souvenir pour cela l’expulsion des Roms dans la ville de Montreuil dont Dominique Voynet est maire, à l’occasion… du salon du livre et de la presse de la jeunesse, en novembre 2009.

L’entrée des VIP se situait juste en face du terrain vague où se trouvaient les Roms…. On peut voir une explication de tout cela sur cette page.

On peut aussi voir Voynet dans une vidéo alors qu’elle est interpellée au Salon du Livre de la jeunesse, se défausser sur le propriétaire du terrain. Mais on voit clairement qu’elle se défausse, elle ne fait preuve d’aucune compassion assumée, ne soutient pas la solidarité…

Tout comme lors du discours d’inauguration (voir la vidéo, à partir de la 5ème minute), où elle tente de se justifier en disant qu’elle ne pouvait rien régler, en appelant même « au secours ! » l’État !!!

Tout en assumant que des enfants aient à dormir dehors la nuit… et en laissant le service d’ordre expulser le contradicteur !!!

Les Roms se sont par la suite vuEs évacuer plusieurs fois. Dans un communiqué tardif qu’elle a publié, Voynet se défausse sur l’Etat, car les municipalités ne peuvent pas tout. C’est une tactique social-démocrate éprouvée, visant à faire en sorte que le peuple soutienne la social-démocratie pour que celle-ci parvienne au gouvernement.

Dans ses propos d’hier, Voynet fait pareil, mais justement en tentant de se racheter !

En effet, des Roms évacuées à Montreuil donc se sont alors installéEs dans une maison abandonnée de Montreuil, avant d’être expulsé ce vendredi 30 juillet.

Cette fois donc, Voynet organise une conférence de presse, où elle accuse l’État de ne rien faire.

En jouant sur deux tableaux :

a) comme quoi la social-démocratie elle au moins est humaniste :

« A Montreuil, nous travaillons depuis près de deux ans à l’insertion d’environ 350 Roms, au travers de camps d’insertion qui coûtent quasiment un million d’euros à la ville chaque année. Cette politique n’est pas toujours facile à expliquer et le discours tenu au sommet de l’Etat ces derniers jours la met clairement en danger. »

b) comme quoi il faut respecter la propriété:

« Les propriétaires sont Montreuillois et voulaient détruire le pavillon pour en construire un nouveau et s’y installer, c’est légitime, en revanche ce qui l’est moins c’est de ne pas offrir de solution pérenne de relogement aux familles expulsées. »

Nous, communistes, nous disons : des gens qui ont les moyens de procéder à une destruction et une construction ont les moyens de se préoccuper de sorts de familles expulsées ! Mais on reconnaît la morale digne du Far West des propriétaires.

Et des gens comme Voynet pourraient organiser la solidarité, mais ils n’ont ni l’envie, ni la culture, et ils méprisent le peuple en qui ils n’ont aucune confiance (contrairement à l’Etat bourgeois, bien entendu).

Voynet est une social-démocrate : au lieu de lancer un appel internationaliste à l’échelle du peuple, elle joue du populisme par rapport à l’Etat… Et encore une fois sur le dos des Roms !

Les Roms sont clairement victimes du fascisme, et la social-démocratie n’est qu’une autre facette de la même médaille réactionnaire !

Que vive la solidarité internationaliste avec les Roms, sur une base de classe, une base populaire et antifasciste ! Adopte le mot d’ordre du PCMLM : « Il n’y aura pas de nouvel holocauste ! »

Résistance partout, au-delà des frontières

La campagne raciste contre les Rroms continue…

À Saint-Aignan dans le Loir-et-Cher, il y a eu un meurtre : le jeune Luigi Duquenet a été tué par la gendarmerie.

Mais après la légitime révolte qui a soulevé la communauté gitane de Saint-Aignan, la campagne raciste anti-rroms s’amplifie de jours en jour.

Le racisme contre les Rroms, les Gitans et les Manouches a toujours été très fort et largement accepté en France.

Ceux-ci sont soumis à des lois d’exception absolument scandaleuses, comme le Livret de Circulation, qui la plupart du temps les privent de plus du droit de vote.

Leurs droits démocratiques en tant que minorité nationale, comme la reconnaissance officielle de leurs langues, sont proprement niés.

Bref, les Rroms, les Gitans et les Manouches sont en France considérés comme des sous-citoyens.

Et cela sans parler des conditions encore plus désastreuses dans lesquelles sont maintenues les populations rroms réfugiées d’Europe de l’Est.

Les personnes rroms venues d’Europe de l’Est ne sont pas ici par hasard. elles fuient le racisme barbare auquel elles sont soumises : quasi-esclavage, pogroms, meurtres, enfermement dans des ghettos, interdiction d’exercer de nombreux métiers, etc.

Telles sont leurs conditions concrètes de vie dans les pays de l’Est de l’Union Européenne.

Ces communautés se retrouvent en France traquées, parquées dans des bidonvilles, et soumises ici aussi à des listes de métiers.

L’État français a annoncé il y a quelques jours de nouvelles mesures d’exceptions, alors qu’il ne fait même pas respecter ses propres lois sur l’hébergement des « gens du voyage », institutionnalisant ainsi la campagne raciste qui se déchaîne depuis quelques semaines.

Ce qui se passe pour les Rroms concerne toutes les minorités nationales de France.

Et notamment la minorité juive, tant il est difficile de nier les points communs entre nos histoires, et les points communs avec les communautés gitanes sédentarisées dans le Sud de la France.

Les ressorts racistes et la haine génocidaire qui sous-tendent la campagne de l’État français nous sont aussi adressés.

Juif ! Juive ! Chaque fois que tu entends quelqu’un dire du mal des Rroms, tends l’oreille, car il parle aussi de toi !

[Dans la suite, un important article de Contre-Informations, le média marxiste-léniniste-maoïste. Il y est également fait référence au récent hackage du site internet dedié au camp de Buchenwald.]

La haine raciste anti-rrom, une expression contemporaine de la décadence du capitalisme

Suite à la mort de Luigi Duquenet, jeune rrom abattu par la gendarmerie dans la nuit du 16 au 17 juillet et la révolte qui a suivi, l’État a réuni ses instance répressives avant-hier.

Ce faisant, la bourgeoisie choisit consciemment de renforcer la tendance au pogrom anti rrom qui se développe aujourd’hui en France.

Le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a annoncé plusieurs mesures, tels que le démantèlement de la moitié des camps illicites « dans un délai de trois mois » ou « la reconduite quasi-immédiate des Roms qui auraient commis des atteintes à l’ordre public ou à des fraudes en direction de la Bulgarie ou de la Roumanie. »

Clairement, l’annonce de ces mesures constitue une perche tendue aux tendances largement racistes qui existent en France contre le Peuple rrom, notamment contre les Rroms qui ont immigré récemment depuis la Roumanie et la Bulgarie.

Pourtant l’État procède depuis longtemps à des expulsions violentes des bidonvilles dans lesquels sont contraints de s’installer les Rroms qui fuient la misère en Europe de l’est et les violences.

Rappelons en effet que les Rroms sont victimes du racisme depuis des décennies. L’idéologie génocidaire anti-Rroms était déjà très largement présente à l’époque du bloc « socialiste » dominé par le social-impérialisme russe.

Les révisionnistes qui dominaient les pays de l’Est, au service du social-impérialisme russe, n’ont jamais combattu le racisme anti-Rrom, bien au contraire, ils ont toujours penché en faveur de la ghettoïsation. L’idéologie génocidaire anti-Rrom est ainsi très profondément ancrée dans les pays de l’Est européen.

Ainsi, les membres du Peuple rrom qui s’installent sur des terrains de manière illégale ne le font pas par plaisir particulier d’enfreindre les lois, mais bien parce qu’ils n’ont pas d’autres choix.

Mais de toutes manières la bourgeoise française, moderne et centralisée, ne peut pas supporter qu’une partie du prolétariat n’ait pas de résidence fixe et veuille vivre au delà des frontière nationales.

C’est pour cela que depuis le développement du capitalisme, de nombreuses lois ont été mises en place pour porter atteinte à la liberté du Peuple rrom, et donc non seulement des Rroms des pays de l’Est, mais également ceux et celles vivant traditionnellement en Europe de l’Ouest (qu’on appelle souvent en France Gitans et Manouches).

C’est pour cela que la plus part des communes françaises ne se soucient pas de la loi lorsqu’il s’agit de construire des « aires d’accueil » pour les populations nomades.

Cette situation prouve une nouvelle fois que les lois sont des lois bourgeoises reflétant la mentalité de la classe dirigeante. Ces lois sont en réalité totalement abstraites, elles n’existent que sur le papier et leur utilité se limite à masquer l’oppression de classe derrière une apparence démocratique.

Car même lorsque ces « aires d’accueil » existent bel et bien, elles sont le plus souvent construites dans des zones hostiles et inadaptées en périphérie des villes. C’est la bourgeoisie qui ghettoïse les Rroms et est responsable du racisme anti-Rrom !

On ressent pareillement totalement l’hypocrisie de la bourgeoise et son mépris du Peuple quand on apprend que le « ministre de l’Immigration » et le secrétaire d’État aux Affaires européennes vont se rendre en Roumanie « afin de négocier un renforcement de la coopération destinée à favoriser l’emploi et les projets de développement en faveur des populations roms dans leur pays d’origine ».

C’est de la poudre aux yeux quand on connaît la nature des régimes de l’Est européen. Car aujourd’hui la Roumanie est dans l’orbite des impérialistes des pays européens capitalistes, notamment la France, les Pays-bas et l’Autriche, qui exploitent le prolétariat roumain et traitent avec ses dirigeants qui assument clairement leur racisme anti-rrom.

Rappelons également que les Rroms n’ont officiellement perdu le statut d’esclaves en Roumanie qu’au milieu du 19ème siècle. Il n’est pas un secret que les Rroms se voient refuser quasi systématiquement les emplois et les logements, que la ghettoïsation est la même qu’en Tchéquie, qu’en Slovaquie, qu’en Hongrie…

Telle est la situation. Et c’est à mettre en parallèle avec le hackage du site internet du camp de concentration du Buchenwald. Les nazis ont hacké le site, le redirigeant vers un site négationniste, alors qu’entretemps on pouvait voir une page avec les slogans « Brown is beautiful » (« le brun c’est beau », le brun étant la couleur de la chemise des militants nazis dans les années 1930) et « Wir kommen wieder » (« Nous sommes de retour »).

Voilà notre époque ! Il faut comprendre que notre époque est celle de la progression tendancielle inéluctable de l’idéologie fasciste. Et la science MLM est la clef pour comprendre notre monde et ses contradictions afin d’élaborer une théorie révolutionnaire juste pour vaincre le fascisme et faire triompher la civilisation !

Autour de l’étude de la Shoah

Pourquoi étudier la Shoah aujourd’hui ?

Nous sommes actuellement confrontés à une véritable avalanche de publications sur la Shoah. Cela va des âneries qui retracent l’enfance malheureuse d’Hitler, en passant par des films tout à fait intéressants tels que « La question humaine » jusqu’à des rééditions et des nouvelles publications d’historiens tels que Hilberg et Friedländer. En Allemagne également, de nombreux historiens ont revisité la Shoah. [1]

En lisant plusieurs ouvrages sur le sujet, on se rend compte de la diversité des approches et des analyses sur le sujet.

Différentes approches historiques

Schématiquement, on trouve d’un côté des historiens tels que François Furet qui considèrent les totalitarismes comme une parenthèse dans l’histoire de la démocratie, une sorte d’anti-occident, une incursion de la barbarie dans le cours de l’Histoire. C’est la position classique de l’antitotalitarisme libéral. A l’opposé, on trouve des analyses très intéressantes qui situent Auschwitz dans la continuité de l’histoire moderne européenne, sans évidemment tomber dans un déterminisme historique qui voudrait que l’histoire de la modernité devait inéluctablement mener à Auschwitz. Pour Günther Anders, Auschwitz, tout comme Hiroshima, marque des césures dans l’Histoire, ce ne sont pas les derniers soubresauts d’une barbarie qui viendrait du passé, mais bien au contraire une potentialité qui est, comme il le dit, « déjà possible ». Zygmunt Bauman étudie comment le génocide industriel calque ses procédures sur le fonctionnement des bureaucraties rationnelles dans les pays développés. Il met à jour le potentiel créé par l’association de la bureaucratie moderne avec la production industrielle et situe ainsi la Shoah au cœur des sociétés modernes.

Dans son excellent essai « La violence nazie – une généalogie européenne », Enzo Traverso situe dans un contexte européen les développements historiques qui ont rendu la Shoah possible. Il retrace l’histoire de la punition, de la guillotine et la sérialisation de la mort, de l’administration rationnelle des peines, celle du colonialisme, de l’idéologie du darwinisme social et des autres théories eugénistes. Il considère la Shoah comme une synthèse unique de tous ces modes de domination et de destruction déjà expérimentés séparément, et c’est cette synthèse qui est radicalement nouvelle mais qui nous oblige aussi à penser que d’autres synthèses tout aussi terribles sont possibles. « Entre les massacres de l’impérialisme conquérant et la ‘solution finale’ il n’y a pas seulement des ‘affinités phénoménologiques’, ni des analogies lointaines. Il y a une continuité historique qui fait de l’Europe libérale un laboratoire des violences du XXème siècle et d’Auschwitz un produit authentique de la civilisation occidentale. » [2]

A côté de ces livres plus « analytiques » sur la Shoah, il y a les livres « historiques  » qui tentent de reconstruire le cheminement qui a mené à l’extermination des Juifs. Le plus connu dans ce domaine est signé Raul Hilberg, mais il y a d’autres auteurs tels que Christopher Browning [3] et Saul Friedländer [4] qui viennent de publier des œuvres importantes dans ce sens. Le choix méthodologique et l’utilisation des sources sont importants. Friedländer, au risque de se faire accuser de manquer d’objectivité, a choisi de travailler énormément avec des récits des victimes et des différents acteurs du conflit. Je pense que c’est un choix très intéressant parce que des concepts tels que « la banalité du mal » et l’idée de « l’autonomie de l’appareil bureaucratique », même s’ils sont tout à fait justes, risquent de faire oublier la responsabilité et la cruauté individuelles, et on risque d’avoir une lecture trop « lisse » de l’Histoire. Le fait qu’on soit choqué et dégoûté à la lecture de ce qui s’est passé est important et est à mettre en balance avec des approches analytiques.

Dans ses deux livres, Saul Friedländer retrace l’histoire des Juifs de 1933 jusqu’à la solution finale. Il réussit un mélange très subtil de récit de l’époque et d’analyse historique. Les Juifs étaient déshumanisés par les nazis, ils étaient transformés en chiffres, en unités. Friedländer veut analyser ce processus mais surtout il veut leur redonner un visage, témoigner de leurs doutes, leurs espoirs, leurs compromissions et leurs forces. Certains des personnages nous suivent régulièrement à travers les deux tomes de son œuvre, la plupart finissent entre 1942 et 1944 dans les camps d’extermination.

Si on veut étudier la Shoah il faut évidemment se pencher sur l’antisémitisme qui joua un rôle central dans l’idéologie nazie. Le livre de George L. Mosse « Les racines intellectuelles du Troisième Reich – La crise de l’idéologie allemande », publié en 1964, est très intéressant à ce sujet. Il met en lumière comment le romantisme allemand avec son culte de la terre, du Volk [5] et du sang constitue le terreau d’une pensée ethniciste et raciale qui forma plus tard l’armature de l’idéologie nazie. Il démontre l’ampleur du mouvement völkisch au tournant du siècle, et l’utilisation qu’en firent les nazis pour la prise du pouvoir.

Anticapitalisme « tronqué » et antisémitisme

Cependant, divers facteurs, son côté élitiste ou son mépris de l’électoralisme par exemple, ont fait que l’intégration du mouvement völkisch dans le parti nazi ne se fit pas sans difficulté. C’est à partir d’éléments historiques que Mosse nous parle des formes différentes de l’antisémitisme en Allemagne et en France.

Une autre raison pour s’intéresser à l’antisémitisme est qu’aujourd’hui, on est confronté dans le milieu altermondialiste à ce qu’on peut appeler une critique « tronquée » du capitalisme, dans laquelle on oppose le profit du travail à celui du capital. On essaye de sauver les fruits du travail productif, même industriel, par rapport au revenu spéculatif. Dans l’argumentaire simpliste, genre Attac, ce n’est pas le mode de socialisation capitaliste dans son ensemble qui est critiqué, mais seulement l’explosion des flux financiers et la spéculation. L’argent est considéré comme la « racine du mal » et on y oppose de manière positive le concret, le travail et la production comme quelque chose de « naturel ». Le fait que le travail concret lui-même incarne les rapports sociaux capitalistes n’est pas compris. Le capitalisme est un processus de valorisation de la valeur qui se manifeste tantôt dans l’argent tantôt dans la marchandise, il n’a pas de forme fixe et définitive, et c’est une pensée fétichisée qui veut voir dans la production quelque chose de purement « naturel ». Aujourd’hui toute grande entreprise dépend autant de son résultat financier et de la bourse que de sa production réelle. Le capital n’a pas d’âme, et quand, pour des raisons diverses, il ne peut pas être investi avec suffisamment de profit dans la production matérielle, il est investi dans la spéculation et la bourse. L’analyse tronquée du capitalisme, qui braque le projecteur uniquement sur le côté financier du capitalisme, est aujourd’hui doublement rassurant pour ses protagonistes : d’un côté cela permet de « sauver » le travail et la production matérielle en les considérant comme « naturels » et de l’autre côté de personnifier la domination. Toutes les théories et les fantasmes de la conspiration y trouvent leur compte. Cela ne va pas sans rappeler l’idéologie nazie qui opposait le capital productif au capital spéculatif. C’est cet anticapitalisme simpliste qui permettait aux nazis d’un côté de se déclarer anticapitalistes en considérant l’argent et la finance, représentés par le Juif, comme le mal, et en vénérant la technique et la production industrielle. C’est cette interprétation biaisée qui permettait au régime nazi de se considérer comme une révolution antimoderne et en même temps de réaliser un pas en avant énorme dans la production industrielle capitaliste [6]. Que dire alors de la citation suivante d’un leader altermondialiste : « Pour en mesurer les effets, il suffit d’observer que la circulation de l’argent rapporte plus que toutes les activités de production et de commerce traditionnelles. Aujourd’hui, l’argent travaille sur lui-même : chaque fois qu’il tourne autour du monde, il fait du bénéfice. Où est la création de biens, de richesses pour autrui ? C’est l’argent, le pouvoir des actionnaires, des fonds de pension, des spéculateurs et prédateurs de tout poil qui imposent leurs taux de profit aux entreprises, contraignant celles-ci à licencier même si elles font des bénéfices – on l’a vu avec Michelin ou avec Valéo. Une nouvelle espèce de parasites, de vampires assoiffés d’argent ! Ce sont des drogués du profit. » [7]

On ne peut être que choqué quand quelqu’un qui connaît l’Histoire utilise les expressions de « parasites » et « vampires » en parlant des spéculateurs qui nous dominent ; c’est la même terminologie et la même simplification théorique qu’opéraient les nazis.

L’antisémitisme moderne

Une étude historique et théorique du nazisme est également intéressante pour comprendre que l’antisémitisme n’est pas juste une forme particulière de racisme. On pourrait être tenté aujourd’hui en France de se dire que l’antisémitisme est un phénomène presque négligeable comparé au racisme dont sont victimes essentiellement les Maghrébins et les Africains. Si on prend comme indice le nombre d’actes de violence, le harcèlement quotidien, le traitement inégal par la police et la justice ainsi que la discrimination économique, il est clair que ce sont les Maghrébins et les Africains qui sont le plus persécutés quotidiennement. Le problème, c’est qu’en faisant ce genre de comparaisons, on simplifie la chose en traitant l’antisémitisme juste comme un racisme particulier, en ne reconnaissant pas les différences [8]. Dans le racisme en général, l’étranger est considéré comme bouc émissaire pour tout ce qui ne va pas. Dans l’antisémitisme par contre, on retrouve deux caractéristiques qu’on ne retrouve pas dans le racisme. Premièrement, l’antisémitisme confère aux Juifs un pouvoir, quasi sur-humain et transcendantal, et deuxièmement, l’antisémitisme identifie les Juifs à l’argent, aux banques et à la finance. L’antisémitisme moderne est bien plus qu’un préjugé anti-juif courant. L’antisémitisme moderne est né à la fin du XIXème siècle et présuppose un antijudaïsme séculaire qui a toujours fait partie de la culture chrétienne. Tous les antisémitismes contiennent l’idée du pouvoir que le Juif aurait. Celui d’avoir tué Dieu, d’être à l’origine du capitalisme et du socialisme et celui de dominer le monde. Le pouvoir du Juif serait universel et se manifesterait dans diverses institutions (politiques, économiques et culturelles). Mais ce pouvoir a quelque chose d’occulte, de conspiratif. Le Juif tirerait les ficelles autant du capitalisme américain que du bolchevisme. L’antisémitisme moderne sert d’explication du monde dans une époque difficile à comprendre. Dans l’antisémitisme moderne, les Juifs ne sont pas seulement les propriétaires de l’argent, ils sont aussi responsables des bouleversements sociaux économiques rapides que la modernité amène. Ce sont certainement ces aspects-là de l’antisémitisme qui sont aujourd’hui réellement inquiétants.

Idéologie et réalité

Une lecture de la Shoah telle que la propose Götz Aly ne tient malheureusement pas compte de cette problématique. Comme il considère l’idéologie comme très secondaire dans la mise en place de l’extermination des Juifs, il ne prête pas attention à cette dynamique de l’antisémitisme. Même s’il est vrai que les Allemands ont tué beaucoup plus de Russes que de Juifs au cours de la guerre, on ne peut pas définir la Shoah uniquement comme faisant partie des plans pangermaniques pour l’Europe de l’Est (Generalplan Ost). L’extermination des Juifs est pour les nazis une mission idéologique qui ne sert pas d’autres buts. Götz Aly fournit beaucoup d’informations intéressantes, mais chez lui tous les faits doivent rentrer dans une grille de lecture très « matérielle ». A la lecture de ses livres, on est saisi d’un malaise, du fait que jamais il ne s’attarde sur l’enracinement profond et l’importance tout à fait réelle qu’a l’antisémitisme. L’intérêt matériel et stratégique serait le moteur dans les choix du régime ainsi que dans l’adhésion de l’homme de la rue à ce régime, l’idéologie antisémite ne serait finalement que secondaire. Ceci témoigne à mon avis également d’une idée fausse de ce qu’est l’idéologie. L’idéologie serait quelque chose qui viendrait se greffer sur la réalité qui elle serait tout à fait matérielle et non idéologique. Alors que le rapport entre idéologie et réalité est un rapport dialectique. L’idéologie traverse la réalité, la transforme, et ce qu’on appelle réalité n’est pas juste un ensemble de faits matériels et rationnels. La réalité est également quelque chose que nous pensons, percevons et déterminons avec nos formes de pensées, avec notre « grille de lecture » donc aussi avec notre idéologie. C’est dans ce sens qu’on ne peut pas séparer idéologie et réalité. Prenons un exemple du contexte historique de la seconde guerre mondiale. Götz Aly nous parle de ces jeunes universitaires allemands qui font des plans pour remodeler économiquement et démographiquement l’Europe de l’Est. Ce sont en majorité des fonctionnaires qui ne sont pas animés par la haine mais réfléchissent à une organisation sociale plus rationnelle. Au moment de la guerre à l’Est, ces fonctionnaires proposent tout à fait sérieusement d’utiliser le meurtre de masse comme politique d’ajustement structurel. Pour lutter contre la surpopulation rurale et en finir avec un mode de production économique largement basé sur l’autosubsistance, qui ne produit pas d’accumulation du capital, ils proposent d’éliminer ces « bouches à nourrir » inutiles. Ce qui est présenté ici comme une vision tout à fait matérialiste est en fait une pensée marquée profondément par l’idéologie, celle de la rationalité économique qui est prête à tout pour continuer à faire tourner la machine ; prête à massacrer des populations entières, et prête à détruire aujourd’hui la base écologique qui permet la vie.

Dans un contexte de mutations économiques et sociales profondes qui laissaient beaucoup de gens sur le carreau, l’antisémitisme des nazis servait à expliquer ces bouleversements et à y donner un corps palpable sans pour autant remettre en question les bases du système.

Lumières et anti-Lumières

Les livres de Friedländer sont très intéressants, mais il y a un point où il ne va pas assez loin. Il oppose les notions d’intégration française et allemande en situant l’origine de la nation française dans la Révolution et les Lumières et la naissance nationale allemande dans le romantisme et les anti-Lumières. Ceci est historiquement juste et explique en partie la différence entre les antisémitismes allemands et français. Mais opposer les Lumières démocratiques aux anti-Lumières des nazis est un peu trop simpliste, car les anti-Lumières ne constituent pas une prémisse indispensable aux massacres technologiques.

La Raison des Lumières devient raison instrumentale et est érigée en idéologie. Cette raison instrumentale piétine des vies pour atteindre ces buts. Quand elle veut connaître la nature, ce n’est pas juste pour la comprendre mais bien pour la classifier et la dominer. Cette raison est profondément irrationnelle et toute la réalité est pénétrée par cette raison. Le régime nazi se revendiquait des anti-Lumières, mais parallèlement, dans un laps de temps très court, il a fait avancer la modernité sur les bases de la technique, de la science et de la production industrielle. Dans la compréhension traditionnelle, on assimile la modernité à la raison des Lumières qui voulaient libérer l’Homme de ses peurs et de ses superstitions. Mais vouloir implorer cette raison pour s’opposer au totalitarisme est voué à l’échec si on ne reconnaît pas qu’aujourd’hui nous sommes véritablement constitués, dans nos actes et dans notre pensée, par cette idéologie de la raison instrumentale.

Paul Braun.

  1. Voir Dominique Vidal: «Les historiens allemands relisent la Shoah»
  2. Enzo Traverso, «La violence nazie – une généalogie européenne» La Fabrique, 2002
  3. Christopher R. Browning, Les Origines de la solution finale, éd. Les Belles Lettres, 2007
  4. Saul Friedländer, «Les années de persécution» et «les années d’extermination, Seuil, février 2008
  5. on ne peut pas traduire mot à mot Volk ou Völkisch par peuple ou populaire puisque le concept de Volk implique une communauté de sang, ancrée dans la terre, le paysage, et non pas une adhésion aux principes et aux lois de la répuplique
  6. Dans « Antisémitisme et national socialisme », 1986, Moishe Postone explique par quel processus le Juif est identifié avec l’abstrait, représenté par l’argent et la finance
  7. Bové/Dufour, Le Monde n’est pas une marchandise, La Découverte 2000, p.194
  8. On ne peut pas non plus considérer comme identiques toutes les autres formes de racisme. Les racismes, par exemple, visant les Maghrébins, les Africains, les Asiatiques ou les Tziganes ne fonctionnent pas tous sur les mêmes mécanismes non plus.

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 21h14, sortie samedi à 22h26.

Naftali Botwin, tombé pour la justice populaire

Naftali Botwin était un jeune communiste polonais d’origine juive. En 1925 il exécuta un informateur de la police, et fut condamné à mort dans un procès sommaire. Son nom sera plus tard honoré par les Brigades Internationales en Espagne.

Le saviez-vous ?

Naftali Botwin est né dans une famille juive très pauvre de Lvov en 1907 – et non en 1905 comme l’indiquaient ses papiers officiels. Lvov est une ville polonaise proche de l’Ukraine, et sera occupée par l’Ukraine à partir de 1918.

Naftali Botwin était le 8ème enfant de la famille, est devenu très tôt orphelin de père, avait une santé assez fragile, et a reçu une instruction scolaire très courte. Il a commencé à travailler très jeune, et enchaînait les petits boulots.

Par sa condition de jeune ouvrier pauvre, il se politise très tôt et très à gauche. Ainsi en 1921 à l’âge de 13 ou 14 ans, Botwin rejoint un syndicat. Puis en 1922 le mouvement Tsukunft (« avenir »), le mouvement de jeunesse du Bund.

En 1923, il entre dans l’Union de la Jeunesse Communiste de Pologne, rompant donc avec le bundisme. Et enfin en 1925, il devient membre du Parti Communiste de Pologne et d’Ukraine occidentale.

Naftali Botwin est chargé par le Parti Communiste d’exécuter Józefa Cechnowski, un ancien communiste qui a retourné sa veste et a trahi en devenant informateur de la police.

Le 28 juillet 1925, c’est-à-dire il y a 85 ans presque jour pour jour, Naftali Botwin applique la justice prolétaire.

Seulement voilà, il est rattrapé par la police, et se fait arrêter. Son procès sera sommaire et sans pitié, et la cour refusera un procès régulier.

Au procès, Botwin défendu par l’avocat Maurice Aksner. En revanche aucune organisation juive ne s’impliquera dans sa défense, parce que la bourgeoisie légaliste et légitimiste juive ne s’intéresse pas aux ouvriers juifs, et encore moins aux ouvriers communistes.

Face au juge, Naftali Botwin défend l’honneur du Parti Communiste. Il déclare également qu’il regrette d’avoir tué un être humain, mais qu’il ne regrette pas du tout d’avoir exécuté une balance.

Finalement, le verdict tombe le 7 août 1925 : Naftali Botwin est condamné à mort. Le soir juste avant son exécution, on apprend également que la grâce présidentielle est rejetée.

Ce 7 août, Botwin est conduit à la prison de Lvov à 11h. Dans sa cellule, on lui envoie un rabbin, mais Botwin refuse. Puis le soir à 23h, il est conduit au poteau d’exécution, où il doit être fusillé.

L’attitude de Naftali Botwin face aux assassins est exemplaire et héroïque. Face au peloton d’exécution, il refuse d’avoir les yeux bandés, et entonne des chants communistes. Quand la sentence est lue, il s’écrie : « À bas la bourgeoisie ! Vive la révolution sociale ! », puis les tirs des fusils résonnent.

Naftali Botwin, en tant qu’exécuteur de la justice populaire et martyr de la répression, est l’honneur du mouvement communiste de Pologne.

Il lui sera d’ailleurs rendu un hommage en 1937, quand une compagnie des Brigades Internationales sera renommée Compagnie Naftali Botwin.

En effet en 1936, la République espagnole subit un soulèvement conduit par le général Franco, et soutenu par l’Italie de Mussolini et l’Allemagne de Hitler.

Aussitôt sont créées des brigades de volontaires venant du monde entier – du Canada à la Palestine, mais principalement d’Europe – pour défendre la République espagnole, sous la direction de l’Internationale Communiste : ce seront les Brigades Internationales.

En octobre 1936, des cercles communistes juifs de Paris proposent, sous l’impulsion d’Albert Nahumi (Arieh Weitz), de former une unité de combattants d’origine principalement juive.

L’idée mettra du temps à se concrétiser, mais le 12 décembre 1937 est établie la Compagnie Naftali Botwin, composée de 150 personnes juives de Pologne, de France, et même de Palestine.

Celle-ci dépendra du Bataillon Dombrowski composé essentiellement de personnes polonaises et russes, et dont les dirigeants étaient bien souvent des hauts cadres de l’Armée Rouge de Staline.

Il y sera parlé yiddish, et d’ailleurs le drapeau de la Compagnie Botwin sera marqué de la devise du Bataillon Dombrowski, « Pour votre liberté et la nôtre », en polonais et en yiddish.

Il faut savoir que sur environ 40000 combattants qui sont passés par les Brigades Internationales, presque 8000 étaient d’origine juive. Les survivants s’engageront pour la plupart également dans la résistance au nazisme.

Libération animale, libération de la planète

Le véganisme, un choix moral qui se construit dans la confrontation [quatrième partie]

La mentalité féodale a une grande importance pour empêcher que se posent les questions démocratiques dans la minorité nationale juive.

Mais cette mentalité féodale n’est qu’un des deux aspects de la contradiction entre villes et campagnes, qui traverse historiquement, socialement et culturellement la plupart des minorités juives.

7. La culture urbaine aliénée et la nature

Les minorités juives sont structurées culturellement entre autres par la contradiction entre les villes et les campagnes, et il faut bien dire qu’il existe tout un pan de la culture juive qui est franchement abstrait, urbain, dénaturé.

Que ce soit à Vilna en Lituanie, à Vienne ou Budapest en Autriche-Hongrie, ou bien à New York aux États-Unis, la nature est historiquement totalement absente de la vie quotidienne d’une grande partie des personnes juives. Et quand elle est représentée, elle relève plutôt du fantasme comme chez les sionistes.

Cet éloignement de la nature pose un problème culturel de taille, notamment celui du rapport au corps humain. Le corps n’est pas appréhendé dans toute sa densité, la matière est escamotée au profit de l’intellect pur. Il est donc inévitable que le corps des animaux soit également abstrait, et par conséquent leur dignité aussi.

Il suffit de penser aux religieux végétariens aux États-Unis : leur culture est très largement juridique, et quand toutefois ils abordent plus concrètement la souffrance des animaux, on constate que les animaux n’existent à leurs yeux que par leurs souffrances, et non comme des êtres vivants « complets », avec leurs propres sensations et sentiments.

Dans ces conditions, la culture urbaine aliénée d’une partie des masses juives fait que la question animale ne se pose pas spontanément, et qu’en fait beaucoup d’autres questions morales ne se posent pas.

De plus, à cette question culturelle ancienne et profonde, se rajoute la situation concrète en France.

Pour des raisons historiques liées à l’immigration – que ce soit d’Europe de l’Est ou bien d’Afrique du Nord – la minorité juive de France est urbaine dans son écrasante majorité. Et les masses populaires juives, elles, sont concentrées dans certains quartiers des grandes villes et de leurs banlieues : cela est flagrant à Paris.

Dans ces conditions il n’y a pas de place pour les animaux et la nature, qui sont tout simplement inexistants. Pourtant cette réalité peut se retourner en son contraire.

En effet on peut penser à la situation en Israel : c’est un pays petit et récent, où même les campagnes sont modelées par rapport au développement urbain, et justement un grand mouvement pour les animaux s’y est développé, ancré assez à gauche.

Quand on y réfléchit un peu, ce n’est absolument pas étonnant : il faut bien voir le rôle de l’industrialisation fulgurante dans la naissance des luttes pour la planète. Car là où il y a dévastation et oppression, il y a compassion et résistance.

Il n’est pas impossible que, quand la question des animaux et de la planète se posera plus massivement en France, celle-ci aura d’autant plus de pertinence parmi la minorité juive de France,

8. Les animaux et le nihilisme moral du sionisme

Le sionisme est une pure expression idéologique de la contradiction entre les villes et les campagnes au sein des minorités juives.

Mais la manière dont le sionisme appréhende la nature – ou plus précisément la « terre » – est on ne peut plus urbaine. Et d’ailleurs, quoi de plus abstrait et artificiel que de prôner la fuite vers un pays étranger lui-même artificiel ?

La morale du sionisme est entièrement orientée vers la figure fantasmée de « l’Hébreu nouveau », en opposition aux minorités juives telles qu’elles existent en « diaspora ». Pour la morale sioniste, rien d’autre n’a de valeur.

Dans ce mythe de « l’Hébreu nouveau », la nature n’a donc aucune valeur en soi, et les animaux encore moins.

La nature ne prend une importance que sous deux formes. Soit en tant que « décor » psychologique pour la renaissance d’une mythique nation juive, qui en Europe ne disposait pas de paysages nationaux. Soit en tant que « terre » à travailler pour se réaliser nationalement et renouer avec son corps.

Bref, le rapport du sionisme à la nature est une grotesque caricature de romantisme national, qui s’invente des paysages et un ancrage historique.

Au-delà de l’idéologie sioniste elle-même, il faut bien voir que la morale du sionisme est finalement une morale nihiliste, où rien n’a de valeur à part l’engagement militaire nationaliste. Et plus on va vers l’extrême-droite, plus cela empire.

Que penser, par exemple, de juifs qui envisagent sans problème de soutenir un apéro à base de saucisson-pinard, c’est-à-dire qui acceptent le meurtre de cochons sans but autre que raciste ?

Que penser également de juifs qui, quand on leur parle d’interdire la fourrure en Israel, répondent en parlant du Streimel ?

Là on n’est plus du tout dans la mentalité féodale, mais bien dans la mentalité capitaliste la plus cynique, nihiliste et décadente. La « morale » du sionisme est en contradiction brutale avec la compassion envers les animaux.

Et d’ailleurs, ce n’est qu’après avoir tutoyé l’anéantissement que, parmi les personnes juives aux États-Unis, a pu se poser concrètement la question de la compassion avec les animaux.

Car comment supporter moralement les baraquements à la Auschwitz dans l’industrie de la fourrure ? Comment supporter en Ukraine les camionnettes où sont gazés les chiens errants en même temps qu’ils sont acheminés vers des fours crématoires, en vue de l’Euro 2012 ?

Autant de questions auxquelles le sionisme n’a pas de réponses, tout simplement parce que les animaux n’intéressent pas les nihilistes.

Juif ! Juive !
Pour les animaux, la vie est un éternel Treblinka !
Fais le choix de la compassion, deviens vegan !

Le véganisme, un choix moral qui se construit dans la confrontation [troisième partie]

Hier nous avons vu rapidement quel était, dans la minorité juive, le poids de l’idéologie religieuse dans le rapport aux animaux et à la planète.

Mais on ne peut pas réduire la « mentalité religieuse » à simplement une idéologie, à une « loi » éternelle et abstraite telle qu’elle est comprise et mise en avant en avant par les rabbins eux-mêmes. La culture et l’idéologie ne flottent pas abstraitement au-dessus des rapports sociaux au sein de la minorité nationale juive.

Il faut donc, dans un premier temps, voir aussi ce qu’est concrètement l’encadrement culturel-religieux aujourd’hui en France, pas seulement « sur le papier », et comment il est incapable de se remettre en cause par rapport aux conditions de vie et de mort des animaux.

4. Qu’est-ce que le traditionnalisme ?

L’une des principales composantes de ce qu’Hapoel appelle la « mentalité féodale », c’est le traditionnalisme.

Le traditionnalisme ne se confond pas avec la démarche religieuse. Il correspond plutôt à la manière dont s’emparent les masses populaires juives des rituels religieux – des rituels essentiellement, et non de la religion comme idéologie cohérente.

Au grand dam des religieux les plus juridiques et formalistes, les masses populaires piochent comme elles l’entendent dans la pratique religieuse, selon leurs « petits arrangements » quotidiens avec la foi… et le plus souvent sans aucune cohérence apparente !

Ainsi une personne tunisienne peut respecter le Shabbat sans respecter la Kashrut, une personne marocaine peut respecter la Kashrut sans respecter le Shabbat… ou toute autre combinaison imaginable uniquement par le prolétariat « schizo-métropolitain ».

En fait le traditionnalisme n’est pas exactement de nature féodale, mais plutôt de nature « néo-féodale ».

C’est-à-dire qu’il correspond à la culture issue du contact entre d’une part les structures sociales des pays semi-féodaux d’Afrique du Nord, et d’autre part la vie en exil dans les grandes métropoles de l’impérialisme français.

La question du traditionnalisme est d’une importance extrême dans nos vies quotidiennes, elle est l’un des piliers de la psychologie de masse de la minorité juive, sans doute bien plus que la religion à proprement parler !

Le traditionnalisme est justement le pilier culturel qui empêche de poser les questions démocratiques au sein de notre minorité nationale : l’oppression et l’isolement de type féodal des femmes, l’enfermement dans le communautarisme, et enfin le rapport aux animaux et à la planète.

À ce titre, la culture néo-féodale du traditionnalisme est l’une des clés pour comprendre l’arriération par rapport à la question animale.

5. Le poids social et culturel des boucheries kasher

C’est peu dire que les bouchers voient d’un mauvais œil la question de la libération animale.

Hapoel a déjà parlé d’un point de vue matérialiste-historique des boucheries kasher au moment de l’exil d’Afrique du Nord.

Il était expliqué que dans les années 1960, les rapports sociaux d’Afrique du Nord ont en quelque sorte été « transplantés » en France, et que la petite-bourgeoisie commerçante des boucheries a conservé un certain degré de domination sociale.

Mais pour se maintenir dans cette situation nouvelle face au Consistoire et à ses règles plus strictes pour la Kashrut et la Sh’hita, la petite-bourgeoisie des boucheries a mené une « fronde » anti-consistoriale en mobilisant les masses populaires juives de banlieue.

Sur quelles bases ? Sur la base de la contradiction ashkénaze – séfarade, de la contradiction Paris – banlieue… et de la culture traditionnaliste !

La question de la Kashrut dans les années 1960 – 1980 est donc l’une des sources historiques du traditionnalisme tel qu’on le connaît aujourd’hui dans nos familles.

La mentalité féodale ou néo-féodale d’aujoud’hui est donc dès le départ conforme aux intérêts économiques des bouchers kasher, qui s’appuient sur le traditionnalisme.

Tout cela suinte dans la mentalité des bouchers kasher, qui est une mentalité de petits commerçants imbus d’eux-mêmes, comme s’ils étaient absolument indispensables dans la communauté, et comme si leur simple existence était presque une Mitzvah ou une Tovahfaveur ») en soi…

Il est impossible de faire avancer la question animale dans la minorité juive sans se confronter au poids social et culturel des boucheries kasher, car les boucheries constituent le dernier maillon entre l’industrie du meurtre et les assiettes de la minorité juive pratiquante.

C’est le maillon le plus concret et le plus quotidien de l’industrie du meurtre, et il est sans doute possible de le faire sauter en dénonçant le rapport qu’entretiennent les bouchers avec les clients et surtout les clientes.

D’une part ce rapport est un rapport malsain et hypocrite basé sur des calculs économiques qui sont la porte ouverte à toutes les arnaques, arnaques qui sont le plus souvent étouffées.

D’autre part ce rapport est déterminé par la position centrale et centralisatrice de la petite-bourgeoisie commerçante, qui tente, avec des sourires qui sonnent faux, de maintenir les masses populaires juives dans un rapport de dépendance économique.

Les bouchers assassinent les animaux, et asservissent les familles prolétaires juives – et encore plus les femmes. C’est de cette réalité qu’il faut partir pour faire progresser le véganisme parallèlement à l’autonomie de classe.

6. L’industrie de la viande kasher et le Consistoire

Les boucheries kasher sont certes le dernier maillon avant les assiettes des familles juives pratiquantes… mais derrière il y a l’industrie de la viande kasher.

Aujourd’hui en France, le marché de la viande kasher est partagé essentiellement entre une poignée de monopoles, comme André Krief et Emsalem Viandes pour la « production » de cadavres, Naouri et encore Emsalem pour la distribution (hors grande distribution), etc.

Qui décide de ce qui est kasher ou pas ? Ce sont le grand rabbinat et le Consistoire central qui supervisent l’attribution de certificats de Kashrut.

Or comment fonctionne économiquement le Consistoire ? Principalement avec l’argent de la taxe sur la viande kasher, justement !

On voit donc bien que c’est la porte ouverte à toutes les combines capitalistes, entre les monopoles de l’industrie du meurtre et les autorités religieuses… et tout cela avec la « transparence » légendaire qui caractérise le Consistoire…

Le mécanisme n’est pas difficile à comprendre : les monopoles de la viande kasher, comme n’importent quels capitalistes, recherchent le taux de profit maximal. Ils sont donc prêts à contourner les lois de la Kashrut pour des raisons économiques, pourvu que ces pratiques se noient dans le sang des abattoirs.

Ainsi l’année dernière on avait assisté au scandale des merguez à la cochenille, et il y a moins de trois mois, on a découvert des boyaux d’agneau non kasher dans les merguez de la marque André Krief.

Pourtant tout est censé être vérifié de bout en bout par la Rabbanout, alors comment expliquer ce genre de scandales ?

Là encore, ce n’est pas compliqué : logiquement, il y a des gens parmi les autorités religieuses qui ferment les yeux sur les pratiques quasi maffieuses des monopoles de la viande kasher.

Ainsi les monopoles de la viande kasher arnaquent, et le Consistoire les couvre, puisque la taxe sur la Kashrut est sa principale source de revenus. L’industrie du meurtre kasher tient donc une véritable place de « lobby » au sein des institutions bourgeoises de la communauté.

De plus, avec le progrès technologique global, il existe de plus en plus de problématiques « juridiques » autour de la Kashrut, et donc automatiquement autant de nouveaux marchés potentiels pour l’industrie de la Kashrut.

Ainsi, les capitalistes en profitent et jouent sur le ressort de la religion, ou bien celui du traditionnalisme pour avoir des débouchés plus larges et plus étendus, et cela main dans la main avec les autorités religieuses et l’encadrement petit-bourgeois traditionnaliste.

Autrement dit, aussi paradoxal que cela puisse paraître, les capitalistes profitent de la mentalité féodale et néo-féodale.

Très concrètement, si la question de la libération animale se pose de manière massive dans la minorité juive – et elle ne manquera pas de se poser – alors la réaction du Consistoire n’est pas difficile à prévoir : les institutions juives bourgeoises ne resteront pas sans rien faire.

Évidemment, tout cela est justifié après coup par les décisionnaires religieux, dont la « morale » s’effondre en même temps que le système capitaliste. Ainsi certains rabbins affirment que le colorant E120 ou la gélatine sont kasher, car ils ont été suffisamment transformés industriellement…

Au-delà de la Kashrut en soi, au-delà des immenses risques sanitaires que fait courir l’industrie de la viande, tout cela révèle un profond mépris pour la partie des masses populaires juives qui croit en D.ieu, et qui est suffisamment exigente et créative pour respecter la Kashrut.

Les rabbins dealent avec les capitalistes sur le dos des masses populaires juives : voilà la réalité sur laquelle on doit se baser pour liquider le légitimisme envers les autorités religieuses et la dépendance envers l’industrie du meurtre.

À suivre.

Le véganisme, un choix moral qui se construit dans la confrontation [deuxième partie]

Le camp de la libération animale doit mener une bataille culturelle pour s’imposer, et cette bataille doit trouver des angles d’attaque précis et concrets.

Voilà pourquoi Hapoel analyse la « psychologie de masse » de la minorité juive, montre les appuis culturels à l’exploitation animale, ainsi que les contradictions culturelles sur lesquelles le camp de la libération animale peut s’appuyer.

Dans un premier temps, passons rapidement en revue l’idéologie religieuse et son rapport aux animaux.

1. Le monothéisme et la nature

Le judaïsme est la plus ancienne des religions monothéistes. Dans les religions monothéistes, D.ieu est conçu comme une entité masculine toute-puissante (« Adonai Eloheinou ») et unique (« Adonai E’had »), qui met la nature à disposition de l’humanité.

Le monothéisme accompagne donc le mouvement historique de l’humanité qui apprend à dominer la nature – en même temps que les femmes et les enfants – et qui dans ce mouvement se dénature.

Jusqu’à aujourd’hui, toute l’idéologie selon laquelle la vie humaine est de valeur supérieure aux autres formes de vie est en définitive un produit de l’idéologie religieuse monothéiste – que ce soit dans le judaïsme, le christianisme ou l’islam.

Car du point de vue de la vie sur la planète, l’humanité est une espèce animale parmi d’autres, et lui accorder une valeur particulière suppose l’existence d’un juge tout-puissant qui décide que les hommes doivent dominer la nature.

2. Le judaïsme et la compassion avec les animaux

La religion juive et la culture juive sont historiquement traversées par des courants contradictoires, dont essentiellement un courant réactionnaire et très juridique, et un courant populaire et plus mystique.

Dans la compréhension juridique de la religion, la compassion n’a pas toute sa place en tant que telle, puisque la question des interdits alimentaires prend le pas sur la vie des animaux.

Ainsi il est courant d’entendre que de nombreux préceptes de la Torah et du Talmud vont dans le sens de la compassion, et que du point de vue de la religion il est interdit d’infliger des souffrances inutiles aux animaux – c’est ce qu’on appelle Tzaar Baalei ‘Haim.

Par exemple les multiples règles de l’abattage rituel seraient faites pour éviter les souffrances. Mais au bout du compte, ces règles ne changent rien du point de vue des animaux, qui finissent tout de même à l’abattoir…

Alors que pensent les religieux du refus de l’exploitation animale ? Certains religieux – et pas les pires – veulent bien accepter le végétarisme, mais stipulent explicitement qu’il ne doit surtout pas être motivé par la compassion, qui est alors considérée comme une hérésie.

Mais, comme toutes les religions, la foi religieuse chez les masses populaires juives a un caractère contradictoire, car le peuple n’est jamais passif dans sa longue marche vers la libération : il arrive donc que la religion reflète certaines valeurs populaires.

Dans la culture religieuse juive, cela s’exprime dans le mysticisme et dans le messianisme, qui se prolonge dans l’idée « progressiste » du Tikkun ‘Olam.

Par exemple la mise en avant des sept lois noahides, parmi lesquelles une loi concerne les animaux, est relativement récente et correspond au développement du mouvement Loubavitch. De même, le Tzaar Baalei ‘Haim peut également être compris dans ce sens de Tikkun ‘Olam.

Mais dans tous les cas, compassion ou pas, la vie des animaux ne se voit pas attribuer une valeur en soi : les animaux sont toujours considérés comme une propriété de l’espèce humaine, et non comme vivant pour eux-mêmes.

Sans comprendre que c’est là l’aspect principal, on accorde une valeur positive à la religion, qui en réalité nie systématiquement que les animaux n’existent pas par rapport aux humains.

Nous sommes en France en 2010, et devant l’ampleur et l’intensité de l’industrie du meurtre, prétendre refuser les « souffrances inutiles » en mangeant kasher n’est qu’une hypocrisie de plus.

Vouloir « réparer le monde » et accélérer l’avènement du « monde à venir », tout cela ne peut plus passer par la religion. Il faut du concret, il faut le véganisme.

3. Le poids de la pensée juridique

La mentalité religieuse juridique prend une place énorme dans la culture juive, populaire ou pas. De nombreux aspects sont incompréhensibles sans cette culture juridique, et voilà pourquoi nous insistons là-dessus.

Dans la Torah, la religion juive pose des règles sur ce qui est licite et ce qui ne l’est pas. Ce travail juridique est repris et poursuivi par toute la tradition rabbinique, du Talmud à toute la Halakhah actuelle.

Aujourd’hui l’industrie agroalimentaire est tellement gigantesque et lance tellement de nouveaux produits et procédés industriels dans sa recherche de profits, que la question se pose de savoir si tout cela est kasher ou non.

Les décisionnaires religieux sont donc confrontés à de nombreuses questions de ce type de la part de leurs fidèles, c’est-à-dire des questions relevant somme toute de la vie quotidienne, et leurs réponses sont débattues et redébattues sans fin par tout l’encadrement rabbinique.

Ainsi dans la mentalité féodale-juridique, il n’y a pas la place pour les animaux dans ce qu’ils ont de concret, il n’y a la place que pour « ceci tu as la droit, cela tu n’as pas le droit ».

Comme dit précédemment, la question de la compassion en tant que valeur est occultée par la mentalité féodale-juridique, qui résume tout cela à une question seulement alimentaire, encadrée par des interdits (portant sur quels animaux sont autorisés, sur l’élevage de ces animaux, sur leur abattage).

Mais paradoxalement, et bien que le véganisme soit une question morale et non juridique, cette mentalité juridique peut se retourner en une base d’appui pour le véganisme.

En effet chez les juifs, les « interdits » alimentaires ne choquent pas, ils ne remettent pas en question toute une culture « gastronomique » du saucisson-pinard comme en France. Cela est aussi valable pour les personnes de culture musulmane.

Au sein des masses populaires juives, les « interdits » alimentaires et les règles éthiques sont immédiatement compris, ne sont pas disqualifiés en tant que tels, et peuvent même être estimés, respectés.

À suivre.

Le véganisme, un choix moral qui se construit dans la confrontation [première partie]

Hapoel a des valeurs, Hapoel a une morale, Hapoel affirme qu’il faut faire des choix cohérents avec l’idée que l’on se fait du monde à venir.

Or Hapoel considère que le monde à venir est inimaginable sans un rapport différent aux animaux et à la planète, un rapport nouveau, qui aurait comme contenu la compassion, la bienveillance et la responsabilité.

Hapoel met donc en avant la valeur de compassion avec les animaux, et fait connaître la pratique quotidienne qui lui correspond : le refus de toute exploitation animale, le véganisme.

Mais pour les personnes juives qui aiment les animaux et qui seraient intéressées par l’idée de libération animale, il faut avoir conscience d’une réalité : le véganisme ne s’imposera pas tout seul.

Le véganisme n’est pas une « bonne idée », qui finira par convaincre les gens quand ils auront « ouvert les yeux ». S’imaginer cela, c’est la porte ouverte au découragement et aux désillusions.

La question de la libération animale est une question naissante, qui se construit donc dans la confrontation contre la morale ancienne et toutes ses variétés.

Cette morale ancienne correspond à l’idéologie et à la culture dominantes, qui sont celles d’un monde d’exploitation animale et de dévastation de la planète. Et ce monde n’a certainement pas l’intention de se remettre en cause et d’arrêter l’écocide.

Sans compter qu’aujourd’hui, les valeurs anciennes ne se contentent plus d’être « classiquement » réactionnaires : la « morale » ancienne s’effondre parallèlement à la crise capitaliste, et son cadavre en décomposition nourrit la barbarie de notre époque.

Les personnes intéressées par le véganisme sont des personnes qui ont choisi une démarche positive. Mais dans ce monde d’exploitation et d’oppression, les personnes qui ont une démarche positive se font éclabousser par l’idéologie et la culture dominantes, et parfois se laissent noyer sans rien ne voir venir.

Il n’y a donc malheureusement pas de place pour l’illusion comme quoi « les bonnes idées s’imposent toutes seules »… Et pour se réaliser en un puissant mouvement de masse, la bataille pour la libération animale doit se porter sur le plan culturel.

La question de la libération animale est une question nouvelle, moderne, radicale. Et par conséquent, la culture du monde à venir ne peut pas se développer et vaincre en faisant des compromis avec la culture de l’ancien monde.

Voilà pourquoi Hapoel dresse [ces prochains jours] une petite liste – ni exhaustive, ni très détaillée – des écueils culturels que peuvent rencontrer les personnes juives qui choisissent de devenir véganes.

Des écueils culturels qu’il faut apprendre à affronter en décortiquant leurs contradictions, pour ne pas se laisser engloutir par l’ancien monde.

Évidemment il ne s’agit surtout pas de faire l’impasse sur la culture de la société française en général, qui est véritablement catastophique dans son rapport aux animaux et à la planète (123).

Mais cette liste ne concerne que la « psychologie de masse » de la minorité juive, car Hapoel a le souci d’être concret et précis dans la véritable « guerre de positions » que doit mener le camp de la libération animale.

Ce document de travail donne des pistes pour comprendre quels sont les appuis culturels de l’exploitation animale, mais aussi en partie ce qu’est la « mentalité féodale » dont il est parlé dans le document Le racisme déforme ta vie.

Juif ! Juive !
Pour les animaux, la vie est un éternel Treblinka !
Fais le choix de la compassion, deviens vegan !

À suivre.

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 21h23, sortie samedi à 22h38.